Faits
et libre opinion.
A propos de la collaboration entre minéralogistes
professionnels et ‘amateurs’.
Une relation empreinte de respect mutuel.
La recherche sur terrain nécessite des jours, des semaines, voire des mois de randonnées, lourds travaux de prélèvement des échantillons, tri fastidieux. Commence ensuite un patient et minutieux examen, échantillon par échantillon, en vue d’une détermination des minéraux présents, la présence d’un minéral inhabituel entraînant enfin de longues recherches bibliographiques.
Certains minéralogistes professionnels ne disposent ni du temps nécessaire, ni (en général) du personnel pour pouvoir se livrer aux premiers labeurs sur terrain, labeurs proches parfois du bagne. Le tri et l’examen minutieux nécessiteraient plusieurs laborantins. Et s’ils font appel à de jeunes chercheurs étudiants (travaux de fin d’études), ceux-ci sont fortement limités dans leurs disponibilités pour l’étude de terrain.
Ce n’est qu’après un très long travail de dépouillement que quelques échantillons sélectionnés parmi parfois quelques centaines de kilos de matériel se révèlent dignes d’une étude approfondie. Cette étude, détermination certaine et description, nécessite non seulement le matériel optique tel microscope binoculaire, voire microscope polarisant (ce dernier déjà peu abordable par le coût du matériel) mais surtout un matériel ionisant (diffraction RX, sonde électronique, inabordables pour l’amateur par le prix et la nécessité d’autorisations spécifiques pour l’usage de ce matériel à risque). Même le minéralogiste amateur au fait des théories (voire de la pratique) utiles à cette étude est empêché par des contraintes matérielles et financières.
L’intervention du minéralogiste professionnel est à ce stade inéluctable : la collaboration professionnels-amateurs en minéralogie descriptive répond à une nécessité réaliste. Ce réalisme se concrétise au mieux dans une collaboration empreinte de respect mutuel, apportant à chacune des parties quelque avantage : pour l’amateur, assistance dans ses déterminations ; pour le professionnel, apport nouveau à la minéralogie descriptive, possibilités de publications, étude éventuelle de matériel nouveau.
L’étude effectuée par le minéralogiste professionnel se conclura parfois par une publication, valorisation de son travail .
En cas de collaboration entre professionnel et amateur, une information (par
le premier) régulière et complète à l’amateur, sur les analyses faites, est un
encouragement et une récompense pour le deuxième. L’amateur est
alors entièrement ouvert à une publication par le professionnel, description de
la découverte, et cède volontiers tacitement tous les droits, en remerciements
de l’information reçue (sous réserve parfois d’une toute symbolique référence à
l’auteur amateur de la découverte).
Telle bonne
courtoisie tacite construit une relation de collaboration enrichissante pour
les deux partenaires.
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