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La violette en 1691, reconstitution par
l'architecte Camille Bourgault, détruite le 10 mai 1944. |
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La Violette, dont l'origine
du nom n'est pas établie avec certitude, est déjà mentionnée en 1294. Située près de
la place du Marché, adossée à la halle des bouchers, elle était le lieu de l'élection
des bourgmestres et de la publication des règlements communaux. Elle fut reconstruite
début du XVe siècle et détruite en 1468 lors du sac de Liège par Charles le
Téméraire; rebâtie en 1480, elle fut de nouveau détruite en juin 1691 lors du
bombardement de la ville par le maréchal
marquis de Boufflers. C'est en 1714 que l'hôtel de ville actuel fut
érigé.
Les blasons des trente-deux métiers et des bonnes villes avec le perron, en dessous de
l'aigle impérial datent de 1564. En 1610, furent placés les rampes et le perron en
cuivre. |
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Selon Godefroid
Kurth : La Cité de Liège au Moyen-Age. Edition L. Demarteau,
T.II., pp. 145 et suiv. (Liège, 1909) : |
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La
maison de ville de Liège, dont les sources nous parlent pour la première fois à la date
de 1276 (1), se dressait sur la place du Marché, en face du
Destroit des échevins. Comme celui-ci, elle fut primitivement la propriété du Chapitre,
qui l'accensa à la Cité (2) et qui en était encore le
propriétaire légal au XIVe siècle. On l'appelait la Violette (3),
à cause, sans doute, de la fleur de ce nom gravée sur sa façade (4)
selon un usage du temps, dont un autre exemple nous est fourni par la maison de la Rose (5), qui se dressait également sur la place du Marché. Comme la
plupart des maisons liégeoises du moyen âge, elle se partageait en un rez-de-chaussée
loué à des commerçants, et un étage réservé aux usages communaux (6).
Le local n'était pas des plus vastes et ne suffisait pas, paraît-il, aux
assemblées plénières du Conseil (7); celles-ci
continuaient donc de se tenir au Destroit, dans la salle Saint-Michel, qui avait été le
berceau du Conseil (8). La Violette avait sa prison dans ses
sous-sols; quant à ses archives, la Cité les déposait à l'abbaye de Saint-Jacques, où
nous les trouvons déjà en 1370 (9). Ainsi s'avèrent les
liens qui rattachent l'origine de la commune de Liège à l'échevinage et à l'Eglise, et
cette origine trouve une expression de plus dans le sceau de la Cité, qu'elle append
déjà en 1185 (10) à un acte et qui représente un saint
Lambert, patron du diocèse (11). |
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(1) In domo communi seu praetorio Leodiensi, ad quam
vel quod dicti magistri seu rectores, scabini et jurati convenerant. Liber
supernumerarius, p.145, des Libri Chartarum de Saint- Lambert, aux Archives de l'Etat
à Liège.
Il est fait diverses mentions de la maison delle ville dans la Paix des
Clercs, art. 3 et 36, (Bormans, Ordonnances, t. 1, pp. 36, 65 et 71).

(2) 1348. Domus
de Violâ, sita juxta forum, debet ecclesie annuatim XII marcas, et tenent eam magistri
civitatis et quatuor de Violâ pro censu supradicto. Reg. de Saint-Lambert, n° 277, f 22,
aux Archives de l'État à Liége.
Item magistri Bartholomaei quondam prepositi Dionensis et concanonici nostri
qui dedit nobis triginta marcas pro quibus habemus 40 solidos super domum nostram
de Violâ in foro. Obituaire manuscrit de Saint.Lambert, fol. 8 (XIIII kal. febr.). Cf. en
1294. le Cartulaire de Saint Lambert, t. Il, p. 516.
(3) V. la note ci-dessus.
(4) Henaux, qui avait
reconnu cela (BIAL, t. I, 1852, p. 327), n'a pas su résister à la tentation de
sortir du vrai : il imagine dans son Histoire, t. I, p. 206, de faire dériver le
nom de la Violette de caveola, gabiola, nom, selon lui, de la prison communale
située dans les sous-sols de la Violette. Et le pauvre homme, une fois en si bon chemin,
insinue que c'est là l'origine de l'expression le violon pour désigner
la prison.

(5) De Borman,
t. I, p. 83.

(6) Gobert, t. IV, p. 166.
De là, le nom de De la Violette porté par certains Liégeois au
XlIle et au XVe siécle. Le même, pp. 166 et 168. 
(7) Cependant, en 1339, on
voit le conseil en plein siège à la Violette. Cartulaire de l'abbaye de
Beaurepart à la Bibliothèque du Grand Séminaire de Liège.

(8) Ainsi en 1312.
Louvrex, t. Il, p. 9.

(9) V. la Lettre de
Commun Profit de cette date, à l'Appendice.

(10) Leodium, 1907,
p. 3.

(11) On
possède des croquis du sceau de 1238, 1271, 1300 (deux) et 1328, portant
tous à l'avers un saint Lambert assis, tenant d'une main la palme du martyre et de
l'autre un livre ouvert. V. Daris, Le Sceau de ville de Liège, dans Notices, t.
II, pp. 154 et suivantes. E. Poncelet, Les sceaux de la Cité de Liège, (BlAL, t.
XXVI, 1897) décrit encore un sceau de 1367 ad legata, toujours avec le buste de
saint Lambert. Il faut mentionner encore l'exemplaire de 1309 appendu à une charte
conservée aux Archives de l'Etat à Mons et signalé par M. L. Devillers, dans ses Cartulaires
du Hainaut (MNHL, t. III, p. 589, note). Sur le prétendu sceau de 1348, v. ci-dessus
p. 143, note 2.
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Table textes et illustrations |
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