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Joseph Daris
Histoire du diocèse et de la principauté de Liège, T. I. depuis leur origine jusqu'au
XIIIe,
Edition Demarteau, pp. 100 et suiv. (Liège, 1890)
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I |
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Origine de Notger |
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Notger naquit en Souabe, d'une ancienne
famille noble. Doué d'heureuses dispositions et de grand talents, il se
distingua de bonne heure par ses vertus et par son application. On peut
conjecturer que ce fut dans l'abbaye de Saint-Gall, en Suisse, qu'il fit ses
études. C'est là du moins qu'il se consacra à
Dieu en prenant l'habit de bénédictin. D'après le
récit de Fisen, le vénérable Odilon, abbé de Stavelot, qui avait besoin d'un
religieux savant et pieux pour les écoles de son abbaye, s'adressa à l'abbé
de Saint-Gall qui lui envoya Notger. Si le fait est vrai, il est probable
que Notger eut pour disciples, à Stavelot, Adelman, le défenseur du dogme de
la Sainte Eucharistie, le philosophe Eggihard et Wolbodon, évêque de Liège.
Après avoir mis les écoles de Stavelot sur un bon pied, ajoute Fisen , il
retourna à Saint-Gall où il fut chargé de la fonction de prévôt (1). Otton
fer l'attira à sa cour, probablement sur la recommandation de son frère
Brunon, archevêque de Cologne. Ce souverain aimait à s'entourer des hommes
les plus instruits de son empire. Les familles nobles aimaient également de
voir leurs fils attachés à la cour; cette voie, en effet, conduisait aux
dignités ecclésiastiques et civiles. (V. MABILLON,
Saecul. Bened. , t. VII, p. 21 et 22 ; Annales, I. 43, n° 46
; MARTÉNE, Coll., t. IV, p. 861 ; Annal.
Hildesh., à l'an 1008.)
A l'époque de la
mort d'Éracle (27 octobre 971), l'empereur Otton Ier se trouvait en Italie.
Comme ce souverain nommait à tous les sièges épiscopaux de l'Empire, non en
vertu d'un droit ou d'un privilège, mais par suite d'une usurpation de fait,
le siège épiscopal de Liège resta vacant jusqu'au retour de l'empereur en
Allemagne (972). Otton Ier le conféra alors à un chapelain de sa
cour, à Notger. Saint Géreon, archevêque de Cologne, donna à Notger, le
sacre épiscopal, à Bonn, le 23 avril 972.
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II |
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Notger, prince-évêque de Liège, donations. |
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Notger fut un des plus grands
princes-évêques que le pays ait eus. Il continua les travaux de restauration
religieuse, commencés par ses prédécesseurs. Il fonda un bon nombre
d'établissements religieux. Il veilla au maintien de la discipline
ecclésiastique et monastique. Il travailla à la civilisation chrétienne de
son peuple, en le portant à la vertu et en déclarant la guerre au vice. Il
érigea des écoles et protégea les études. La ville de Liège fut l'objet
spécial de ses sollicitudes. Il la fortifia en la ceignant de murs. Il
dériva un bras de la Meuse dans l'intérieur de la ville pour l'assainir et
pour lui servir en même temps de fossés. Ce canal passait près des cloîtres
de Saint-Paul et, de Saint-Jean , tournait aux pieds de Publémont en passant
entre les cloîtres de Saint-Jean et de Saint-Lambert, et allait se jeter
dans la Meuse. (V. GILLES, p. 205). La principauté fut
notablement agrandie par les donations que Notger obtint des empereurs.
L'hérédité des
fiefs qui s'introduisit au Xe siècle, rendait les grands vassaux plus
puissants et moins dépendants du suzerain. Les rois d'Allemagne pour
contrebalancer leur pouvoir, augmentèrent les principautés ecclésiastiques.
Ils y trouvèrent le double avantage de pouvoir compter sur la fidélité des
évêques et des abbés , bien plus que sur celle des vassaux laïques, et de
pouvoir intervenir, de fait, dans leur nomination, afin que les sièges
épiscopaux ne fussent occupés que par des clercs dévoués à leurs intérêts.
C'était la politique d'Otton Ier qui fut suivie par son fils
Otton II.
Après la mort de
son père (7 mai 973), l'empereur Otton II tint des diètes dans différentes
villes de l'empire, à Worms au mois de juin, à Aix au mois de juillet, à
Trèves et à Francfort au mois d'août et à Utrecht. Le prince-évêque de Liège
fut un des prélats qui accompagnaient l'empereur. Ce
fut à Aix qu'il le pria de confirmer les privilèges de l'abbaye de Lobbes.
L'empereur le fit par un diplôme de 973, daté de cette ville : il
déclare affranchi du pouvoir de tout comte, vicomte, centenier, d'abord le
territoire de l'abbaye qui a pour limites le ruisseau de Lodose, la rivière
d'Heure, les confins du village d'Anderlues, le Mont-Saint-Martin, Ansuelles
sous Anderlues et le village de Hantes jusqu'au delà d'Ossogne, ce qui était
un territoire de plus de deux lieues ; ensuite il déclare affranchis du même
pouvoir tous les villages appartenant à l'abbaye ; l'abbé pourra établir un
avoué pour tous ces biens. Dans l'église située sur la montagne où reposent
les corps des Saints Ursmer et Ermin, l'abbé établira un chapitre de douze
chanoines. (V. MIRAEUS, t. III, p. 296.)
Depuis l'épiscopat
de Francon , le prince de Liège exerçait déjà un certain pouvoir sur
l'abbaye et la ville de Fosses ; mais l'empereur s'y était réservé
certains droits. Se trouvant à Erfurt dans la suite de l'empereur en 974,
Notger le pria de céder ces droits à l'église de Liège. Otton II le fit par
un diplôme de 974 daté d'Erfurt ; il accorda à Notger la faculté d'établir à
Fosses des droits d'octroi et un marché, d'y faire battre monnaie et de
mettre une accise sur la bière ; il défendit à tout fonctionnaire
d'inquiéter le prince dans l'exercice de ces quatre droits.
(V. CHAPEAVILLE, t. I, p. 208.)
Notger gouvernait
paisiblement sa principauté et n'eut aucune guerre à soutenir contre ses
voisins. Il tenait néanmoins à ce que les possessions de son église ne
fussent l'objet d'aucune contestation. Se trouvant près d'Otton II, à Gruona,
il lui montra les actes de donation faites à son église par Pepin, par
Charlemagne, par Louis et par Charles, rois des Francs. L'empereur, par un
diplôme du 6 janvier 980, les confirma et en énuméra les principales, savoir
Huy, Fosses, Lobbes, Tongres et Malines ; il déclare que
l'évêque en sera le souverain, à l'exclusion de toute autre autorité
publique ; il prohibe, en conséquence, à tout comte, à tout juge d'y exercer
leurs pouvoirs, ni celui de tenir des plaids, ni celui de percevoir l'argent
des compositions judiciaires, ni celui de lever des impôts, ni celui
d'attraire en justice, ni celui d'établir des octrois, ni celui de percevoir
les droits de péage des barques (2).
Pendant l'automne
de l'année 980, l'empereur partit pour l'Italie afin d'y maintenir,
les droits de l'empire et d'y protéger le pape Benoît VII, qui avait fait un
appel à son secours. Il ne parait point que Notger l'y ait accompagné.
L'empereur y était encore en 983, et il convoqua tous les princes de
l'Allemagne et de l'Italie à une diète générale, à Vérone, pour le mois de
juin de cette année. Notger s'y rendit. Dans cette diète, le fils de
l'empereur, enfant de trois ans, fut élu Roi des Germains pour succéder un
jour à son père. Ce fut dans cette circonstance que Notger demanda une
faveur pour son église et, il fit appuyer sa demande par Thierry, évêque de
Metz, et par la duchesse Béatrix, sœur de Hugues Capet et nièce de
l'empereur (3). Cette duchesse tenait en fief de la couronne l'octroi qui se
percevait à la foire annuelle de Visé. C'est cet octroi que Notger
demanda pour son église. L'empereur Otton II le lui donna par un diplôme
daté de Vérone, de 983. L'octroi se percevait sur la vente des bestiaux, des
étoffes, des métaux, des marchandises ainsi
que sur les barques. L'empereur y ajouta encore les amendes judiciaires. La
ville de Visé faisait depuis longtemps partie de la principauté de Liège,
mais les empereurs s'y étaient réservés certains droits. Après la clôture de
la diète de Vérone, le jeune roi fut conduit à Aix où il fut sacré, Ie 25
décembre 983, non par l'archevêque de Mayence, ni par celui de Cologne, mais
par l'archevêque de Ravenne. Il n'y a point à douter que Notger n'ait
assisté au sacre du Roi. Quant à l'empereur Otton II, il ne revint point en
Allemagne. Il mourut à Rome, le 7 décembre 983, et fut enterré dans l'église
de Saint-Pierre. |
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III |
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La tutelle d'Otton III ; donations ;
Chèvremont. |
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Le jeune roi, Otton
III, se trouvait en ce moment à Cologne sous la garde et la direction de
l'archevêque. Sa mère Théophanie et sa grand'mère Adelheid étaient en
Italie. Sa tutelle et la régence du royaume furent l'objet de vives
convoitises. Henri II, l'ancien duc de Bavière, qui se trouvait interné à
Utrecht, réclama, en sa qualité de proche parent, la tutelle et la régence.
