La face cachée de l'ONU…

et les mouvements anti-vie

 

 

1. Un peu d'histoire

 

Pour comprendre certaines facettes de la situation actuelle, il nous faut remonter dans l'histoire de la pensée occidentale afin d'y retrouver les origines des idées véhiculées à l'heure actuelle.

 

Nous allons nous rendre en Angleterre, à la fin du XVIIIème siècle. En 1798, Thomas Robert Malthus, pasteur anglican né en 1766 et décédé en 1834, publie un Essai sur le principe de population.1 Ce petit ouvrage d'environ 150 pages va avoir un retentissement considérable.

 

"Je dis que le pouvoir multiplicateur de la population est infiniment plus grand que le pouvoir qu'a la terre de produire la subsistance de l'homme.

Si elle n'est pas freinée, la population s'accroît en progression géométrique. Les subsistances ne s'accroissent qu'en progression arithmétique. Une connaissance élémentaire des nombres montrera l'immensité du premier pouvoir de multiplication comparé au second."2

 

Sur la seule base de la croissance de la population dans certaines régions nord-américaines colonisées par les Anglais, Malthus adopte et défend avec ardeur l'idée de progression géométrique de la population (1-2-4-8-16-32-64-128-256-512…). Lorsque rien ne freine cette puissance de peuplement, la population double tous les vingt-cinq ans. Cette idée n'est en rien originale et avait déjà été défendue au préalable par d'autres auteurs. Relevons peut-être déjà que Malthus ne semble guère tenir compte du fait que les êtres humains ne sont pas éternels!

 

Pour Malthus, le rapport entre population et subsistances est vu de manière pessimiste. Peut-être pour mieux accentuer le contraste avec la progression géométrique de la population, Malthus introduit la notion de progression arithmétique des subsistances (1-2-3-4-5-6-7-8-9-10…). Les moyens de subsistance ne peuvent croître que selon une progression arithmétique, et ce dans les conditions les plus favorables (défrichement de nouvelles terres, encouragements à l'agriculture…). La progression arithmétique est un maximum que l'agriculture ne parviendra jamais à dépasser. Il est impossible d'espérer une croissance plus forte.

 

Malthus donne à ce rapport entre l'homme et son environnement la forme d'une loi pseudo-mathématique et le nomme principe de population (selon l'expression empruntée à un autre auteur anglais, William Godwin3).

 

Au contraire des affirmations d'écrivains contemporains de Malthus, selon lesquelles les problèmes de surpopulation ne risquent de se poser que dans des myriades de siècles, c'est à chaque moment de son histoire que la menace plane sur l'humanité4. Parce qu'il y a décalage entre la progression géométrique de la population et la progression arithmétique des subsistances, la population est inévitablement ramenée au niveau des subsistances par deux freins: la misère et le vice. Ces freins servent donc à rétablir périodiquement l'équilibre entre population et subsistances.

 

Le frein le plus terrible à l'accroissement de population est la misère, conséquence inéluctable du principe de population. Sous le concept de misère, Malthus range l'ensemble des facteurs qui entraînent une mort prématurée. La lutte pour la vie (struggle for existence) décime en priorité les classes inférieures de la société - en clair, les classes pauvres -. Beaucoup d'autres hommes pratiquent le vice afin de ne pas avoir d'enfants. Dans la pensée de Malthus, rares seront les hommes qui pratiqueront la vertu. Le commun des mortels choisira le vice ou se mariera, avec le risque de connaître la misère.

 

Dans les éditions ultérieures de son Essai, Malthus recommandera aux pauvres de ne pas se marier tant qu'ils ne peuvent pas nourrir leurs enfants. S'ils le font quand même, le pasteur qui les mariera devra leur expliquer qu'ils doivent s'en prendre uniquement à eux-mêmes s'ils ne peuvent nourrir leurs enfants.

 

 

L'homme peut-il échapper au principe de population? 

 

La réponse est non! Voyons pourquoi.

 

Selon Malthus, le principe de population est une loi de la nature, donc voulue par Dieu. C'est donc Dieu qui a voulu cette misère dont souffrent surtout les classes inférieures de la société.

 

Les institutions ne sont que peu responsables de la misère de beaucoup d'hommes. La société ne peut qu'être inégalitaire, composée de propriétaires et de travailleurs. S'il en était autrement, si la propriété était supprimée, si chacun partageait avec son voisin, si tout le monde était nourri correctement, la population augmenterait encore plus rapidement et dépasserait les subsistances disponibles. De toute manière, le monde courrait encore plus vite à la catastrophe.

 

En résumé, si je lutte contre les inégalités sociales, je vais à l'encontre de la volonté de Dieu. C'est la raison pour laquelle Malthus s'oppose à la loi paroissiale d'aide aux pauvres existant à son époque. Elle est néfaste et doit être supprimée car elle s'oppose à la nature même des choses et donc à la volonté de Dieu. L'homme ne peut qu'être égoïste, il doit être égoïste: penser aux autres, partager avec eux, c'est les aider à survivre, à être imprévoyants et donc à se marier et se reproduire.

 

 

Premier point à retenir: selon Malthus, Dieu a voulu qu'il y ait des pauvres et des riches. Dieu a également voulu qu'il n'y ait pas assez de nourriture pour tout le monde. On ne peut rien y faire. Comme la population augmente plus vite que les subsistances, il ne faut surtout pas courir le risque d'un accroissement de la population en aidant les pauvres.

 

 

Le pessimisme de Malthus est partagé par son contemporain Jeremy Bentham (1748-1832)5. Bentham est d'accord avec le principe de population formulé par Malthus, mais Bentham, qui est athée, remplace Dieu par la Nature. C'est la Nature qui a voulu un accroissement différent de l'homme et de la nourriture. Fondateur d'une philosophie qui s'appelle l'utilitarisme, ce philosophe anglais soutient que pour l'être humain, la seule chose qui importe est la recherche de son propre plaisir

 

Logique avec sa conception de la recherche des plaisirs, Bentham recommande en termes voilés l'emploi de moyens contraceptifs: pourquoi se passer de relations sexuelles alors qu'on dispose de moyens pour empêcher la procréation? Bentham fait allusion à une sorte d'éponge contraceptive. Bentham prend aussi la défense de l'homosexualité, comme de l'infanticide dans le cas par exemple des enfants illégitimes. Entre un nouveau-né et sa mère, il faudrait privilégier l'être humain déjà là par rapport à l'être humain futur.6

 

Il y a dans le cercle des amis de Jeremy Bentham des gens qui osent plus que lui et se lancent dans la publication et la distribution d'une littérature contraceptive.7 et 8

 

 

Deuxième point à retenir: puisqu'il y a périodiquement trop d'êtres humains par rapport à la nourriture, et qu'on ne peut rien faire pour accroître la nourriture, il faut limiter la prolifération des êtres humains. Cependant, pourquoi les hommes comme les femmes devraient-ils se priver du plaisir sexuel puisqu'on a les moyens d'en empêcher les conséquences?

