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H. Pirenne :
Histoire de Belgique,
éd. Henri Lamertin t..II, pp. 257 et suiv. (Bruxelles,
1903). |
Les Haidroits cherchèrent bientôt à reconquérir le terrain perdu. Les « afforains »,
les apprentis, auxquels le droit électoral avait été enlevé (1),
fomentèrent une agitation que favorisait l'impopularité générale du nouveau système
de gouvernement. Le 1er décembre 1404 la cité et les bonnes villes rétablissaient leur
confédération, et, peu de temps après, entamaient contre le prince une guerre
décisive. Le 26 septembre 1406, leurs délégués se réunissaient à Liége,
proclamaient la déchéance de Jean de Bavière et se donnaient pour évêque Thierry de
Perwez, fils du mambourg de 1402. L'élection de ce Thierry s'accomplit à l'encontre de
toutes les règles du droit canon. Deux chanoines, constitués en chapitre, lui donnèrent
leurs voix (2). Jean de Bavière s'étant récemment
rapproché d'Innocent VII (3), son compétiteur se fit
consacrer par Benoît XIII. Le schisme venait ainsi en aide aux révolutionnaires. Fort
indifférents au fond à la grande querelle qui divisait l'Église, ils n'y voyaient qu'un
prétexte pour justifier leur attitude, et, comme en Flandre vingt ans plus tôt,
c'étaient des motifs politiques bien plus que des considérations religieuses, qui
faisaient rechercher aux partis en présence l'alliance du pape de Rome ou celle du pape
d'Avignon.
Tandis que Louis de Male, dans sa guerre contre les tisserands, avait rallié
autour de lui la noblesse, le peuple des campagnes, les marchands et même une foule
d'artisans des petits métiers, Jean de Bavière se trouva seul pour soutenir la lutte
contre ses villes. La chevalerie liégeoise, trop amoindrie en forces et en nombre pour
pouvoir jouer un rôle actif, se désintéressa des événements. Les paysans, qui
n'avaient pas à souffrir comme en Flandre de la prépondérance des bourgeoisies,
imitèrent l'exemple de leurs seigneurs. Le clergé, terrorisé par la violence de
l'insurrection et l'exécution de plusieurs chanoines de Saint-Lambert, ne bougea pas.
Enfin, dans les villes mêmes, les « saiges et riches borgois citains », submergés par
la multitude des artisans et des bourgeois forains, n'osèrent prendre les armes.
Étroitement bloqué dans Maestricht, l'élu se vit contraint, comme le comte de Flandre
après la bataille du Beverhoutsveld, de faire appel à l'étranger.
Il eut recours à l'étroite alliance qui unissait alors la maison de Bavière à celle de
Bourgogne.
Son beau-frère, Jean sans Peur, devait saisir avec d'autant plus
d'empressement l'occasion d'intervenir dans le pays de Liége et d'y implanter son
influence, que les Liégeois s'assuraient de leur côté l'appui du duc de Gueldre (4) et partant celui du duc d'Orléans, dont les progrès dans le
Luxembourg devenaient si inquiétants pour la puissance bourguignonne. Il attendit
toutefois, avant d'agir, que l'assassinat l'eût débarrassé de son rival. Cela fait, au
mois de septembre 1408, il se mit en campagne et entra dans la principauté par la
Hesbaye. Le frère de l'élu, Guillaume de Bavière, l'envahissait en même temps par le
Condroz, ralliant au passage les hommes du comte Guillaume de Namur. Il rejoignit à
Montenaeken les forces beaucoup plus importantes du duc de Bourgogne, qui prit le
commandement de l'expédition.
L'armée liégeoise rencontra l'ennemi le 23 septembre auprès d'Othée, dans
la plaine de Russon (5). Son chef, le seigneur de
Perwez, père du nouvel évêque, avait en vain déconseillé la bataille et recommandé
de s'enfermer dans les places fortes pour laisser les troupes des princes alliés
s'épuiser dans un pays vide de moissons. Sûrs d'eux-mêmes, confiants dans leur
nombreuse artillerie et dans leur supériorité numérique, les gens de métiers
l'obligèrent à les suivre. La présomption les perdit comme elle avait perdu auparavant
Philippe Van Artevelde. A Othée comme à Roosebeke, un mouvement tournant, que les
communiers, dans leur ignorance des choses militaires, prirent pour un commencement de
fuite, décida de la journée. Après une attaque impétueuse sur le front de l'adversaire
qui fléchit un moment sous le choc, leur masse, incapable d'évoluer, fut enveloppée,
chargée en flanc, percée et rompue. La résistance désespérée qu'ils soutinrent
pendant plus de deux heures n'eut d'autre résultat que de prolonger le massacre. D'après
les évaluations les moins exagérées, 8ooo hommes restèrent sur le terrain (6). Le sire de Perwez et l'évêque furent retrouvés parmi les
morts, se tenant par la main.
Liége ne possédait ni assez de ressources, ni une position stratégique
assez favorable pour imiter l'exemple de Gand et continuer la lutte (7). Elle se rendit à merci. Cinq jours après la bataille, ses
bourgeois, deux par deux, tête et pieds nus, un flambeau allumé dans la main, parurent
au camp des princes, s'agenouillèrent devant eux et crièrent miséricorde. Ce fut la
première humiliation publique qui frappa une grande ville belge : elle n'attendrit pas
les vainqueurs. Jean de Bavière se montra féroce. Il fit jeter dans la Meuse les
nouveaux chanoines institués par Thierry de Perwez, les prêtres ordonnés par lui, et
jusqu'à des femmes (8). Il abusa sans pitié de son
triomphe, et l'on ne peut guère douter qu'il n'ait voulu affirmer d'une manière
éclatante, par la rigueur d'une répression impitoyable, la supériorité des princes sur
les villes. Il résolut d'extirper à fond l'autonomie communale. Il livra aux flammes
tontes les bannières de la cité, confisqua ses chartes, abolît les métiers, supprima
toutes les magistratures électives (9). |
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(1)
Jean de Stavelot, op. cit., p. 73.

