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La révolte des rivageois




 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

Eugène Buchin
Le règne d'Erard de la Marck,
Imp. H. Vaillant-Carmanne,  pp. 99-112 (Liège, 1931)

LA «VIE CHÈRE» SOUS ÉRARD DE LA MARCK.
LA
MUTINERIE DES RIVAGEOIS (1531)


   A côté de la crise monétaire, on doit étudier d'autres embarras qui préoccupèrent la Marck. Plus que toute autre, peut-être, l'histoire économique est compréhensive. Le contre-coup des événements politiques s'y fait sentir par la cherté de vie qu'ont entraînée les guerres continues des puissances voisines, par les hivernages et les rapines des soldats licenciés (1). II y a plus. Fréquemment, la peste exerce ses ravages dans les campagnes et les villes ; d'où disparition d'agriculteurs et d'artisans. D'autres infortunes assombrissent encore ce tableau : tels des hivers rigoureux et prolongés qui ruinent les moissons.

   Sont-ce là simples anecdotes ? Nullement. Aujourd'hui on ne les néglige pas. Au reste, l'on ne fait que reprendre le témoignage des contemporains de la Marck.

*
*        *

   Dès 1506, des difficultés économiques surgissent. Le prix du grain augmente. Le setier de froment est évalué à un taux plus considérable qu'au début de 1505 (2). Si l'on en croit une chronique de la fin du siècle, le muid d'épeautre s'achète 29 et 30 aidans liégeois (3). Le 24 septembre, Erard défend toute exportation de grain pour que les provisions ne s'épuisent pas (4). Son ordonnance comporte une exception connue : les voituriers amenant des marchandises à Saint-Trond pourront emporter des céréales (5).

   L'indigence des documents ne permet que des conjectures.

   Les soudards teutons avaient-ils détruit les récoltes ? Non : l'incursion se produisit en automne
(6). Il paraît plus probable que les marchands liégeois, comme en 1531, trouvaient bénéfice à vendre leurs grains au dehors. C'est un fait de toutes les époques et c'est contre lui que la Marck légifère. Que de fois il renouvellera sa tentative !
  Dès 1507, il la reprend une première fois (7), lorsque l'empereur Maximilien et Charles d'Autriche ont prescrit une mesure analogue (8). On n'hésitait pas alors à réaliser temporairement le régime d'une économie nationale fermée (9). Ce « modus vivendi » n'avait d'ailleurs rien d'excessif. Du côté liégeois surtout, Érard l'assouplit : en 1509, il défend aux liégeois de chercher querelle aux commerçants étrangers amenant à Liége leurs marchandises (10).

   Pour 1511, on sait la réduction théorique des prix. L'évaluation du setier de froment est de beaucoup inférieure à celle des années précédentes
(11). Mais la marche ascendante recommence bientôt.

   La récolte de 1512 est peu productive, et, en même temps que les rumeurs de guerre, le prix des denrées s'accroît. Louis XII et Charles d'Autriche interdisent l'exportation. Le 8 octobre, la Marck défend aussi la sortie des céréales en stipulant que les grains saisis seront confisqués
(12). L'année suivante, il reprend encore cette prohibition (13).

  
Mais d'autres fléaux s'abattent sur une partie de la principauté la peste sévit en 1513 chez les Hutois, dépeuple la ville et paralyse le commerce du voisinage. On est forcé de transporter à Liége le marché hutois du 11 novembre
(14).

   En 1514, calamité nouvelle, moins meurtrière mais plus générale : l'hiver se prolonge et la température est glaciale jusqu'au 23 avril
(15). Les vignes ne produisent pas (16). Trois ans plus tard, le même phénomène se répète avec des conséquences identiques (17).

   Le vin fut rare et cher
(18). Le peuple consomma de la cervoise ; en 1514, il fallait à Liége 600 muids d'épeautre par semaine (19). Des abus se commirent, car l'histoire de tous les temps rencontre des profiteurs. En 1516, le Conseil de la Cité établit un maximum en fixant à 12 sous la cruche de cervoise de premier choix et à 8 sous la cervoise ordinaire (20). Bientôt les percepteurs des gabelles sur la cervoise sont mis sous la sauvegarde de la Cité et l'on ordonne que brasseurs et particuliers leur ouvrent leurs caves sans rechigner (21).

   En 1518, nouvelle décision. La cruche de cervoise se paiera 18 sols. Pour les fraudes, une amende de 10 florins est prévue --- au profit du prince, de la cité et du dénonciateur
(22).

   Ce qui vient d'être constaté à Liége peut s'entrevoir ailleurs. A Dinant, le magistrat règle la vente de la cervoise avec une minutie dont témoignent les seize articles élaborés. On déplore « la povreté du commun peuple » et l'on statue que les brasseurs devront désormais fabriquer autant de boisson faible que de forte « afin que le peuple soit servy aussy bien le povre que le riche »
(23). La crise déclenchée par des événements d'allure anodine semble réelle : en moins de deux ans, du 2 décembre 1516 au 17 août 1518, le prix de la cervoise a augmenté de moitié.

  Mais n'enregistre-t-on pas les mêmes constatations dans le domaine global du coût de la vie ?

   L'accroissement du prix des céréales est un trait dominant de l'histoire économique du XVIe siècle, qu'il s'agisse des Pays-Bas
(24), de la France (25) ou de l'Empire (26). Il est vrai surtout à partir de 1515-1520 (27). Quoi d'étonnant que la principauté liégeoise, ouverte à toutes les influences, ait subi le renchérissement des prix ?

