Le sanglier
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L'aire de dispersion du sanglier est relativement vaste entre le 30e et le 60e parallèle nord. Toutefois, dans cette aire, la répartition est irrégulière. Elle se limite aux grands domaines boisés et aux zones de quiétude. Le sanglier fuit notamment les forêts à haute fréquentation touristique. En Belgique, il est essentiellement cantonné au sud du sillon Sambre et Meuse. Le recensement du printemps 1994 fait état d'un effectif de 12.000 bêtes avant naissance en parcours libre.
PRÉSENTATION DE L'ANIMAL
Le sanglier est un ongulé robuste et trapu. La robustesse se marque par une grande tête, un cou épais, court et peu flexible, un boutoir solide, une peau épaisse et dure. L'animal adulte mesure 80 à 90 cm de hauteur au garrot et une longueur jusque 150 cm. Le poids des animaux est en relation directe avec l'abondance et la qualité des aliments disponibles dans le milieu. Le sanglier possède, en effet, la faculté d'adaptation aux conditions alimentaires variables. Il accumule des réserves nutritives sous forme d'une épaisse couche de lard. Cette couche de graisse est utilisée progressivement quand le milieu n'offre plus la nourriture suffisante. Le verrat, représentant mâle de l'espèce, peut atteindre 150 à 180 kgs de poids vif; quant à la laie adulte, elle pèse généralement entre 70 et 90 kgs. Les viscères du sanglier représentent environ 20% du poids vif. Le développement corporel des laies est atteint dans le courant de la troisième année, celui des verrats dans la cinquième année. Le pelage du sanglier varie du gris clair au noir. Il subit deux mues au cours de l'année: la mue de printemps dans le courant du mois de mai et celle d'automne en octobre. Le marcassin, jeune sanglier de moins de 6 mois, est facilement reconnaissable par sa livrée: pelage où alternent des bandes longitudinales noirâtres avec des bandes jaunes. La livrée disparaît vers 5-6 mois pour faire place à un pelage brun-roux (bête rousse).
Le sens le plus développé est l'odorat. L'ouïe est fine mais très souvent contrariée par les bruits effectués par les animaux à l'alimentation. La vue parait nettement moins développée que celle du chevreuil. L'anatomie de la tête révèle une faible grandeur des yeux, situés de surcroît sur le côté. La vision est meilleure de côté que de face. Les laissées sont plus ou moins agglomérées suivant la saison. Le sanglier laisse aussi comme autres traces dans son milieu naturel des boutis, des vermillis, des souilles, des bouzures et des bauges.
DENTURE
La caractéristique essentielle de la denture du sanglier est la présence de canines, dents creuses, à croissance continue et à développement extérieur aux gencives. Les canines inférieures sont appelées défenses, les supérieures grès. La denture du sanglier est complète à l'âge de 36 mois. Toutes les dents sont présentes à 24 mois, mais la troisième molaire continue à se développer jusque 36 mois. La denture définitive totalise 44 dents: 12 incisives, 4 canines, 16 prémolaires et 12 molaires. Contrairement aux cervidés, le sanglier possède des incisives à la mâchoire supérieure.
BIOTOPES - MOEURS
Le sanglier recherche surtout les grands massifs forestiers de plusieurs milliers d'hectares et plus particulièrement les futaies feuillues ou mixtes de vallées ou de dépressions humides. Il affectionne les peuplements qui présentent de nombreux fourrés un état de massif complet et fermé jusqu'au niveau du sol. Ces fourrés procurent pendant la journée des remises dans lesquelles il trouve ses besoins de quiétude et où il se bauge. Dans les grands massifs forestiers vallonnés, les compagnies de sangliers se gîtent en début de versant dans des peuplements très fermés. L'attrait des cultures agricoles, surtout le mais, peut déplacer les bandes en périphérie des massifs forestiers et dans les boqueteaux de plaine, voire dans les talus ou dans les buissons isolés. Elles peuvent même s'établir dans les cultures céréalières jusqu'à la récolte. Les bandes de sangliers utilisent un domaine vital de 200 à 800 ha selon le potentiel alimentaire présent.
