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Bertholet Flemalle




 

 

 

 

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 Bertholet Flemalle, autoportrait, 1663

 

 

 

 

Jules Helbig
La peinture au pays de Liège et sur les bords de la Meuse.
Liège, Imprimerie liégeoise Henri Poncelet, 1903, pp. 253 et suiv.


BERTHOLET
(Barthélemi) FLEMALLE est le plus brillant des élèves de Gérard Douffet, et comme chef d'école, on peut le considérer en quelque sorte comme son successeur. C'est lui, en effet, qui a le mieux suivi et continué les traditions du maître. Moins personnel que lui, moins énergique généralement dans les types et la coloration, Flémalle prit, dans le dessin, des allures plus classiques et une correction plus grande. Il avait aussi plus de facilité dans l'invention, et s'attachait dans la plupart de ses peintures à la recherche de la pondération dans l'ordonnance comme à l'harmonie de la couleur.

   Flémalle, à son tour, a eu des disciples, dont plusieurs ont marqué dans l'histoire de la peinture mosane ; l'un d'eux, Gérard Lairesse, a été au XVIIème siècle une illustration de premier ordre ; à un autre de ses élèves, à Guillaume Carlier, il n'a manqué qu'une vie plus longue pour atteindre, même en dehors du milieu où il se trouvait, à une célébrité méritée. Nous aurons étudier ces différents peintres après avoir fait connaître la vie de Bertholet Flémalle.

   Celui-ci est né dans une famille d'artistes, dont plusieurs se sont adonnés à la peinture sur verre, et semblent y avoir acquis une certaine aisance. Le père, Renier Flémalle (1) était peintre verrier. Le nom de fille de la mère était Agnès Soiron. Bertholet est né à Liège, paroisse Saint-André, le 26 mai 1614.

   La famille était assez nombreuse ; Bertholet était l'aîné de quatre frères, auxquels Renier Flémalle avait donné une éducation dirigée vers l'étude des arts de la musique et de la peinture. Le jeune Bertholet doué d'une voix agréable et de beaucoup d'intelligence devint enfant de chœur, dès qu'il fut en âge de suivre avec succès les leçons de la maîtrise de la cathédrale. Il y fit des progrès rapides et grâce à un talent en quelque sorte inné, il joua bientôt de différents instruments de musique. On a de tout temps aimé les enfants prodiges, et les petits talents de Bertholet lui gagnèrent bientôt les faveurs de la société où il les produisait. Il étudia en même temps avec ardeur la peinture, montrant aussi de ce côté des dispositions précoces et marquées. Il reçut les premières leçons de Henri Trippez (2) ; mais lorsque Gérard Douffet revint d'Italie, Bertholet fréquenta son atelier ; c'est, comme nous l'avons vu, ce maître qui a exercé une influence décisive sur le développement de son talent.

   Après quelques voyages dans les pays voisins, Bertholet partit à son tour pour Rome vers l'année 1638.

   Il entreprit ce voyage en compagnie de Franoois Medin, chirurgien, et de Walthère Woot, peintre.

   Son séjour à Rome se prolongea pendant quelques années ; lorsque le moment du retour fut arrivé, il s'arrêta à Florence et y peignit plusieurs tableaux qui lui avaient été commandés par le grand-duc Ferdinand III. Comme pour la plupart des peintres, nous manquons d'informations sur les travaux de Flémalle exécutés en Italie ; le seul renseignement à cet égard est un tableau cité par Vasi dans sa description du palais Corsini : Un Christ avec les Apôtres, par Bertholet, liégeois (3). Puis il partit pour Paris, où il fit un nouveau séjour. Il y reçut fort bon accueil : mis en rapport avec Pierre de Séguier, chancelier de France, celui-ci l'occupa aux peintures de l'une des galeries de Versailles. Avant de quitter Paris, Flémalle peignit une Adoration des Mages, tableau qui fut placé au-dessus de la porte des Grands Augustins. Le jeune peintre ne revint dans sa patrie que vers la fin de l'année 1647.