   Voici quelques traits :

   Les archives de Dinant ont conservé un acte suggestif du 22 juillet 1517. Sur l'ordre d'Érard, le prix des céréales est fixé : le muid d'épeautre à 28 aidans, le setier de froment à 12 aidans, le setier de farine à 14 aidans. Les habitants qui disposent de provisions superflues doivent les céder à tous les bourgeois de la ville. Par contre, il est défendu de livrer aux étrangers quoi que ce soit, en céréales ou en pain. L'importation reste permise pourvu que les prix n'excèdent pas le maximum fixé
(28).

   La situation semble malaisée. Y eut-il ordonnance applicable à toute la principauté ou des édits particuliers à chaque région, à chaque ville ? Peu importe. La prohibition complète doit avoir existé, sinon l'on comprendrait peu qu'au début de 1518 le prince ait spécialement autorisé le magistrat de Hasselt à exporter du grain, malgré l'ordonnance publiée
(29).
   Les années suivantes ne sont pas plus heureuses.

   L'épidémie de 1519 a laissé un horrible souvenir dans la mémoire des contemporains. La peste fit œuvre de mort, n'épargnant ni les villes, ni les forteresses, ni même les hauteurs ardennaises
(30). Malgré les précautions des magistrats, Saint-Trond et le voisinage furent très éprouvés (31). Maestricht vit disparaître 5000 de ses habitants (32).

   Le prince-évêque, les édilités prirent des décisions, les Frères Alexiens furent appelés à Liége où les avait devancés l'héroïque dévouement du franciscain François Vryon
(33).

   L'épidémie cessa, mais la prospérité matérielle ne fut pas retrouvée.

   Après 1520, le schéma figurant l'évaluation du setier de froment n'est plus guère qu'une ligne verticale
(34), dont les sources narratives et diplomatiques confirment l'allure inquiétante (35).

   En novembre 1521, une « keure » est publiée à Saint-Trond qui défend d'exporter l'épeautre en dehors de la franchise
(36). Quelques mois plus tard, des festivités sont supprimées en raison de la cherté de vie (37). D'ailleurs, dès avant le 31 mars 1522, Érard interdit toute exportation en formulant contre les délinquants des peines très graves : confiscation des véhicules (charrois ou bateaux) et exil de 10 ans (38). Les Dinantais sont autorisés à exporter s'il y a « grosse quantité et provisions de grains plus qu'il n'y faille » (39). Les États déplorent le « cher temps » (40).

   A la fin juin 1523, des gelées détruisent vignes et céréales et, dès novembre, le froid ruine encore les productions tardives. Au printemps de 1524, l'orge remplace le froment dans les campagnes (
41) . La disette grandit. Les pouvoirs multiplient les précautions, mandements et interdictions. Le 10 mai 1524, les officiers des métiers délibèrent à Liége avec le magistrat sur les mesures à prendre contre la vie chère. Ils prohibent toute tentative d'accaparement (42). Comme en toute époque calamiteuse, l'on cherche un secours dans les prières et processions. L'on supplie Dieu de mettre un terme aux fléaux « assavoir ghuerre, pestilence et cher temps dont procède famine » (43). Le prix du grain augmente toujours (44).

   Pour arrêter les fraudes, Érard détermine le poids légal du pain et prescrit aux boulangers d'y apposer leur marque personnelle
(45). A Dinant, le prix et la sortie des grains sont réglés au nom du prince et du magistrat. Afin d'éviter la hausse qui « est un grant préjudice du bien publicque » l'on interdit l'achat des céréales au dehors « synon tant seulement pour sa provision raisonnable » (46). Mais ces termes font l'objet d'une interprétation complaisante. Aussi les précise-t-on l'année suivante : l'on ne peut acheter des vivres que pour une semaine « affin que les povres gens puissent être servis et pour éviter les abbus que les recoppeurs font journellement pour faire le chere temps » (47).

   A Liége, prince, magistrat et clergé établissent en 1528 le prix des grains. Ils ordonnent à ceux qui en possèdent au delà de leurs besoins de les vendre au prix fixé et en tenant compte du dernier tarif monétaire
(48). Ces stipulations devaient être reprises en 1531, à la veille de la Mutinerie des Rivageois. Avant d'étudier celle-ci, l'on doit indiquer la gradation continue du prix des céréales : en 1528, le muid d'épeautre est « effractionné » à 1 florin 15 sols, en 1529 et 1530 à 2 florins, en 1531 à 2 florins 5 sols (49). Ces chiffres sont théoriques --- et au-dessous de la réalité. Tels quels, ils montrent le renchérissement progressif qu'expliquent la crise monétaire, les luttes des pays voisins, les incursions pillardes, les hivers prolongés, les épidémies fréquentes, enfin les fraudes d'individus peu scrupuleux.

   La Marck a lutté contre ces éléments. Il n'a pas toujours été vainqueur, mais son action n'a rien perdu de son énergie initiale.

*
*        *

   C'est en 1531, semble-t-il, que la crise économique atteint son paroxysme (50). Partout, le blé est rare et cher (51). A Liége, l'exode continuel des grains (52) provoque bientôt un renchérissement et amène le magistrat à de rigoureuses mesures : personne n'aura du blé au delà de ses propres besoins, le surplus doit être cédé à prix fixe et l'exportation n'en est permise que dans la banlieue liégeoise et sur les domaines voisins de l'Empire (53).

