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Alphonse Le Roy.
Biographie nationale T. II pp.
86 et suiv.
publiée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-arts de
Belgique
Bruxelles, 1897. |
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BEECKMAN (Guillaume DE), seigneur de
Vieux-Sart, Montreville et Oignies, six fois bourgmestre de Liége (1608,
1613, 1616, 1618, 1623 et 1630), reçu au conseil ordinaire du prince en
1625, mourut le 29 janvier 1631. Il appartenait à une famille dont
l'importance resta considérable jusque bien avant dans le XVIIIe siècle.
Sans être précisément dans l'opulence, il n'avait pas à se plaindre de la
fortune. Son père Jean, tige des Beeckman de Vieux-Sart, qui se fixèrent
définitivement en Brabant, avait été gratifié, par donation entre vifs
(1563), de tous les biens d'un oncle maternel fort à l'aise, le P.
dominicain Sylvius, délégué par Georges d'Autriche au concile de Trente,
ensuite suffragant de Liège et évêque de Tagaste. Il épousa Marguerite de
Bau : l'aîné de ses fils, Ferdinand , fut
bourgmestre de Liége en 1654.
On manque de
renseignements sur la jeunesse de Guillaume : toutefois sa capacité
politique dut se révéler de bonne heure, puisqu'il fut honoré, dès 1605,
d'une mission officielle auprès des États généraux des Provinces-Unies (1).
Des témoignages que ses ennemis et ses partisans nous ont transmis sur son
caractère, il est permis d'inférer que les circonstances qui le firent
paraître au premier plan, beaucoup plus tard, ne le prirent point au
dépourvu, et que les fondements de son immense popularité étaient jetés
depuis longtemps, lorsque Ferdinand de Bavière célébra sa joyeuse entrée à Liége, le 27 janvier 1613.
A peine
installé, le successeur d'Ernest résolut d'étouffer une fois pour toutes le
parti des démocrates, qui avait relevé la tête sous le règne précédent. Il
obtint de l'empereur Mathias l'abolition du règlement électoral de 1603 et
le rétablissement, sauf quelques modifications, de celui de 1424, dit de
Heinsberg (2). Le but de Jean de Heinsberg avait été d'assurer au
prince une large part d'intervention dans l'élection des bourgmestres.
Vingt-deux commissaires inamovibles, six à la nomination de l'évêque, seize
au choix des trente-deux paroisses de la cité, étaient annuellement appelés,
la veille de la Saint-Jacques, à désigner dans chacun des trente-deux
métiers «
ung homme bon et ydoine »
: Ces trente-deux bourgeois s'assemblaient le
lendemain et nommaient, à la pluralité des voix,
« les deux
maistres pour l'année. »
Un tel système ne pouvait être accueilli, qu'avec la plus grande défiance
par une population en tout temps très susceptible à l'égard de ses
souverains : aussi ne fut-il consolidé qu'en 1433, après les scènes
sanglantes qui eurent pour dénoûment la défaite et le bannissement des d'Athin,
chefs des dissidents. Tour à tour suspendu et remis en vigueur, le règlement
de Heinsberg était encore debout en 1602, en dépit des murmures de la
bourgeoisie et des abus auxquels son exécution donnait régulièrement lieu
(3) ; mais alors un soulèvement populaire, provoqué par l'établissement
d'une taxe sur les boissons, prit des proportions telles, qu'Ernest de
Bavière se vit forcé d'entrer dans la voie des concessions, et finalement de
publier, le 14 avril 1603, une nouvelle constitution communale. Trois
membres de chaque métier seraient désormais désignés par le sort ; parmi ces
quatre-vingt-seize personnes, le sort en désignerait de nouveau trente-deux,
les véritables électeurs. L'effet immédiat de cette réforme fut d'apaiser le
peuple, sinon de mettre un terme aux menées des ambitieux ; en revanche, le
diplôme impérial de 1613, rétablissant le règlement de Heinsberg, ranima les
vieilles haines et souleva de si vifs mécontentements au sein des métiers,
qu'ils prirent sur eux de n'en point tenir compte : les élections de 1614
furent faites par leurs délégués. Des commissaires impériaux furent envoyés
à Liége : on n'eut aucun égard à leurs remontrances. L'empereur modifia son
rescrit, sans parvenir à le faire respecter ; la Chambre impériale de Spire,
saisie de l'affaire (4), la traîna en longueur jusqu'en 1628 et finit par
prendre une décision dans le sens du premier diplôme de Mathias. De guerre
lasse, le conseil municipal allait céder ; les métiers s'obstinèrent. A la
tête tête des démocrates était Guillaume de Beeckman, que le parti
oligarchique soupçonna dès lors de servir intentionnellement, par cette
attitude, les intérêts de la France. Susciter des tracasseries aux princes
ecclésiastiques du corps germanique, n'était-ce pas, en effet, créer
indirectement des embarras à la maison d'Autriche (5) ?
