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Le Perron




 

 

 Table textes et illustrations

Henri II de Leez

1252


 

Le Perron, au centre de la place du marché, symbole des libertés liégeoises, dont la plus ancienne représentation connue figure sur une monnaie du prince-évêque Henri de Leez (1145-1164), a fait l'objet de nombreuses hypothèses sur son origine.
L'usage de proclamer les actes de l'autorité judiciaire au Perron de la Cité, est signalé dans la Lettre du Commun profit du 7 janvier 1252 .
Théodore Gobert et Godefroid Kurth semblent avoir examiné les diverses hypothèses émises quant à l'origine de ce monument tout en argumentant la leur.


   

Selon Théodore Gobert

Selon Godefroid Kurth

   

Selon Théodore Gobert, Liège à travers les âges : les rues de Liège. Editions Culture et Civilisation, T.I., pp. 341 et suiv.  :

Perron

I - LE PERRON LIEGEOIS

   Durant la longue existence de la principauté liégeoise, le Perron a été adopté comme le palladium de notre nationalité. Présentement encore, il continue à dominer glorieusement au centre de la place du Marché (1). Il forme la pièce unique du sceau de la ville, le meuble unique aussi de ses armoiries.

   Comment s'étonner, dès lors, que l'interprétation de ce symbole patriotique ait excité, de notre temps surtout, la verve de nombreux érudits (2), et qu'il ne soit nullement aisé d'animer, par de nouveaux éléments, le feu de cette intéressante discussion ?

   On connaît la représentation ordinaire moderne du Perron liégeois : colonne cylindrique se dressant sur plusieurs marches quadrilatères que supportent quatre lions, et accostée des lettres L-G; au-dessus de la colonne, chapiteau où se tient un groupe.de trois génies soutenant une pomme de pin sommée d'une croix pattée.

Origine et symbolique

  
Les opinions se sont faites des plus variées quant à l'origine de cet emblème. Pour Ferd. Henaux, "elle se perd dans les temps héroïques". N'y voit-il pas "un monument consacré au Soleil" qu'il affirme avoir été "le Dieu suprême de la nation hesbignonne", se basant surtout sur ce que "la couronne radiale et les lions sont les attributs du soleil" ? Henaux reconnaît aussi dans le Perron un "phallus druidique", à cause du faisceau de verges formé dans la colonne â Liége (3). Selon Charles Piot, au contraire, suivi par d'autres, le Perron aurait bien été, dans son essence première, une pierre de justice germanique. Perreau de Tongres opinie, lui, que cet insigne a pris naissance chez les anciens Tongrois; il se montre même d'avis que ce pourrait être le simulacre du dieu Tonnerre des Slaves. Ecrivant longtemps après les auteurs ci-dessus, Goblet d'Alviella s'est complu, de son côté, à voir, dans le Perron, une représentation d'une divinité germanique, auquelle des modifications auraient été apportées à des époques différentes. Le professeur d'histoire des religions à l'Université de Bruxelles en est donc revenu, en somme, à la théorie de Henaux.

   La raison principale qui porte ces deux derniers à attribuer au Perron une existence aussi éloignée, c'est que, suivant eux, la croix n'est qu'une ajoute due à l'influence du christianisme. Ils n'apportent, il est vrai, aucun témoignage en faveur de cette thèse, ou plutôt Goblet invoque à son appui de simples vignettes du Perron publiées au XVIIIe siècle dans le Recueil héraldique des Bourgmestres de Liège, ouvrage peu scientifique et nullement à l'abri de la critique historique, surtout quant à ses illustrations.

   Revenant ultérieurement sur son sujet favori, Goblet d'Alviella distingue dans le Perron liégeois six éléments : la base, la colonne d'origine germanique et païenne; la pomme de pin qu'il attribue à l'influence gallo-romaine; la croix, les lions et la couronne qu'il fait remonter à la féodalité; enfin le groupe des trois Grâces, qu'il sait avoir été introduit au XVIIe siècle. L'ensemble, d'après lui, forme un symbole du pouvoir judiciaire.

   Presque tous les autres auteurs sont d'accord pour dire que le Perron est originairement une croix.
 
   C'est parce qu'il avait cette persuasion que, au XVIIe siècle, Pontus Heuterus déclarait, erronément d'ailleurs, que le Perron était le symbole de la juridiction épiscopale (4).

   Vanderkindere convient, en se fondant sur deux mémoires du professeur Richard Schröder, "que la croix doit être considérée comme l'élément essentiel du Perron". Seulement, il nie "que sa signification primitive soit religieuse. C'est, au contraire", ajoute-t-il, "essentiellement un emblème du pouvoir civil". Les passages de chartes qu'il invoque pour confirmer le bien-fondé de sa doctrine signalent une série de croix qu'on dressait au moyen âge à l'occasion des marchés. Quel en était le but ? Vanderkindere le déclare : c'était afin d'indiquer "de façon visible la paix publique qui devait, pendant la durée des opérations commerciales, être respectée." De son côté, le numismate Léon Naveau repousse l'objection selon laquelle les premiers évêques de Liège n'auraient pas choisi ce symbole pour leur capitale, mais ont été forcés de tolérer l'existence d'un emblème populaire de l'époque précédente : "C'est impossible", réplique-t-il, "puisqu'ils l'ont mis sur leurs monnaies. Or chacun sait, malgré les assertions de Henaux, que rien ne fut jamais, à Liège, plus exclusivement soumis au seul pouvoir épiscopal que la monnaie" (5), un de ses droits régaux.