   Mais l'on fait bientôt fi du mandement. Le grain se payant ailleurs un prix très élevé, on exporte toujours
(54). La provision liégeoise s'épuise vite et la carence de blés suscite une émeute : c'est la « Mutinerie des Rivageois ».

   Le dimanche 2 juillet 1531, les Rivageois s'insurgent
(55). Ceux deTilleur, donnant le signal, rallient Jemeppiens et autres (56). Dès 3 heures de l'après-midi, on organise à Liége la résistance. Un des bourgmestres va vers les mutins. Ils déclarent qu'ils veulent des grains et l'observation des édits. On ne les calme qu'avec peine en promettant d'écouter leurs revendications et en leur glissant « pour aller boire » quelques pièces d'or (57).

  
Après avoir campé aux portes de l'abbaye du Val Saint-Lambert et s'y être repus aux frais des moines, le lendemain 3 juillet, à l'aube, les mutins augmentent leur contingent par des recrues prises à Seraing, Flémalle, Chocquier, Ramey, Souxhon, Mons, GrâceBerleur, Hollogne, Sclessin et Ougrée
(58). Dès avant 8 heures, ils se concentrent à la Croix d'Herbise. Leur nombre dépasse bientôt 3000 hommes. L'élément féminin ne manque pas ! Là, ils esquissent leur programme (59).

   Mais le comte d'Aremberg, homme pacifique
(60), Richard de Mérode et quelques autres viennent vers eux pour les calmer. Vaine tentative ! Il s'en faut de peu que les mutins - après avoir exprimé leurs griefs - ne réussissent à forcer la porte de la ville (61). Bientôt leurs réclamations parviennent au magistrat (62).

   Quelles sont-elles ?

   Les séditieux réclament le maintien des privilèges et franchises, la mise en liberté du hallebardier Jean Albert, jugé innocent par les échevins de Maestricht
(63). Ils veulent que le cri du perron relatif à l'état économique soit observé, que l'on visite les greniers, que l'on ne vende plus le grain au delà d'un maximum établi et que chacun n'ait que la provision nécessaire (64). Enfin, ils expriment le désir d'être jugés par la haute cour séculière de Liége et non par l'Official.

   En attendant une réponse ils pillent les faubourgs. Cependant, clergé et pouvoirs laïcs se consultent
(65). Le moment est critique. On craint que les « maulvais garsons et mutins de la cité » se joignent aux rebelles (66). Gilles de Blocquerie propose une solution aussitôt adoptée : tous les greniers seront visités et les grains mis en vente au prix fixé; boulangers et brasseurs devront observer les ordonnances ; chacun ne gardera que l'indispensable ; si les grains manquent, une somme d'argent sera consacrée à l'achat de denrées pour la cité et la banlieue (67).

  
Quant à la justice, toute procédure est momentanément suspendue ; l'official se règlera désormais « selon les paix faites »
(68). Jean Albert est délivré.

   Vers le soir, des ambassadeurs liégeois, parmi lesquels se trouvait Guillaume de Meef, transmirent ces décisions aux révoltés. Alors « la plus grande partie se commensat à séparer et retirer vers leurs maisons »
(69). Virtuellement, l'épisode était fini.

   Mais le magistrat avait dépêché un courrier vers Bruxelles, mandant à la Marck de vouloir bien revenir au plus tôt. Dans l'entretemps, les divers pouvoirs gardaient les portes, tours et murailles. On surveillait le marché. La nuit venue, on allumait partout de grands feux
(70).

   La visite des greniers révéla qu'ils étaient fort « despourveus ». Six mille florins liégeois, payés mi-partie par le clergé et mi-partie par la ville, furent aussitôt consacrés à l'achat de grains bientôt revendus à un prix inférieur à leur coût
(71).

   Le 10 juillet, Érard rentre à Liége
(72).

   Le lendemain, en une réunion plénière, il prend la parole et stigmatise « par belles et vives raisons » l'horreur de la révolte. Les crimes des Rivageois sont un outrage à Dieu, à la Majesté impériale, au prince-évêque, à la cité, au clergé, à tout le pays ! Ils méritent châtiment.

   La Marck demande aux bourgmestres de convoquer les XXXII Métiers pour statuer sur la punition mais termine par une parole de paix, promettant l'appui de ses finances personnelles si l'emprunt récent ne suffit pas
(73).

   Les métiers se réunissent le 12 juillet, Ils demandent que les « émovateurs » de la sédition soient privés de franchises et châtiés, que les ordonnances économiques soient maintenues, que les gens d'église payent les gabelles
(74) et que l'Official n'empiète plus sur la justice séculière (75).

   La Marck apprécia peut-être ces délibérations mais n'en fut pas pleinement satisfait. Il voulait un châtiment complet.

   Le dimanche 16 juillet, il assemble la généralité urbaine et insiste encore sur le caractère répréhensible de la mutinerie. C'est alors que la généralité « fist et ordonna la manière des dites correction et punition »
(76).

   Les fauteurs du soulèvement, qui ont recruté les riverains et formulé le programme de la conjuration, perdent tous leurs biens meubles et immeubles. Leurs maisons seront abattues. Quant aux rebelles volontaires, ils achèveront la chaussée Sainte-Marguerite, payeront au profit de la cité une grosse somme d'argent et feront amende honorable, le 1er août. Ils sont privés, leur vie durant, de toute liberté. Une simple amende est infligée à ceux que la crainte et les menaces ont poussés
(77).