Le sanglier vit en bandes ou en compagnies. Les animaux adultes des deux sexes vivent séparés. Leur rapprochement s'effectue pour la période de reproduction. Celle-ci se situe habituellement de la fin novembre à la mi-janvier. Les compagnies sont de trois types distincts: la laie suitée de sa descendance (marcassins, bêtes rousses et bêtes de compagnies), les bêtes de compagnie et les mâles généralement solitaires. Plusieurs groupes familiaux peuvent se réunir en bandes très conséquentes. Le sanglier peut aussi, dans certains rares cas, effectuer de grands déplacements. Lorsque les conditions alimentaires et de quiétude sont satisfaites, le sanglier devient très sédentaire, surtout les bandes de laies. Les laies quittent leur chaudron à la tombée de la nuit pour s'alimenter. Elles réintègrent le même chaudron au lever du jour. L'erratisme des mâles est plus grand car ils fréquentent régulièrement d'autres chaudrons. Après la mise-bas, la laie se déplace très peu. Elle reste à proximité du nid où elle a mis bas ses marcassins. L'éloignement du nid augmente en fonction de l'augmentation des capacités locomotrices des jeunes. La recherche de nourriture représente de 40 à 50% de leur activité.
Lors de la période de reproduction, les mâles. rejoignent les compagnies de femelles. Leur agressivité se manifeste par de fréquents combats. La laie porte 18 semaines (3 mois, 3 semaines et 3 jours). Un maximum de naissance se situe en mars-avril. Avant la mise-bas, la laie construit un nid fait de branchages, d'herbages et de mousse. Elle met bas 2 à 8 marcassins. L'allaitement dure 3 à 4 semaines. Quelques temps après la mise-bas la laie et les marcassins rejoignent la compagnie de départ ou évoluent en bande autonome. La maturité sexuelle des mâles intervient entre 8 et 12 mois, celle des femelles entre 8 et 20 mois.
MALADIES
Le sanglier peut contracter diverses maladies. Les agents actifs des maladies parasitaires sont des protozoaires, des nématodes (bronchite vermineuse) et des acariens (gale sarcoptique). Outre les maladies parasitaires, il faut signaler certaines maladies bactériennes (pastorellose, rouget, salmonellose, ... ). Enfin, parmi les maladies virales, la peste porcine fait régulièrement parler d'elle. Cette maladie, très contagieuse, se transmet facilement d'un individu à l'autre. Elle peut causer des pertes énormes dans la population.
La mortalité naturelle des marcassins est très importante. Les observations de Maynhardt la situe jusqu'à 40 % au cours des huit premières semaines de vie de l'animal.
ALIMENTATION.
Le suidé est un omnivore dont le régime alimentaire se compose pour sa plus grande partie d'aliments végétaux. Toutefois, la nourriture carnée n'est pas négligeable chez certains individus. Il consomme des racines, des tubercules, des rhizomes, des fruits, du mais, des céréales, de l'herbe, des champignons, mais aussi des rongeurs, des insectes, des vers de terre, et d'autres animaux. L'abondance des fructifications forestières joue un grand rôle dans le régime alimentaire de l'animal. L'analyse du régime alimentaire révèle une recherche importante d'aliments que l'on peut classer dans la catégorie (fruits et récolte). Le régime alimentaire est conditionné par la configuration des peuplements, la période de l'année et les activités humaines.
DEGATS.
L'animal est surtout connu pour les graves dommages qu'il occasionne à l'agriculture. Lors de la recherche de sa nourriture il fouille le sol avec son boutoir. Il occasionne d'importants dégâts dans les prairies (vermillis) et dans les cultures (verse et abroutissement). En forêt, ses dépréciations sont rares. Depuis quelques années, notamment suite à l'augmentation importante des populations on observe des dégâts d'écorcement sur jeunes résineux notamment sur douglas. Lors de la recherche de vers de terre, d'insectes, de larves, il laboure avec son boutoir le sol forestier. Il prélève aussi une grande quantité d'insectes nuisibles à la forêt.
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