   Le fait se trouve, au surplus, nettement établi maintenant par les spécialistes les plus compétents : "Qui dit Perron, dit croix", a proclamé notre numismate le plus distingué, le baron J. de Chestret. "C'est ainsi", ajoute-t-il, "que les armes parlantes de la ville de Péronne ne sont autre chose qu'une croix élevée sur trois degrés." Cet auteur est même convaincu que "la croix haussée des monnaies mérovingiennes dont on peut suivre les transformations sur les "saigas" qui précédèrent immédiatement le règne des Carolingiens, est le prototype du Perron".

   Semblable opinion avait été émise antérieurement par J. Demarteau. Ce dernier s'est demandé à ce sujet, non sans motif, si les rois mérovingiens, Clovis entre autres, n'avaient point simplement copié, suivant leur pratique constante, les souverains du Bas-Empire, Justin notamment ou Tibère Constantin.

La tradition.

   
Ainsi s'explique qu'une vieille tradition reporte l'institution du Perron du pays de Liège à cette nuit d'hiver où l'évêque Lambert, expulsé de son siège épiscopal et réfugié à Stavelot, alla, conformément à un ordre de l'abbé du monastère, prier de longues heures, tout couvert de neige, aux pieds d'une croix élevée dans le jardin de ce couvent. Déjà dans le tableau où notre vieux peintre Bertholet Flémalle a représenté cette scène, la croix figure sous la forme de l'antique Perron liégeois, style du XVIe siècle : croix haussée sur une colonne à fût cannelé.

   Quoi qu'il en soit, cette forme rappelle parfaitement la plus ancienne représentation connue de ce Perron en notre région, la représentation trouvée sur une monnaie de l'évêque Henri de Leyen (1145-1165). La croix y repose aussi sur une colonne ouvragée et supportée par trois montoirs. Aux côtés de cette croix apparaît la légende "Signum Salutis" (signe du salut), preuve péremptoire de la signification religieuse qu'on lui attachait dès lors. Notons ici que, dans son dernier mémoire sur le perron, Goblet d'Alviella reconnaît la présence de la croix au perron de Liége, avant le règne de Henri de Leyen (6).

   Désignait-on à ce moment cet emblème sous le nom Perron ? L'affirmative est évidente. En effet, dans des monnaies de ce XIIe siècle, de la frappe de Rodolphe de Zaeringen (1167-1191) et de Simon de Limbourg (1192-1195), et où domine la même croix haussée, celle-ci est accotée d'une inscription explicative ainsi conçue : "Peru Voc(or)" "je m'appelle Perron". A cette époque, Perron était devenu chez nous synonyme de croix et il en fut de la sorte plusieurs centaines d'années après.

   Toujours la croix fut la pièce capitale du Perron, même après la révolution de 1789, elle ornait encore les insignes que s'étaient confectionnés les chefs; elle ne disparaîtra, momentanément, que pendant la période la plus tourmentée de la République (7).

   On a établi la preuve que le Perron ne constituait pas un attribut exclusif de la principauté (8). A la fin du XIVe siècle encore, certaines abbayes, ou des collégiales ayant droit de juridiction temporelle, plaçaient au milieu de leurs préaux de semblables croix. Ces croix étaient, selon Jean d'Outremeuse, faites "al manire d'on perron" (9).

   Effectivement, lorsque, en 1299, Hugues de Châlons, évêque de Liége, érigea en collégiale l' église de Sittard, une colonne de pierre surmontée d'une croix devait être au centre du préau des cloîtres comme symbole des églises collégiales "selon la coutume", porte la charte signalant l'incident (10). Et il en était de même à Namur.

Controverse

  
Est-il nécessaire, après ce que nous venons de dire, de s'arrêter aux observations qu'ont suscitées les divers autres attributs du Perron, tel qu'il est figuré de nos jours ? Pouvait-on prendre au sérieux, par exemple, cette assertion de Ferdinand Henaux, que les lettres L-G, cantonnant la colonne "sont les initiales des mots Libertas Gentis (11), alors qu'il ne peut invoquer le moindre texte à l'appui de son dire ? Au XVIIe siecle, Foullon entrevoyait la vérité en notant la croyance que ces lettres "signifient Légia ou Liége (12). Il suffit, en réalité, d'y reconnaître une abréviation, les radicales des deux syllabes composant le nom de la cité. Ainsi à Saint-Trond, le Perron est-il accoté des lettres S-T. Aussi bien, sur les vignettes des plus anciennes publications liégeoises, du XVIe siècle, le mot Lie-Ge, partagé, apparaît souvent aux côtés du vieil emblème national. Le même mot Ly-Ge est retrouvé, coupé par le Perron, sur une cheminée de l'ex-monastère Saint-Laurent, confectionnée dans le premier quart du XVIe siècle (13). Il s'agissait donc tout simplement de distinguer le Perron de Liége, de celui d'autres localités.

   La coutume d'accoter le Perron d'initiales n'a point, au surplus, précédé de beaucoup ce XVIe siècle. Les lions sur lesquels repose d'ordinaire le monument symbolique et en lesquels Henaux découvrait un souvenir du temps des Druides et même plus ancien encore, ne sont point non plus d'introduction reculée, comme en témoignent les vieilles représentations du monument (14). Ils ne sont nullement, en l'occurrence, contemporains de la féodalité, quoi qu'en pense Goblet d'Alviella.