Il abandonna Utrecht avec le consentement de l'évêque et se rendit à Cologne
d'où il emmena le jeune Otton en Bavière. Il gagna un certain nombre
d'adhérents qui le proclamèrent roi de Germanie. La plupart des princes et
des évêques, et parmi eux Notger, restèrent fidèles à Otton III.
Lothaire, roi de
France, aspira aussi à la tutelle d'Otton III dans des vues intéressées. Il
eut une entrevue avec Henri de Bavière, à Breisach, le 1er
février 984. Il y fut convenu que Lothaire pourrait s'emparer de la Lorraine
et l'annexer à son royaume. Le roi de France assiégea, au mois de mars 984,
la ville de Verdun ; mais il fut obligé de lever le siège. Godefroid de
Verdun, accompagné de son oncle Sigefroid, comte de Luxembourg, se mit à sa
poursuite. Ayant atteint l'armée française, il lui livra bataille. Il la
perdit et fut fait prisonnier avec Sigefroid. La ville de Verdun fut, dès
lors, livrée au roi Lothaire (4). Les fils de Godefroid, savoir, Godefroid, Herman, Gothelon, Frédéric et Adalberon, qui devint évêque de Verdun,
échappèrent et se réfugièrent à Liège (5). Le roi de France les y suivit en
dévastant le pays. Ne pouvant s'emparer de la ville de Liège, que Notger
avait bien fortifiée, il retourna sur ses pas et alla assiéger la ville de
Rheims. Cette ville faisait bien partie du royaume de France, mais son
archevêque, Adalberon, était le frère de Godefroid , comte de Verdun, que le
roi avait vaincu et fait prisonnier.
En Allemagne, le parti d'Otton III était
le plus nombreux et avait à sa tête Willigis, archevêque de Mayence. Pour
éviter la guerre, il fut convenu qu'une diète générale aurait lieu, le 29
juin 984, à Rara. Le prince-évêque de Liège s'y rendit. Dans cette diète,
Henri II de Bavière renonça au titre de Roi et à la tutelle d'Otton III ; il
remit ce jeune souverain à sa mère Theophanie, à sa grand'mère Adelheid et à
sa tante Mathilde, abbesse de Quedlembourg, qui en furent déclarées les
tutrices. Le conseil de régence fut composé de Willigis, archevêque de
Mayence, de Warin, archevêque de Cologne, et d'autres. Notger, évêque de
Liège, fut-il du nombre ? Son biographe Anselme dit qu'au palais du roi
Otton, encore enfant, il était un des principaux conseillers. (V. nos 25 et
30.)
La guerre entre le gouvernement
d'Allemagne et Lothaire, roi de France, continua. Dans cette guerre,
Adalberon, archevêque de Rheims, quoique sa ville fût du royaume de France,
se montra favorable au gouvernement d'Allemagne et entretint même une
correspondance avec lui. Il appartenait, en effet, à la maison des comtes de
Verdun et son frère Godefroid, comte de Verdun, était encore détenu
prisonnier par le roi de France qui l'avait confié à la garde d'Otton, comte
de Bourgogne et de Heribert, comte de Vermandois. Charles, duc de la Basse
Lorraine, resta fidèle à son souverain, Otton III.
Le roi Lothaire mourut, le 2 mars 986,
laissant ses États à son fils Louis V, âgé de dix-huit ans. Sa veuve Emma
était la fille d'Adelheid, veuve d'Otton Ier. Adalberon,
archevêque de Rheims, devint le premier conseiller de la reine-mère Emma et
de son fils Louis et il se servit de son influence pour faire négocier la
paix.
Ce fut pendant les négociations de paix
que la forteresse de Chèvremont fut assiégée. Par quelles troupes fut-elle
assiégée ? Évidemment par des troupes françaises et non par des troupes
impériales.
Gerbert, le secrétaire de l'archevêque de
Rheims qui se trouvait près de l'impératrice Theophanie, en Allemagne,
écrivit à son chef de se défier d'Otton de Bourgogne et de Heribert de
Vermandois, qui, sous prétexte de conférence de paix, lui tendraient des
embûches, à cause du présent siège de Chèvremont (6).
Des marchands liégeois se rendant à une
foire furent spoliés de leurs marchandises par des soldats ou brigands qui
se réfugièrent ensuite dans une forteresse. Cette forteresse fut assiégée et
pendant le siège, les soldats ou brigands-voleurs promirent de restituer
tout et ils donnèrent même des otages en garantie de leur promesse. La
forteresse devait être livrée le lendemain. C'est ce que l'archevêque de
Rheims écrit à Notger dans une lettre sans date. (V. Epist. 18
Patrol., t. CXXXVII, p. 511.)
La forteresse dont il s'agit dans cette
lettre, est-ce Chèvremont ? L'ensemble de la lettre semble indiquer une
forteresse située dans la principauté de Rheims, plutôt que dans le
voisinage de Liège. La foire à laquelle se rendaient les marchands liégeois,
était peut-être une foire de Rheims. La lettre de l'archevêque Adalberon
semble être une réponse à une demande de protection et de renseignements
faite par Notger. Dans l'hypothèse que la forteresse en question soit
Chèvremont, c'eût été plutôt à Notger à fournir des renseignements à
l'archevêque de Rheims touchant le siège de cette forteresse.
D'actives négociations de paix eurent
lieu entre les deux gouvernements. Adalberon archevêque de Rheims, son
secrétaire Gerbert, Notger évêque de Liège et plusieurs autres y eurent
part. Sigefroid de Luxembourg recouvra la liberté pendant l'été de 986 ;
Godefroid comte de Verdun l'aurait obtenue aussi , s'il avait voulu rendre
la ville de Mons avec le Hainaut à Rainier, renoncer au comté de Verdun , et
faire hommage au roi de France pour ses autres possessions et si son fils
Adalberon avait voulu renoncer au siège de Verdun. (GERBERT,
Epist. 60.) La paix fut enfin conclue, au mois de mai 987, à Ingelhem.
Les conditions furent : Godefroid de Verdun sera remis en liberté, mais il
cédera un certain nombre de villages à l'église de Verdun ; des forts
pourront y être élevés ; la ville de Verdun sera rendue à l'empire ;
Godefroid cédera son comté de Verdun à un de ses fils ; il contraindra son
fils Adalberon à résigner son siège épiscopal de Verdun. (7)
Après la mise en liberté de Godefroid,
comte de Verdun, Adalberon archevêque de Rheims, son frère, écrivit en sa
faveur, à l'impératrice Théophanie, le 17 mai (987) ; il la prie d'exaucer
les prières de son frère et de ne pas approuver les injustes conditions que
la tyrannie a exigées pour sa mise en liberté, conditions préjudiciables,
dit-il, à l'Église et à votre honneur. Est-ce que vous consentirez à
l'aliénation des villages de l'église de Verdun que le comte Godefroid, avec
son fils Adalberon, a cédés, à regret, pour sa délivrance, à Otton, comte de
Bourgogne, et à Héribert, comte de Vermandois ? Est-ce que vous souffrirez
qu'ils y construisent des forts d'après leurs désirs, eux qui recrutent
maintenant furtivement des troupes choisies, pour s'emparer de votre
personne, si vous êtes à Chèvremont. Ils font semblant de vouloir
attaquer la ville de Juveniacum, (Juvigné) comme pour venger la reine Emma
contre le duc Thierry, mais ils sont décidés à s'emparer de votre personne,
si vous êtes faiblement accompagnée. (Ep. 26, Patrol., t. CXXXVII, p.
513.)
Il est évident, par cette lettre, que la
forteresse de Chèvremont était un libre domaine de la couronne impériale, à
la libre disposition d'Otton III et de sa mère, l'impératrice Théophanie.
Aucun seigneur ne l'avait en fief.
Peu de jours après cette lettre d'Adalberon,
mourut le roi Louis V, savoir, le 22 mai 987. Comme il ne laissait point de
postérité, la couronne fut disputée entre Charles, duc de
la Basse-Lorraine, et Hugues Capet, tous les deux de la famille
royale. Cette guerre de succession resta étrangère à l'Allemagne.
Qu'est devenue la forteresse de
Chèvremont après la paix du mois de mai 987 ? Elle a été entièrement démolie
par Notger, prince-évêque de Liège. Il n'y a guère à douter qu'il ne l'ait
demandée au gouvernement et qu'il ne l'ait obtenue pour la démolir ; parce
que les soldats qui la gardaient, avaient la coutume de rançonner les
habitants du voisinage. Il n'y a pas eu lieu de s'en emparer soit de vive
force, soit par ruse, car elle n'était ni la propriété privée d'un puissant
seigneur, ni donnée en fief à un seigneur par la couronne.
Quant à l'abbaye, c'est-à-dire, aux trois
églises qui se trouvaient sur la montagne de Chèvremont, dès le 1er août
972, Otton le, les avait données à l'église de Notre-Dame, à
Aix. En vertu de cette donation, le chapitre de Notre-Dame était devenu le
patron de l'abbaye ; il percevait une part des revenus et il exerçait un
certain pouvoir temporel dans tous les domaines de l'abbaye. Notger supprima
ces églises, sans doute, avec le consentement de la couronne, mais il devait
naturellement en attribuer tous 1es biens au chapitre de Notre-Dame et y
transférer tout le personnel, par suite du diplôme du 1er août 972. C'eût
été une chose odieuse que de les attribuer soit à la mense épiscopale , soit
à une église de Liège. (V. FISEN, p. 167.)