   De retour à Liège, il prit d'abord domicile dans les cloîtres de l'église Saint-Jean, et habita ensuite une maison voisine du choeur de cette collégiale. C'est là qu'il peignit pour le doyen de Rosen un Crucifiement conservé encore actuellement dans cette église : on. voit le donateur représenté au pied de la croix. C'est l'une des meilleures compositions de Bertholet ; il la répéta, avec de légères variantes et un autre donateur, dans une toile conservée aujourd'hui à la cathédrale de Liége.

   A cette époque, les troupes de Ferdinand de Bavière devaient mettre le siége devant la ville de Liège, et Flémalle craignant de voir les maux de la guerre s'ajouter aux troubles intérieurs dont cette ville était le théâtre, partit pour Bruxelles. Il ne tarda pas à s'y mettre au travail et fit, entre autres, un tableau représentant la Pénitence du roi Ezéchias (4) ; puis, cédant à son affection pour sa ville natale, il revint bientôt à Liège. A son retour, les héritiers de Jean Fanson, doyen de la collégiale de St-Denis, lui demandèrent un tableau pour l'autel érigé en mémoire de leur parent défunt. Bertholet peignit l'Adoration des Mages et mit son propre portrait dans cette toile (5).

   Vers ce temps, il fit un certain nombre de portraits et de tableaux de petite dimension. Le chanoine Lambert de Liverloo, prévôt de Fosses et archidiacre de Hesbaye sous Maximilien de Bavière, avait le peintre en grande affection. Il le prit chez lui et commanda à son protégé de nombreux tableaux, représentant des fêtes antiques, des bacchanales et d'autres scènes de ce genre. Bientôt le peintre, fut en pleine vogue : c'était à qui obtiendrait de ses oeuvres ; les amateurs, entre autres le bourgmestre Henri de Curtius, seigneur de Grand Aaz, beaucoup d'églises et de communautés religieuses lui demandèrent à l'envi des peintures.

   C'est ainsi qu'il peignit une Invention de la Sainte Croix, que Guillaume-Bernard de Hinnisdael, prévôt de la collégiale de Sainte-Croix, fit faire pour le maître-autel de cette église ; un tableau de grandes dimensions représentant Le Christ entre les deux larrons pour le maître-autel de l'église conventuelle du Val-Benoît ; une Circoncision pour l'un des autels latéraux, et une série de paysages avec des figures bibliques pour le chœur des Dames de la même abbaye. Un Christ mourant sur la croix pour le couvent des chanoinesses du Saint-Sépulcre, à Sainte-Agathe : un autre Christ avec la Sainte Vierge et saint Jean pour la même communauté ; la Conversion de saint Paul pour le maître-autel de la collégiale de Saint-Paul ; un Christ en Croix avec la Vierge Marie implorant sa miséricorde pour les trépassés, ainsi qu'un Purgatoire pour la Confrérie des défunts pénitents de l'église de Saint-André. Ces derniers tableaux furent placés en 1662.

   Malgré ces travaux multiples, Flémalle ne semble pas avoir oublié le culte de la musique pour laquelle, dans son enfance, il s'était senti une sorte de vocation. Pinchart a trouvé dans les archives de la cathédrale de Saint-Lambert, une note qui prouve que, même et à ce point de vue, on attachait un certain prix à ses talents. Datée du 24 octobre 1652, la note est ainsi conçue : « Messeigneurs (les Chanoines) ayant appris que le seigneur Bertholet Flémale, laisseroit pour quelques raisons de se retrouver à la musique en leur église, ont commandé à leur secrétaire del Rée, de luy dire que s'il veult s'y retrouver, qu'il leur serat fort aggréable, avec espoir de quelque avancement et promotion. » (6)

   En 1663, une Assomption de la Sainte Vierge, admirée dès qu'elle fut placée, comme l'un des chefs-d'oeuvre du maître, fut donné par les demoiselles Pereze à l'église des PP. Dominicains pour servir de retable à l'autel majeur. L'artiste avait peint cette toile, en quelque façon, en collaboration avec son élève Guillaume Carlier, auquel il avait abandonné le soin de peindre les draperies et probablement aussi plusieurs têtes. La plupart des apôtres étaient représentés sous les traits des amis du peintre. Ainsi on y trouvait les portraits de Louis de Louvrex, de Carlier, du chanoine Carmanne, de Jean Detrixhe, et enfin, celui de Bertholet lui-même.