   Quant aux "paillards des deux sexes" qui supportaient la pomme de pin et qui sont remplacés depuis le XVIIe siècle par trois Grâces, ils ont vu le jour à la fin du moyen âge. Ils ne figurent sur aucune des monnaies antérieures au XVIe siècle, pas plus que les faisceaux de verges qui avaient été ajoutés au Perron du   Marché en 1433, au dire d'Abry (15).

   Que l'érudit Goblet d'Alviella considère, en la pomme de pin, une introduction produite sous l'influence de l'art gréco-romain, que Michelet, suivi par plusieurs de nos historiens, en motive la présence comme symbole de l'association (16), qu'importe ? Cette pièce également ne fait point partie intégrante du Perron. Primitivement et jusqu'au premier quart du XIIIe siècle, la croix reposait immédiatement soit sur le sommet en encorbellement de la colonne, soit sur une simple boule. Sous l'évêque Jean d'Aps (1229-1238) seulement, on la fait sortir d'une espèce de grappe écaillée, prototype de la pomme de pin. Celle-ci était une pièce si peu essentielle du Perron que, au XVIe siècle encore, Emest de Bavière l'en avait bannie. Elle n'a pris place d'une façon définitive en dessous de la croix qu'à partir du XVIIe siècle.

Fantaisie...

  
Que penser, dès lors, de la science héraldique et étymologique de ces rénovateurs des XVIe et XVIIe siècles, comme le jurisconsulte Rausin et le poète Polit, historiographe de ce même Ernest de Bavière, qui ont prétendu faire sortir le nom Perron de pin rond (17) ? On ne pourrait que rire aujourd'hui de celui qui voudrait nier que Perron vient d'un type petronem, tiré du latin petra "pierre" (18). Au XVe siècle encore, on employait communément, en France comme dans notre pays, le terme perron pour désigner une pierre quelconque (19). Mais au XIe siècle, le même mot, orthographié perron, est, dans la Chanson de Roland, appliqué à ce que, aujourd'hui, nous continuons d'appeler perron : séries de montoirs en pierre, de formes diverses, aboutissant à une plate forme. C'est donc à tort que Ferdinand Henaux et d'autres auteurs veulent écrire péron au lieu de perron.

... et vérité historique

  
"Au moyen âge", dit Littré, "le perron est comme un signe de puissance, de juridiction; c'est là que se tiennent les suzerains pour recevoir leurs vassaux; les hôtels de ville avaient aussi des perrons d'où les prévôts rendaient la justice".

   Depuis des temps extrêmement reculés, Liége également eut un perron semblable. Ici, toutefois, dès le principe, la croix se dressa au-dessus de ces gradins de pierre. De très bonne heure, le nom du piédestal passa chez nous à la croix, qui était la pièce capitale. De la sorte, contrairement aux perrons étrangers, le nôtre formait le symbole permanent des libertés, des franchises et des privilèges dont jouissait le peuple liégeois. Voilà pourquoi celui-ci se montrait si fier du glorieux emblème.

   Kurth était doctoralement en droit de résumer en ces termes son opinion sur le Perron liégeois au moyen âge :

   "Primitivement, le Perron n'était autre qu'une croix de juridiction, et, comme, dans l'origine, la juridiction de Liège appartenait tout entière au Prince et à ses échevins, le Perron servit à la publication des volontés princières et des sentences scabinales (20). Le Cri du Perron était alors l'équivalent de ce que serait aujourd'hui l'insertion au journal officiel. Seulement, le Perron avait ce qui manque aux organes modernes de la publicité, un prestige d'antiquité et de poésie qui en faisait un objet sacré, une espèce de personnalité légale, à laquelle était attaché le droit de porter au peuple les oracles de la patrie. Toute proclamation criée ailleurs qu'au Perron était de nulle valeur et l'on sait qu'il fallut en 1255, une décision formelle du prince et des échevins, pour que ceux-ci pussent proclamer leur sentence à Vottem" ou, au reste, fut élevé un Perron (21).

Importance du Perron

    
Avec non moins de certitude, Kurth ajoutait qu'au fur et à mesure que l'autonomie urbaine venait se placer à côté de l'échevinage pour lui disputer la juridiction de la Cité, le Perron changea de signification. Sans cesser de servir d'organe au prince, et au corps scabinal, comme il l'avait fait jusque-là, il devint un organe de publicité réellement municipal et un symbole de la liberté communale (22). Tandis que le prince y promulguait les édits et ordonnances, que le Perron servait aux échevins pour faire connaître le cours légal des monnaies, le prix du pain, les décrets de bannissement, etc., que ce qu'on appelait très justement cris du perron leur servait aussi de moyen d'instruction, la Cité les employait pour proclamer les admissions à la bourgeoisie, les règlements de police, pour déterminer les ouvertures des foires et des marchés, etc., (23)

   Le Perron parût bien n'avoir point été utilisé dans les armoiries de la commune à Liège, avant le XIVe siècle (24). La Cité en fait d'armoiries ne portait que "de gueules sans entresengne", le rouge sans meuble héraldique, comme l'affirmaient Hemricourt, dans le Miroir des Nobles, et Jean d'Outremeuse, à plusieurs reprises (25). Le Perron n'interviendra comme emblème de la ville proprement dit qu'à la fin du XIVe siècle, quoiqu'au précédent il joue un rôle notable dans l'administration municipale et soit devenu le symbole des franchises de la commune. Au lendemain de la lutte âpre et sanglante de la Mâle Saint-Martin, l'an 1312, les chefs de la cité feront "crier au Perron" et, à partir de cette date, le "cri du Perron" ne cessera d'être l'écho retentissant des vibrations de l'âme collective du grand centre urbain liégeois (26).