Anselme, le biographe de Notger, qui
écrivit vers l'an 1056, raconte, dans les termes suivants, l'histoire de
Chèvremont : Notger chercha à délivrer les pauvres Liégeois du château fort
de Chèvremont souvent occupé par des brigands. Les ruines de ce château
attestent encore combien il fut préjudiciable à la cité de Liège. Déjà
redoutable par sa situation sur le plateau d'une haute montagne, il était,
en outre, fortifié par des constructions solides et élevées. Il y avait
trois églises, dans l'une desquelles douze prêtres servaient Dieu. Pour leur
subsistance, ils avaient les dîmes des villages voisins et quelques terres.
Après la destruction de la forteresse, Notger aurait pu, en sa qualité
d'évêque et comme un des principaux conseillers d'Otton III, encore enfant,
donner ces biens à sa mense ou à une église, mais comme c'eût été une chose
odieuse , il préféra les donner à l'église de Notre-Dame, à Aix, pour y
fonder douze nouveaux canonicats. Il suffisait, pour lui et son église,
d'avoir délivré ses sujets de l'oppression de ces hommes pervers qui
trouvaient leur impunité dans la forteresse de Chèvremont.
(V. n° 25.)
Dans les siècles suivants, l'imagination
a orné l'histoire de la destruction de Chèvremont de circonstances et
d'incidents conformes au goût et aux idées du temps. La destruction d'une
forteresse suppose qu'elle a été assiégée et prise ; Notger a donc assiégé
Chèvremont ; mais comme Chèvremont était imprenable, Notger a dû employer la
ruse pour s'en emparer ; et Notger, étant évêque, quelle ruse a-t-il pu
employer, si ce n'est une cérémonie à accomplir dans la forteresse.
A partir du XlIIe siècle, les historiens
présentent le récit suivant : Notger désireux de délivrer ses sujets des
brigandages du seigneur de Chèvremont nommé Idriel, se concerta avec ses
chanoines et ses vassaux, sur la manière de s'emparer de la forteresse. Il
leur suggéra un stratagème qui fut goûté. Ils se revêtirent tous de leurs
armures et les cachèrent sous des ornements sacerdotaux. Le seigneur de
Chèvremont fut averti que l'évêque accompagné de son clergé viendrait
célébrer les offices du Jeudi Saint dans l'église de l'abbaye. Quand Ie
cortège religieux fut arrivé aux pieds de la montagne, le seigneur lui fit
ouvrir les portes. Dès que Notger et ses prétendus clercs furent entrés, ils
jetèrent leurs ornements sacerdotaux et attaquèrent vivement le seigneur et
ses soldats qu'ils massacrèrent tous. La forteresse était prise et Notger ne
tarda pas de la démolir. (V. GILLES D'ORVAL ; Gesta
abbatum S. Laurentii, etc) |
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IV |
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Donations |
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Notger, en sa qualité de conseiller
du gouvernement, devait se trouver souvent à la cour. On l'y voit, le 9 juin
985, à Geilenheim et il se servit, dans cette circonstance, de son influence
en faveur de sa principauté. L'église de Liège avait déjà reçu (avant 981)
les revenus que les empereurs s'étaient réservés à Huy, savoir, l'octroi, la
monnaie et quelques autres revenus. Ansfried qui tenait le comté de Huy en
fief de l'empire, le résigna entre les mains du roi en faveur de l'église de
Liège. Par une charte, du 9 juin 985, datée de Geilenheim, Otton III le
donna à l'église de Liège et il confirma, en même temps, tout ce que cette
église possédait à Maestricht, à Huy, à Namur, à Dinant, ainsi que ses
monastères, châteaux forts, fermes et domaines. Il défendit à tout comte, à
tout juge d'y exercer leur pouvoir judiciaire et coercitif, tel que
d'entendre les causes, d'exiger l'argent des compositions judiciaires,
d'établir des impôts, des amendes, des octrois, des péages ou quelque
contribution forcée que ce soit, de demander le logement et les frais de
séjour, de contraindre des accusés a fournir des cautions, d'extorquer des
tributs ou autres prestations illicites. (V. CHAPEAVILLE, t. I, p. 215). (8)
L'origine des
possessions de l'église de Liège à Namur, est inconnue. Quant à celles
qu'elle avait à Dinant, il est probable qu'elles remontent à l'évêque saint
Perpète, car ce saint fonda à Dinant l'église de Saint-Vincent dans laquelle
il fut enterré.
Nous voyons encore
Notger dans la suite du roi Otton III, le 27 décembre 986 à Cologne, le 18
janvier 987 à Andernacht et le 27 février 987, à Nymègue. Il n'y a guère à
douter qu'il n'ait accompagné l'impératrice-mère Theophanie en Italie, soit
à la fin de 988, soit au commencement de 989, car il se trouvait en 989,
avec Heriger religieux de Lobbes, en Italie où il soignait les intérêts
politiques d'Otton III encore enfant, dit le continuateur des Gestes des
abbés de Lobbes (9). L'impératrice soigna réellement les affaires de
l'empire, en Italie et revint en Allemagne vers la fin de 990. Elle célébra
avec son fils la fête de Pâques en 991 à Quedlimbourg et se rendit ensuite
avec lui à Nymègue où elle mourut le 15 juin de cette année. L'évêque Notger
était-il encore près d'elle ? et a-t-il accompagné ses restes mortels à
Cologne où ils furent enterrés dans l'église de Saint-Pantaléon ? Il parait
que Notger revint d'Italie avec Heriger directement dans son diocèse de
Liège, car le 21 décembre 990, il assista au sacre de Heriger qui avait été
promu à la fonction d'abbé de Lobbes.
En 992, le roi
Otton III vint célébrer les fêtes de Pâques dans l'abbaye de Saint-Gérard,
sur l'invitation de l'évêque Notger (27 mars 992). Héribert, ancien
professeur et chapelain du roi (10), était alors abbé du monastère. Otton III confirma par un diplôme du 31 mars 992, les possessions, les privilèges
et le pouvoir temporel dont jouissait l'abbaye, en vertu des diplômes de 914
et 932 ; il prohiba à Albert, comte de Namur, d'abuser de son pouvoir
d'avoué et en cas d'abus, l'évêque et l'abbé pourraient choisir un autre
avoué. (FISEN, p. 169.) De Saint-Gérard, le roi se
rendit à Aix, accompagné de son aïeule
Adelheid et de l'évêque. A leur demande, il y accorda une faveur à l'abbaye
de Nivelles (avril 992). On peut conjecturer que ce fut en cette année 992,
à Saint-Gérard ou à Aix que le roi donna le diplôme de donation et de
protection rapporté par Chapeaville (t. I, p. 211). Il confirma, à l'église
de Liège, les abbayes de Lobbes et de Fosses, le comté de Brunengerunz
et tout ce que le fisc royal pouvait exiger à Maestricht, en fait de
monnaie, d'octroi et de péage ; il y ajouta l'abbaye de Gembloux, au
comté de Darnau ; l'église de Liège possédera cette dernière abbaye de telle
manière que nul comte, nul avoué, nulle autre personne séculière ne pourra y
exercer un pouvoir judiciaire ou un pouvoir coercitif, ni entrer à l'abbaye,
ou dans ses domaines, pour exercer ces pouvoirs sur les habitants (11). Le
comté de Brunengerunz s'étendait de la petite Ghète à la Dyle et comprenait
Tirlemont avec une trentaine de villages. En recevant l'abbaye de Gembloux,
le prince-évêque de Liège recevait une espèce de souveraineté temporelle sur
elle et sur tous ses domaines. |
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V. |
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L'affaire de Rheims ; les affaires d'Italie ; affaires
d'Allemagne. |
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Les talents et les vertus de Notger
étaient si appréciés qu'il fut appelé à intervenir dans l'affaire de
l'église de Rheims.
Dans la guerre de succession au trône de France, après la
mort de Louis V (22 mai 987), Adalberon, archevêque de Rheims, se prononça
pour Hugues Capet qu'il sacra roi de France dans sa cathédrale (juillet
987). Après sa mort qui arriva au mois de janvier 988 , il y eut deux
candidatures pour le siège archiépiscopal, celle de Gerbert son secrétaire
et chapelain et celle d'Arnoul, fils naturel du roi Lothaire. Arnoul obtint
le siège archiépiscopal, grâce surtout à la protection de Hugues Capet. Le
nouvel archevêque soutint d'abord la cause de son protecteur, mais il
l'abandonna bientôt pour celle de Charles de Lorraine qui était le frère du
roi Lothaire. Pendant la guerre, Charles et Arnoul furent faits prisonniers
à Laon par trahison, le 29 mars 991. Hugues Capet, ne souffrant point que le
siège de Rheims fût occupé par un adversaire, réunit une douzaine d'évêques
en concile provincial dans l'abbaye de Saint-Basle, près de Rheims, pour le
faire déposer. Le concile déposa Arnoul pour des faits politiques et élut à
sa place Gerbert (juin 991). Ces actes parurent illégitimes à un bon nombre
de clercs et de laïques.
Arnoul et ses adhérents appelèrent au Saint-Siège. Le
Pape frappa de suspense les évêques qui avaient déposé Arnoul et il envoya
le légat Léon pour juger l'affaire sur les lieux. Le légat convoqua à
Mouzon, Notger de Liège, Sigefrid de Munster, Heimon de Verdun et Ludolphe
de Trèves (2 juin 995). Gerbert essaya de se justifier, mais le légat avec
ses quatre assesseurs lui ordonna de respecter la suspense et de se
représenter au concile qui aurait lieu à Rheims, le 1er juillet suivant.
