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Les premiers évêques


 

 

 

Malgré que le Christianisme se répand en Gaule, les persécutions persistantes et les conflits continuels empêchent l'organisation de l'Eglise pendant les premiers siècles. L'évêché de Trèves s'organise, puis se divise. Adoptant les divisions administratives de l''empire romain, les autorités ecclésiastiques font de la CIVITAS TUNGRORUM le siège d'un évêque. Le diocèse de Tongres est créé. Il va bientôt bénéficier des largesses des rois Mérovingiens : Tongres et divers autres domaines, notamment celui sur lequel s'élèvera Liège, seront parmi les donations royales. Ces domaines devenus "terres d'église" bénéficieront en outre, pour la plupart, de l'immunité.

 

 

Quelques dates

vers 270 Évêchés de Trèves (Euchaire et Valère).
303-304 Grandes persécutions contre les chrétiens sous Dioclétien.
306 Constantin empereur romain.
313 Constantin et Licinius proclament l'Edit de Milan :
liberté de tous les cultes : fin des persécutions contre les chrétiens.
321 L'empereur autorise les donations en faveur des Eglises et revêt les évêques d'un pouvoir judiciaire.
325 (19 juin-25 août) Premier concile de Nicée (Premier concile œcuménique)
vers 325 Évêchés de Cologne : Saint Materne évangélise Tongres, Huy, Dinant; aurait fondé Waremme.