  
A partir de ce moment aussi, le Perron restera un emblème particulièrement cher aux cœurs de tous les Liégeois, voire pour les moines qui, dans leur cellule obscure, le qualifieront de "noble perron" (27) et reconnaîtront en lui l'insigne couronnement des franchises de la Cité (28). Il sanctionnait, par sa présence, tous les actes principaux de la vie nationale (29). Comme nous l'établissons à propos du Perron de la place du Marché, il demeura en toutes les graves circonstances de la vie nationale, le symbole le plus fidèle des droits et des franchises des Liégeois. Aussitôt que Liège renaîtra de ses cendres après l'incendie général de 1468, le port du Perron sera le signe unique auquel on reconnaîtra les bons et loyaux Liégeois rentrant en leur ville natale (30).

Multiplication des perrons

   Dès le XIVe siècle si point auparavant, le Perron sera multiplié de façon monumentale sur nos places publiques, sur la place du Marché tout d'abord. Avant l'érection de la grande Boucherie, au quartier du Nord, il dominait sur cet emplacement. Pendant des siècles également, il occupa une position éminente sur la principale place du quartier de l'île (31) où, à la fin du XVIIe siècle seulement, il sera remplacé par la fontaine à la Vierge de Delcour.

   Les princes, en des temps différents, la Cité au XIVe siècle et ultérieurement encore, substituant sa propre autorité à celle du souverain (32), concédèrent à diverses bonnes villes et â d'autres localités (33), le droit d'installer un Perron sur leur place publique. Cette érection marquait, en général, pour ces localités, le droit de s'administrer elles-mêmes et la possession d'autres libertés. Aussi l'obtention d'un Perron était-elle, pour nos vieilles communes, un privilège très prisé que leurs habitants conservaient avec un soin jaloux. Beaucoup d'entre elles avaient cet emblème dès le XIVe siècle. La bonne ville de Huy jouissait du sien avant l'année 1235 (34)

   Le Perron de Liège avait naturellement précédé tous les autres. Il dominait le forum, au centre de la capitale liégeoise (35). On le connaissait sous le nom grand Perron. On pouvait le comparer au Roland des villes allemandes, comme au lion de Saint-Marc à Venise; le Perron constituait pour nos pères l'emblème essentiel de leurs libertés politiques.

   Il reste patent que jamais, sous l'ancien régime, le Perron liégeois ne reçut une figuration officielle stable, définitive. En dehors de la pièce principale, sa conformation et son ornementation étaient laissés à la libre initiative et au pur caprice des artistes : graveurs, sculpteurs, ou peintres. Tous profitaient grandement de cette faculté. Aussi le Perron a-t-il varié suivant les temps, sans doute, surtout selon les préférences ou la nationalité parfois de ceux qu'on chargeait de le figurer. Ces dessinateurs, trop souvent, n'avaient pas la moindre connaissance de l'art héraldique, aucune compétence en la matière. Répétons-le : la question de la composition du Perron, n'a jamais été officiellement soulevée sous la principauté, encore moins tranchée.


(1) V. Place du Marché. backtopp.gif (65 octets)

(2) A partir de l'année 1842, pour ne pas remonter plus haut. MM. l'abbé Louis, F. Henaux, Perreau, Piot, Jos Demarteau, E.-M.-O. Dognée, J.-E. Demartean, baron J.de Chestret de Haneffe, comte Goblet d'Alviella, Vanderkindere, Léon Naveau, F. Tihon, E. Polain et G. Kurth ont successivement écrit sur le Perron dans des publications diverses. Voir notarnment : RBN, 1842. - RL, 1846, 2e v - Revue belge contemporaine, 1848. - A travers l'Exposition de l'Art ancien au Pays de Liége, 1881, p. 9. - Liége, origines, histoire, etc., p. 24. -BARB, 3e série, années 1891 et 1913. - BIAL, tome XVIII, p.175; t. XXI, p. 445; - t. XXII, p. 435, t. XXXV; t. XL, p. 19; t. XLIV, p. 77. - La Cité de Liége au moyen âge, t. Il, p.142; Vie wallonne, 1921, p. 439. backtopp.gif (65 octets)

(3).Recherches historiques sur le péron de Liége, 1845, p. 7. - Charlemagne, 5e éd., p. 36. backtopp.gif (65 octets)

(4) Opera historica, Louvain 1649, t. Il, p. 58. backtopp.gif (65 octets)

(5) Le Perron liégeois, pp. 11 et 22 du tiré à part. backtopp.gif (65 octets)

(6) Les Perrons de la Wallonie, BARB, 1913, p. 404. - p. 44 du tiré à part. backtopp.gif (65 octets)

(7) C'est le 1er août 1795, sous l'inspiration de Nicolas Bassenge, note M. le baron deChestret, que "la municipalité liégeoise résolut de mutiler les armoiries de la cité, en leur enlevant la croix, qui était là, disait-on, fort absurdement plantée sur la pomme de pin". backtopp.gif (65 octets)

(8) Tihon, BIAL, t. XL, p. 24. backtopp.gif (65 octets)

(9) T. Il, p. 344. backtopp.gif (65 octets)