Comme Notger s'était montré défavorable à Gerbert, celui-ci lui adressa un
mémoire pour justifier sa cause et lui écrivit une lettre dans laquelle il
fait appel à leurs relations d'amitié. (V. Patrol., t. CXXXIX, p. 257.)
Le concile se réunit à Rheims, le 1er juillet, sous la présidence
du légat avec ses assesseurs. Arnoul y fut rétabli sur son siège de Rheims
et l'élection de Gerbert fut déclarée nulle. Le légat leva ensuite la
suspense portée contre les évêques qui avaient déposé Arnoul et élu Gerbert.
Ce dernier quitta le diocèse de Rheims et se rendit à la cour d'Allemagne.
Le jeune roi Otton III partit pour
l'Italie, au mois de février 996, à la tête d'une armée. II fut accompagné
de plusieurs évêques parmi lesquels il y avait Notger, avec Gerbert et
Brunon. Il célébra les fêtes de Pâques à Pavie, et, sur la route de Ravenne,
il apprit la mort du pape Jean XV. L'idée de faire placer son cousin et
chapelain, Brunon, fils d'Otton de Carinthie, sur le siège pontifical, ne
tarda pas de se présenter à son esprit. Otton III le recommanda au clergé et
au peuple de Rome qui agréèrent le choix royal. Brunon qui fut sacré, le 3
mai 996, prit le nom de Grégoire V et le 21 de ce mois, il sacra Otton III,
empereur, dans l'église de Saint-Pierre. Gerbert l'annonça à l'impératrice
Adelheid par une lettre. L'évêque de Liège profita de son séjour â Rome pour
obtenir des actes de protection du Pape en faveur des établissements de son
diocèse et de celui de Cologne. Ce fut, à sa demande, que Grégoire V
confirma la fondation de l'abbaye de Willich à Cologne (24 mai) et qu il
accorda un diplôme de protection aux religieux de Stavelot avec la faculté
d'élire librement leur abbé (2 juin). L'empereur Otton ne resta pas
longtemps en Italie. Il fut déjà de retour en Allemagne au mois de septembre
996.
Le prince-évêque de Liège, de retour dans
son diocèse, reprit ses travaux d'administration et veilla à tous les
intérêts. L'année 997, l'empereur passa les fêtes de Pâques à Aix et s'y
retrouva de nouveau au mois d'octobre. Notger y fut à sa cour, comme
l'attestent des diplômes du 9 avril, du 24 avril et du 12 octobre 997.
D'Aix, l'empereur partit une seconde fois
pour l'Italie et prit avec lui Notger, évêque de Liège, Henri, évêque de
Wurtzbourg, Lambert, évêque de Constance, Francon, évêque de Worms et
Gerbert. Le pape Grégoire V avait été chassé de Rome par le parti politique
de Crescentius et remplacé par un antipape, Jean XVI. Otton III pénétra en
Italie à la tête d'une forte armée. Il rétablit Grégoire V et jeta
l'antipape en prison. Le 29 avril 998, il s'empara du Château-Saint-Ange
occupé par Crescentius. Il fit pendre celui-ci avec douze chefs des
révoltés. Le siège de Ravenne étant venu à vaquer, en ce moment, Otton III y
fit élire Gerbert. Ce fut, en qualité d'archevêque de Ravenne, que Gerbert
assista au synode romain avec les évêques qui accompagnaient Otton III (mai
998). Dans ce synode, le Pape ordonna au roi de France de mettre en liberté,
Arnoul, archevêque de Rheims, qu'il tenait en captivité à Orléans depuis
991. Le roi obéit et le remit en liberté. L'empereur reprit bientôt le
chemin de retour en Allemagne ; le 20 septembre, il était à Pavie et le 12
octobre 998 à Aix-la-Chapelle. L'évêque Notger rentrait également dans son
diocèse.
Le pape Grégoire V mourut au mois de
février 999, probablement victime d'un empoisonnement. Sur les
recommandations de l'empereur, Gerbert, archevêque de Ravenne, fut élu
pontife et prit le nom de Sylvestre II. Un des premiers actes de ce Pape fut
d'écrire une belle lettre de consolation à Arnoul, archevêque de Rheims et
de reconnaître que sa déposition, prononcée au concile de Rheims de 991,
était nulle pour n'avoir pas été approuvée par le Saint-Siège.
L'empereur Otton retourna en Italie en
l'année 999, accompagné, entre autres personnes, de Notger, prince-évêque de
Liège. Il affermit son autorité, autant que celle du Saint-Siège, sur les
duchés de Bénévent et de Capoue. Il chargea même Notger de faire la conquête
des villes de Gaëte, Traetto et Argenti dans la Campanie, villes qui
appartenaient encore à l'empereur de Constantinople. Le prince de Liège
réussit à en faire la conquête. (V.
GFROERER,t. V, P. 713). (12)
Otton, de retour en Allemagne, passa les
mois d'avril et de mai de l'an 1000, c'est-à-dire, les fêtes de la
Pentecôte, à Aix-la-Chapelle, et y tint cour plénière. Il n'y a point à
douter que l'évêque de Liège n'y fut. Pour satisfaire le désir de
l'empereur, on ouvrit la crypte murée où le corps embaumé de Charlemagne
avait été déposé. On le trouva assis sur un siège d'or, la tête ceinte d'une
couronne d'or et tenant de la main droite un sceptre d'or. L'empereur vénéra
ces restes mortels et fit renouveler les étoffes précieuses dont ils étaient
enveloppés, mais il prit pour lui la croix d'or qui pendait au cou de
Charlemagne. (V. THIETMAR,l.IV,n°
29.)
Dans le courant de l'été, Otton partit de
nouveau pour l'Italie à la tête d'une armée, accompagné de plusieurs
évêques, parmi lesquels il y avait celui de Liège et l'archevêque de
Cologne.
Il prêta secours au pape Sylvestre II
contre ses vassaux révoltés et il fit reconnaître en plusieurs provinces sa
propre autorité. Des difficultés furent aplanies et des conflits levés,
principalement dans les réunions d'évêques et de seigneurs, par exemple,
dans celles qui eurent lieu à Todi le 28 décembre 1001. Notger, évêque de
Liège, est mentionné parmi les trente évêques qui assistèrent à cette
dernière. L'empereur mourut, le 23 janvier 1002, au château de Paterno.
Les vassaux les plus dévoués de l'empereur emportèrent
son corps et reprirent, à marches forcées, la route d'Allemagne ; en Italie
ils eurent à s'ouvrir souvent un chemin par les armes, à travers les
populations révoltées. Saint Héribert, archevêque de Cologne, et Notger,
évêque de Liège, portèrent le corps de l'empereur à Aix où ils l'enterrèrent
dans l'église de Notre-Dame.
Il se produisit plusieurs candidatures au trône ; d'abord
celle de Henri, duc de Bavière, le plus proche parent d'Otton III, celle de
Herman, duc de Souabe, et celle d'Ekkihard, margrave de Meissen. Celle du
duc de Bavière réunit le plus d'adhérents. Il fut couronné, le 6 juin 1002,
à Mayence, par l'archevêque Willigis, sans qu'il y eût eu une élection
proprement dite. Henri II fut successivement reconnu par toutes les parties
de l'empire, à Deutzbourg, par Notger, évêque de Liège, saint Héribert,
archevêque de Cologne, et les princes de la Lorraine. Le 8 septembre 1002,
il fut couronné à Aix par l'archevêque de Cologne. Ce prélat lui remit ou
lui avait déjà remis les insignes de la royauté confiés à sa garde par Otton
III, insignes qu'il avait refusé de lui remettre avant sa promotion à la
royauté. Ces insignes étaient la Sainte Lance, la Couronne, le Sceptre, le
Globe et la Croix. Le mécontentement du roi, causé par le refus de
l'archevêque, cessa bientôt. Herman de Souabe se soumit à Henri, le 1er
octobre, à Breisach.
L'évêque Notger, qui assistait au couronnement du roi à Aix, obtint de
lui un diplôme par lequel le domaine de Cosla fut confirmé à l'abbaye de
Saint-Remy, à Rheims (9 sept. 1002). En 1003 et 1005 Henri II passa les
fêtes de Pâques à Aix et il n'y a point à douter que l'évêque n'y fût pour
célébrer les offices divins. On ignore si Notger suivit le roi dans ses
différentes expéditions militaires, mais on le voit avec treize autres
évêques à la diète ou réunion générale tenue à Dortmund au mois de juillet
1005. Il y fut résolu de porter secours à Lutgarde, comtesse de Hollande, et
soeur de la reine, qui luttait contre les Frisons révoltés. L'expédition
contre la Pologne fut également décrétée dans cette réunion et annoncée dans
tous les comtés de l'empire (13). Elle eut lieu aux mois de septembre et
d'octobre de la même année, sans succès. On ne sait point si Notger a
accompagné l'empereur dans cette expédition.
Le prince-évêque de Liège était avec
Henri Il à Erstein, en 1006, et lui représenta que les rois, ses
prédécesseurs, avaient donné plusieurs biens et domaines à l'église de Liège
et les avaient affranchis de tout pouvoir judiciaire et coercitif des
comtes, entre autres Lobbes, Saint-Hubert, Saint-Gérard, Gembloux, Fosses,
Malonne, Namur, Dinant, Ciney, Eycke, Tongres, Huy, Maestricht, Malines. Il
le pria de confirmer leurs donations Le roi le fit par un diplôme du 10 juin
1006, daté d'Erstein, et il prohiba à tout comte, à tout juge d'y exercer un
pouvoir judiciaire ou coercitif et d'y exiger des contributions ; il se
servit, à cet effet, des mêmes expressions qu'Otton II dans son diplôme de
985. (V. CHAPEAVILLE, t. I, p. 212.)