 

 

La lecture de l'Essai de Malthus inspire à Charles Darwin l'idée de sélection naturelle des espèces9. Seules les espèces, et dans les espèces, les êtres sains, vigoureux survivent et se multiplient. Les faibles disparaissent. Darwin parle de "struggle for life", expression que nous avons déjà trouvée sous la plume de Malthus. C'est la Nature elle-même qui a décidé que tous ne pourraient pas survivre.

 

Galton, cousin de Charles Darwin, applique cette théorie aux hommes. Il crée en 1883 le mot eugénique (art de bien engendrer). Sa préoccupation principale est d'améliorer la race humaine. Ses observations l'amènent à souligner les différences quant au nombre des enfants par famille entre les diverses classes sociales au sein d'une nation, ainsi que parmi les nations elles-mêmes. Galton émet une mise en garde: l'évolution normale de la race humaine est menacée par l'attention philanthropique portée aux pauvres et à leurs enfants.

 

Les eugénistes s'inquiètent du fait que les prudents et ceux qui réfléchissent aux conséquences de leurs actes (c'est-à-dire ceux dont la race blanche, anglo-saxonne a besoin, ainsi que de leurs enfants) pratiquent la contraception, tandis que les classes pauvres procréent sans discernement. Il faut intervenir pour favoriser la procréation des plus doués, c'est-à-dire de ceux qui réussissent - et, parallèlement, freiner la procréation des pauvres, c'est-à-dire de ceux qui échouent, qui ne devraient pas survivre.

 

Dès la fin du XIXème siècle, des voix s'élèvent en Angleterre pour demander la stérilisation des sujets porteurs de défauts. Au début du XXème siècle, des états américains votent des lois en faveur de la stérilisation des fous et des criminels; des savants anglo-saxons se réunissent à Londres pour définir les moyens de lutte contre la prolifération des autres races, qui pourraient mettre en danger la race blanche10. Sur l'eugénisme se greffent des théories raciales, liées aux recherches effectuées au XIXème siècle sur l'inégalité des races.

 

 

Troisième point à retenir: une charité peu réfléchie encourage les faibles, les pauvres, les inadaptés à avoir des enfants. Elle aide ces enfants mal formés, non instruits, à vivre, survivre et se reproduire. La fécondité des pauvres étant plus élevée que celle des classes sociales plus instruites, à terme, les pauvres risquent d'être par leur nombre une menace pour les classes instruites. Le même phénomène risque de se produire au niveau des nations.

 

 

Le discours en faveur de la contraception se mélange avec le discours eugéniste et le discours racial - et parfois même raciste -.

 

Citons comme exemple l'américaine Margaret Sanger (1879-1966).11 Présentée comme l'une des figures les plus éminentes du mouvement contraceptif au niveau mondial, Margaret Sanger a forgé l'expression Birth Control (contrôle des naissances). Notons que cette transformation des termes fait oublier toute référence à Malthus, tout en gardant en arrière-fond des discours l'idée venant de Malthus selon laquelle seul le contrôle des naissances améliorera le sort des pauvres. Margaret Sanger ne remet nullement en question les inégalités sociales.

 

Se présentant comme un esprit éclairé qui désire aider les pauvres, Margaret Sanger mêle dans ses écrits féminisme, néo-malthusianisme et eugénisme et développe de manière différente ses arguments selon les publics. Elle plaide pour l'accès des femmes à la contraception afin qu'elles puissent vivre librement leur sexualité et jouir du plaisir sexuel comme les hommes. Son discours aux classes sociales pauvres décrit avec forces détails leur condition misérable et déclare que seul le contrôle des naissances les fera sortir de la misère. Aux "élites", elle déclare que l'amélioration de la race passe par l'accès des individus les moins sains à la contraception.

 

En effet, les classes éduquées ont moins d'enfants que les classes inférieures, les pauvres, les déficients mentaux. Il est urgent de décourager tous ces êtres d'avoir des enfants. De plus, dans son livre Le pivot de la civilisation (1922), Margaret Sanger parle explicitement de cruauté de la charité, car la charité permet aux enfants pauvres, ignorants de vivre et de procréer.12 En effet, même si la mortalité infantile est très grande dans les rangs des pauvres, beaucoup de leurs enfants peuvent vivre grâce à des interventions charitables. Selon elle, la vraie charité, c'est de leur apprendre la contraception.

 

Margaret Sanger recommande la stérilisation des faibles d'esprit, des gens atteints de maladies héréditaires. Tous ces gens pourraient jouir du plaisir sexuel sans procréer, que ce soit dans le mariage comme hors mariage. L'Église catholique est violemment attaquée car elle lie sexualité et procréation. Et de plus, l'Église catholique recommande le mariage. Raison de plus pour la condamner.

 

Selon Margaret Sanger, il est urgent d'agir, sinon tous ces pauvres, tous ces dégénérés vont constituer la majorité de la population américaine de demain. Au niveau international, les races autres que la race blanche, occidentale, anglo-saxonne risquent d'envahir le monde. Dans un discours prononcé en 1920, Margaret Sanger dit clairement qu'on ne peut demander aux autres races de diminuer leur taux de natalité si le taux de natalité des pays anglo-saxons est élevé. Il faut donner l'exemple, tout en organisant dans tous ces pays une propagande en faveur du contrôle des naissances afin que les taux de natalité de ces pays diminuent pour atteindre le niveau des nations civilisées.13 Margaret Sanger va faire campagne au niveau international.

 

En effet, les pauvres, on les retrouve partout dans le monde! Des voix s'élèvent de plus en plus pour dénoncer une nouvelle menace: la croissance démographique des pays en voie de développement. Les Blancs risquent de devenir une minorité. Contrôler la population des pauvres occidentaux comme de ceux du Tiers-Monde semble essentiel pour éviter la famine et la malnutrition. Des conférences internationales ont lieu sur ce sujet dès avant la seconde guerre mondiale.

 

Il faut absolument mettre au point une contraception efficace. En 1950, Margaret Sanger rencontre le Docteur Pincus et lui demande de mettre au point un nouveau procédé contraceptif.14 Ce sera la pilule contraceptive, présentée dans les pays occidentaux comme le symbole de la libération de la femme: toute femme dans le monde doit comprendre que sa vie sera transformée si elle prend la pilule, porte un stérilet ou se fait avorter.

 

Les Nations Unies sont fondées en 1945. En 1948, Margaret Sanger organise The International Congress on Population and World Resources in Relation to the Family, à Cheltenham, en Angleterre, auquel participent des représentants d'une vingtaine de pays, mais aussi des Nations Unies.15 Le directeur général de la FAO (l'organisme des Nations Unies qui s'occupe de nourriture et d'agriculture) y fait un exposé à propos de la situation de la nourriture au niveau mondial. Nous sommes en 1948. On sort de la guerre et la situation est difficile mais le futur s'annonce encore plus terrible, à cause de l'augmentation de population. D'autres orateurs évoquent la contribution que les agences des Nations Unies pourraient apporter dans la diminution de la natalité au niveau mondial.