   Le lendemain, Guillaume de Meef fait connaître cette sentence, parcourt les villages, ordonnant aux mayeurs de faire une enquête au sujet des coupables
(78). Au jour fixé, les noms des meneurs sont transmis à Liége (79). Mais la Marck veut se saisir des mutins. Le 23 juillet, il mande aux bourgmestres que, pour savoir « le fond et motif de ceste conspiration » il doit tenir les chefs du soulèvement. Les bourgmestres obéissent. Ils assemblent leurs sujets pour s'emparer des têtes de la révolte. La tentative réussit en partie : 12 sur 40 sont saisis et amenés à Liége (80). On les interroge. Finalement, ils sont condamnés à mort et exécutés, les uns le 27, les autres le 29 et le 31 juillet.

   Toutefois, la répression de la mutinerie n'est pas la seule préoccupation souveraine. Il faut obvier aux difficultés économiques. Le 30, Erard convoque une réunion générale et y fait lire les ordonnances rédigées pour le bien de tous
(81).

   Personne ne pourra plus désormais, même en vertu des licences antérieures, vendre des grains aux étrangers ou aux revendeurs ; les brasseurs et boulangers n'exigeront plus un prix exorbitant pour la cervoise et le pain ; les tavernes licencieuses seront supprimées ; les étrangers « povres gens et bannis » doivent quitter la cité endéans les trois jours et les doyens des métiers ne peuvent pas les accueillir. Ces ordonnances sont approuvées
(82).
   Le même jour, les mayeurs intéressés reçoivent le décret relatif à l'amende honorable des mutins. Celle-ci a lieu le 1er août.

   Vers les 9 heures, les séditieux en chemise, tête et pieds nus, la corde au cou, traversent la cité où se presse une foule curieuse et se prosternent aux pieds de leur prince qui siège à la cathédrale. Puis ils continuent leur pèlerinage humiliant en face du magistrat et des citoyens. Ils sortent enfin par la porte d'Avroy où le bourreau, l'épée nue, leur rappelle en une attitude suggestive la victoire et aussi la miséricorde souveraines
(83).

   La Mutinerie des Rivageois était liquidée. Le 3 août, la Marck retournait à Bruxelles
(84).

  L'épisode ne réclame pas grand commentaire, encore qu'il soit utile d'en dégager certains traits.

   Les causes du soulèvement ?

   Certains esprits tendancieux ont vu là un spécimen des luttes de conscience de l'époque
(85). Pour eux, les mutins sont hérétiques (86). Rien de tel dans le récit du greffier qui n'eût pas manqué d'accabler les Rivageois sous le poids de cette accusation, si elle avait offert la moindre vraisemblance.

   Une autre interprétation fut proposée par Daris. A ses yeux, la mutinerie de 1531 pourrait se rattacher à l'opposition des princes protestants ligués à Schmalkalde le 30 décembre 1530 contre Charles-Quint. Ces princes envoyèrent des émissaires au Roi de France, pour réclamer son appui. Daris suggère que ces ambassadeurs ont peut-être contribué à l'insurrection
(87). La même remarque s'impose : dans la narration de Guillaume de Meef rien n'indique l'influence étrangère.

   Au contraire, le caractère purement économique de la rébellion paraît manifeste.

   Les faits externes et antérieurs au conflit l'établissent : le renchérissement du XVIe siècle, les difficultés liégeoises, la cherté de 1531 et les ordonnances du magistrat. On peut ajouter encore la révolte des mêmes Rivageois en 1491, pour une même disette « propter intolerabilem famem »
(88). Enfin, les traits dominants de la révolte sont significatifs : réclamations des mutins à Jean Viron et au comte d'Arembergh, griefs au magistrat, délibérations des autorités liégeoises, visite des greniers, achat de grains, « sieulte » des métiers, et, finalement, ordonnance princière dont tous les articles sont d'ordre économique (89).

   Il y a bien quelques éléments adventices. Les séditieux cherchent toujours à multiplier leurs griefs pour légitimer leur révolte.

   La demande relative aux franchises est naturelle. Quant à la question du hallebardier, elle constitue un point de contact entre les mutins et le comte d'Arembergh et une plainte judicieuse à l'égard de la procédure liégeoise
(90). Peut-être est-ce à un ordre d'idées analogue qu'il faut rattacher les griefs contre l'official : la délibération des métiers montre qu'il y avait eu des abus (91).

   Mais la mutinerie reste un soulèvement économique. Soulèvement de peu d'importance : il débute le 2 juillet dans la matinée et cesse le lendemain, à la nuit tombante. C'est le fait de 900 nécessiteux à l'humeur brouillonne
(92).

   La physionomie de l'événement fut défigurée par sa répression. Combien celle-ci est significative
(93). La Marck s'en occupe pendant plus de 20 jours tant il la veut impressionnante. Il lui faut la mort des meneurs et, comme en 1540 Charles-Quant à Gand, l'amende honorable des autres séditieux. Ces têtes coupées, ce repentir public révèlent que personne n'ose plus désormais s'élever contre sa volonté.

*
*        *

   Quelques détails suffiront pour indiquer ce que furent les années 1531-1538.