D'Erstein, le prince-évêque de Liège suivit le roi à Aix et
probablement aussi dans son expédition contre le comte de Flandre. Baudouin,
comte de Flandre, s'était emparé, en 1002, de Valenciennes et en avait
expulsé Arnoul. Comme Valenciennes était un fief impérial, Arnoul avait
invoqué le secours de son suzerain. Henri II prit la résolution de lui
porter secours, mais il désirait avoir le concours du roi de France, dont le
comte de Flandre était le vassal. Notger fut envoyé à Paris pour négocier
une alliance entre ces deux souverains. Il réussit dans ces négociations,
car Henri II, aidé par Robert, roi de France, et Richard, duc de Rouen,
assiégea Valenciennes, en 1006, mais il ne put s'en emparer et dut retourner
en Allemagne. (V. ANSELME, n° 29.)
Le roi se disposa, l'année suivante, à réparer cet
insuccès et convoqua tous ses vassaux. Notger se trouva, dans sa suite, à
Mayence, le 4 juin 1007, et à Aix, le 8 juillet suivant. Il n'y a point à
douter qu'il n'ait fourni son contingent de troupes. Le roi pénétra dans les
Flandres et s'empara du château de Gand. Il fit, en même temps, les
principaux vassaux de Baudouin prisonniers. Ce comte se soumit, promit
fidélité et restitua Valenciennes. (V. BALDERIC, l. III, n° 2
; THIETMAR, l. VI, n° 22.)
Le roi était déjà de retour, à Aix, le 22 octobre,
conduisant avec lui Héribert, archevêque de Cologne, et Notger, évêque de
Liège. Ces deux prélats le suivirent à la diète de Francfort, qui s'ouvrit
le 1er novembre 1007. Dès le mois de juin précédent, une vingtaine d'évêques
parmi lesquels étaient Héribert et Notger, avaient délibéré avec le roi,
dans leur réunion à Mayence, sur l'érection de l'évêché de Bamberg en
Franconie, et ils avaient envoyé des députés à Rome, pour solliciter cette
érection du Pape. Les députés rapportèrent des bulles d'érection de Rome et
les présentèrent à la diète de Francfort. Tous les évêques présents, au
nombre de trente-cinq, y adhérèrent. Après la
clôture de la diète, Notger revint à Liège. (V. THIETMAR,
l. VI, n°
23.)
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VI. |
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Soins de Notger pour l'instruction. |
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La part active que
Notger dut prendre aux affaires publiques de l'empire, ne l'empêcha point de
soigner les affaires de sa principauté et celles de son diocèse. Son
biographe, Anselme, trace un magnifique tableau de ses soins pour
l'instruction de la jeunesse. Il préposa d'excellents professeurs à l'école
de la cathédrale qui était la pépinière du clergé ; il s'y rendait souvent
lui-même pour stimuler le zèle des professeurs et celui des élèves.
Sa sollicitude pour
les jeunes étudiants était si grande, qu'il en prenait un certain nombre
avec lui, quand il devait s'éloigner de son diocèse, et il les faisait
étudier en voyage sous la direction d'un chapelain. A leur retour, on était
étonné des progrès qu'ils avaient faits. Toutefois, ajoute Anselme, ce n'est
pas là un exemple bon à suivre, car les distractions des voyages, les bruits
du monde et les affaires des cours royales et épiscopales ne conviennent pas
aux études qui demandent plutôt la solitude et le silence des cloîtres. Ce
n'étaient pas seulement les nobles, mais aussi les autres hommes libres et
même les serfs que Notger admettait à ses écoles. Il leur faisait donner
l'enseignement approprié à la carrière qu'ils voulaient embrasser. Les
étrangers recommandés par leur évêque trouvaient près de lui un accueil
sympathique. De l'école de Notger sortirent plusieurs grands hommes qui ont
bien mérité de l'Église et de la société, entre autres, saint Maurille,
évêque de Rouen, Gonthier, évêque de Salzbourg, Rotard et Erluin, évêques de
Cambrai, Heimon évêque de Verdun, Hézelon, évêque de Toul, Durand et Wazon,
évêques de Liège, Adelbold, évêque d'Utrecht, Hubald, qui enseigna avec
éclat à Paris et à Prague. (V. ANSELME, n° 28 et 29.) |
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VII. |
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Églises et abbayes. |
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L'idée erronée et
superstitieuse que le monde finirait à l'an mil, ne paraît pas avoir été
répandue au diocèse de Liège, ni dans les autres parties de l'Allemagne. Du
moins, nous n'en avons pas trouvé de traces. Toutes les affaires politiques
et religieuses continuèrent d'y être traitées,comme auparavant.
L'église
cathédrale de Liège, bâtie par saint Hubert, soit qu'elle menaçât ruine,
soit qu'elle fût trop petite, fut démolie par l'évêque et remplacée par une
église plus vaste et plus belle, en style roman.
La nouvelle église,
dédiée, comme l'ancienne, à Notre-Dame et à saint Lambert, cessa d'être une
église paroissiale. Notger fit construire, à côté, une seconde église qu'il
dédia également à Notre-Dame et dans laquelle il transféra les fonts
baptismaux avec tout ce qui concerne le culte et l'administration de la
paroisse. Il fit aussi reconstruire les cloîtres où les chanoines menaient
la vie de communauté. Le palais épiscopal fut également reconstruit.
L'église de
Notre-Dame, qui était attenante à la cathédrale, porta le nom de
Notre-Dame-aux-Fonts, parce qu'on y avait transféré les fonts baptismaux.
Comme les autres églises paroissiales n'avaient pas de fonts baptismaux,
tous les enfants de la ville devaient être baptisés dans celle de
Notre-Dame. Il y eut toutefois six églises qui reçurent plus tard des fonts
baptismaux, savoir : celles de Saint-Servais, de Saint-Séverin, de
Saint-Nicolas (Outre-Meuse), de Sainte-Foi, de Saint-Adalbert et de
Saint-Jean-Baptiste.
L'église
collégiale de Saint-Paul, commencée par Eracle, fut achevée par Notger
qui en augmenta aussi la dotation et porta le nombre des chanoines de vingt
à trente. Il transféra, dit-on, dans la collégiale de Saint-Paul, la
dotation d'une église dédiée à saint Capraise, sur la montagne de Chèvremont
et y fit célébrer, chaque année, la fête de ce saint au 20 octobre. Comme
cette fête y a été célébrée jusqu'aujourd'hui et qu'elle n'existait pas dans
le calendrier liégeois en usage dans les autres églises , la tradition
suivie dans celle de Saint-Paul doit avoir eu un motif spécial.
Notger fit aussi
continuer les travaux de construction de l'abbaye de Saint-Laurent,
sans toutefois les achever. Il y donna l'hospitalité à un évêque grec, nommé
Léon, qui avait été chassé de son diocèse situé dans la Calabre, pour avoir
livré son pays aux Romains. Notger avait, en effet, en 999, fait la conquête
de quelques provinces du midi de l'Italie qui appartenaient encore à
l'empereur de Constantinople ; il est bien probable que l'évêque Léon
appartenait à une de ces provinces et que Notger l'a amené avec lui à Liège.
Cet évêque grec mourut à Saint-Laurent et fut enterré sous l'autel de saint
Géreon. (V. REINIER, Vita Eracli, n° 6.)
Après la mort de
saint Guibert, fondateur de l'abbaye de Gembloux (†
962), les seigneurs du voisinage s'emparèrent de la plus grande partie des
biens du monastère. Les proches parents du saint lui-même, se joignirent à
eux pour avoir leur part dans le butin, prétendant que ces biens leur
revenaient par droit d'héritage. Parmi ces envahisseurs se distinguaient
Héribrand Bratuspantis, Robert, comte de Namur, et Raginard, frère de saint
Guibert. Les religieux eux-mêmes eurent beaucoup à souffrir de leurs
vexations. Ils adressèrent des réclamations à l'empereur qui était le
protecteur de l'abbaye, mais inutilement. Enfin, après plusieurs années
d'attente, Otton III chargea le duc de la Basse-Lorraine, Otton, de faire
une transaction avec les envahisseurs qui restitueraient seulement la moitié
des biens usurpés. Héribrand Bratuspantis accepta la transaction, mais les
autres gardèrent tout ce qu'ils avaient usurpé. L'abbé Erluin qui avait
succédé à saint Guibert, maintint la ferveur et la piété parmi les
religieux, malgré les vexations des usurpateurs et la pauvreté de l'abbaye.
Il mourut, le 10 août 987. Les religieux demandèrent conseil à l'évêque,
avant de procéder à une nouvelle élection. Notger leur représenta les
difficultés qu'il y avait à faire parvenir des plaintes à l'empereur et
d'obtenir de lui une protection réelle. Il leur conseilla de donner l'abbaye
à l'église de Liège, dont le prince-évêque pourrait les protéger plus
efficacement et soigner tous leurs intérêts. Les religieux y consentirent,
sauf l'approbation du roi. Ils élurent ensuite Hériward, frère d'Erluin ,
pour abbé, que l'évêque sacra. Notger donna, à cette occasion, à l'abbaye,
le village de Temploux et un vignoble à Namur. Le roi Otton III donna
l'abbaye de Gembloux, c'est-à-dire, le pouvoir temporel sur l'abbaye et ses
domaines, à l'église de Liège, par un diplôme qui est postérieur à l'an 987
et que nous avons rapporté, ci-dessus, à l'an 992. Hériward ne gouverna
l'abbaye que pendant trois ans. Son successeur, Erluin II, eut à lutter
contre l'insuffisance des revenus et il dut tolérer que chaque religieux pût
conserver un péculium, ce qui était contraire au voeu de pauvreté. Il mourut
en 1012. (V. SIGEBERT, Gesta, nos
19-25 ; CHAPEAVILLE, t. 1, p. 211.)