 

 

Nouveau point à retenir: la toute jeune organisation des Nations Unies est déjà aperçue comme pouvant jouer un rôle central dans le contrôle de la population.

 

Une famille nord-américaine va jouer un rôle très important dans cette implication des Nations Unies dans les campagnes de contrôle de la population. C'est la famille Rockefeller. Arrêtons-nous un moment sur un de ses membres: John D. Rockefeller Junior (1874-1960).

 

En décembre 1946, John D. Rockefeller Junior fait un don qui permet l'achat du terrain pour le siège permanent des Nations Unies à New York: ainsi cette organisation sera installée de manière permanente aux États-Unis. Il a également financé la plus grosse organisation privée qui va s'occuper entre autres de contrôle de la population: la Rockefeller Foundation.16

 

Dès 1913, il finance des recherches sur le contrôle des naissances, l'éducation sexuelle, les différents facteurs qui influencent le comportement sexuel de l'être humain.17 Dès les années 30, cette fondation se penche sur le fonctionnement hormonal de l'être humain afin de mettre au point des contraceptifs plus efficaces18. Il semble à la même époque que la Fondation Rockefeller ait financé des recherches en psychiatrie génétique dans l'Allemagne nazie: on sait ce que cela a signifié dans la pratique.19 Quand on analyse la liste des projets financés jusqu'à présent par la fondation, on retrouve, pêle-mêle, l'envoi de missions dans différents pays en voie de développement pour recenser la population, en étudier la structure et surtout aider les gouvernements à contrôler leur population, la formation de ressortissants des pays du Tiers Monde pour intervenir en matière de population, les problèmes de race aux États-Unis, les recherches en matière de nouveaux contraceptifs.

 

Il faut que toute personne dans le monde puisse utiliser la contraception! Derrière tout ceci se cache l'idée selon laquelle il faut construire un ordre mondial qui garantisse la sécurité économique dans le monde. Par leur présence et leurs engagements partout dans le monde, par leur potentiel économique, politique, scientifique, les U.S.A. s'estiment fondés à s'octroyer une mission de leadership mondial. Or à cette mission doivent être associées les nations riches et les classes riches du monde entier. Tout ce bloc constitué par les nations riches devra s'employer à contrôler le développement dans le monde en général. Or le grand risque, c'est la croissance démographique des pays pauvres. Il faut endiguer l'essor de la population pauvre. La Fondation Rockefeller va injecter des fortunes dans ce contrôle de la population pauvre.

 

En 1952, John David Rockefeller Junior, fils du précédent, fonde le puissant Population Council20. Cette institution privée mérite d'être mentionnée ici en raison de l'influence que le groupe Rockefeller exerce, à travers elle et jusqu'à nos jours, sur les programmes démographiques de l'ONU et de ses agences. Frederick Osborne, ancien président de la société américaine d'eugénisme, devient en 1952 le premier président de l'influent Population Council. La société américaine d'eugénisme vient s'installer dans les bâtiments du Population Council.21 Même s'ils ne sont pas officiels, les liens entre contrôle de la population et eugénisme sont bien présents.

 

 

         2. L'ONU

 

L'ONU va reprendre les idées développées par tous ces penseurs.22

 

Reprise du malthusianisme

 

         La doctrine malthusienne est constamment présente dans les discours des institutions internationales et les conférences organisées par celles-ci. La croissance de la population –assure-t-on– est exponentielle. La production alimentaire ne suit pas; la famine menace certaines régions du globe. Les pauvres du Tiers-Monde ont trop d'enfants: des photos de femmes pauvres entourées d'enfants en guenilles illustrent souvent les propos malthusiens des rapports des différents organismes de l'ONU. La croissance de la population est cause de pauvreté et de chômage; elle fait obstacle au développement. Pour sortir de leur misère, les pauvres doivent d'abord freiner drastiquement leur natalité.

 

Dans un ouvrage intitulé Les Nations Unies dans la vie quotidienne, le FNUAP est présenté de la manière suivante23:

 

Le FNUAP en quelques mots

 

Le FNUAP a commencé ses activités en 1969, avec les objectifs suivants:

 

 

Le Fonds des Nations-Unies en matière de Population poursuit donc le but de stabiliser la population mondiale en diminuant la natalité par la contraception et l'avortement.

 

En outre, les pauvres sont un danger: leur concentration dans les villes est cause de délinquance et de criminalité -certaines déclarations de la Conférence d'Istanbul sur l'habitat (1996)24 l'ont souligné-.

 

        Le développement est lié en priorité au contrôle de la population. A partir de la IIe Conférence internationale sur la Population (Belgrade, 1965), la planification des naissances est présentée comme une forme d'aide au développement. 

 

Citons un extrait d'une déclaration du secrétaire général de l'ONU de l'époque, U Thant: "Le conflit le plus urgent auquel est confronté le monde actuel n'est pas entre les nations ou les idéologies, mais entre l'allure de l'augmentation de la race humaine et l'augmentation insuffisante des ressources nécessaires pour que l'humanité vive dans la paix, la prospérité et la dignité."25 Le 10 décembre 1966, jour des droits de l'homme, il fait paraître une déclaration sur la population, dont l'initiative revient à John D. Rockefeller Junior, et signée par douze chefs d'états. Un an plus tard, dix-huit autres chefs d'état signent cette déclaration. 

 

L'idée de contrôler la population mondiale fait son chemin. Procréer n'est plus une décision de couple. C'est une décision qui implique l'avenir de l'humanité. Il faut contrôler et limiter la croissance de la population. Tel était l'objet de la Conférence sur la Population et le Développement, qui s'est tenue au Caire en 1994.26 Depuis celle-ci, les États sont régulièrement priés de rendre compte de ce qu'ils ont fait pour appliquer le "plan d'action" arrêté "par consensus" au Caire. En 1992, la Conférence de Rio (1992)27 avait déjà déclaré que la capacité porteuse de la terre est atteinte ou dépassée. Dans sa définition originelle, le développement "durable" requiert un contrôle des populations. Si ce contrôle n'est pas réalisé, la bombe "P" (population, selon l'expression de l'écrivain Paul Ehrlich) ne tardera pas à exploser.28

 

 

Reprise de l'eugénisme

 

         En 1946, Julian Huxley fut mis à la tête de l'UNESCO29. Frère d'Aldous Huxley, auteur du Meilleur des mondes, Julian Huxley a été vice-président de la société anglaise d'eugénisme de 1937 à 1944 et a aussi travaillé sur les questions de population.30 Il était connu pour être partisan de la stérilisation des débiles mentaux et de ceux dont la société ne savait que faire, c'est-à-dire des pauvres. Il souhaitait aussi qu'on mette au point des techniques contraceptives efficaces, par injections ou par vaccination.