ÉVÊCHÉ DE TONGRES

Eveque_blanc.JPG (7220 octets) Le diocèse de Tongres était un vaste territoire que se partagent aujourd'hui dix diocèses :
Liège, Ruremonde, Bois-le-Duc, Bréda, Malines,  Namur, Luxembourg, Anvers, Hasselt et Cologne.
Primitivement, il correspondait à la
CIVITAS TUNGRORUM romaine, sans la Toxandrie (division administrative regroupant le territoire des Aduatiques, des Éburons et des Condruses).
Selon Heriger, premier historien liégeois, saint Materne aurait eu huit successeurs sur le siège de Tongres avant saint Servais, dans un laps de temps variant entre 25 et 30 ans : NAVITUS, MARCELLUS, METROPOLUS, SEVERINUS, FLORENTIUS, MARTINUS, MAXIMINUS et VALENTINUS. Il déclare ne rien connaître sur eux.
vers 343 - (vers 384) Saint Servais
Premier évêque dont l'existence historique soit certaine. Évangélise les Gaules. Enterré à Maastricht.
  Pas de traces de ses successeurs avant le début du VIème siècle.
Heriger cite cependant comme successeurs, sans fournir d'autres renseignements : AGRICOLAUS, URSICINUS, DESIGNATUS, RESIGNATUS, SUPPLITIUS, QUIRILLUS, EUCHERIUS, FALCO, EUCHARIUS.
343 Saint Servais aurait participé au concile de Sardique.
346 Participe au concile de Cologne.
359-360 Participe au concile de Rimini (combat l'hérésie Arienne).
350 Les Francs saliens s'installent en Toxandrie (Campine).
366-384 Pontificat de saint Damase Ier : La Gaule est évangélisée avec ardeur.
371-394 Saint Martin, (316-397) évêque de Tours (371),  prêche la bonne parole sur presque tout le territoire de la Gaule et y fonde des monastères, celui de Ligugé (361), celui de Marmoutier (372).
(375) (451) Pour certains, Tongres aurait été dévastée par les Huns. Il semble cependant que les Huns ne soient jamais arrivés jusque Tongres et qu'il y ait eu confusion avec les Vandales qui ont effectivement ravagé Tongres en 406.
380 Édit de Théodose : le catholicisme, religion d'état.
381 (mai au 30 juillet) Premier concile de Constantinople (deuxième concile œcuménique)
397-398 Les confessions de saint Augustin, (354-430), évêque d'Hippone (395).
406 Invasions germaniques. Tongres ravagée par les Vandales.
412-426 Saint Augustin rédige la Cité de Dieu.
431 (22 juin-septembre) Concile d'Ephèse (troisième concile œcuménique)
451 (8 octobre-début novembre) Concile de Chalcédoine (quatrième concile oecuménique)
476 (04 septembre) Fin de l'empire romain d'occident
(492) Prise de Tongres par Clovis; les évêques auraient établis leur résidence à Maastricht.
496 (25 décembre)
(Entre 496 et 508)
Baptême de Clovis par saint Rémi, évêque de Reims -> renaissance chrétienne dans nos régions.
vers 498 Falcon
Connu par une lettre de protestation de son collègue saint Rémi de Reims qui lui reproche certaines ordinations à Mouzon, dans son diocèse.
500-540 Saint Vaast, premier évêque de Cambrai dont le siège est établi à Arras.
507-511 Clovis fait codifier les lois et coutumes des Francs saliens (la loi salique).
511 (27 novembre) Mort de Clovis. Partage de son royaume entre ses fils.
Le diocèse de Tongres est inclus dans le Royaume d'Austrasie.
vers 529 Saint Benoît de Nursie (v.480-v.547) s'installe au Mont Cassin et fonde l'ordre des bénédictins.
Règle et vie à télécharger
Voir le site :
abbaye-saint-benoit.ch
vers 535- vers 549 Domitien
Enterré dans l'église Notre-Dame à Huy,
qu'il aurait édifiée selon les uns, édifiée par saint Materne évêque de Cologne, selon les autres.
535 (novembre) Participe, avec 14 autres, au concile de Clermont.
16 décrets, dont :
l'évêque sera librement élu par le clergé et le peuple, avec le consentement du métropolitain.
549 (octobre) Participe au concile d'Orléans où il approuve les résolutions, entre autres : assentiment royal à l'élection des évêques. (Domitianus, episcopus ecclesiae Tungrensis, subscripti - Dans les Acta Conciliorum, T. II, p. 1449).
vers 550-597 Saint Monulfe
Serait le 21ème évêque du diocèse de Tongres.  Aurait possédé un domaine épiscopal à Dinant.  Pour certains,  saint Monulfe serait le premier évêque de Tongres à avoir établi sa résidence à Maastricht.
Enterré à Maastricht dans l'église qu'il a fondée.
Élève sur le tombeau de saint Servais à Maastricht l'église Saint-Servais ou Notre-Dame.
553 (4 mai-2juin) Deuxième concile de Constantinople (cinquième concile œcuménique).
vers 558 Selon la tradition populaire, aurait édifié un petit oratoire en l'honneur des deux frères médecins saint Cosme et saint Damien sur le site où s'élèvera la ville de Liège.
vers 573 Saint Grégoire de Tours (538-594) écrit son "Historia ecclesiastica Francorum".
580 - vers 623-627 Saint Gery, premier évêque de Cambrai dont le siège est établi dans cette ville.
590-604 Pontificat de saint Grégoire Ier le Grand. Il développe le culte liturgique et fixe le chant d'église qui porte son nom.
590 Apparition des moines irlandais en Gaule, dont la christianisation se poursuit. Saint Colomban fonde Luxeuil.
595 Le roi Childebert II (575-595) d'Austrasie à Maastricht.
vers 597-après 614 Saint Betulfe (Betulfus) ou Gondulphe
Enterré à Maastricht.
614 Participe au Concile de Paris, 15 décrets, dont : l'évêque obtient la juridiction exclusive sur les clercs de son diocèse.
Le roi Clotaire II (613-622) d'Austrasie les confirme dans un édit.
après 614 Le nom de Saint Perpète est souvent évoqué comme évêque du diocèse de Tongres.
Il aurait été enterré dans l'église Saint-Vincent, à Dinant.
Heriger le cite comme vingt-troisième évêque, sans autres détails.
Voici ce que rapporte H. Pirenne dans la Biographie nationale, T. XVII,  pp. 32-33  :