A l'avènement de Notger à
l'épiscopat, il y avait quelque conflit à Lobbes entre Fulcuin,
établi abbé en 965, et Rathier, l'ancien évêque de Liège , qui avait usurpé
sa place. Notger ordonna de faire une enquête et en chargea Werinfride, abbé
de Stavelot, Héribert, abbé de Saint-Hubert, et quelques autres religieux.
Comme ils trouvèrent que les causes du conflit étaient frivoles , Notger
rétablit Fulcuin dans ses fonctions et ordonna à Rathier de retourner à Alne.
Fulcuin restaura le monastère ; il maintint la discipline monastique et il
fit fleurir les études. La bibliothèque de l'abbaye s'enrichit de nouveaux
ouvrages. Notger rendit aux religieux la faculté de choisir leur abbé, sauf
le pouvoir temporel que conservait l'évêque de Liège. L'abbé reçut, en même
temps, la dignité de vicaire de l'évêque. Soixante-douze paroisses du
voisinage étaient obligées de faire, chaque année, au 25 avril, une
procession à l'église de Lobbes (cruces bannales) et d'y faire une
offrande. Dix-huit paroisses voulurent se soustraire à cette obligation et
préférèrent se rendre soit à Nivelles, soit à Fosses qui étaient plus
proches. Sur les réclamations de l'abbé, l'évêque, après avoir délibéré sur
cette affaire dans un synode, confirma l'ancienne coutume et contraignit
toutes les paroisses à s'y conformer (25 mars 980). L'abbé Fulcuin mourut le
16 septembre 990. Son successeur, Heriger, élu par les religieux et confirmé
par les évêques de Liège et de Cambrai, fut sacré le 21 décembre suivant.
C'était un des hommes les plus instruits de son temps et le conseiller de
Notger. Il fit, avec son évêque, le voyage de Rome, en 989, et ne revint
avec lui qu'à la fin de l'année suivante. Sous sa prélature, les études et
la piété restèrent florissantes à Lobbes. Heriger, de concert avec l'évêque
Notger, écrivit l'histoire de notre diocèse et la vie de plusieurs saints.
Il mourut, le 31 octobre 1007. (V. FULCUIN, Gesta
abb. Lob. ; DACHERY, t. II, p. 744 ;
MABILLON, Annal., l. L, n° 42 ;
MIRAEUS, t. III, p. 296 ; VOS, t. I.)
La fondation de l'abbaye de
Thorn, près de Maeseyck, eut lieu sous l'épiscopat de Notger. Ansfrid,
comte de Huy, avait été placé de bonne heure, à l'école de l'église de
Trèves dont son oncle Robert était archevêque. Après y avoir achevé ses
études, il se destina à la carrière militaire et fut admis à la Cour du duc
de Lorraine, Brunon, qui était, en même temps, archevêque de Cologne, grâce
à la protection de son oncle Ansfrid. Le jeune Ansfrid servit avec
distinction sous Otton Ier et accompagna ce souverain en Italie en qualité
de porte-glaive. Otton , lorsqu'il entrait à l'église de Saint-Pierre, à
Rome, ordonna à Ansfrid de se tenir près de lui et de tenir l'épée au-dessus
de sa tête, parce qu'il craignait la perfidie des Italiens. Quelques années
après son retour de Rome, il se concerta avec son épouse Hilsonde pour
fonder une abbaye en faveur de leur fille Benoîte. Elle fut fondée à Thorn
sur la rive gauche de la Meuse, non loin de Maeseyck. La mère et la fille
s'y firent religieuses en embrassant la règle de saint Benoît, avec le
consentement d'Ansfrid. Près de l'abbaye des religieuses, il y avait un
prieuré de bénédictins chargés de célébrer les services religieux. La charte
de dotation donnée par Hilsonde est de l'an 992. Elle donna à l'abbaye
plusieurs de ses propres alleux, savoir, ses alleux de Thorn, de Stryen d'Oeverberg
(14), de Gilsen et de Baerle et elle réserva aux religieuses et religieux le
droit de se choisir un protecteur ou avoué. A la diète de Mayence du mois de
juin 1007, le roi Henri II confirma la fondation de l'abbaye et lui donna le
marché, le tonlieu et la justice à Thorn et l'évêque de Liège y ajouta trois
églises paroissiales. La première abbesse fut Benoîte. Thietmar raconte
d'elle le miracle suivant : Un jour la cellerière lui annonça qu'il n'y
avait plus de vin pour les pauvres et les pèlerins. Benoîte se mit en prière
et aussitôt le tonneau se remplit jusqu'au bord et ne se vida que lentement,
quoiqu'on en donnât souvent aux pauvres et aux religieuses. Le pouvoir
temporel sur l'abbaye et ses domaines fut donné, dès le principe, à l'église
de Liège, comme l'attesta Thietmar. Aussi l'abbaye de Thorn se trouve-t-elle
souvent énumérée parmi les possessions de l'église de Liège. Hilsonde mourut
à Ghilsen peu de temps après la fondation de l'abbaye et fut enterrée dans
l'église de l'abbaye. Ansfrid, après la mort de son épouse, songea à se
faire religieux, mais à la demande de Notger, le roi Otton III lui donna en
995 l'évêché d'Utrecht et le contraignit à l'accepter. Il mourut en 1010
après un épiscopat rempli de bonnes oeuvres. (V. THIETMAR,
l. IV, n° 22 et 23 ; MABILLON, Acta Sanct., t.
VI, p. 78, et Annal. Bened., I. L, n° 45.)
Le chanoine-coste de la cathédrale,
appelé Nitard, fonda à Liège une église en l'honneur de saint Denis
et la dota pour un chapitre de vingt chanoines. Peu de temps après, la
dotation fut augmentée et le nombre des chanoines fut porté à trente.
(ANSELME n° 27.) Tous ces canonicats furent
à la collation de l'évéque.
Notger lui mëme fonda l'église de
Saint-Jean l'Évangéliste dans l'île à Liège qui, à cette époque, se
trouvait hors de la ville. Il la dota assez richement pour y établir un
chapitre de trente chanoines. L'empereur Otton III contribua aussi à la
dotation ; à la demande de Gerbert, il y destina les revenus qu'il percevait
à Marsna, à Caselli et à Hittinchusen près de Heriwarde. Son diplôme, daté
d'Aix, est du 9 avril 997. (V. ANSELME, n° 27 ;
CHAPEAVILLE, t. I, p. 210.) (15).
Ce fut encore Notger qui fonda et dota
l'église de Sainte-Croix, à Liège, pour un chapitre de quinze
chanoines. Anselme nous donne l'histoire de cette fondation : un seigneur
voyant qu'il y avait sur un point culminant de la ville une place déserte,
la demanda au prince-évêque pour y bâtir un château fort, qui servirait,
disait-il, à la défense de la ville et de ses habitants. Notger qui
craignait avec raison qu'un tel château ne servît un jour à opprimer les
habitants, donna à ce puissant seigneur, non une autorisation, mais des
paroles de politesse ; il le congédia en remettant la décision à un jour
déterminé. Entre-temps, il ordonna à Robert, prévôt de la cathédrale, de
commencer de suite la construction d'une église dans cet endroit. L'ordre
fut exécuté. Le seigneur, dès qu'il vit ces travaux de construction assez
avancés, se rendit près du prince-évêque et lui reprocha d'être infidèle à
sa promesse. Notger lui répondit que le prévôt avait jugé cette place très
propre à une église et qu'il n'y avait plus lieu de la donner pour y
construire un château fort. Le seigneur mécontent dut se résigner à cette
décision. (V. ANSELNE, n° 26.) (16).
La translation des reliques des saints
qui reposaient à Wintershoven, eut lieu sous l'épiscopat de Notger,
au mois de mars 980. Ces saints étaient Landoaldus, Amantius, Aldetrudis,
Vinciana, Landrada, Adrianus et Julianus. Ils y jouissaient depuis longtemps
d'un culte public. Wintershoven appartenait à cette époque à l'abbaye de
Saint-Bavon à Gand qui l'avait donné successivement en fief à Tietbold, à
Adelgang, à Aper, à Wandoldus, à Lambertus et à Lantzon, mais seulement à
vie et non à perpétuité. Lantzon qui prévoyait que ses fils ne lui
succéderaient point dans le fief, désirait au moins avoir une parcelle des
reliques de chacun des sept saints. Avec l'autorisation de l'évêque, il en
prit sept parcelles, mais il lui fut impossible de les porter hors de
l'église de Wintershoven ; une force invisible l'en empêchait. Lantzon se
mit à prier et à jeûner et renouvela l'essai pendant sept jours, mais
inutilement. Il donna alors la neuvième partie des produits de ses terres à
l'église de Wintershoven et il dota l'église de Subenmenha dans laquelle il
voulait placer ces parcelles de reliques. Dès lors, il réussit à porter ces
reliques hors de l'église de Wintershoven. Subenmenha qui était une
propriété de Lantzon, n'est peut-être autre que le village de Nederheim que
l'auteur du récit a rendu en latin par le mot Sub-enmenha. Après la mort de
Lantzon, les religieux de Saint-Bavon désiraient transférer les reliques de
Wintershoven dans leur abbaye. Après en avoir reçu l'autorisation de
l'évêque et de l'archevêque, ils en firent la translation, le 25 mars 980.
