L'église de Huy et celle
de Liège.
La ville de Huy qui
avait été brûlée par le comte de Flandre en 1053, se releva bientôt de ses ruines.
L'église de Notre-Dame fut reconstruite, avec le généreux concours des paroissiens, et
fut consacrée, le 24 août 1066, par Libert, évêque de Cambrai, et Théoduin, évêque
de Liège. Les reliques de saint Domitien y furent solennellement replacées, car, depuis
1053, elles avaient été conservées dans une chapelle consacrée par saint Materne.
L'évêque dota richement la nouvelle église et lui donna, entre autres biens, l'église
de Hoesselt, celle de Fronville, la chapelle de Saint-Pierre-en-Mont, l'église de
Riempst, celle de Lustin et celle d'Alken, dont le chapitre de Huy pouvait, dès lors,
nommer les curés et percevoir les revenus curiaux. Il l'exempta du pouvoir archidiaconal
qu'i1 donna au doyen du chapitre.
Pour récompenser les habitants du généreux concours prêté à la reconstruction de
l'église, il leur accorda des privilèges en matière d'impôts, de service militaire et
de justice. Gilles d'Orval qui avait la charte des privilèges sous les yeux, n'en donne
que les fragments suivants : les bourgeois de Huy, à la mort de l'évêque, garderont le
château fort de leur ville et en couvriront les frais par les revenus de la ville; si un
prince de Liège enfreint les privilèges de la ville, les habitants pourront invoquer
l'assistance du duc de Lorraine et celle des autres barons. Brustem ajoute encore le
privilège suivant : les bourgeois de Huy ne seront obligés de suivre le prince à la
guerre que huit jours après que ceux de Liège sont eux-mêmes entrés en campagne.
Brustem ajoute que les autres articles concernent les serfs , les créanciers, les
débiteurs, et les serments à prêter devant la cour de justice. Il est à conjecturer
que les privilèges contenus dans la charte de 1175 pour Brustem et dans celle de 1208
pour Liège ne sont qu'une reproduction de ceux de Huy. Les chartes données à l'occasion
de la consécration de l'église de Huy attestent la présence des seigneurs suivants :
Godefroid 111, duc de la Basse-Lorraine, Albert, comte de Namur, Henri, comte de
Luxembourg, Conon, comte du Montaigu, Walter, avoué de la ville, Godeschalck, de Ciney,
Godefroid et Arnulphe, de Florennes, Godefroid, de Floreffe et son frère Chrétien,
Herman, de Heis, Etienne, de Fals. (V. CHAPEAVILLE, t. Il, p. 4, Cart. de Huy;
REINIER, Vita Reginaldi, n° 9; Gesta abb. S. Laur., n° 15.)
Le prince qui ne cessait de soigner les intérêts de sa principauté,
profita de la présence de Henri IV, à Aix, pour prier ce roi de confirmer les
possessions de son église. Henri le fit par un diplôme du 25 juillet 1070, daté d'Aix.
Par ce diplôme, il confirme les donations faites par ses prédécesseurs, entre autres,
les abbayes de Lobbes, de Saint-Hubert, de Saint-Gérard, de Gembloux, de Fosses et de
Malonne, Namur, Dinant, Ciney, Eycke, Tongres, Huy, Maestricht, Malinne, Florenne,
Incourt, Xhendremaël, Visé, Theux, Hunborc, Herwarde, Pannarde, Berchez, Bocheim,
Madière, Turmines; il confirme, en un mot, les abbayes, 1es comtés, les forêts, les
domaines, les tonlieux, les droits de monnaies que l'église de Liège possède et
spécialement le château d'Argenteau, donné par son père Henri. Il autorise le
prince-évêque à reconstruire le fort de la ville de Dinant, où il lui accorde les
droits de monnaie, de tonlieu et de foires ou marchés; il y ajoute le comté de Lustin;
il termine en défendant à tout comte d'exercer dans ces endroits un pouvoir judiciaire
ou coercitif et il se sert, à cet effet, des termes des diplômes de 844, 874, 980 et
985.
(V. CHAPEAVILLE, t. Il, p. 13.) |