PERPETE (Saint) ou PERPETUUS, évêque de Tongres-Maestricht (?). Le nom de ce personnage se rencontre pour la première fois dans les Gesta episcoporum Tungrensium de Hériger, rédigés à la fin du xe siècle. A les en croire, Perpète aurait succédé à Saint-Gondulphe comme vingt-troisième évêque de Tongres-Maestricht. La date de son entrée en fonctions est fournie, un peu plus tard, par les Annales Leodienses, qui la placent en 598. Mais cette date se trouve en contradiction avec des données chronologiques bien établies. Nous savons en effet que Betulfus, évêque de Tongres, que l'on doit identifier avec Gondulphe, prédécesseur immédiat de Perpète, assista en 614, au concile de Paris. Dès lors, l'avènement de notre personnage au siège épiscopal serait postérieur à 614. On a douté d'ailleurs que saint Perpète ait le droit de figurer parmi les évêques de Tongres-Maestricht, et l'on peut invoquer, pour justifier ce scepticisme, l'époque très tardive des renseignements que nous possédons à son sujet, ainsi que le grand nombre de noms apocryphes portés sur les catalogues épiscopaux de l'église de Liége. Toutefois, en l'absence de preuves certaines, la prudence s'impose, et, jusqu'à plus ample informé, rien n'oblige à refuser à saint Perpète la qualité que lui reconnaît la tradition.
   Les seuls détails authentiques que nous possédions sur saint Perpète ne remontent qu'au XIIIe siècle, et ne nous apprennent rien sur son origine ou son activité. Gilles d'Orval, qui nous les a transmis, doit les avoir recueillis à Dinant où les reliques du saint étaient conservées depuis toujours et où elles se trouvent encore aujourd'hui. Il rapporte que saint Perpète, après avoir été enterré dans cette ville en l'église de Saint-Vincent, fut transféré plus tard dans celle de Sainte-Marie. Sa mort serait arrivée le 4 novembre. Il faut nous résigner à n'en pas savoir davantage et rejeter les fables que des écrivains postérieurs nous ont laissées. Il suffit, pour en montrer la valeur, de mentionner qu'elles nous représentent saint Perpète comme fils d'un comte d'Ostierne (?).
   Après le sac de Dinant, en 1466, Charles le Téméraire donna la châsse renfermant les ossements du saint à l'église de Bouvignes, et le reliquaire contenant la tête de Perpète au seigneur de Vere. Réclamés tous deux par les Dinantais dès la reconstruction de leur ville, la châsse fut solennellement restituée en 1477, après un procès porté devant le parlement de Malines; le reliquaire ne fit retour qu'en 1496. Un intéressant tableau du xve siècle, aujourd'hui conservé au musée de Chantilly, rappelle le souvenir de la translation de la châsse de Dinant à Bouvignes (no 106).
   Acta Sanctorum des Bollandistes, novembre, t. III, p. 294 et suiv.   - Rettberg, Kirchengeschichte Deutschlands, T. I, p. 553 - St. Bormans, Cartulaire de Dinant, t. II.
vers 619-(630) Le nom de Ebergise ou Ebregise , cité également par Heriger comme vingt-quatrième évêque, apparaîtrait sur un diptyque ayant appartenu à la cathédrale Saint-Lambert.
« Les seuls noms complets qu'on ait pu déchiffrer semblent être ceux de deux évêques de Tongres : Ebregisi (618-630), Amandi (637-650). » S. Balau, Les sources de l'histoire de Liège au moyen âge, p. 16, H. Schuermans, Les diptyques consulaires de Liége.
622 Dagobert Ier roi d'Austrasie (622-639). Pepin de Landen, maire du palais (622-640).
Les rois d'Austrasie influent dans l'élection des évêques.