Notger raconte les miracles qui s'opérèrent à cette occasion, dans son écrit
Vita S. Landoaldi.
Il y avait à Geldina en Ardenne une
église dédiée à saint Gangulfe. Le prêtre qui la desservait, ayant eu des
démêlés avec Godefroid de Grisomonte, seigneur du village, enleva les
reliques du saint et les porta à Florennes où il les déposa dans l'église de
Saint-Mathieu. Elles y furent l'objet d'une si grande vénération et y
attirèrent un si grand nombre de pèlerins qu'Arnulfe, seigneur de
Florennes, bâtit une église en l'honneur de saint Gangulfe et la dota
pour plusieurs clercs. L'évêque Notger consacra l'église et approuva sa
dotation. Gérard, fils d'Arnulphe, acheva l'œuvre laissée imparfaite par son
père. La collation des bénéfices appartenait à l'abbé de Saint-Jean. (V.
GONZO, Acta Sanct., MAR, t. II, p. 648
et BALDERIC, t. III, n° 18.)
Il est. très probable que, dans l'église
paroissiale de Looz, un chapitre de chanoines fut fondé, déjà sous
l'épiscopat de Notger. Les fondateurs ne furent autres que les comtes de
Looz. Herman, archidiacre et chanoine de Liège, frère du comte de Looz,
agrandit l'église et la dédia aux apôtres saint Pierre et saint Paul ; il y
fonda, en 1047, sept nouveaux canonicats. Il fut enterré au milieu du chœur.
Sa pierre sépulcrale y resta jusqu'en 1724, année où un nouveau parquet fut
mis au chœur. La collation des canonicats appartenait an comte de Looz.
Le chapitre de Saint-Gorgon à Hougarde
fut fondé, dit-on, sous l'épiscopat de saint Lambert, vers l'an 698 ou
699, par la célèbre Alpaïs, concubine de Pepin de Herstal. Il est plus
probable que la fondation de ce chapitre ne remonte qu'à l'épiscopat de
Notger et qu'elle a été faite par une riche dame appelée Alpaïs, laquelle
fit aussi quelques donations à l'église de Saint-Paul, à Liège. Elle donna à
cette dernière église des biens situés à Jodoigne et à Tourinne près de
Beauvechain. Quelques historiens racontent qu'elle fut l'épouse d'un
seigneur Godefroid duquel descendent les seigneurs de Florennes, savoir,
Arnulfe qui fonda l'église collégiale de Saint-Gangulfe et les trois fils de
celui-ci Godefroid, Arnoul et Gérard qui fondèrent à Florennes l'abbaye
bénédictine de Saint-Jean. Le chanoine écolâtre de la cathédrale de Cologne
était prévôt de l'église de Hougarde et le collateur des prébendes. (V.
BALDERIC, l. III, n° 18 ; GONZO, l. II.) (17).
Dans la ville de Namur, il y eut
de bonne heure deux églises, celle de Notre-Dame et celle de Saint-Pierre au
château, mais on ignore à quelle époque des chapitres de chanoines y ont été
fondés, peut-être déjà au XIe siècle.
Dans la ville d'Aix-la-Chapelle existait de date
ancienne l'église de Notre-Dame que Charlemagne reconstruisit et dota pour
un nombreux clergé. Ce clergé fut bientôt constitué en chapitre de
chanoines. La population d'Aix ne cessa d'augmenter au point que de
nouvelles églises devinrent nécessaires. L'empereur Otton III fit commencer
les travaux d'une nouvelle église qu'il se proposait de dédier à saint Adalbert qui venait d'être martyrisé en Prusse (997). Son successeur,
Henri II, acheva l'édifice et le dota pour un chapitre de chanoines et pour
un curé (vers 1005). (V. Quix et Lacomblet.)
Gilles d'Orval raconte que saint Odilon, abbé de Clugny
(994-1049), et ses successeurs ont reçu plusieurs églises au diocèse de
Liège, dont ils ont fait des prieurés en y plaçant quelques religieux. Ces
prieurés étaient Saint-Séverin en Condroz, donné plus tard aux
jésuites de Liège, Bertrée sur la Mehagne, possédé plus tard par
l'abbaye de Saint-Gérard, Saint-Étienne à Namèche sur la Meuse,
Saint-Victor à Huy plus tard une abbaye de religieuses, Saint-Pierre
à Aywaille, donné plus tard aux jésuites de Luxembourg.
La fondation de ces prieurés ne remonte pas aussi haut.
Ce fut en 1091 que Gilbert, comte de Clermont près de Huy, son frère Heriman
et son épouse Lutgarde donnèrent à l'abbaye de Clugny la moitié de l'église
de Saint-Symphorien et des biens aux alentours. (V. FISEN,
p. 227.)
Après la mort d'Albert, comte de Moha (24
août 1098), sa veuve Ermesinde donna l'église de Saint-Jean près de Huy à
l'abbaye de Clugny pour y établir un prieuré de religieuses. Ce prieuré y
fut établi et porta le nom de Saint-Victor (1134-1145).
Regina, fille de Conon, comte de Montaigu
sous Marcourt, après la mort de son mari, se consacra à Dieu dans le couvent
de Martigny en France qui appartenait à la congrégation de Clugny. En 1088,
elle donna à ce couvent son domaine qui comprenait deux seigneuries,
Aywaille et Rachamps. L'abbé de Clugny établit à Aywaille un prieuré
de bénédictins auxquels il confia l'administration des biens donnés par la
veuve Regina à son couvent de Martigny. (V. FISEN, p.
227.)
Saint Odilon, abbé de Clugny, institua
pour toutes les abbayes de sa congrégation la fête des âmes du Purgatoire et
la fixa au lendemain de la fête de tous les saints. Les uns reportent
l'institution de cette fête à l'année 998, et les autres la placent après
l'année 1024, (18). Elle fut célébrée d'abord dans les abbayes bénédictines
de notre diocèse et puis adoptée par l'évêque et étendue à toutes les
églises. Saint Pierre Damien, dans la vie de saint Odilon, raconte les faits
qui ont donné lieu à l'institution de cette fête : un religieux de Clugny,
revenant de Jérusalem, fut jeté par la tempête dans une île voisine de la
Sicile, habitée par un reclus. Il resta quelques jours près de ce solitaire.
Cet homme de Dieu lui raconta que dans le voisinage, il y avait de profondes
cavernes qui vomissaient des flammes et dans lesquelles les âmes enduraient
d'horribles souffrances. Des milliers de démons s'acharnaient à les faire
souffrir. Le reclus avait souvent entendu les démons se plaindre de ce que
les vivants par leurs aumônes et leurs prières arrachaient ces âmes de leurs
mains pour les envoyer au ciel. Les démons se plaignaient surtout des
religieux de Clugny qui priaient beaucoup pour les âmes du purgatoire. Le
religieux pèlerin, de retour dans son monastère de Clugny, rapporta le récit
du reclus à saint Odilon. Aussitôt le saint abbé ordonna que, dans tous les
monastères de l'ordre, on célébrerait la mémoire des défunts, le 2 novembre,
par le chant des psaumes, par des aumônes et par le saint sacrifice de la
Messe. (V. Opera P. Damiani, t. I, p. 936, dans la Patrologie,
t. CXXXXIV.)
Pendant les fléaux publics qui désolèrent
la principauté, Notger se montra d'une grande charité envers les malheureux.
Le printemps de l'année 988 fut marqué par de grandes inondations et l'été
par une grande sécheresse qui ruina la récolte. L'année suivante, il y eut
de nouveau une grande sécheresse qui fit périr les grains sur pied, et
pendant l'automne il y eut des pluies continuelles qui rendirent les
semailles impossibles, de sorte qu'une grande famine désola les populations.
En l'année 1006, la famine et, la mortalité furent si grandes que les
vivants suffisaient à peine pour enterrer les morts. (V.
SIGEBERT, p. 196 et suiv.) |
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VIII. |
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Mort de Notger. |
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Notger partagea les
biens de son église en trois parts égales; une pour lui et ses successeurs,
une pour les églises et monastères et une pour les laïques qui défendraient
le diocèse et la principauté par les armes. Il mourut le 10 avril 1008 et
fut enterré dans l'église de Saint-Jean l'Évangéliste où il avait choisi sa
sépulture, à savoir, dans l'oratoire de Saint-Hilaire, à l'angle de la
crypte inférieure. Les annales de Hildesheim mentionnent sa mort dans les
termes suivants : Nohtgerus prepositus monasterii beati Galli,
Leodicensis presul, ad Christum migravit. Ses restes mortels furent
levés de terre, le 27 avril 1634, et conservés provisoirement dans un coffre
en bois, parce que le chapitre se proposait de lui ériger un monument et de
solliciter du Saint-Siège la faculté de lui rendre un culte public. Comme
aucun culte public ne lui avait été rendu, il n'y avait pas lieu de
confirmer un culte préexistant, et nous doutons que des éléments aient été
réunis et que des instances aient été faites près du Saint-Siège pour
introduire la cause de sa béatification (19). Ses restes mortels sont encore
aujourd'hui dans un coffre en bois, déposé dans la sacristie. Ils ont été
examinés, au mois de juillet 1872, par le docteur Davreux, à l'occasion de
la demande faite par l'archevêque de Ratisbonne qui désirait avoir une
relique de Notger pour la Dame Latour-Taxis. Cette Dame pensait être de sa
famille. Le docteur Davreux retrouva tous ses ossements intacts.