 

Dans un document de 1947 intitulé UNESCO: son but et sa philosophie, Huxley écrit que la question de l'eugénisme doit être examinée avec le plus grand soin, et que le public doit être informé de ce qui est en jeu, de telle sorte que ce qui est impensable aujourd'hui soit pensable demain.31 Remettons les choses dans leur contexte historique: nous sommes en 1947. Le monde sort de la deuxième guerre mondiale et découvre l'horreur des camps de concentration nazis. Et pourtant, le président de l'UNESCO ose écrire que ce qui est impensable aujourd'hui sera pensable demain…

L'éducation donnée aux enfants dès leur plus jeune âge leur permettra d'accepter ces idées. Julian Huxley voulait qu'un humanisme mondial soit instauré et remplace donc les religions existantes. Grâce à l'éducation, chacun serait prêt à accepter une unification mondiale, mais aussi l'eugénisme!

 

         On se souvient qu'à la sélection naturelle de Malthus, Galton préférait la sélection artificielle; il introduisait donc un élément volontariste, c'est-à-dire interventionniste. Les pauvres, ce sont ceux qui ratent; les riches, ce sont ceux qui réussissent. Malthus avait insisté sur le fait que c'est Dieu qui veut qu'il y ait des pauvres afin de provoquer une répulsion salutaire chez les élus. Ces mêmes pauvres sont destinés à rater et à retourner au néant après leur mort. Ils sont des êtres grossiers, inférieurs. Pour le bien de l'Humanité, il faut persuader les pauvres de ne pas procréer et favoriser la procréation entre êtres doués. 

 

         Dès la Conférence de Bucarest (1974), apparaît la dimension volontariste du contrôle démographique, spécialement chez les pauvres: ce contrôle requiert une action systématique. (Nous retrouvons cette idée selon laquelle les pauvres sont incapables de prendre leur destin en main). La IVe Conférence (Mexico, 1984) mentionne la nécessité d'un plan d'action, dont la formulation la plus élaborée est l'œuvre de la Conférence du Caire (1994).32 De multiples réunions actuelles sont largement consacrées à vérifier l'application de ce plan d'action.

 

         Depuis de nombreuses années, des programmes de l'ONU ont été mis en place, avec comme objectif le contrôle les populations du monde, selon des critères discriminant les pauvres. Ted Turner, patron de CNN, ou Bill Gates, mister Microsoft, et d'autres "fondations charitables" arrosent l'ONU, et en particulier le FNUAP, de dons plantureux destinés à réduire les naissances chez les pauvres plutôt qu'à créer des écoles qui feraient pourtant, à terme, exploser leurs marchés...33 (Voir liste).

 

Reprise du néomalthusianisme

 

         Les premiers textes néomalthusiens ont alimenté l'argumentaire individualiste, libertaire et féministe. Le néomalthusianisme actuel insiste, lui aussi, sur le droit au plaisir individuel et sur l'émancipation des femmes. Cependant, surtout depuis le rapport du FNUAP de 1994, l'éducation et l'émancipation des femmes est envisagée comme un moyen puissant pour faire baisser la croissance de la population.34 C'est pourquoi l'éducation des femmes doit comporter un important volet relatif à l'éducation sexuelle et à la "santé reproductive". Celle-ci fait partie des "nouveaux droits" qui sont lancés: droits à la contraception, à l'avortement, à la stérilisation, à l'homosexualité. Ces "nouveaux droits" sont censés répondre à des "besoins insatisfaits".

 

         Ces besoins sont insatisfaits entre autres parce qu'il n'y aurait pas assez de sortes de contraceptifs et d'abortifs sur le marché mondial. C'est la raison pour laquelle l'Organisation Mondiale de la Santé finance depuis 1972 un programme spécial de recherches sur de nouveaux moyens de contraception et d'avortement35. Certaines recherches doivent permettre d'obtenir des résultats particulièrement "performants": elles ont pour but de découvrir comment agir contre l’hormone hCG (human chorionic gonadotrophin), hormone produite par l'ovule fécondé et essentielle pour l’établissement et la poursuite de la grossesse. Le but ultime est de vacciner les femmes contre cette maladie qu'est la grossesse! Notons que ces recherches ont commencé dans le courant des années 70. Sous le couvert de soins médicaux, on pourra vacciner sur grande échelle les femmes -sans nécessairement leur dire dans quel but on les vaccine, et en utilisant le mot vaccin pour convaincre les femmes de se laisser faire-! 

 

Notons également qu'on ne fait plus la distinction entre contraception et avortement. Beaucoup de femmes ne savent même pas que certaines pilules dites contraceptives sont souvent en réalité abortives, car elles peuvent empêcher la nidation de l'ovule fécondé. 

 

Signalons quelques autres faits en matière de contraception et d'avortement.

 

·      Les moyens modernes de contraception se caractérisent souvent par l’intervention d’un tiers, plus ou moins présent dans la relation sexuelle. C'est un moyen très subtil de contrôler les relations sexuelles des personnes. On a remarqué que moins la personne est motivée, plus elle risque d'arrêter la contraception si elle en la maîtrise totale. Pour les personnes que l'on estime trop peu motivées, ou illettrées, il faut que le contraceptif soit de longue durée et d'un effet impossible à arrêter par l'intéressée seule. Les moyens contraceptifs proposés aux couples différeront donc selon les milieux sociaux.36

 

§         le stérilet: classé de manière erronée dans la catégorie des contraceptifs. Sa mise en place nécessite une personne extérieure à la femme. Grand avantage: on peut l’insérer lors d’un examen gynécologique de routine, sans que la femme puisse donner son avis. Puisqu’il peut rester en place longtemps et que la femme a besoin d’un tiers pour l’enlever, c’est un moyen intéressant à utiliser pour les femmes qui pourraient changer d’avis et dans le cas de programmes de contraception forcée.

 

§         la stérilisation: bien que la stérilisation masculine présente moins de risques que la stérilisation féminine, ce sont en général les femmes qui sont stérilisées, parfois à leur insu. Au Brésil par exemple, de nombreuses stérilisations ont été effectuées lors d’une césarienne (cela permet de ne pas nécessairement demander à la femme son avis, mais cela veut aussi dire que la femme peut très bien continuer à prendre la pilule par exemple tout en étant stérilisée!)37. Même si la stérilisation a été fortement décriée suite aux campagnes de stérilisation forcée qui ont eu lieu en Inde et dans d'autres pays du Tiers-Monde, elle est toujours largement pratiquée dans le Tiers-Monde, avec ou sans incitants.

 

§         les implants: ce sont des petites capsules que l’on insère sous la peau et qui distillent des hormones pendant une durée de cinq ans par exemple (le Norplant, utilisé principalement dans le Tiers-Monde38). Il faut un personnel spécialisé pour les mettre, comme pour les enlever. Si la femme veut qu’on lui enlève l’implant avant la fin des 5 ans (à cause entre autres des nombreux effets secondaires), elle essuie souvent un refus. De plus, bonjour les dégâts quand il y a des infections ou des kystes.