Les évêques profitaient de la générosité et des libéralités des rois francs. Ils obtenaient des domaines immunitaires, c'est-à-dire des domaines où l'évêque avait seul le droit d'exercer des actes d'administration publique, (La ville de Tongres est un des premiers territoires immunitaires donnés à l'évêque par les rois Mérovingiens).
vers 631-vers 646 L'élection de Saint Jean L'Agneau  au siège épiscopal de Tongres est racontée par Heriger.
Parmi ses disciples, Heriger cite saint Monon, moine irlandais ou écossais, qui se serait installé à Nassogne.
Saint Jean l'Agneau aurait cédé ses biens patrimoniaux de Tihange à l'église et aurait été enterré dans l'église Saint-Côme à Huy.
La vie de saint Jean l'Agneau semble appartenir au domaine légendaire. Heriger affirme d'ailleurs qu'il emprunte à la tradition toute l'histoire de saint Jean l'Agneau.
vers 640 Itte, veuve de Pépin de Landen, fonde le monastère de Nivelles sur des biens familiaux, où elle se retire avec sa fille Gertrude. Celle-ci aurait été la première abbesse du monastère.
Son fils, Grimoald, maire du palais (640-656).
vers 647-vers 650 Saint Amand
Originaire d'Aquitaine. Entre dans les Ordres à Tours. Séjourne 15 ans à Bourges. Combat le paganisme. Évangélise la région gantoise. Fonde les abbayes de Saint-Bavon et de Saint-Pierre à Gand. Devient évêque sur les insistances du roi d'Austrasie Sigebert III (634-656). Aurait demandé au pape Martin Ier (649-654) d'être déchargé de l'évêché de Tongres (v. 650).

Bien qu'on le considère comme le successeur de saint Jean L'Agneau, pourrait avoir été évêque itinérant, sans siège fixe et sans diocèse.
Mort vers 679. Ses reliques furent transportées à Elnone, aujourd'hui Saint-Amand, département du Nord, en France.
vers 650-vers 662 Saint Remacle
Serait originaire du diocèse de Bourges. Entre au monastère de Luxeuil; devient abbé de Solignac; fonde, avec son disciple saint Hadelin, le prieuré de Cugnon (Semois), puis vers 648, sur des terres reçues du roi Sigebert III (634-656), les monastères de Malmedy et de Stavelot. Aurait été Chorévêque de Tongres vers 647. Evêque vers 650. Renonce à l'évêché vers 662. Mort à l'abbaye de Stavelot vers 670.

Pour certains, il n'aurait jamais été évêque de Tongres.
vers 650 Saint Feuillen (Foillan), moine irlandais, fonde un monastère à Fosses-la-Ville, grâce aux libéralités d'Itte, veuve de Pépin de Landen. Il le confie à son frère Ultan.
vers 650 Saint Bertuin, moine irlandais, fonde un monastère à Malonne, sur des biens d'une dame pieuse nommée Roga.
vers 655 Saint Landelin fonde un monastère à Lobbes et peu de temps après celui d'Aulne.
vers 657 Saint Trudon fonde l'abbaye bénédictine de Sarchinium qui, plus tard, s'appellera Saint-Trond.
vers 662-vers 670

 

Saint Théodard
Élève de saint Remacle. Sacré par saint Cunibert, métropolitain de Cologne. Mort en Germanie. Saint Lambert aurait fait transporter et inhumer sa dépouille à Liège.
670 (6 septembre) Diplôme du roi Childéric II (656-675) déterminant les limites territoriales des monastères de Stavelot et Malmedy.
vers 670 Un moine de Nivelles écrit le "Vita Gertrudis", une hagiographie de sainte Gertrude (+ 659), première abbesse du monastère de Nivelles, fondé vers 640. A la suite de cette hagiographie, a été ajouté le "Vertutes S. Gertrudis", récit de miracles survenus après la mort de la sainte, composé vers 700 et continué par un autre auteur vers 783.

 

 

09/01/2013