Notger légua son
Évangéliaire à l'église de Saint-Jean. C'est un manuscrit de l'an 800 que
Notger avait fait relier lui-même avec une couverture en ivoire. Sur cet
ivoire est représenté Notger à genoux, tenant un livre ouvert et y lisant.
Sur le bord de la pièce d'ivoire, on lit l'inscription suivante : |
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En ego Notkerus, peccati pondere pressus,
Ad te flecto genu, qui terres omnia nutu. |
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Ce manuscrit est
aujourd'hui la propriété de la bibliothèque de l'université de Liège.
Gilles d'Orval a eu
sous les yeux un poème panégyrique sur Notger dont il donne les fragments
suivants : |
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Legia ditatur per me, Caprimons
spoliatur.
Hic ruit, hoec surgit ; manet hoec, nec ille resurgit.
Legia lege ligans cum praelatis sibi leges,
Notgerum Christo, Notgero coetera debes.
Vulgari plebem, clerum sermone latino
Erudit et satiat, magna dulcedine verbi.
Lac teneris proebens, solidamque valentibus escam ;
Sponte cadunt haereses sub forte milite Christi,
Fraus et ficta fides, tumor et commenta fugantur
Et deprensa tremunt, tamquam sub judice morum.
Nusquam sic colitur totis affectibus hospes
In laribus putat esse suis qui venerat exul
Pauperibus victus, nudis non desit amictus.
Nam sumus experti, quicumque fuit violator
Ecclesiae, postquam hunc feriens, anathemate vinxit,
Corpore et exclusit sacro vel Sanguine Christi,
Ivit in exilium, resipiscere ni properasset,
Si rabie caruit, sed non prurigine turpi
Et reliqua scabie, quam postea nemo piaret
Aut fregit collum, vel amatos perdidit artus;
Talis erat reprobis, tam formidabilis omni
Perjuro, predoni, furi, non perfidus ausus
In faciem venisse suam. |
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(1) Ce récit de Fisen touchant le séjour de Notger à
Stavelot est vivement combattu par le bollandiste Victor de Buck, au t. XII,
p. 723, du mois d'octobre.

(2) Hoyum, Fosses, Lobies, Tungres, Maslines et super
coetera lova, cum omnibus rebus et hominibus ad ea pertinentibus ut, omni
publica potestate exclusa, in manu episcopi singulariter consistant. Nos
itaque..... praecipimus, ut nullus comes, nullus judex, nisi cui episcopus
commiserit, audeat potestatem exercere super ea loca, neque placitum habere,
aut freda, aut tributa, aut bannos, aut telonia, aut reditus de statione
navium exigere. (V. CHAPEAVILLE, t. I, p. 209.) Cette charte est de 980 et
non pas de 981, car, en cette dernière année , l'empereur se trouvait en
Italie. 
(3) Cette Béatrix était fille de Hugues le Grand et
d'Hedwige, fille d'Otton Ier. Elle épousa Frédéric, duc de la Haute-Lorraine,
et eut de lui deux fils : Thierry qui succéda à son père dans le duché, et
Adalberon qui devint évêque de Metz, le 16 octobre 984.

(4) V. HUGUES DE FLAVIGNY, l. 1, p. 195.

(5) Godefroid avait servi, en 978, dans l'armée
d'Otton II, son suzerain, dans son expédition en France, et lui avait rendu
de grands services. Verdun, en effet, avec les deux Lorraines, faisait
partie de l'empire d'Allemagne. Godefroid eut de son épouse Mathilde cinq
fils Godefroid, Herman, Gothelon, Frédéric et Adalberon, évêque de Verdun.
Frédéric, qui devint comte de Verdun, donna ce comté à l'église de Verdun,
en 998, et se fit religieux dans l'abbaye de Saint-Vannes, à Verdun.

(6) Quâ fiduciâ, quâve cautela, colloquia Ottonis et
Heriberti expetenda vobis sint, providete, ne forte propter praesentem
obsidionem Caprimontis, nova in vos novis dolis undecumque comparentur
consilia. Mementote sortis Guifridi et Virdunensis episcopi, ob pervasionem
castri Luciliburgi. Ce Guifridus est Godefroid de Verdun détenu prisonnier.
(V. Epist. 102. Patrol., t. CXXXIX, p. 228.)

(7) Vers la fin du Xe siècle Godefroid céda son comté
de Verdun à son fils Frédéric, qui, après un pèlerinage fait à Jérusalem en
997, donna le comté à l'église de Verdun et se fit religieux à Saint-Vannes.
Godefroid se retira dans sa terre d'Eenham, où il mourut vers 1004, laissant
cinq fils: Godefroid II duc de la Basse-Lorraine, Gothelon duc après lui,
Frédéric comte de Verdun, Herman comte de Dasbourg, Adalberon évêque de
Verdun. 
(8) Ut nullus comes vel sub comite agens vel judex aut
ex judiciaria potestate, exceptis iis qui ab episcopo suffecti fuerint, in
loca supra dicta residere audeat vel ad causas audiendas aut freda aut
tributa, aut bannos, aut telonia aut reditum de statione navium, aut aliquid
omnino districtum exigendum, aut mansiones vel paratas faciendas, aut
fidejussores tollendos, aut ullas redibitiones aut illicitas occasiones
inquirendas.

(9) V. Patrol., t. CXXXIX,
p. 962 ; DACHERY, t. II, p. 743.
(10) Otton IIi qui était alors âgé
de douze ans, dit de l'abbé Heribert : qui jam multo tempore doctor meus et
capellanus mihi carissimus exstiterat.
(11) Eo rationis modo ut nullus comes vel sub comite agens, nullus
advocatus vel quaelibet soecularis persona ad causas audiendas vel ad aliqua
districtionis negocia exercenda, ipsam abbatiam et ei subdita loca intrare
et inquietare praesumat. (V. CHAPEAVILLE, t. I, p. 211.)
Gilles d'Orval donne les limites du comté de Brunengerunz, sans
doute, d'après un document écrit qu'il avait sous les yeux. (V.
CHAPEAVILLE, t. I, p. 44 ; MOELART, dans le Bul. de la Com.
roy. d'Hist., s. II, t. X, p. 165 ; Notices, t. IX, p. 52)

(12) On lit dans les Annales de Quedlirnbourg
que l'abbesse Mathilde mourut le 7 février 999 et l'impératrice
Adelheid le 17 décembre suivant, pendant que l'empereur Otton III
était en Italie et qu'on lui envoya deux fois des députés pour lui annoncer
ces tristes nouvelles. (V. Patrol., t. CXXXXI, p. 534.)

(13) Dans ce synode de Dortmund, on régla aussi certaines affaires
ecclésiastiques qui offrent un intérêt disciplinaire. On voit que le livre
qu'on appelle aujourd'hui le Bréviaire, ne comprenait que les psaumes de
David et qu'à certaines vigiles on jeûnait au pain, à l'eau et au sel...
In obitu cujusque praenominatorum episcoporum , singuli infra 30
dies, nisi infirmitas impedierit, missam pro defuncto celebrent et
unusquisque presbyter in monasterio similiter faciat. Presbyteri vero
forenses tres missas peragant ; diaconi et coeteri inferioris ordinis
psalteria 10. Rex et regina infra triginta dies 1500 denarios pro animae
redemptione erogent et totidem pauperes pascant. Episcopi singuli 300
pauperes pascant et 30 denarios expendant et 30 lumina accendant. Dux autem
Bernhardus 500 pauperes pascat et 15 solidos expendat Vigiliam S. Johannis
Baptistoe et apostolorum Petri et Pauli et vigiliam S. Laurentii et Omnium
Sanctorum, in pane, sale et aqua decernimus jejunare ; vigiliam Assumptionis
Beatae Mariae et omnes vigilias aliorum apostolorum sicut in Quadragesima ;
quatuor tempora, sicut in Quadragesima, excepta feria sexta ante Natalem
Domini quam in pane, sale et aqua decernimus jejunare. (V. THIETMAR, l. VI,
n° 13.)
Dans cette réunion de Dortmund, le roi donna deux diplômes en
faveur de l'église de Saint-Adalbert à Aix.

(14) Ou Strandberg, ou Sint Gertruydenberg, ou Mont-Sainte-Gertrude.

(15) Le texte que donne Chapeaville est incomplet et fautif. Gerbert
n'était pas encore pape à la date du 9 avril 997. -- Marsna est Meersen ;
Caselli probablement Kessenich.

(16) Gilles d'Orval et
Jean d'Outremeuse ont ajouté une foule de circonstances à
ce récit d'Anselme.
(17) Godefroid, époux d'Alpaïs, est-il le même que Godefroid qui fut
nommé comte de Mons en 973, par Otton II ? Il paraît que non. Ce dernier
était comte de Verdun et avait épousé Mathilde fille de Herman Billing, duc
de Saxe. 
(18) Dans le décret, sans date, de saint Odilon, on trouve recommandée
aux prières l'âme de l'empereur Henri, mort en 1024. (V.
MABILLON,t. VI, p. 585.)

(19) Bull. de l'Institut archéol.
Liég. t. II, p.247.
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