    Jusqu'à la révolution, cette peinture passait pour une des toiles les plus distinguées et les plus caractéristiques dans l'oeuvre de Flémalle.

   Sa destinée, ou plutôt sa destruction, nous est révélée par un journal liégeois en ces termes  :


  
«Beaux-Arts. A
Liège, le chef-d'oeuvre de notre célèbre compatriote Bertholet, le tableau du maître-autel des dominicains, de 24 à 25 pieds de hauteur, a été découpé par les conducteurs des charrois, pour raccommoder les couvertures d'un fourgon.

   » Ce chef-d'oeuvre de composition et de coloris, l'Assomption de la Sainte Vierge, avait été mis de côté, d'après les principes revolutio-vandalistes, dans une écurie du palais épiscopal ; - par qui ? je l'ignore ! par un honnête citoyen bienveillant ? sans doute! » (7).

   Bertholet fit encore beaucoup d'autres peintures, parmi lesquelles il faut citer :

   Pour le maître-autel de l'église des PP. Capucins, du faubourg Sainte-Marguerite, une Nativité. Dans la composition, l'artiste a représenté la Vierge Marie penchée sur l'Enfant Jésus qu'elle allaite. Autour de ce groupe, des femmes du peuple et des bergers viennent adorer le Messie dont la naissance vient de leur être annoncée ; entre deux de ces pâtres, une fillette tient un oiseau dans sa cage dont elle fait la naïve offrande. A travers une sorte de colonnade, au fond du tableau, on aperçoit un paysage montagneux (8).

   Pour l'autel de l'église des Conceptionistes d'Outre-Meuse, une Adoration des bergers. Dans ce tableau important, on voyait les portraits d'Arnold de Butback, bourgmestre de Liège en 1655 et 1660, de sa femme Sophie Stevart, de Gilles-François de Soy, époux de Sibille-Marie de Butback, et de Marie-Catherine, sa fille. Arnold de Butback et sa femme avaient fondé l'église des Conceptionistes, dont Flémalle a orné de peintures murales le choeur, la voûte, où était représentée l'Assomption de la Vierge, et le portail, sans doute aux frais des mêmes donateurs (9).

   Pour la cathédrale Saint-Lambert, la Résurrection de Lazare, une Déposition de la Croix et un Saint Lambert au monastère de Stavelot, priant à genoux devant la Croix. Ce dernier tableau a été exécuté en mémoire d'Egon de Furstenberg, chanoine de Liège, doyen de Cologne, et, plus tard, évêque de Strasbourg. Ces peintures ornaient deux autels sous le jubé de la cathédrale (10).

   Pour la petite église de Notre-Dame aux Fonts, une Conception de la Sainte Vierge, donnée par le commissaire de Harenne, et un Saint Charles Borromée, donné par Charles de Coninx, chanoine de Saint-Martin (11).

   Au mois d'octobre 1670, Bertholet se rendit à Paris afin d'y mettre en place une grande toile destinée à décorer le plafond de la chambre d'audience du roi aux Tuileries. C'était une composition allégorique, représentant La Religion protégeant la France. La Religion tenant en plains le portrait de Louis XIX, apparaissait entourée de figures portant les symboles de la France, tels que l'oriflamme, la sainte ampoule, l'épée, l'écu aux armes de France, etc. (12).

   Avant d'être envoyée à Paris, cette toile fut exposée à Liége, au plafond de la chapelle des Clercs, où elle a été jugée très favorablement par les compatriotes du peintre. Elle eut également beaucoup de succès à Paris, et son auteur fut, à l'occasion de cette oeuvre, reçu membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture. Il obtint ce titre par le crédit du chancelier Séguier et de Colbert, intendant des finances, le 14 octobre 1670 ; deux jours après, il fut nommé professeur à la même institution (13).

   Le 12 décembre de la même année, il obtenait de Maximilien de Bavière, une prébende à la collégiale de Saint-Paul. Déjà, le 3 juillet 1655, il avait été nommé chanoine de Saint-Gilles, ou de la Petite Table à Saint-Lambert, par démission dé Grégoire Warnotte. A sa demande, Bertholet fut dispensé de la tonsure.