   Après la mutinerie, les commerçants abandonnèrent bientôt les édits relatifs au trafic des grains. A en croire les « Gesta Pontificum », le cardinal octroya le libre commerce des céréales, pourvu que personne ne l'utilisât pour un monopole et ne remplît ses greniers afin de revendre ensuite le grain à un prix exorbitant
(94). Un acte du Cartulaire de Dinant rejoint l'assertion de Chapeaville. Le 7 septembre 1531, les prescriptions de 1526 sont renouvelées, hormis le 3e article qui défendait le trafic des céréales (95).

   A Liége, une sensible décrue se marque dans l'évaluation du froment et de l'épeautre. Les tarifs du clergé de Saint-Lambert se maintiennent à un chiffre normal : le muid d'épeautre est évalué à 1 florin 121/2 sols en 1532, 1 florin 15 sols en 1533, 1 florin 14 sols en 1534, 1 florin 17 sols en 1535
(96). Mais il est permis de croire que cette « effraction » annuelle ne montre pas la vraie situation. Sans parler de la peste qui suscite en 1532-1533 plusieurs mises en quarantaine déplorables, il est avéré que l'exportation abusive recommence : le 8 novembre 1533, Érard prohibe de nouveau les échanges, réitérant les peines applicables aux infractions (97).

   Bientôt, la cherté de vie se manifeste par le chiffre des effractions : le muid d'épeautre est évalué par le chapitre cathédral à 2 florins 81/2 sols en 1536, 2 florins 6 sols en 1537, 2 florins 10 sols en 1538 et 1539
(98). A peu de chose près, c'est le taux de 1531. Ainsi le règne se clôt sur une situation malaisée (99).

  
Qu'en faut-il conclure ?

   Les sources narratives et diplomatiques témoignent d'une crise de vie chère, mais on la démarquerait en l'isolant de l'histoire mondiale et de certains traits d'histoire liégeoise révélateurs d'une vie active - notamment, le développement industriel, la restauration des forteresses, l'efflorescence artistique. Quant au rôle de la Marck, il est manifeste. Comme Charles-Quint dans les Pays-Bas, l'évêque tâche de résoudre les difficultés. Il le fait sans relâche. S'il n'obtient pas un plein succès, c'est que la stabilité économique de la principauté ne dépend ni d'elle seule, ni de son seul prince.


(1)   Pour ce dernier point, voyez supra, chap. 1. backtopp.gif (65 octets)

(2) Voyez FAIRON dans Mélanges Pirenne, t. 1, p. 153, le schéma cité. backtopp.gif (65 octets)

(3) BV.L., Chronique manuscrite, n° 425, fol. 279v°. backtopp.gif (65 octets)

(4) Voyez à cet égard B.S.M.H., t. XXIII, p. 6o. backtopp.gif (65 octets)

(5)
 
PIOT Cartulaire de Saint-Trond, t. II, p. 5oo. Cet acte du 11 décembre 1506 n'est qu'une confirmation d'un acte de Louis de Bourbon (ibidem, t. II, p. 384). Remarquons que les prédécesseurs d'Érard avaient aussi parfois défendu d'exporter. Voyez O.P.L., 1re série, pp. 763, 818. DE RAM, o. c., p. 817. backtopp.gif (65 octets)

(6) BRUSTHEM, o. c., p. 22 , « circa festum Sancti Martini », (11 novembre).  backtopp.gif (65 octets)

(7) BARTOLLET, o. c., n° 394, Acte du 2 octobre 1507. backtopp.gif (65 octets)

(8) LAMEERE, Rec. Ordonn. des Pays-Bas, t. II, 1, p. 31 (28 août 1507) backtopp.gif (65 octets)

(9) Pour ce terme, voyez BUCHER (trad. HANSAY), Etudes d'histoire et d'économie politique, pp. 98 sqq. backtopp.gif (65 octets)

(10) CHAPEAVILLE, o. c., t. III, p. 242.  backtopp.gif (65 octets)

(11) FAIRON, schéma cité. backtopp.gif (65 octets)

(12) CHAPEAVILLE, o. c., t. III, p. 248. A titre comparatif, voyez, pour la France, les nombreux documents publiés dans Histoire générale de Paris. Registre des délibérations du bureau de la ville de Paris, t. 1 (1883), pp. 148, 150, 172, t. II (1886), pp. 16, 28, 54, 58-59, 128, 132-134, 140, 217-225-226, 257. backtopp.gif (65 octets)

(13) CHAPEAVILLE, o. c., t. III, p. 251. backtopp.gif (65 octets)

(14) BRUSTHEM, o. c., pp. 44, 49. backtopp.gif (65 octets)

(15) BRUSTHEM, o. c., pp. 51-52. Les gelées de la fin janvier ont été particulièrement rigoureuses. Voyez ibid., pp. 49-50. backtopp.gif (65 octets)

(16) Pour la culture de la vigne, voyez J. HALKIN, Le bon métier des vignerons de la cité de Liége (Liége, 1895). J. HALKIN, La culture de la vigne en Belgique dans B.S.A.H., t. IX, pp. 1-146. backtopp.gif (65 octets)

(17) BRUSTHEM, o. c., p. 64.  backtopp.gif (65 octets)

(18) Ibidem, p. 52. backtopp.gif (65 octets)