(2) Jean de Stavelot, op. cit., p. 100.
-- L'élection de Thierry constitue une véritable révolution. Les motifs que l'on
invoqua pour la justifier furent non seulement les abus de pouvoir de Jean de Bavière et
la violation des franchises, mais aussi que « par les cronikes il appert comment
d'anchienneteit à pueple dépendoit la élection de leurs prélas ». De plus, après
tant d'évêques étrangers, on voulait un prince appartenant au pays. Thierry, « qui de
la nature de notre paiis est nouris et extrais » apparaît vraiment comme un président
de république. Voy. E. Scboolmeesters, Notice concernant un manuscrit relatif au
schisme de Thierry de Perwez. Bulletin de la Commission Royale d'Histoire, 4e série,
t. XV [1888], p. 29. Sur la nomination de Thierry voy. encore N. Valois, La France et
le Grand Schisme, t. IV, p. 65 et suiv. (Paris, 1902).

(3) E.
Bacha, Catalogue des actes de Jean de Bavière. Bulletin de la Soc. d'art
et d'hist. de Liége, t. XII [1898], p 55.

(4) J. G. Scboonbroodt, Inventaire des chartes du
chapitre de Saint-Lambert à Liége, p. 291 (Liége,1863).
(5) Sur l'endroit où la bataille eut lieu voy. C. de Borman, Les
échevins de la souveraine justice de Liége, t. 1, p. 249 n. (Liége, 1892).
(6)
Jean de Stavelot, op. cit., p.119, dit 8368.--Sur la bataille d'Othée voir
un poème contemporain publié par De Ram, Documents relatifs aux troubles du Pays de
Liége, p 304 et suivr, (Bruxelles,1844) et surtout une lettre de Jean sans Peur,
datée du jour même. Gachard, Analectes belgiques, p. 2 [Bruxelles, 1830]. Ces
deux documents attestent l'énergie désespérée avec laquelle les Liégeois
combattirent.
(7) D'ailleurs, à la nouvelle de la défaite, les « bonnes gens et
frans borgois » se soulevèrent à Liège contre la « hedrie ». Jean de Stavelot, op.
cit., p 120.
(8) Ibid., pp. 122, 145.
(9) Il aurait même voulu faire abattre le perron, l'antique symbole
des franchises communales. Ibid., p. 122.
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M.L. Polain :
Histoire de l'ancien pays de Liège,
Imprimerie J. Ledoux, T. II., pp. 200 et suiv. (Liége, 1847) |
Les Liégeois continuaient à presser vivement
Maestricht mais en apprenant que le duc de Bourgogne et le comte de Hainaut s'approchaient
ravageant tout sur leur passage, ils levèrent précipitamment le siège et rentrèrent
dans leur cité. On tint un grand conseil de guerre, à la suite duquel le mambour fit
crier au perron, et dans toute la banlieue, que ceux qui pouvaient porter les armes
n'avaient qu'à s'assembler le lendemain matin, au son de la cloche du ban, qu'il les
conduirait à l'ennemi (1). Il s'en trouva de trente à
trente-cinq mille, dont cinq à six cents cavaliers seulement et cent-vingt archers
anglais. Ils sortirent de la ville, suivis d'une grande quantité de chariots portant les
bagages : « Mes amis, leur dit alors le sire de Perwez, je vous ai remontré plus
d'une fois que livrer bataille à nos ennemis, c'était s'exposer à un grand péril ; ce
sont tous nobles hommes, accoutumés et éprouvés à la guerre, et qui sont mus par une
seule volonté; il n'en est pas de même chez vous, simples gens des métiers. Sans doute
il eût mieux valu demeurer dans nos villes et dans nos forteresses, les laisser courir la
campagne, les attaquer à notre avantage et les détruire ainsi peu-à-peu ; mais vous
avez désiré cette journée et nous y ferons de notre mieux. Soyez unis, je vous en
conjure, et préparez-vous à mourir, s'il le faut, en défendant vos vies et votre pays