   Notre peintre fit ensuite plusieurs travaux pour le même prince, entre autres une composition allégorique, où le portrait de ce prélat apparaît avec les figures de la Religion et de la Science. Il fit les portraits d'autres personnages de distinction, parmi lesquels il faut citer le comte de Monterey, gouverneur des Pays-Bas. Vers la fin de sa carrière, il ébaucha une grande composition du Martyre de saint Lambert, destinée au maître-autel de la cathédrale, et une Debora, mais ces tableaux restèrent inachevés et furent vendus aux enchères avec d'autres ébauches après la mort du peintre. Ses dernières peintures furent deux tableaux qu'il exécuta pour Hodeige, curé de Saint-Nicolas. L'un représentait une Déposition de la Croix, et l'autre l'Institution de la règle des Prémontrés par saint Augustin.

   Bertholet Flémalle avait le travail remarquablement facile ; son pinceau a été extrêmement productif. A l'énumération déjà longue que l'on vient de lire, il faut ajouter d'autres peintures existant encore à la fin du XVIIe siècle dans les édifices de Liège. Ainsi il y avait à l'un des autels de Saint-Gangulphe un tableau représentant Saint Charles Borromée, saint Philippe de Néri et saint François de Sales ; à l'église du Séminaire, une Annonciation donnée par Dumont, président de cet établissement ; une Sainte Barbe, à l'église des Frères Mineurs ; une Sainte Rose, à celle des PP. Dominicains. Dans la chapelle des Flamands de la cathédrale se trouvait une Sainte Cécile, que Lambert Pietkin, chanoine et maître de musique à la cathédrale de Liège, avait fait placer en manière d'épitaphe ; sous ce tableau, on avait écrit, en 1674, le chronogramme suivant :Cantate et eXVLtate IVstI In DoMIno (14). Une Sainte Trinité à l'église Saint-Séverin, etc. A la fin de cette notice, nous ferons connaître un assez grand nombre de peintures qu'on ne peut contester à Bertholet, et dont les écrivains contemporains du peintre ne font aucune mention.

   L'une des œuvres les plus pures et les plus distinguées doit avoir été le tableau qui se trouvait au couvent des Chartreux, près Liège, représentant Saint Bruno, dont la reproduction a été l'objet d'une des meilleures planches de Natalis.

    Bertholet était dessinateur correct et compositeur savant. Par la nature de son talent, il semble appartenir à l'Ecole française. D'une couleur vraie, d'un sentiment contenu et souvent distingué, ses travaux pêchent plutôt par une certaine froideur que par des exagérations ou des imperfections marquées. Il fut, après Lairesse et Englebert Fisen, le plus fécond des artistes de l'ancien pays de Liège. Ses meilleures peintures et, d'après les auteurs contemporains, les plus importantes n'existent plus ou du moins ne sont plus connues sous son nom. Dans les églises de sa ville natale et dans quelques Musées, on conserve encore plusieurs de ses toiles ; tout le reste de son oeuvre a disparu.

   Son activité toutefois ne se borna pas à l'art de la peinture. Nous savons déjà qu'il était bon musicien, et, à ce titre, apprécié de son temps. Il était également architecte et ne se contentait pas seulement d'introduire dans ses tableaux des ordonnances savantes et des constructions compliquées, mais il s'est livré aussi à la pratique de l'art de l'architecture (15). On lui attribue l'église, aujourd'hui démolie, des Chartreux, de Liége. Pour l'église des PP. Dominicains de la même ville, avec lesquels notre artiste a vécu dans des relations particulièrement amicales, il avait imaginé un plan somptueux. Afin de mieux faire saisir sa pensée, et sans doute aussi pour provoquer le concours de donateurs, il fit exécuter un modèle en bois de 7 pieds de haut. Ce plan était de réalisation difficile et eût absorbé des sommes fort considérables. Cependant le choeur fut construit ; plus tard, le feu ayant pris dans la bibliothèque des PP. Dominicains, où se trouvait le modèle, il fut consumé par les flammes avec un grand nombre de volumes précieux de la bibliothèque, qui était fort ancienne.