(10) Ernst, Hist du Limbourg, t VI, p. 43. backtopp.gif (65 octets)

(11) Essai sur l'Histoire monétaire du Pays de Liége, p. 28. -- Recherches sur le Perron, p.28. backtopp.gif (65 octets)

(12) Tome I, p. 130. backtopp.gif (65 octets)

(13) Cette cheminée est conservée au Musée archéologique liégeois. backtopp.gif (65 octets)

(14) Les lions sont mentionnés, l'une des première fois, dans la pièce de vers présentée, par Polit, l'an 1578, à Gérard de Groesbeck, lorsqu'il fut créé cardinal (Helbig; Fleur de vieux poètes liégeois, p. 29.) backtopp.gif (65 octets)

(15) RH, p. 188. backtopp.gif (65 octets)

(16) Histoire de France, éd. de Paris, t. VI, p. 141, et Origines du Droit français, t. Il, p. 63. backtopp.gif (65 octets)

(17) "Leodinae civitatis insignia, quae pinum rotundam vulgus nominat". (J. Polit : Reverendissimi ac serenissimi principis Ernesti, utriusque Bavariae ducis, etc. Cologne 1583. -"recta, rotunda, tenaxque boni fert Legia Pinum" (Rausin : Delegatio inclytae civitatis Leodiensis, verso du titre.) backtopp.gif (65 octets)

(18) L'opinion de Grandgagnage qui pensait à un dérivé de pilier est à rejeter. V. à ce propos J. Haust, Bull. du dictionnaire wallon, 1924. backtopp.gif (65 octets)

(19) XVe siêcle : "Comme il alloit ung jour chevauchant parmy une grande lande, il choisit (vit) de loing ung grand arbre dessoubs lequel avoit un moult grant perron (grosse pierre) ou dessus estoit couché ung chevalier moult for navré". (Gérard de Nevers : Lacurne, 2e partie, p. 35.) backtopp.gif (65 octets)

(20) L'usage de proclamer les actes de l'autorité judiciaire au Perron de la Cité, est signalé dans une charte du 7 janvier 1252 (nouv. st.), intitulée : Lettre du Commun profit. (CESL, t. Il, p. 18. - J. d'Outremeuse : t. V, p. 296. Le Cri du Perron est aussi indiqué dans la Loi muée de l'an 1286 (no 21). backtopp.gif (65 octets)

(21) Le Perron, élevé par Henri de Gueldre, subsistait à Vottem, au début du siècle suivant. (J. d'Outremeuse, t. VI, p. 73.) backtopp.gif (65 octets)

(22) La Cité, t. Il, p. 141.backtopp.gif (65 octets)

(23) Il est bon pourtant de noter que, dès le moyen âge et après, les proclamations ou autres décisions de la Cité étaient annoncées du haut du perron de la façade de l'Hôtel-de-ville ou du balcon intérieur dominant la salle des pas perdus. Nous pourrions invoquer de nombreux textes l'attestant :
      "1594 : At esté ordonné et appointyé que on les deverat publyer hault et publicquement à la bailhe de la Maison de la dicte Cité. Peu après, estant par cry publicque, tout le peuple convocqué et assemblé les ordonnances sont de comenchement jusques en fin estéz leuttes et publyées, de mot à autres." (RCC, reg. 1593-1595, f. 113.) - 1649. Publié au son de trompette à la baille de la maison de ville par Jean de la Cour, secrétaire sermenté, qui nous a fait son fidèle rapport. (Ibid., reg. 1649-1653, f. 61. - V. aussi reg. 1619-1623, f. 551.) backtopp.gif (65 octets)

(24) Fisen, t. I, p. 97; t. Il, p. 343. backtopp.gif (65 octets)

(25) "Les armes de Liège sont roiges". (T. Il, p. 391; - V. aussi p. 390; t. IV, p. 322.) backtopp.gif (65 octets)

(26) Paix d'Angleur, Jean d'Outremeuse, t. VI, p. 184. backtopp.gif (65 octets)

(27) Jean de Stavelot, p. 122. backtopp.gif (65 octets)

(28) "Insigne fastigium civitatis Leodiensis." (Adrien d'Oudenbosch, p. 255.) backtopp.gif (65 octets)

(29) Jean d'Outremeuse, t. V, pp. 207, 314, 406; t. VI, pp. 185, 252, 396, 586. - Jean de Stavelot, p. 101. backtopp.gif (65 octets)

(30) Cri du Perron du 30 mars 1486 : "Personne ne peut crier en la Cité si ce n'est "Vivent les Liégeois" et ne porter un signe si ce n'est le Perron à peine de correction". (Fairon, Cart. de la Cité.) backtopp.gif (65 octets)

(31) 1451, Je esly ma sepulture en le cimetiere de St-Paul, à plus près de Peron. (CT, r. 13, f. 78.) backtopp.gif (65 octets)

(32) La Cité de Liége, t. Il, p. 81. backtopp.gif (65 octets)

(33) Pour ces localités à perron, V. Kurth, op. cit., p. 141. - BIAL, t. XXXII, pp. 86-87, t. XL, p. 23. - Pawilhart E, f. 195. - Fairon, Cart. de la Cité, 1458. backtopp.gif (65 octets)

(34) Albéric de Troisfontaines, pp. 936-937. - Kurth, Op. cit., t. Il, p. 143. backtopp.gif (65 octets)

(35) V. notamment l'art 33 des statuts de la Cité du 6 avril 1328, CPL, t. I, p. 502. backtopp.gif (65 octets)