»
(2).
Les Liégeois, pleins d'enthousiasme, se
dirigèrent vers Tongres et allèrent camper dans les plaines d'Othée, dont les
Bourguignons n'étaient plus qu'à une faible distance. Le sire de Perwez disposa son
inonde sur une colline nommée communément la grande tombe d'Othée, et
il y fit élever à la hâte quelques retranchements (3).
L'armée bourguignonne se montra bientôt dans le lointain
(23 septembre 1408). Tout aussi nombreuse que celle des communes , elle l'emportait de
beaucoup sur elle par les éléments qui la composaient ; trente-cinq mille hommes bien
disciplinés, et rompus au métier de la guerre, se trouvaient en présence de trente-cinq
mille bourgeois, soldats de la veille.
Le duc envoya son écuyer, Robert le Roux, reconnaître la
position des ennemis ; voyant qu'ils ne faisaient pas mine de bouger, et se bornaient à
lancer quelques bombardes, il résolut de les forcer dans leur camp; mais, auparavant, il
détacha quatre cents cavaliers et mille hommes d'armes pour les attaquer en flanc et par
derrière, lorsque le combat serait bien engagé (4).
Au moment de donner le signal, il adressa quelques
paroles à cette vaillante chevalerie qui l'entourait : « Marchez hardiment contre ces
gens des communes de Liége, rebelles à leur évêque et seigneur, dit-il , ne craignez
rien de cette sotte et rude multitude qui met toute sa confiance dans son grand nombre ;
ce sont gens qui ne sont propres qu'à la manufacture et à la marchandise » (5). Il était une heure, l'armée bourguignonne s'ébranla.
Les Liégeois répondirent par des cris d'impatience et
d'allégresse aux mouvements des ennemis et voyant les quatre cents cavaliers et les mille
gens de pied se détacher du corps de bataille, ils s'imaginèrent tout d'abord que la
journée était pour eux : « Voyez, voyez, les voilà qui se sauvent, »
s'écrièrent-ils ; mais le sire de Perwez , qui connaissait la guerre , leur dit
aussitôt : « Mes très chers amis, cette compagnie à cheval, qui est là devant vous,
ne s'enfuit pas ainsi que vous croyez; mais quand cette autre compagnie beaucoup plus
nombreuse comme vous pouvez voir. sera venue vous assaillir et vous combattre, alors les
gens à cheval arriveront en
belle
ordonnance
vous prendre par
le travers et s'efforceront de
vous séparer. Ainsi , mes très chers amis nous sommes à la
bataille que je vous ai toujours déconseillée et que vous avez désirée de tout votre
cur, comme si vous étiez sûrs de la victoire : mettez donc votre espoir en Dieu et
attaquez hardiment vos ennemis »(6).
Ayant parlé de la sorte,
le sire de Perwez réunit une compagnie de gens d'armes, afin
d'aller à la rencontre de ceux qui s'avançaient pour les surprendre; mais les Liégeois,
qui ne comprenaient rien au mouvement des Bourguignons retinrent le mambour : « Traître,
s'écrièrent-ils, est-ce que tu veux passer
du
côté de l'ennemi ? Viens ça, il te faut combattre et vaincre ou mourir avec les
communes » (7).
Le sire de Perwez supporta patiemment les injures
de cette multitude ignorante
; il rangea son armée, mit au premier rang ses meilleures troupes, les hommes de trait au
centre, et abrita les moins aguerris derrière un rempart de chariots ayant servi à
transporter les bagages. Le mambour courut ensuite se placer à la tête des bourgeois
suivi de son fils et des principaux seigneurs qui avaient embrassé le parti des communes
(8).
La lutte commença bientôt et fut d'un acharnement