 

Tous ces produits ou opérations entraînent des effets secondaires parfois graves. Or la population du Tiers-Monde est en général une population affaiblie (la plupart des femmes sont anémiques), mal soignée. Ces contraceptifs démolissent encore plus leur santé… mais cela ne semble guère avoir d'importance!

 

         Lors de la Conférence de Pékin39 (1995), le féminisme reçoit une nouvelle étiquette: le "gender"40. Les différences de rôles attribués à l'homme et à la femme dans la société n'ont aucun fondement naturel; elles sont le produit de la culture et, comme tels, peuvent et doivent être abolies. La famille est présentée comme le lieu de la lutte des classes (voir Engels); la femme y est opprimée par l'homme, qui, en lui imposant le "fardeau" de la maternité, l'empêche de s'épanouir en apportant sa contribution à la production. La libération de la femme passe donc par la destruction de la famille.

 

Thème classique du néomalthusianisme, la destruction de la famille apparaît désormais sous la rubrique des "nouveaux modèles" de famille: à côté de la famille monogamique et hétérosexuelle traditionnelle, apparaissent les soi-disant "familles" monoparentale, homosexuelle, recomposée, etc.

 

Reprise de l'écologisme

 

         Malthus craignait la disparité entre, d'une part, les terres cultivables et les ressources alimentaires et, d'autre part, le nombre de bouches à nourrir. En dépit du fait que le principe de population de Malthus ne repose sur aucun fondement scientifique, cette thèse du pasteur anglican continue depuis deux siècles à être véhiculée et est désormais généralisée aux rapports entre la Terre et l'homme. Dans l'élargissement de la disparité avancée par Malthus, on relève diverses étapes.

 

         Nous voici d'abord sur le Radeau de la Méduse, du peintre Géricault, ou sur le Titanic. Le navire Terre comporte quelque six milliards de passagers et serait en train de sombrer. Or les chaloupes ne peuvent accueillir que le tiers ou le quart des passagers. Il faut donc impitoyablement couper les mains à ceux qui veulent se hisser sur les canots, sans quoi tous périront. C'est la Bombe Population, dont a parlé Ehrlich en 1968. D'autres évoquent une solution radicale: Jacques Cousteau recommandait qu'on réduisît la population mondiale au quart de son niveau actuel et écrivait dans une publication de l'UNESCO de 1991 qu'il fallait stabiliser la population mondiale. Pour ce faire, il faudrait éliminer 350.000 personnes par jour!41

 

         Toujours en conformité avec la tradition malthusienne, les pauvres sont la cible à viser prioritairement. Leur croissance démographique serait cause de la dégradation de l'environnement: déforestation, gaspillage des ressources, réchauffement, détérioration de la couche d'ozone, etc. L'homme serait le plus grand "prédateur". La Conférence de Rio (1992) a été entièrement consacrée à ces thèmes.

 

Au nom de la protection de la planète, certains scientifiques proposent des solutions radicales: le docteur anglais Maurice King recommande que là où il y a pression de la population sur l'environnement, on ne réhydrate pas les enfants pauvres souffrant de diarrhée. Ainsi on pourrait "contenir" les populations pauvres dans les limites de certains quotas.42  

 

Il en va des hommes comme de toute autre espèce animale: dans certaines régions, ils seraient une menace pour l'environnement. Les équilibres "naturels" doivent donc être protégés à tout prix. A défaut de pouvoir contenir la croissance démographique chez les pauvres, il faudrait laisser périr ceux-ci. Malthus s'opposait aux "lois paroissiales" d'aide aux pauvres car elles les aidaient à vivre et, en conséquence, permettaient l'augmentation de la population. Aider les pauvres, c'était aller contre la volonté de Dieu inscrite dans le principe de population. Le message de Malthus est toujours actuel: aider les pauvres, c'est enfreindre la morale naturelle; si Dame Nature est violente, la société doit elle aussi être violente.

 

         L'exaltation de l'environnement a conduit à une radicalisation des écologies antérieures. Déjà la Conférence de Bucarest (1974) considérait que la croissance de la population affectait l'environnement et était devenue un problème international. Désormais, l'homme n'est plus le centre de l'univers.43 Le message judéo-chrétien selon lequel l'homme serait le sommet de la création doit être combattu avec force. L'homme ne transcende pas la nature matérielle; il est un être parmi d'autres, immergé dans l'univers. L'homme ne doit pas seulement se soumettre à l'État ou l'État aux organisations internationales. Il doit également reconnaître que les animaux ont eux aussi des droits44. Il doit se soumettre à la Terre-Mère et, comme y pousse le New Age, révérer Gaïa.45

 

 

L'idéologie de la sécurité démographique

 

Plus que jamais, les thèses malthusiennes sont réactivées et font l'objet de présentations diverses et d'accentuations variables. Sous des habillages différents réapparaît le même refrain: le nombre excessif d'hommes est la cause première des malheurs qui affectent l'humanité.

 

         Il faut donc augmenter l'aide affectée aux programmes de contrôle de la natalité et renforcer, dans ce but, les pouvoirs des organisations internationales, spécialement de l'ONU et de ses agences –ainsi que des ONG reconnues fiables, comme l'IPPF-.

 

         Les pays du Nord sont menacés par les pays du Sud, pauvres, mais beaucoup plus peuplés. D'où la nécessité impérieuse de contenir, c'est-à-dire brider la croissance démographique du Sud, sans lésiner sur les moyens. La formulation la plus cynique de cette idéologie se trouve dans le Rapport Kissinger (1974)46. Le rapport du National Security Council, préparé en 1974 sous la direction d'Henry Kissinger, fut tenu secret jusqu'en 1989. Ce rapport estime indispensable pour la sécurité des États-Unis, de mettre en œuvre une politique de contrôle démographique dans les pays du Tiers-Monde. La plupart des recommandations qu'on trouve dans les rapports actuels du FNUAP apparaissent déjà dans le rapport Kissinger établi en 1974. De là à penser que le gouvernement des USA utiliserait les organismes qui s'occupent de population à l'ONU, il n'y a qu'un pas.

 

         Les riches du monde entier doivent faire front commun pour endiguer ensemble la menace que les pauvres constituent pour leur sécurité. Leur programme d'action peut se réclamer des assises "solides", "scientifiques" même, fournies par Malthus et par ses continuateurs. Et puisque leur cause est "juste", ils se prétendent fondés à recourir aux instruments d'action dont dispose l'ONU et même à renforcer ceux-ci.

 

 

        3. Le vieillissement de la population: nouveau danger pour le monde

 

L’expansion démographique n’est pas indéfinie: à l’échelle mondiale, le ralentissement est entamé depuis les années 1960. Il y a déjà plus de vingt ans que des démographes de premier ordre ont attiré l'attention sur le fléchissement de la croissance de la population. Le démographe français Alfred Sauvy a été un des premiers à discerner cette tendance et en a souvent souligné les périls. Plus récemment, ce fléchissement a été reconnu par des organismes, dont des agences de l'ONU, qui avaient pris l'habitude de dénoncer "l'explosion démographique", la "surpopulation", etc.