(19) Le muid d'épeautre vaut 238 I. 51 cl. Voyez aussi, à propos de Saint-Trond, un acte du 28 novembre 1513 dans STRAVEN, o. c., t. II, pp. 289-290.   backtopp.gif (65 octets)

(20) BARTOLLET, o. c., n° 336, Acte du 2 décembre 1516. backtopp.gif (65 octets)

(21) Ibidem, n° 367. Acte du 22 aoùt 1517. Voyez un même exemple sous Jean de Hornes, le 24 octobre 1505, n° 393. backtopp.gif (65 octets)

(22) Ibidem, Acte du 17 août 1518, n° 337. Cette division tripartite de l'amende était traditionnelle. backtopp.gif (65 octets)

(23) BORMANS,
Cart. de Dinant, t. III, pp. 211-216. backtopp.gif (65 octets)

(24) VAN HOU TT E, Documents pour servir à l'histoire des prix de 1381 à 1794, dans A.R.B., in-4° de la C.R.H., 1902. H. DENIS, Les Index-Numbers au XVI` siècle en Flandre, dans Annales de l'Institut des Sciences Sociales, 6e année (1900) pp. 22 sqq. backtopp.gif (65 octets)

(25) D'AVENEL, Histoire économique de la propriété..., 2 vol. (Paris, 1894) notamment au tome II, pp. 477-485. DELOCHE, La crise économique au XVI° siècle et la crise actuelle, Paris, 1922. backtopp.gif (65 octets)

(26) JANSSEN, L'Allemagne et la Réforme, t. I, pp. 380 sqq.   backtopp.gif (65 octets)

(27) C'est la date proposée par LEVASSEUR, o. c., t. II, p. 58. backtopp.gif (65 octets)

(28) BORMANS,
Cart. de Dinant, t. III, pp. 210-211. backtopp.gif (65 octets)

(29) Voyez B.S.M.H., t. XXII, p. 105. backtopp.gif (65 octets)

(30) CHAPEAVILLE, o. c., t. III, p. 260. backtopp.gif (65 octets)

(31) STRAVEN, o. c., t. II, pp. 330-342, passim. BRUSTHEM, o. c., p. 68 backtopp.gif (65 octets)

(32) BRUSTHEM, o. c., p. 68. backtopp.gif (65 octets)

(33) B.I.A.L., t. XI, pp. 275 sqq. Acte daté de Curange, 10 octobre 1519. Voyez CHAPEAVILLE, o. c., t. III, p. 260.  backtopp.gif (65 octets)

(34) FAIRON, dans Mél. Pirenne, t. l, p. 153. backtopp.gif (65 octets)

(35) Retenons que dès 1519 les ordonnances brabançonnes interdisaient l'exportation des grains. A. HENNE, o. c., t. III. pp. 17 sqq. LAMEERE, Rec. Ordonnances des Pays-Bas, II, 2, pp. 43, 122, 131. backtopp.gif (65 octets)

(36) STRAVEN, o. c., t. II, pp. 342-343. backtopp.gif (65 octets)

(37) STRAVEN, o. c., t. II, pp. 343-344. Notons ce trait du texte lui-même : « Alsoe nu den tijt zeer diere is ». backtopp.gif (65 octets)

(38) CHAPEAVILLE, o. c., t. III, p. 278. Un acte du cartulaire de Dinant confirme le texte des « Gesta Pontificum » et permet de dire : avant le 31 mars 1522. Voyez note suivante. backtopp.gif (65 octets)

(39) BORMANS,
Cart. de Dinant, t. III, pp. 217-219. backtopp.gif (65 octets)

(40)  A. C. de Saint-Trond, Procès-Verbaux d'États, 30 juin 1522. backtopp.gif (65 octets)

(41) BRUSTHEM, o. c., p.76. CHAPEAVILTE, o. c., t. III, p.290. A titre comparatif, voyez la remarque faite par HENNE, o. c., t. IV, p. 5, note 2. backtopp.gif (65 octets)

(42) FAIRON, Cartulaire de la Cité. Acte du 10 mai 1524. backtopp.gif (65 octets)

(43) BORMANS,
Cart. de Dinant, t. III, p. 224. Voyez aussi STR.AVEN, o. c., t. II,. p. 303. backtopp.gif (65 octets)

(44) Au dire de BRUSTHEM, les grêles de 1526 ont sérieusement nui aux moissons (o. c., p. 80). backtopp.gif (65 octets)

(45) CHAPEAVILLE, o. c., t. III, p. 291. backtopp.gif (65 octets)

(46) BORMANS,
Cart. de Dinant, t. III, pp, 226-227. backtopp.gif (65 octets)

(47) Ibidem, p. 230. backtopp.gif (65 octets)

(48) CHAPEAVILLE, o. c., t. III, p. 295. backtopp.gif (65 octets)

(49) DARIS, Notices..., t. XVII, pp. 163 sqq. VLIERDEN, o. c., p. 204. backtopp.gif (65 octets)