terrible; pendant plus d'une heure la victoire resta indécise (9).
Les Liégeois avaient pénétré résolument au milieu des ennemis , luttant corps à
corps et la poitrine nue contre les chevaliers bourguignons, tout bardés de fer. Le fort
de la bataille se porta principalement du côté où se trouvait la bannière du duc;
celui-ci, monté sur un petit cheval, courait des uns aux autres encourageant tout le
monde, et combattant avec le plus grand sang-froid au milieu des traits qui se croisaient
de toutes parts. Quant au sire de Perwez, il avait poussé droit à l'étendard de
Bourgogne. Le nouvel évêque Thierry et beaucoup d'autres seigneurs avaient suivi Henri
de Horne et se conduisaient bravement à ses côtés (10).
Cependant les quatre cents cavaliers et les mille
hommes de pied, que le duc avait détachés dès le commencement de la bataille
arrivèrent sur les Liégeois et les assaillirent, ainsi que l'avait bien prévu le
seigneur de Perwez. Les chariots et les bagages jetèrent un instant du désordre parmi
les Bourguignons, mais se ralliant aussitôt, ils tombèrent avec furie sur les gens de
métiers et en firent un horrible carnage; ils réussirent même à séparer du gros de
l'armée un corps d'environ six mille combattants qui se mit à fuir dans toutes les
directions et qui fut taillé en pièces (11).
Les vainqueurs revinrent ensuite sur leurs pas et
attaquèrent de nouveau l'ennemi à dos ce qui occasionna une grande confusion.
Enveloppés de tous les côtés à la fois, ne pouvant plus ni avancer ni reculer, la
plupart de ceux que le fer n'atteignit point périrent étouffés ou foulés aux pieds par
leurs compagnons. Ce fut ce dernier choc, dit Monstrelet, qui décida la victoire ; sans
lui, les Liégeois l'auraient peut-être emporté; et de l'aveu même du duc de Bourgogne
, jamais on ne vit gens se battre si bien et tenir si longtemps (12).
Le mambour et son fils tombèrent morts à
côté de la bannière de Bourgogne; un grand nombre de seigneurs, le comte Henri de Salm,
entre autres, qui portait l'étendard de Saint-Lambert, furent frappés à la même place.
I! parait certain que près de vingt-cinq mille hommes des communes périrent dans cette
sanglante journée : « Les morts, dit un contemporain, étaient plus nombreux que
les épis de blé au temps de la moisson. » Le duc avait recommandé de ne
faire quartier à personne et d'en finir avec les rebelles (13).
Le lendemain matin, Jean de Bavière arriva de Maestricht
au camp des princes; on lui présenta au bout d'une pique, la tête du mambour et celle de
son rival l'évêque Thierry. Ensuite il alla repaître ses regards des cadavres qui
couvraient la plaine, et fit pendre ou écarteler quelques Heydroits qu'on y découvrit
cachés parmi les morts.
Ce fut à la bataille d'Othée que le duc de Bourgogne
gagna le surnom de JEAN SANS
PEUR, qui lui est resté.
L'Élu en reçut un tout autre, juste flétrissure des vengeances qu'il exerça après la
victoire; on l'appela JEAN SANS PITIE ! |
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(1)
Et alors fust crié publiquement en plusieurs lieux de la ville, par le sieur de Pierwes,
leur gouverneur, et par son fils, leur nouvel evesque et seigneur, que tout homme qui
pourroit porter armes,au lendemain matin fust prest et appareillé à certain son de
cloche pour sortir hors la ville avec les desseurdicts, et aller en telle part qu'ils les
voudroient conduyre. DENIS SAUVAGE, Chronique de Flandres; continuation, p.
185-184.--JEAN DE STAVELOT, fol. 29 verso.