 

Une nouvelle menace plane sur la sécurité économique, si chère aux riches du monde: le vieillissement de la population, déjà nettement perceptible dans les pays occidentaux: nous vivons de plus en plus vieux.

 

Nous avons également de moins en moins d'enfants. Entre 1995 et 2000, le nombre moyen d'enfants par femme en âge de fécondité était, en Europe, de 1,41, alors qu'il faudrait 2,1 enfants pour que les générations soient remplacées. Dans certaines régions du nord de l'Italie, l’indice de fécondité du moment est même tombé en deçà de 1 enfant en moyenne par femme. Le cas le plus extrême est celui de la riche province centrale d’Émilie-Romagne, dont le chef-lieu est Bologne, et où le nombre de personnes de plus de soixante-dix ans est déjà deux fois supérieur à celui des jeunes de moins de vingt ans.

 

Selon les derniers chiffres communiqués par la Division de la Population des Nations Unies, le déclin de la fécondité s'observe partout dans le monde et ne semble pas prêt de s'arrêter47. Les conséquences du déclin démographique sont multiples. La plus évidente, c'est l'augmentation de la proportion des personnes âgées. Les pyramides d'âge de différents pays le montrent bien48.

 

Certaines voix commencent à se faire entendre, qui soulignent qu'un vieillard coûte plus cher à la société qu'un enfant. Comment va-t-on payer les retraites de tous ces vieux, parfois très vieux? Ils vont constituer un poids financier de plus en plus lourd pour la société. Une société hédoniste, c'est-à-dire qui maximalise la recherche du plaisir et de son propre intérêt sans se préoccuper des autres, dégénère fatalement en une société de violence et de mort.

 

Si nous avons déjà peur des pauvres, des jeunes, qu'allons-nous faire des vieux? Je laisse à chacun le choix de la réponse... L'euthanasie économique se profile à l'horizon.

 

 

Dernier point que je laisse à votre réflexion: le Protocole additionnel à la Convention pour l'élimination de toutes les formes de discrimination vis-à-vis de la femme (1979) prévoit des poursuites en cas de violations graves ou systématiques des droits de la femme49. En clair, il faut s'attendre à ce que d'ici peu de temps les États ou personnes qui s'opposent à l'avortement soient poursuivis. Si on poursuit pour refus d'avortement, n'arrivera-t-on pas plus vite que nous ne le pensons à poursuivre pour refus d'euthanasie?

 

 

En guise de conclusion:

 

Il existe heureusement partout des hommes et des femmes de bonne volonté alliant, à une autorité scientifique reconnue, une intégrité morale irréprochable. C'est à ces savants, qui connaissent le prix de la liberté académique, qu'incombe la tâche urgentissime de mettre nos communautés nationales et toute la communauté humaine à l'abri des métamorphoses de la pensée de notre cher Malthus. C'est à eux d'abord qu'il échoit de presser l'ONU de rendre des comptes; c'est à eux de démystifier les "plans d'action" largement fondés sur un gigantesque bluff idéologique. Si le mensonge fait bon ménage avec la violence, la justice ne peut se faire que dans la vérité.

 

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  1. Essai sur le principe de population en tant qu'il influe sur le progrès de la société, avec des remarques sur les théories de Mr. Godwin, de M. de Condorcet et d'autres auteurs par Thomas Robert Malthus, Londres — 1798. 1e éd. traduite par Eric Vilquin. Paris, I.N.E.D., 1980. 

Quelques adresses internet: 

  http://gallica.bnf.fr/Fonds_Tables/000/M0005567.htm: présente la table des matières de la traduction française de l'édition de 1798.

 http://gallica.bnf.fr/Fonds_Tables/000/M0005568.htm: présente la table des matières de la traduction d'une édition ultérieure, plus étoffée.

http://www.taieb.net/auteurs/Malthus/Essai.html: extraits de la traduction française de l’édition de 1803, par Pierre Prévost.

http://socserv2.socsci.mcmaster.ca/~econ/ugcm/3ll3/malthus/popu.txt: texte original de l'édition de 1798. 

Autres adresses pour le texte anglais de 1798: http://www.marxists.org.uk/reference/subject/economics/malthus/index.htm ou http://www.ecn.bris.ac.uk/het/malthus/popu.txt  ou http://www.ac.wwu.edu/~stephan/malthus/malthus.0.html

Pour trouver d'autres ouvrages de Malthus: http://socserv2.socsci.mcmaster.ca/%7Eecon/ugcm/3ll3/malthus/index.html

Sur le site http://socserv2.socsci.mcmaster.ca/~econ/ugcm/3ll3/index.html, on trouve beaucoup de textes d'archives sur l'histoire de la pensée économique. La page de liens http://socserv2.socsci.mcmaster.ca/~econ/ugcm/3ll3/link.html fournit aussi de nombreuses références extrêmement intéressantes.

 

  1. P. 25 de la traduction française.

 

  1. Sur l'ouvrage de William Godwin que Malthus critique, voir: http://www.ecn.bris.ac.uk/het/godwin/index.htm ou http://socserv2.socsci.mcmaster.ca/%7Eecon/ugcm/3ll3/godwin/pj.htm

 

  1. L'ouvrage auquel il est fait allusion a été écrit par Condorcet. Voir: http://www.unifi.it/riviste/cromohs/bibliot/philmeth/Condorcet/Condorcet.html. Sur ce site, on trouve un catalogue en ligne de textes philosophiques et économiques http://www.unifi.it/riviste/cromohs/bibliot/catalog.html. Pour le texte de Condorcet, voir aussi http://socserv2.socsci.mcmaster.ca/%7Eecon/ugcm/3ll3/condorcet/cindex0.htm

5.     A propos de Bentham, voir en priorité: http://www.ucl.ac.uk/Bentham-Project/ et http://www.la.utexas.edu/research/poltheory/bentham/. Voir la publication par C.K. Ogden d'extraits d'un manuscrit de Jeremy Bentham intitulé Offences against taste, publié à la suite du livre de Jeremy Bentham, The theory of legislation, edited with an introduction and notes by C.K. Ogden, London, Kegan Paul, Trench, Trubner & Co. Ltd, New York, Harcourt, Brace and Company, 1931. Voir p. 479: l'auteur y évoque des pratiques qui sont considérées comme "unnatural".

" E.g. Infanticide. To preserve her own reputation the mother of a newborn illegitimate child destroys it. To this act of which the principle of self-preservation is the present motive -to this act and thence to the agent the epithet unnatural is fixed. In the mind of the woman in question, the consideration of her own interest prevails over that of another being: her own a most momentous interest, the other an eventual rather than a real one. Supposing the discovery made, the whole life of the woman will probably be a life of bitterness: by the being whose life is finished as soon as begun, pain will not be felt in any shape. A more natural [practice] can scarce be found."

