Conséquences prévisibles au plan médical de la pratique de l'euthanasie

Sur le plan médical, il est à craindre que des précédents ne se répètent et que le crédit de la profession n'en soit profondément hypothéqué. On a peine à imaginer que le médecin puisse "changer de casquette" au cours d'une même matinée et être tantôt le serviteur de la vie, tantôt l'artisan de la mort. Le docteur Schwarzenberg lui-même n'a-t-il pas avoué: "Pour un médecin, le seul accomplissement professionnel, c'est de guérir"? Les patients ne peuvent vivre dans l'appréhension constante de l'arrêt de mort prononcé, et bientôt exécuté, par leur propre médecin. Quant au personnel soignant, il risque non seulement d'être compromis, mais aussi d'être miné par la démotivation, la division et même la désespérance liées aux pratiques euthanasiques.

Bref, un État qui investirait les médecins du pouvoir exorbitant de choisir qui peut vivre ou mourir ou qui requerrait des médecins pour pratiquer l'euthanasie, devrait être dénoncé pour ce suprême abus de pouvoir. Il est recommandé, en particulier aux plus jeunes, de s'informer sur les dérives de l'Histoire en se reportant par exemple au livre de R.J. Lifton sur Les Médecins nazis1. Une grande partie de cet ouvrage est consacrée à l'euthanasie et aux autres dérives médicales qui s'ensuivirent dans une Allemagne nazie tonifiée par la complaisance et la complicité de juristes et de médecins.

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  1. Robert Jay Lifton, Les Médecins nazis. Le meurtre médical et la psychologie du génocide, Paris, Robert Laffont, 1989.

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