(50) La Mutinerie des Rivageois est connue dans ses moindres détails par la chronique de Guillaume de Meef, greffier de la cité en 1531. C'est cette source que nous suivrons comme la plus complète et la plus fidèle ; son auteur s'y révèle excellent au point de vue de la matérialité des faits. Toutefois, sa mentalité enveloppe son oeuvre  : de Meef ne voit dans les Rivageois que des mutins et dans la crise économique plutôt un prétexte (édition POLAIN, Liége, 1835. aux pp. 5, 15, 16, 22 et 23, etc...). BRUSTHEM ne donne pas la moindre mention « ad annum 1531 », o. c., pp. 90-92. Il sera presque inutile de citer Chapeaville qui semble inspiré du greffier. Sur Guill. de Meef, cf. FAIRON, Carl. de la Cité. à la date du 7 nov. 1522, la nomination de Guill. comme souverain greffier de Liége, cf. surtout De BORMAN, Les Echevins de la Souv. Justice de Liége, t. Il, pp. 123-126. backtopp.gif (65 octets)

(51) Pour la France, D'AVENEL, o. c., tableau cité (t. II, pp. 477 sqq.). VAN HOUTTE, o. c., loc. cit. Un coup d'oeil attentif sur les tableaux des prix (feuille C) montre qu'à Bruges, Gand, Courtrai, Furnes, Ypres, Alost, les prix du froment, de l'avoine et de l'orge augmentent beaucoup au XVIe s. ;  à la date de 1531, ils sont loin d'être ce qu'ils étaient en 15oo; ils ont presque doublé. backtopp.gif (65 octets)

(52) Il y a ici une légère différence entre de Meef et Chapeaville. Le premier parle de 1300 à 1400 paysans sortant avec leur charge, par le pont d'Amercoeur (o. c., p. 3) : le second nous représente 13 ou 14 chevaux passant par la porte d'Avroy (o. c., t. III, p. 304). Chapeaville aurait-il eu une autre source d'information ? Cette seule divergence n'autorise pas de conclusion définitive. backtopp.gif (65 octets)

(53) DE MEEF, o. c., p. 4 : 30 aidans le setier de froment : 28, le setier de wassent (= seigle) et 5 florins liégeois le muid d'épeautre. CHAPEAVILLE (o. c., t. III. p. 305) reprend ces chiffres, mais donne 6o aidans pour le setier de froment Remarquons aussi la grande distance entre le tarif fourni par de Meef pour l'épeautre et les effractions du clergé de Saint-Lambert (supra, p. 104). L'un des chiffres nous paraît représenter le prix pratique, l'autre, l'évaluation théorique. backtopp.gif (65 octets)

(54) DE MEEF (o. c., p. 5) ne dit pas textuellement que les Liégeois exportent des grains; CHAPEAVILLE l'affirme (o. c., t. Ill, p. 305) Cette divergence nous paraît de pure forme car il y a quelque raison de lire dans de Meef ce que Cliapeaville y a lu. backtopp.gif (65 octets)

(55) Ils n'avaient pas été plus calmes avant cette date, voyez DE RAM, o. c., p. 107 (épisode de 1491). backtopp.gif (65 octets)

(56) DE MEEF, o. c., p. 5. On appelait  « Rivageois » les habitants riverains de la Meuse. [Voyez GOBERT, Rues de Liége, t. III, pp. 397 sqq  :  la Rue des Rivageois].  Remarquons qu'ici le terme prend une assez large acception : il y aura parmi les mutins des habitants d'Ans, Montegnée. backtopp.gif (65 octets)

(57) DE MEEF, o. c., p. 6-7. Ce geste tend à faire croire que, jusqu'alors, les mutins n'étaient pas nombreux. backtopp.gif (65 octets)

(58) Ces localités se trouvent en amont de Liége et sont parfois assez éloignées de la Meuse. backtopp.gif (65 octets)

(59) DE MEEF. o. c., pp. 13-18. Cet auteur dit que les mutins rédigèrent alors leurs demandes écrites (o. c., p. 15). Chapeaville dit qu'il parut bon au magistrat de réclamer une pétition écrite (o. c., t. III, p. 3o6). Les deux idées me sont pas contradictoires. backtopp.gif (65 octets)

(60) Il fut envoyé plus d'une fois en mission délicate. Voyez CHESTRET DE HANEFFE, o. c.. pp. 122-125. DE BORMAN, o. c, t. II, pp. 421-422. backtopp.gif (65 octets)

(61) DE MEEF, o. c., pp. 15-17. backtopp.gif (65 octets)

(62) DE MEEF, o. c., pp. 20 sqq. backtopp.gif (65 octets)

(63) Ceci tend à faire croire que les mutins ont au moins revisé leur programme, lors de l'entrevue avec le comte d'Aremberg. Ils cherchaient un point de contact : l'affaire du hallebardier le fournit puisque d'Arernberg lui-même en demandait la mise en liberté. backtopp.gif (65 octets)

(64) Notons que les mutins demandent encore une diminution du prix comparé à celui de la fin mai : elle est de 6 aidans par setier de froment et de seigle. backtopp.gif (65 octets)

(65) MEEF, o. c., p. 25. Érard était à Bruxelles. backtopp.gif (65 octets)

(66) Ibidem.  backtopp.gif (65 octets)

(67) Ibidem, p. 27. backtopp.gif (65 octets)

(68) Ibidem. backtopp.gif (65 octets)

(69) Ibidem, p. 29. backtopp.gif (65 octets)

(70) Ibidem, p. 31. backtopp.gif (65 octets)

(71) Ibidem, p. 33. A titre comparatif, notons qu'en 1565 l'administration de Limoges vendit aussi aux habitants du blé à un prix inférieur au prix de revient, DELOCHE o. c., p. 16. backtopp.gif (65 octets)

(72) Ibidem, p. 36. backtopp.gif (65 octets)