6.     Un texte où il est fait allusion aux débuts du néomalthusianisme: http://www.warwick.ac.uk/fac/arts/History/teaching/courses/gender/lect8

7.     Sur les amis de Jeremy Bentham, voir The English Utilitarians by Leslie Stephen, 1900. Le texte se trouve à l'adresse suivante: http://socserv2.socsci.mcmaster.ca/%7Eecon/ugcm/3ll3/stephenindex.html

8.     Page intéressante sur l'histoire de la contraception:  http://www.leaderu.com/ftissues/ft9312/articles/decter.html

9.     Le texte de L'origine des espèces se trouve entre autres aux adresses suivantes: http://www.literature.org/authors/ et http://abu.cnam.fr/BIB/auteurs/darwinc.html. Sur Darwin, voir par exemple: http://landow.stg.brown.edu/victorian/darwin/darwinov.html.

10.                       Ne citons qu'un exemple: C.V. Drysdale, The Empire and the birth rate. A paper read before the Royal Colonial Institute, March 24, 1914, s.d. Pour avoir une petite idée de ce qu'était le mouvement eugéniste en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, voir http://www.africa2000.com/ENDX/endx.htm

11.                       Sur Margaret Sanger, voir par exemple: http://www.nyu.edu/projects/sanger/aboutms.htm ou http://www.msu.edu/course/mc/112/1920s/Sanger/ ou http://www.time.com/time/time100/leaders/profile/sanger.html ou http://www.prb.org/pt/2000/Apr2000/sanger.html

12.                       On peut trouver les adresses Internet des sites qui fournissent le texte à: http://digital.library.upenn.edu/webbin/gutbook/lookup?num=1689. Voir également http://www.nyu.edu/projects/sanger/msppdocs.htm, http://www.nyu.edu/projects/sanger/mswrite.htm#bcbooks ou http://digital.library.upenn.edu/webbin/book/authorstart?S pour une liste des ouvrages de Margaret Sanger qui se trouvent sur Internet.

13.                       Référence à http://www.nyu.edu/projects/sanger/hotelc.htm (Hotel Commodore Speech, 8 décembre 1920). Elle y dit: "We cannot as occidentals, presume to ask the oriental races, of whom it is feared, will overrun the earth, to decrease their population while we encourage a high birth rate among ourselves."  D'autres discours se trouvent sur http://www.nyu.edu/projects/sanger/msppdocs.htm

14.                       A propos de ses liens avec le docteur Pincus, voir par exemple: http://www.nyu.edu/projects/sanger/techno.htm ou http://www.prb.org/pt/2000/July2000/pincus.html ou http://www.fau.edu/library/br138.htm. Sur une brève histoire de la contraception, voir http://www.mariestopes.org.uk/history_of_contraception.html. Le site de l'organisation "Marie Stopes International" présente la figure de Marie Stopes: http://www.mariestopes.org.uk/who_was_dr_marie_stopes_.html

15.                       Voir Beryl SUITTERS, Be brave and angry. Chronicles of the International Planned Parenthood Federation, IPPF, Londres, 1973. L'auteur cite en avant-propos des paroles de Margaret Sanger, prononcées à Cheltenham le 27 août 1948: "We need world-wide co-operation of all groups and persons to promote knowledge of population trends and world resources in relation to the standards of family needs. It is no longer a local problem; it is world-wide, and should be on the agenda of UNESCO and the United Nations. All concerned with the problems of family planning, planned parenthood or birth control in each nation should be brought together to join in common cause and work out a programme to educate or spread knowledge of contraception gained in other countries, to the people who need it. The formation of an international organization is one of the most important steps taken at this crucial period in our world of insecurity, and this act in itself will make our Congress memorable in the history of our civilization." 

16.                       Voir le site de cette fondation: http://www.rockfound.org/. Sur John D. Rockefeller, voir http://www.prb.org/pt/2000/August2000/John_Rockefeller.html

17.                       Voir la page http://www.rockfound.org/Documents/180/1913.html, spécialement l'année 1913.

18.                       Voir la page  http://www.rockfound.org/Documents/180/1930.html

19.                       Affirmations contenues dans le site http://www.beyond-the-illusion.com/files/New-World-Order/Ruling-Class/eugenics.txt

20.                       Voir sur le site du Population Council  http://www.popcouncil.org/about/about.html  

21.                       Voir entre autres:  http://www.africa2000.com/ENDX/aepage.htm  http://www.eugenics-watch.com/aeugensoc/  http://www.eugenics-watch.com/briteugen/  http://www.amphilsoc.org/library/exhibits/treasures/aes.htm  http://ftp.nwu.edu/~shs561/eugenics/home.htm  http://www.lifeadvocate.org/3_98/feature.htm  http://deborahdanielski.faithweb.com/re.htm  http://www.ferris.edu/ISAR/archives/mehler/eliminating.htm

22.                       Cette partie du travail est inspirée du texte de Michel Schooyans: Population et souveraineté nationale. Voir les publications du Population Action International (adresse du site: http://www.populationaction.org/) à propos des organismes des Nations Unies travaillant dans le domaine de la population: http://www.populationaction.org/forms/pub_new/assistance.htm#5. Adresses des Nations Unies: http://www.un.org/ et de quelques organismes des Nations Unies: International Labor Organization (ILO) - International Research and Training Institute for the Advancement of Women (INSTRAW) - Organization for Economic Co-operation and Development (OECD) - Joint UN Program on HIV/AIDs (UNAIDS) - UN Centre for Human Settlements (HABITAT) - UN Children's Fund (UNICEF) - UN Commission on Population and Development (CPD) - UN Commission on the Status of Women (CSW) - Un Commission on Sustainable Development (CSD) - UN Development Fund for Women (UNIFEM) - Un Development Programme (UNDP) - UN Division for the Advancement of Women (DAW) - UN Division for Economic and Social Development - UN Commission on Sustainable Development - UN Educational, Scientific and Cultural Organization (UNESCO) - UN Environment Programme (UNEP) - UN Food and Agriculture Organization (FAO) - UN High Commissioner for Refugees (UNHCR) - UN Population Division - UN Population Fund (UNFPA) - UN Statistical Division - UN World Health Organization (WHO) - World Bank -

23.                       Les Nations Unies dans la vie quotidienne, publication des Nations Unies, New York, 1998 (?).

24.                       Voir http://www.un.org/Conferences/habitat/

25.                       P. 25 de Stanley P Johnson, World Population - Turning the Tide. Three decades of progress, 1994.