(2) Et leur avoit le damoisel de Pieruels, en plusieurs de leurs
conseils, remonstré moult de fois que d'assembler à bataille avecque leurs adversaires,
ce leur pouvoit estre grand péril, parce qu'ils étoient en la plus grand' partie tous
nobles hoinmes, usités et éprouvés en fait de guerre et d'une même et seule volonté
concordée sans diverses opinions l'un avec l'autre, ce que point n'estoient les dits
Liégeois comme il leur disoit; et leur valoit mieux demeurer en leurs villes et
forteresses, etc... En exbortant qu'ils voulsissent à ce jour estre d'une méme volonté
à eux entretenir tous ensemble pour mourir en défendant leurs vies et leur pays contre
leurs dits adversaires. MONSTRELET, cbap. 50, édit. du Panthéon. - BARANTE.

(3) ... S'approchèrent
assez près d'eux, sur une haute place, communément nommée le champ de comble de
Haseban, etc. DENtS SAUVAGE Chronique de Flandres; continuation,. p. 184,-- JEAN
DE STAVELOT fol. 29 verso.

(4) Bien quatre cens de gentilshommes
Allèrent derrière assaillir
Liégeoys, à la fin que fuir
Ne puissent aucunement.
V. LA BATAILLE DE LIEGE, dans les ANALECTA LEODIENSIA, pubhés par M. DE RAM. - DENIS
SAUVAGE, p. 184 et 485.

(5) Le RELIGIEUX DE SAINT-DENIS, cité par M. de BARANTE.

(6) « Mes très chers amis icelle compagnie à cheval que véez devant vous
ne s'enfuit pas comme vous cuidez : mais quand icellc autre compagnie à pied moult plus
grande, comme vous pouvez voir, sera attentive à vous envahir et combattre prestement,
iceux que vous véez à cheval survindront de travers par bataille instruite et ordonnée,
et s'efforceront de vous séparer et diviser par derrière, entretemps que les autres vous
assaudront par devant. Et pourtant, très chers amis, nous avons la bataille par devant
nos yeux que je vous avais toujours desenhorté et déconseillé; laquelle de tout votre
coeur vous désirez avoir comme si déjà fussiez sûrs de la victoire... Toutefois le
jour est venu que vous avez tant désiré ; si veuillez d'une même volonté mettre toute
votre espérance en Dieu, et envahir hardiment et courageuseinent vos dits adversaires
pour votre pays défendre. » MONSTRELET, chap. 50.

(7) Les communautés ne le voulurent permettre, ains luy firent
beaucoup de reproches, et jusques à l'injurier de ce mot de trahistre. DENIS SAUVAGE, p.
185.

(8) MONSTRELET, ibidem. -- DENIS SAUVAGE, Chronique de Flandres,
p. 185.

(9) En apres les deux osts joignant l'un contre l'autre, y eut
très âprernent horrible et épouvantable bataille, commencée d'une partie et d'autre,
laquelle dura par d'une heure ou environ, etc. MONSTRELET. - Tellement que le combat dura
environ une heure, sans que l'on peust veoir qui en avoit le meilleur. DENIS SAUVAGE, p.
185.

(10) CRONIQUES MANUSCRITES.-- FISEN. -- FOULLON et les autres
historiens de Liége. - SAUVAGE, Chronique de Flandres.

(11) MONSTRELET.-- DENIS SAUVAGE, Chronique de Flandres;
continuation, p. 185.

(12) Et peult étre qu'iceux Liégeois eussent eu la victoire, si
icelle compagnie de cheval retournée de 1'occision des dessus dits fuyars, ne fust
derechief survenue au doz des dits Liégeois. MONSTRELET. -- Ceulx qui en ce ont
congnoissance dirent quilz ne virent oncques guaires gens mieulx combatre ne tant durer
quilz ont fait. LETTRE de Jean, duc de Bourgogne, à Antoine, duc de Brabant, son frère,
sur la bataille d'Othée. GACHARD, Analectes Belgiques, in-8°, p. 3. -
ZANTFLIET.

(13)
Quand il fut demandé après la déconfiture si on cesseroit de plus occire iccux
Liégeois, il fit réponse qu'ils mourroient tous ensemble et que pas ne vouloit qu'on les
prinst à rançon ni mit à finances. MONSTRELET. - Et y ont esté occis le sire de
Peruweys, l'instruis de Liége, son filz, un sien autre filz, et bien de XXIIII à xxvI
mille Liegois, etc. LETTRE du duc de Bourgogne. -- OUDEGHERST fait monter le nombre des
Liégeois morts à 30.000, SUFFRIDE à 36,000; ZANTFLIET à 13,000 seulement. -- Plus de
vingt et huiet mille hommes de ces communes y demeurèrent morts sur le champ ; commandant
le duc de Bourgogne, mesme apres leur totale deconfiture, que l'on ne prist nul d'eux à
merci. SAUVAGE p. 185.
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