(73) Ibidem, pp. 36-37. backtopp.gif (65 octets)

(74) Voyez à cet égard les remarques faites supra, p. 85 et qui visent la même époque. backtopp.gif (65 octets)

(75) MEEF, o. c., pp. 39 sqq. backtopp.gif (65 octets)

(76) MEEF, o. c., p. 46. backtopp.gif (65 octets)

(77) Ibidem. backtopp.gif (65 octets)

(78) Voyez le document dans MEEF, o. c., pp. 52-53. backtopp.gif (65 octets)

(79) Voyez ibidem, p. 55, la liste des noms. backtopp.gif (65 octets)

(80) Il y a 40 noms sur la liste donnée par MEEF à la page 55 et non 35 comme l'a écrit POLAIN dans Messager des Sciences et des Arts (1835), p. 16. backtopp.gif (65 octets)

(81) MFEF, o. c., pp. 65 sqq. backtopp.gif (65 octets)

(82) Le 2 août Erard reprit les éléments de eette ordonnance dans un mandement adressé à tous les officiers. MFEF, o. c., pp. 76-79. backtopp.gif (65 octets)

(83) MEEF, o. c., pp. 74 sqq. backtopp.gif (65 octets)

(84) lbidem, p. 79. Il fut reparlé plus tard des Rivageois. Le 26 septembre 1532, le magistrat examina une requête d'habitants en Avroy qui se plaignaient d'avoir fait amende honorable sans avoir participé à la mutinerie. (FAIRON,
Cart. de la cité, date citée). Le 26 mai 1533 on fit grâce à Pierre Hoddin de Jemeppe impliqué dans la rébellion (FAIRON, ibidem). Enfin en 1543 Corneille de Berghes rendit aux Rivageois leurs franchises à cause de leurs services pour les fortifications de la ville (B.V.L., Chronique de Greg. Sylvius, manuscrit 133, fol. 167ro). backtopp.gif (65 octets)

(85) LENOIR, Histoire de la Réformation dans l'ancien Pays de Liége, pp. 11 sqq. (Bruxelles, 1861). RAHLENBECK, L'Eglise de Liége et la Révolution (Bruxelles, 1862,) note p. 46. backtopp.gif (65 octets)

(86) PIRENNE,
Hist. de Belgique, t. III, p. 163, note 2, IV, p. 294. backtopp.gif (65 octets)

(87) DARIS, o. c., p. 31. backtopp.gif (65 octets)

(88) DE RAM, o. c., p. 107.
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(89) On en pourrait trouver encore quelque preuve dans l'histoire générale des émeutes contemporaines de Bruxelles, Gand, Lyon. Pour cette dernière ville où la « rebeine » de 1529 semble avoir eu toutefois un certain mobile religieux, voyez l'étude de Henri HAUSER. Etudes sur la Réforme francaise (Paris, 1909), pp. 107-183, et notamment p. 154. backtopp.gif (65 octets)

(90) L'acte de Gilles de Blocquerie montre que le comte d'Arembergh demandait aussi la liberté du hallebardier. backtopp.gif (65 octets)

(91) MEEF, o. c., pp. 42-43. L'officialité liégeoise n'était pas indemne. Voyez VAN HOVE, o. c., p. 38. Elle fut réformée le 18 décembre 1532. Voyez POLAIN, O.P.L., 2e série, I, pp. 80 sqq. backtopp.gif (65 octets)

(92) La liste donnée par De Meef en appendice (chap. XV) comprend 872 noms. Il est digne d'intérêt de se demander quel fut l'élément social de la Mutinerie. Certaines précisions de la liste des rebelles permettent de penser qu'il s'est agi surtout d'ouvriers. A peu près 80 noms des mutins sont accompagnés de la profession de ceux-ci. Les épithètes ordinaires sont celles de « mareschal », « texheu », « mineur », « cherpentier », « bovier », « scrynier », « corbesier », « vigneron ». backtopp.gif (65 octets)

(93) Les « bons moyens et inventions subtiles » racontées par DE MEEF au chap. XII, pp. 57
sqq. et relatifs aux meneurs de la sédition font, par instants, penser à certain chapitre du « Prince ». backtopp.gif (65 octets)

(94) CHAPEAVILLE, o. c., t. III, p. 317. DARIS, o. c., p. 37 backtopp.gif (65 octets)

(95) BORMANS, o. c., t. III, p. 227, note 2. backtopp.gif (65 octets)

(96) VLIERDEN, Edits et Publications (1675), p. 204. backtopp.gif (65 octets)

(97) CHAPEAVILLE, o. c., t. III, p. 326 Pour la peste de 1532-1533, voyez CHAPEAVILLE, o. c., t. III, pp. 318-320. BORMANS, o. c., t. III, pp. 236-237,  250-251. STRAVEN, o. c., t. II, pp. 401 sqq. backtopp.gif (65 octets)

(98) VLIERDEN, o. c., p. 204. backtopp.gif (65 octets)

(99) Pour la période ultérieure, voyez POLAIN, O.P.L., 2° série, 1,p. 119, 141 sqq, 152. Voyez aussi dans B.S.M.H., t. XXXIX, pp. 86 sqq. une ordonnance de Georges d'Autriche, en date du 26 mai 1546 et dans Annales du Cercle hutois...,t. XIV, une ordonnance de Gérard de Groesbeeck, en date du 31 août 1566.
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17/01/2013