   En 1663, le peintre se fit construire, sur les plans qu'il avait dessinés, une maison située au bord de la Meuse, au rivage Saint-Remy (16). La façade était non seulement ornée de colonnes dans le style antique, mais encore de peintures murales extérieures qui ne résistèrent pas longtemps à l'injure des saisons. Il parait qu'elle coûta 4o,ooo francs, somme très importante pour l'époque ; la construction fut trop dispendieuse pour la fortune que l'artiste avait recueillie par ses nombreux travaux. Bertholet habita peu de temps cette maison ayant un peu plus tard comme nous l'avons vu obtenu une prébende à Saint-Paul, il préféra demeurer auprès de cette collégiale. Déjà le palais qu'il s'était construit à grands frais commençait à se détériorer. Acquise après la mort du peintre par Léopold de Bonhome, bourgmestre de Liège, cette maison fut démolie en 1692, et rebâtie sur ses anciennes fondations.

   Flémalle a eu quelques élèves, dont les plus distingués sont, comme nous l'avons vu, Gérard Lairesse, Guillaume Carlier et Englebert Fisen. Il est resté célibataire. Selon le témoignage d'un contemporain, Bertholet était d'un caractère enjoué ; il avait l'humeur facile, la réplique prompte ; tempéré en toutes choses, on le trouvait froid avec ses proches et manquant de générosité envers les ouvriers : il aimait l'élégance et faisait venir ses costumes de Paris (17). Lorsqu'il obtint, dans ses dernières années, une prébende de chanoine, il reçut en même temps une dispense du Saint Père, n'étant pas assez lettré, pour lire ses heures canoniales.

   Vers la fin de sa carrière, ne travaillant plus, il tomba dans une noire mélancolie qui contrastait étrangement avec le caractère heureux et gai qu'on lui avait connu. On a prétendu que cette humeur sombre était, ainsi que sa mort qui survint bientôt, le résultat des poisons que la trop célèbre marquise de Brinvilliers aurait essayés sur l'artiste. Pendant le séjour qu'elle fit à Liège, Bertholet la voyait quelquefois, mais rien n'autorise à ajouter sa mort aux autres crimes de la marquise, laquelle, arrêtée, comme on sait, à Liége, pour répondre de ses méfaits à la justice de son pays, n'a pas, au cours de ce procès, été accusée de ce dernier crime.

   Bertholet Flémalle est mort à Liège, le 10 juillet (le 18, d'après les registres de l'Académie de Paris) 1675, à l'âge de 61 ans. Il fut enterré à l'église des Dominicains, à laquelle il avait laissé sa fortune et où, comme nous l'avons vu, reposait déjà son maître, Gérard Douffet.


(1) F Flemael, Flamael ou Flémal, nous avons adopté l'orthographe en usage pour le nom de la localité aux environs de Liège, dont, sans aucun doute, les ancêtres de l'artiste ont pris leur nom de famille. Lui-même signait Bertholet Flemal. 

(2) Henri Trippez, ou Trippet, est né à Liège, le 15 décembre 1585 ; il travailla plus de trente ans pour les églises du pays et de la ville de Liège. C'était un esprit original qui, de la façade de sa maison, située rue du Pot d'Or, s'était fait une réclame monumentale en y peignant en grisaille des rondes d'enfants et des groupes de petits génies avec les attributs des Sciences et des Arts. Au surplus, il existait de ce peintre des travaux estimables dans les églises de la ville de Liége. On citait notamment comme oeuvres de son pinceau, les retables de deux petits autels à l'église Saint-Remy ; il y avait de ses peintures dans d'autres sanctuaires du pays. Après une vie laborieuse, il est décédé à Liège, le 26 décembre 1674, paroisse Saint-Adalbert. 

(3)  Vasi, Itinéraire de Rome, cité par Ed. Fétis. Les articles belges à l'étranger, t. II, p. 377. 

(4) Guide des Amateurs de tableaux pour les écoles allemande, flamande et hollandaise, par M. GAULT DE SAINT-GERMAIN. Paris, 1818. Cet auteur assure que Flémalle fit cette peinture pour le roi de Suède, mais à cette époque il n'y avait pas de roi de Suède, le trône de ce pays étant occupé par la célèbre Christine. 