26.                       Voir http://www.iisd.ca/linkages/cairo.html. Pour les textes, voir: gopher://gopher.undp.org/1/ungophers/popin/icpd  

27.                       Voir sur la conférence de Rio:   http://www.unep.org/unep/partners/un/unced/, http://www.unep.org/unep/rio.htm, http://sovereignty.net/p/sd/a21/ , http://www.biodiv.org/, http://www.unfccc.org/, http://iisd1.iisd.ca/rio+5/agenda/principles.htm

28.                       Voir par exemple http://www.stanford.edu/group/CCB/Staff/paul.htm  ou http://www.pbs.org/kqed/population_bomb/theshow/bio.html

29.                       Sur la constitution de l'UNESCO, voir: http://www.icomos.org/unesco/unesco_constitution.html  

30.                       Sur Julian Huxley, voir par exemple http://www.unesco.org/science/history/summary.htm#beginnings ou http://library.thinkquest.org/19926/text/library/bios/jhuxley.htm; sur ses liens avec l'eugénisme, voir http://www.africa2000.com/endx/eug_hohz.htm

31.                       Voir ce qu'en dit le site  http://www.engr.utexas.edu/cofe/governance/g_part03.html  

32.                       Sur la conférence du Caire, voir entre autres:  http://www.undp.org/popin/icpd/conference/offeng/poa.html

33.                       La page http://www.globalpolicy.org/finance/info/indxagen.htm donne de nombreuses informations sous forme de liens sur les dons faits à diverses agences de l'ONU. Pour en savoir plus sur ces organisations, voir http://www.sph.unc.edu/~deanaaw3/TARGET/reprod_health_webliogr.htm. Voir par exemple l'organisation de Bill Gates à http://www.gatesfoundation.org/. Voir aussi sur les dons de Ted Turner http://www.globalpolicy.org/finance/docs/turner.htm

34.                       Voir le dernier rapport du FNUAP sur http://www.unfpa.org/swp/swpmain.htm

35.                       Voir sur le site de l'OMS la section sur la recherche en matière de contraception et d'avortement: http://www.who.int/hrp/. On peut y consulter le dernier rapport publié: http://www.who.int/hrp/atr/1999/index.html

36.                       Betsy Hartmann a dénoncé à de nombreuses reprises les campagnes de contraception et stérilisations forcées. Voir des extraits de son livre Reproductive rights and wrongs sur http://www.hsph.harvard.edu/rt21/globalism/HARTMANNc1.htmlhttp://www.hsph.harvard.edu/rt21/globalism/HARTMANNc2.htmlhttp://www.hsph.harvard.edu/rt21/race/HARTMANNCh10.html, http://www.hsph.harvard.edu/rt21/race/HARTMANNCh11.html, http://www.hsph.harvard.edu/rt21/race/HARTMANNCh12.html, http://www.hsph.harvard.edu/rt21/race/HARTMANNCh13.html et http://www.hsph.harvard.edu/rt21/race/HARTMANNCh14.html. Aussi sur http://mthwww.uwc.edu/wwwmahes/courses/geog/globcat/hartman.html. Articles de Betsy Hartmann sur http://www.hsph.harvard.edu/rt21/race/HARTMANNCh14.html, http://www.tulane.edu/~inhl681/hartman,.htm, http://zmag.org/ZSustainers/ZDaily/1999-10/22hartman.htm, http://zmag.org/ZSustainers/ZDaily/1999-09/23hartman.htm, http://wscenter.hampshire.edu/ford/hartmann.html. Voir aussi http://www.africa2000.com/INDX/bbchorizon.html et http://www.artswire.org/subrosa/home/second/wrldbnk.html

37.                       Voir à propos des stérilisations forcées http://www.africa2000.com/IMPACT/perucase.html et http://www.africa2000.com/BNDX/BAO113.htm. Aussi http://www.asahi-net.or.jp/~VI6K-MRMT/mis-bra2.htm et http://www.ippf.org/newsinfo/archive/9904/57.htm et http://www.ippf.org/newsinfo/archive/9904/41.htm et http://www.cathtelecom.com/news/102/64.asp, etc.

38.                       Sur le Norplant, voir par exemple http://www.plannedparenthood.org/bc/Norplant.htm ou http://csua.berkeley.edu/~monac/norplant.html ou http://www.norplantinfo.com/norpi.htm ou http://www.popcouncil.org/faqs/norplantfaq.html: tous ces sites ne disent presque rien à propos des effets secondaires. Voir aussi http://www.choice.org/2.iud_norplant.0399.html et http://www.aclu.org/issues/reproduct/norplant.html!

39.                       Sur la conférence de Pékin, voir http://www.iisd.ca/linkages/4wcw/dpa-000.html et http://www.undp.org/fwcw/daw1.htm

40.                       Depuis la conférence de Pékin, certaines féministes en arrivent à parler de "five genders". Pour quelques explications, voir http://www.lifesite.net/interim/sept97/16sheddi.html et http://www.aifs.org.au/institute/afrc7/francis.html  

41.                       Texte cité dans http://www.radioliberty.com/pca.htm. Son fils a pris la relève: voir http://www.enn.com/enn-news-archive/1997/01/012197/feature.asp

42.                       Ces propos de Maurice King sont rapportés dans les sites  http://www.cmf.org.uk/pubs/nucleus/nucjul98/popcon.htm et dans http://www.cwrl.utexas.edu/~contests/swift/popwomen.html Voir surtout le site de Maurice King: http://www.leeds.ac.uk/demographic-disentrapment/

43.                       Voir le texte de la Charte de la Terre: http://www.earthcharter.org/draft/charter.htm sur le site http://www.earthcharter.org/ . Voir aussi http://www.ecouncil.ac.cr/ ainsi que le site de la Green Cross: http://www.gci.ch/

44.                      Voir le site de la Fondation "Ligue française des droits de l'animal", qui présente la Déclaration Universelle des Droits de l'Animal (http://www.league-animal-rights.org).

45.                    Quelques sites en langue française, créés par des adeptes de la Terre-Mère: http://www.mygale.org/terresacree/ecoguerr.htmhttp://www.multimania.com/icar/la_mere.htmhttp://services.worldnet.net/~raphaelb/init2.htmhttp://radio-canada.ca/par4/Mag/20001008/vb/actiondegrace.htmlhttp://www.spirituel.com/eau.htmlhttp://perso.wanadoo.fr/les-voies-de-la-terre/. Certains propos laissent rêveur!

46.                        Voir le texte du Rapport Kissinger sur http://www.population-security.org/28-APP2.html

47.                     Voir le site http://www.undp.org/popin/ afin de prendre connaissance -et éventuellement télécharger-  les derniers documents parus.

48.                         Voir le site du bureau du recensement américain: http://www.census.gov/. Les pyramides des âges se trouvent sur les pages suivantes: http://www.census.gov/ipc/www/idbpyr.html et http://www.census.gov/ipc/www/idbsum.html  

  1. Voir les textes sur http://www.un.org/womenwatch/daw/cedaw/, http://www.un.org/womenwatch/daw/cedaw/protocol/current.htm, ou http://www.feminist.org/research/cedaw.html

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