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Selon Godefroid Kurth : La Cité de Liège au Moyen-Age. Edition L. Demarteau, T.II., pp. 139 et suiv.  (Liège,  1909) :

   La Cité, elle aussi, a ses armes, si l'on peut donner ce nom à un blason qui ne porte autre chose que « de gueules sans entresengne » c'est-à-dire sans meubles héraldiques, comme dit Hemricourt (1) confirmé par Jean d'Outremeuse (2). D'après cela, la ville de Liège n'avait pas encore mis le Perron dans ses armoiries à la fin du XIVe siècle (3). Il ne devait pas tarder cependant à y figurer, pour rester l'emblème caractéristique de la ville et du pays. C'est depuis lors, sans doute, que le jaune prit place à côté du rouge pour former avec lui les couleurs de la ville (4).

   Le Perron !Comme le Roland des villes allemandes, comme le lion de saint Marc à Venise, il était pour les Liégeois une espèce de palladium (5), la Charte de 1208 faite pierre, s'il est permis de parler ainsi. Il partageait toutes les destinées de la Cité : renversé quand elle était abattue, mais, lorsqu'elle était prospère, trônant fièrement, du haut de la fontaine qu'il dominait, sur le peuple qui circulait à ses pieds.

   Primitivement, le Perron n'était autre chose qu'une croix de juridiction (6) et comme, dans l'origine, la juridiction de Liège appartenait tout entière au prince et à ses échevins, le Perron servit à la publication des volontés princières et des sentences scabinales. Le Cri du Perron était alors l'équivalent de ce que serait aujourd'hui l'insertion au Journal officiel. Seulement, le Perron avait ce qui manque aux organes modernes de la publicité : un prestige d'antiquité et de poésie qui en faisait un objet sacré, une espèce de personnalité légale à laquelle était attaché le droit de porter au peuple les oracles de la patrie. Toute proclamation criée ailleurs qu'au Perron était de nulle valeur, et l'on sait qu'il fallut en 1255 une décision formelle du prince et des échevins pour que ceux-ci pussent proclamer leur sentence à Vottem (7).

   Au fur et à mesure que l'autonomie urbaine venait se placer à côté de l'échevinage pour lui disputer la juridiction de la Cité, le Perron changea de signification. Sans cesser de servir d'organe au prince et à l'échevinage, il devint de plus en plus un organe de publicité municipale et un symbole de la liberté communale. Dès le lendemain de la grande révolution de 1312, les maîtres de la Cité faisaient « crier, au Perron » (8) et, à partir de cette date, le « Cri du Perron » ne cessa d'être la voix de la Cité. Voix bruyante et souvent passionnée, dans laquelle retentissait l'écho des orages du Marché; chère pourtant à tous les Liégeois, parce qu'ils y entendaient les vibrations de l'âme collective de la Cité.

   La Valeur symbolique du Perron s'affirme dès lors avec un ensemble remarquable sous la plume des chroniqueurs liégeois. Tous en parlent avec amour, même les moines qui, au fond de leur cellule, semblent se désintéresser de ce qui se passe dans le siècle. Il est pour eux « le noble Perron » (9), l'insigne couronnement des franchises de la Cité (10); il a je ne sais quelle vertu magique (11); il est la Cité elle-même : « Si les traîtres rentrent, écrit un patriote liégeois, il faudra abattre le Perron » (12). De Liège il se répandit dans les autres villes de la principauté; toujours avec le même caractère symbolique (13), puis dans les pays voisins, et nous le retrouvons dans le duché de Limbourg et dans le comté de Namur (14).

    La forme matérielle du Perron a varié au cours des âges. Ce fut d'abord une simple croix surmontant une colonne portée sur des degrés : il apparaît sous cette forme dans les monnaies du XIIe siècle (15). Bientôt, on trouve les degrés supportés eux-mêmes par des lions, tandis que la croix repose sur un renflement sphérique destiné à renforcer sa base Ce renflement à son tour se chargea d'imbrications et se stylisa en pomme de pin dès le commencement du XIIIe siècle (16); plus tard encore, la pomme de pin fut supportée par des personnages héraldiques, des « hommes sauvages » (17). Enfin, on érigea le Perron sur une arcade (18) au-dessus de la fontaine du Marché (19). Depuis lors, il y est toujours resté; il y trône encore et il continue de réjouir les yeux des Liégeois.

   Il semble que ce svelte et élégant symbole de la liberté publique ait suffit aux citains de Liège : ils n'éprouvèrent pas le besoin de se donner, comme les Flamands, ces superbes beffrois dont les hautes tours portaient jusque dans les cieux la gloire de la cité, ni ces somptueux hôtels de ville qui étaient comme les palais du peuple souverain. Liège n'a pas eu de beffroi et sa cloche banale, dont la voix retentit pour la première fois dans l'histoire de la patrie à l'heure du danger national de 1213 (20), était, à ce qu'il paraît, suspendue dans une des tours de l'église Saint-Lambert (21). Renouvelée à l'époque de la paix de Wihogne, vers 1328, la bancloche de Liège sonna pendant 115 ans jusqu'à ce qu'elle se fendit en 1441 et fut remplacée par une nouvelle qu'on baptisa La Redoutable (Horrida) (22).


