Klaudia Schank         Michel Schooyans

Euthanasie:

Le dossier Binding-Hoche

Traduction de l'allemand, présentation et analyse de 

"La libéralisation de la destruction d'une vie qui ne vaut pas d'être vécue"

Texte intégral de l'ouvrage publié en 1922 à Leipzig

Le Sarment - Collection Un autre regard sur l'homme

Prix en France: 12 €.

Klaudia SCHANK, licenciée en droit et en relations internationales, sensibilisée aux questions fondamentales des droits de l'homme, est la meilleure spécialiste des problèmes juridiques posés par la médecine au XXe siècle en Allemagne.

 

Michel SCHOOYANS, professeur émérite à l'université de Louvain, a enseigné la philosophie politique et les idéologies contemporaines. Auteur d'une vingtaine d'ouvrages traduits en plusieurs langues (dont La Face cachée de l'ONU, le Sarment, 2000), il est membre de l'Académie pontificale des sciences sociales (Rome), du Population Research Institute (Washington), de l'Institut de démographie politique (Paris).

 

Le livre de Binding (juriste) et de Hoche (médecin), traduit et présenté ici, est inconnu du public de langue française. C'est pourtant l'un de ceux qui ont influencé le plus profondément le cours du XXe siècle. Renommés dans les milieux universitaires allemands du début du siècle précédent, Binding et Hoche exposèrent dans leur ouvrage la justification juridique et médicale de l'euthanasie, qui conforta le IIIe Reich dans l'établissement de la solution finale et son horreur absolue.

 

Ce dossier est fondamental pour comprendre les enjeux des débats bioéthiques actuels. Une grande partie de l'argumentation des partisans actuels de l'euthanasie est absolument similaire à celle développée par Binding et Hoche. Connaissant les conséquences historiques terrifiantes de ces idées eugénistes, l'homme du XXIe siècle ne doit-il pas s'interroger de toute urgence? Une société qui se dit démocratique peut-elle, sans se renier, admettre que la vie de certaines catégories d'êtres humains ne mérite pas la protection pénale et, par conséquent, qu'elle pourrait être détruite? N'introduit-on pas là un principe de discrimination qui pourrait être étendu à d'autres catégories d'êtres humains et en "libéraliserait" la destruction? Cette étude démontre à merveille les conséquences tragiques auxquelles aboutit l'argumentation éthico-juridique de Binding et Hoche: une argumentation qui occulte son caractère inhumain derrière des considérations pseudo-scientifiques à connotations eugéniques et économiques.

 

Binding et Hoche nous invitent ainsi à nous poser des questions essentielles: n'est-ce pas au nom de la recherche scientifique et de l'utilité économique que l'on conteste l'égale dignité de tout être humain? Cette relativisation de la valeur de tout être humain n'a-t-elle pas pour objectif d'adapter la morale et le droit aux convenances de la recherche scientifique, voire du marché? Derrière son caractère "progressiste", le discours permissif de Binding et de Hoche cache un archaïsme dont la résurgence pourrait échapper à notre contrôle.