(5) Ce tableau se trouve aujourd'hui à la cathédrale de Saint-Paul. 

(6) PINCHART, Archives des arts, sciences et lettres, t. I, p 287. 

(7) Troubadour liégeois du 5 frimaire an V. (25 nov. 1796). 

(8) Cette oeuvre importante de Bertholet figure actuellement au Musée de Caen, sous le n° 109 du catalogue. Elle y a été envoyée en 1804. Mesurant 3m17 de hauteur sur 2m03 de largeur, cette peinture, selon un connaisseur français, est d'un pinceau très ferme et rappelle, pour le sentiment et le faire, Ph. de Champagne, tandis que M. Clément de Ris, auteur des Musées de province, trouve, au contraire, que ce tableau rappelle les peintres espagnols et particulièrement Ribera. Plus que dans la plupart des peintures de Flémalle, on sent, dans ce tableau, la collaboration de Carlier dont la vigoureuse coloration offre des affinités avec celle des maîtres espagnols. 

(9) Recueil héraldique des Bourguemestres de la cité de Liege, p. 433. 

(10) Le tableau représentant saint Lambert priant sous la croix à Stavelot se trouve actuellement au Musée de Lille. On ne sait ce qu'est devenu le tableau qui lui faisait pendant à l'autre autel. 

(11) Actuellement à la cathédrale Saint-Paul, à Liège. 

(12) Cette peinture importante répondait de tout point an talent de Flémalle qui aimait les ordonnances à figures nombreuses et un certain étalage de groupes superposés, a été détruite dans l'incendie des Tuileries du mois de mai 1871. 11 existe cependant une bonne esquisse du maître, peut-être le premier jet de cette composition : elle est la propriété de M. le baron de Sélys-Longchamps, à Liége.  

(13) Guide des Amateurs, etc., par GAULT DU SAINT-GERMAIN. 

(14) Ce tableau avait été plus tard remplacé par une copie ; il en existe encore plusieurs aujourd'hui : l'une appartient à M. Brahy, de Liège ; une autre se trouve à l'église de Xhignesse, près de Hamoir sur Ourthe.    

(15) C'est peut-être en sa qualité d'architecte que Bertholet Flémalle rechercha l'octroi d'un rocher de marbre noir qui se trouvait près de Theux, petite ville de la principauté. On trouve, en effet, à cet égard, l'indication suivante :
   Bertholet Flémal remontra au prince
« comment il y aurait un gros rocher au bancq de Theux dans un lieu stérile et infructueux, et duquel on n'en fait aucun profit, avec espoir d'en pouvoir tirer du traficque polir l'accommodement, tant du publicque que des particuliers, et supplia Son Altesse de lui octroyer et accorder la faculté d'y
travailler, offrant d'en rendre un ducat par an. » L'octroi fut accordé le 17 janvier 1668, pour un terme de douze ans.
   Table des registres de la Chambre des finances, publié par M. S. Bormans, cité par Ph. de Limbourg, Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XIII, p. 105. 

(16) « Un Peintre, nommé Bertolet, en fait bâtir une (maison couverte d'ardoises) au bord de la Meuse, en arrivant de Namur, qui est à l'Italienne fort galante. »
   Les voyages De Monsieur de Monconys en Angleterre et aux Pays-Bas. Suite de la seconde partie, page 240 Juillet 1663. A Paris, MDCXVC. 

(17) D'après une correspondance entre Valdor, alors à Paris, et le fils du peintre Douffet, correspondance dont les lettres originales se trouvent à la bibliothèque de l'Université de Liège, fond Capitaine, il semble que Flémalle ait fait une grosse querelle à Valdor parce que ce dernier n'avait pas, en ce qui retardait les objets de toilette, assez bien exécuté les commissions du peintre. Valdor cependant s'excuse sur ce qu'il lui aurait envoyé un chapeau de 3 à 4 écus, et tel que le roi et les princes en portaient. Il lui avait aussi envoyé la doublure d'un manteau, et si la pièce avait servi, c'était au duc de Vendôme, qui n'avait porté le manteau que cinq jours, ayant dû, le sixième, prendre le deuil du roi d'Espagne.
   La lettre est du 20 février 1666. 
 

 

 

23/01/2013