(1) Le même, (Hemricourt), I. c. backtopp.gif (65 octets)

(2) Jean d'Outremeuse, t. Il, p. 390 : « Puis les donnat sains Hubers---armes qui sont roges à le ramembranche et sang de martyr l'evesque sains Lambert ». Le même, p. 391 : «Vos saveis que les armes de Liège sont roiges ». Le même, t. IV, p. 322 : « Adont li porte du palais astoit roge, et le doit estre solonc les armes de Liège ».
   Il est superflu de réfuter ceux qui veulent que saint Hubert ait donné pour armes à la Cité un Perron sur champ de gueules, comme le soutient Rausin, Leodtum, p. 40, et, après lui, Fisen, 1. c.; ils se bornent à faire écho à Jean d'Outremeuse, t. Il, p. 391, mais ils ajoutent le Perron. backtopp.gif (65 octets)

(3) Cf. Fisen, I, p. 97 : Sunt qui parmam urbis puro dumtaxat cocco primitus tinctam fuisse affirment. Le même, Il, p. 343.: Consules purpureo habitu, is enim est populi Leodiensis color scutarius, quem olim majore studio quam hodie Leodiensibus cordi fuisse, cum res posceret, scriptores nostrates testantur. backtopp.gif (65 octets)

(4) Le jaune apparaît pour la première fois en 1456, dans les fêtes de la joyeuse entrée de Louis de Bourbon; c'est la couleur du cuivre dont le perron est fait à cette époque. backtopp.gif (65 octets)

(5) Le Perron a toute une littérature, mais qui brille plus par la quantité que par la qualité. Sans avoir la prétention d'être complet, je citerai :
   Abry-Loyens, Recueil héraldique des bourgmestres de Liège, 1720.
  
Leodinus (abbé Louis), Quelques mots sur le Perron de L:ège (Revue de la numismatique belge, t. I).
   Henaux, Recherches historiques sur le Péron de Liège (Revue de Liège, t. VI, 1845).
   Perreau, Le Péron liégeois (Revue belge de numismatique, t. III).
   Piot, Observations sur le péron de Liège (même recueil, même volume).
   Schaepkens. Le Perron liégeois (Messager des Sciences et des Arts, 1854).
   Bormans, Revue de Liège en 1700, BIAL, t. VIII (1866).
   Demarteau, Gazette de Liège, 17 décembre 1884.
   de Chestret, Le Perron Liégeois, BIAL, t. XVIII (1885).
   Rahlenbeek, Le Perron de Liège (Revue de Belgique, mai 1890).
   Goblet d'Alviella, Les antécédents figurés du Perron, BARB, t. XXI (1891).
   Vanderkindere, Note sur les perrons (même recueil, même volume).
   Naveau, Le Perron Liégeois. BIAL, t. XXII (1891).
   S(chuermans). Le Perron républicain. BIAL, t. XXIV (1894).
   Tous ces auteurs, à part Henaux et Goblet d'Alviella, qui ne peuvent se résigner à ce que l'emblème de la juridiction dans une cité ecclésiastique ait eu un caractère chrétien, sont d'accord pour reconnaître que le Perron est originairement une croix, et il n'y a rien, en effet, qui soit mieux prouvé. Les libellistes du XVIle siècle, qui ont interprété perron par pinus rotunda, étaient aussi ignorants de l'histoire de leur pays que de la linguistique, et leur disciple Henaux s'est laissé mystifier en faisant de la pomme de pin « le symbole de l'association chez les peuples germaniques ». Et, sur la foi d'un témoin aussi suspect, le conseil communal de Liège a décidé, il y a de cela une trentaine d'années, de mutiler les armes de la ville et d'exposer à l'admiration publique une colonne surmontée du « symbole de l'association chez les peuples germaniques ! »  Je ne puis que m'associer à M. de Chestret écrivant à cette occasion, avec autant de bon sens que d'esprit : « Replaçons donc la croix sur le perron; les abus d'un autre âge ne renaîtront point pour cela » (1. c., p. 178). backtopp.gif (65 octets)

(6) Les croix de juridiction sont elles-mêmes la forme chrétienne donnée, depuis un temps immémorial, aux mégalithes qui, dans l'époque barbare, servaient de lieu de juridiction et de siège aux tribunaux. Sur le rôle de ces mégalithes dans les principaux actes publics et spécialement judiciaires des peuples primitifs, il y aurait beaucoup à dire; je me réserve de revenir sur le sujet. En attendant, je fais remarquer que c'est sur la grosse pierre du château que Philippe le Beau prêta serment lors de son entrée à Namur (Bormans, Cartulaire de Namur, p. CXCV) et je renvoie à l'excellent article de Jules Borgnet, Péron et pierres de justice à Namur dans Annales de la Société Archéologique de Namur, t. VII. backtopp.gif (65 octets)

(7) V. ci-dessus, t. I, p. 207.
   De même il en était à Huy. En 1343, le prince Adolphe de La Marck accorda aux Hutois « que nuls eschevins puissent juger sur honneur des bourgeois de Huy, forstant seulement que les eschevins de leur ville de Huy, à leur peron de Huy, ni ceux de la petite ville qu'on dit Oultremeuse (c'est la partie de Huy située sur la rive gauche du fleuve) auttre part qu'au pied du pont, où il est accoustumé de faire des cas dont les eschevins de Huy ont à juger, se ladite ville de Huy ne l'empesche. » Bormans, Ordonnances, t. I, p. 261. backtopp.gif (65 octets)

(8) Paix d'Angleur, dans Jean d'Outremense, t. VI, p. 184 : « Les quis status, les dis arbitrateurs dessent enssi qu'ills voloient et ordinoient, devant toutes choses, que les maistres de la Citeit de Liège qui adonc astoient là et cheaz qui après le seroient por le temps le fesissent crier et publier en Marchiet à Liège al Peron devant tous les commun et cheaz de Liège. » etc. backtopp.gif (65 octets)

(9) Jean de Stavelot, p. 122. backtopp.gif (65 octets)

(10) Insigne fastigium civitatis Leodiensis. Adrien d'Oudenbosch, p. 255. backtopp.gif (65 octets)

(11) Habebant civitates episcopatus quoddam aedificium ornatum [quod vocabant] pyronem, in quod fere divinabant et augurabant. Theodoricus Pauli, p. 200. backtopp.gif (65 octets)

(12) Quod oporteret deponi peronem, si - -- - traditores redirent. Adrien d'Oudenbosch, pp. 155-156. backtopp.gif (65 octets)

(13) Huy eut le sien dès 1235 (Albéric de Troisfontaines, pp. 936.937).
   Saint-Trond en érigea un en 1362 (Chron. S. Trud. Contin., 111, p. 326)
   Thuin en possédait un en 1372 (Bormans, Ordonnances, t. I, p. 331).
   Maestricht en 1454 (Adrien d'Oudenbosch, p. 42).
   Après la réunion du comté de Looz, nous trouvons le Perron à Looz en 1461 (Jean de Looz, p. 7) et à Hasselt la même année (Adrien, p. 66)
   Celui de Herve est mentionné dès 1407 (De Ryckel, Histoire de Herve, 2e éd., p. 26).
   Celui de Franchimont en 1456 (Adrien p. 49).
   Sur celui de Sart près de Spa (v. De Ryckel, Les communes liégeoises, p. 511).
   Celui de Namur existait dès 1285 (Bormans, Catulaire de Namur, Introduction, p. CC). backtopp.gif (65 octets)

(14) Sur le Perron de Namur, v. deux bons articles de J. Borgnet, l'un dans le Messager des sciences historiques, 1846, l'autre dans les Annales de la Société archéologique de Namur, t. VII. (1861-1862). A Namur comme à Liège, le populaire attachait une signification symbolique et au Perron lui-même et aux diverses parties dont il se composait. backtopp.gif (65 octets)

(15) Par exemple celles de Henri de Leyen (1145-1164); v. de Chestret, Numismatique de la principauté de Liège, MCARB, coll. in-4°, t. L, pl. V, 92. Il n'y a pas lieu de faire état d'un prétendu sceau de 1348 reproduit par Loyens-Abry, Recueil héraldique des bourgmestres de Liège, p. 2, où le perron esl figuré sous la même forme, attendu que cette pièce est dépourvue de toute espèce d'authenticité. backtopp.gif (65 octets)

(16) Ces imbrications se rencontrent pour la première fois dans les monnaies de Jean d Eppes (1230-1242); v. de Chestret, o. c., pl. X, 190 et 192. backtopp.gif (65 octets)

(17)  (1448) Surrexit ventus magnus qui - - - confregit stipitem et ribaldos qui sculti fuerant de lapidibus et positi super fontem in foro Leodiensi, portantes peronem, et projecit in terram, qui postmodum facti fuerant de metallo deaurato valde sumptuose. Jean de Stavelot, p. 601. backtopp.gif (65 octets)

(18) Fornix triumphalis. Henri de Merica, p. 169. backtopp.gif (65 octets)

(19) Jean de Stavelot, pp. 122 et 601; Adrien d'Oudenbosch, p. 187. backtopp.gif (65 octets)

(20) In diei quoque illius diluculo banni campanam pulsari fecit episcopus, mandans et precipiens universis civibus suam egredi civitatem. Hervard dans Gilles d'Orval, p. 182. Cf. Hocsem, p. 332, parlant d'un fait de l'année 1297. backtopp.gif (65 octets)

(21)  Jean d'Outremeuse, t. V, p. 546 et t. VI, p. 166; Zantfliet, col.489. Cf. Henaux, BIAL, t. I (1852), p. 33o, note 3, qui écrit : « Au moyen-âge, bancloche ou cloche d'alarme se trouvait dans une tour de la cathédrale, et les maîtres pouvaient seuls la faire sonner. Cette cloche fut placée dans le clocher de la Violette, en suite d'un décret du Conseil communal du 2 février 1516 ».C'est sans doute une simple distraction qui fait dire à M. Gobert, t. I. p.608, intervertissant l'ordre de ces faits, que la bancloche fut d'abord à la Violette et fut transportée au XVIe siècle à la cathédrale. backtopp.gif (65 octets)

(22) Jean de Stavelot, pp. 484 et 514-515. Il faut cependant signaler ici une petite difficulté. Jean de Stavelot, p. 484, nous dit qu'en 1441 Jean de Heinsberg cita ceux de Hasselt à l'Anneau du Palais « et partant que la bancloche estoit dependue et failhie, sonat-ons à Lambert par ledit appeal. » Borgnet corrige ce texte et écrit : à Saint-Lambert, alléguant qu'il ne devait pas exister à Liège une cloche du nom de Lambert. Qu'en sait-il ? D'ailleurs, que veut dire Jean de Stavelot ? Que la bancloche était fendue, et qu'on fut obligé d'en sonner une autre. backtopp.gif (65 octets)

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Table textes et illustrations

Henri II de Leez

1252

 

 

08/01/2013