Beeckman exerçait
sur les masses un véritable prestige. On voyait en lui comme une incarnation
des antiques franchises. Bourgmestre de Liège, il est omnipotent
parce qu'il est aimé ; hors de charge, il apaise à son gré, aussi aisément
qu'il le soulèverait, le flot populaire. En 1626, un magistrat de la cité
ayant été insulté dans un dîner, à l'Aigle Noir, par le comte de
Peer, de la suite du duc de Saxe-Weimar, la bourgeoisie s'ameuta et escalada
la maison ; plusieurs gentilshommes furent blessés. Beeckman accourt ; sa
présence suffit pour prévenir de plus grands malheurs. En 1630, il garantit
de toute violence et délivre le grand-prévôt, devenu suspect pour avoir eu
quelque conférence avec Henri de Bergh, général au service d'Espagne. Les
ennemis de Beeckman, aussi acharnés que ses amis étaient fanatiques, lui ont
fait un grief de cet ascendant absolu. On a été jusqu'à dire qu'il
n'affectait une âme républicaine que pour parvenir au despotisme. Il faut
faire la part des passions du temps ; chacun voit et juge à travers son
prisme. Un manuscrit contemporain le représente comme un esprit inquiet,
tracassier et ambitieux. «
C'était, ajoute l'auteur de ce portrait, un grand politique, très-réservé,
très-emmiellé dans ses discours, et dont le zèle turbulent jeta la cité dans
le trouble et l'anarchie. Il se montrait sage ou fou, selon les occasions où
il se trouvait ; mais il faisait toujours le contraire de ce qu'il disait et
promettait ce qu'on voulait, sans se soucier de remplir ses engagements (6).
» On peut voir
dans Beeckman, tant qu'on voudra, un Gracchus liégeois ; mais de quelque
point de vue qu'on examine sa conduite, on ne saurait lui refuser l'amour
sincère et désintéressé des libertés publiques. Rien n'autorise à l'accuser
d'avoir jamais recherché des avantages personnels. --
« Si ledit
Beeckman, dit un autre contemporain, eust voulu caller voille et tenir la
partie de Son Altesse comme il tenoit la partie du commun, c'eust été riche
homme comme les autres, au lieu qu'il at dispandu le sien propre pour
maintenir les petits, desquels il estoit fort aymé.
» Beeckman eut le
privilège de passionner en sens divers tous ceux qui l'entourèrent. Il
semble que, même de nos jours, il soit impossible de parler de lui avec
indifférence : pour M. Henaux comme pour Bassenge, c'est un héros et un
martyr ; pour M. de Crassier comme pour Villenfagne, c'est un agitateur de
l'école des d'Athin.
Tandis que la chambre impériale ratifiait l'abolition du règlement de 1603,
les partisans de l'évêque, sous prétexte de garantir le pays contre les
incursions des soldats étrangers, y introduisaient nombre de gens de guerre,
lesquels ne se faisaient scrupule, ni de rançonner les habitants, ni de se
livrer à toutes sortes de déprédations. En vain le chapitre, par de belles
paroles, essaya d'inspirer confiance au conseil ; on ne pouvait croire qu'un
prince qui laissait ruiner ses surjets fît grand cas de leurs prétentions
constitutionnelles. Le bourgmestre Rausin et l'avocat Prié furent envoyés à
Vienne pour se plaindre directement à l'empereur. Celui-ci désapprouva la
conduite de Ferdinand, mais en termes vagues, d'une manière trop peu
explicite pour rassurer les esprits. Henri de Bergh parut devant Liége : le
peuple cria à la trahison. Tout ce qu'on put obtenir, c'est que les troupes
resteraient à une certaine distance de la ville. Comme on l'a vu plus haut,
ce fut Beeckman qui, dans ces conjonctures, fit relâcher le grand prévôt,
accusé de connivence avec le général espagnol.
Le temps
des élections approchant (1629), Ferdinand décréta qu'elles auraient lieu
conformément au rescrit de 1613. Le peuple désignait Beeckman : Erasme de
Chokier et Michel de Selys furent proclamés. Cette nouvelle se répand
instantanément dans toute la ville ; le désappointement, l'indignation
éclatent ; la Violette (7) est investie ; un moment de plus,
on va en venir aux armes ; les timides se barricadent dans leurs maisons
(8). Une foule tumultueuse encombre le forum ; le cri. : Vive Beeckman !
retentit de toutes parts. Enfin l'élection est déclarée nulle. Déjà les
métiers ont tenu séance et porté leurs suffrages sur le chef du parti
populaire ; Mathieu Lahaye, dit Sani, lui est adjoint. Le calme se
rétablit pour une heure ; mais de part et d'autre des protestations
s'élèvent. Il y a eu violence, irrégularité ; tout est à refaire. Le grand
mayeur, qui se tenait sur les degrés de la cathédrale, quitte brusquement
son poste ; après bien des pourparlers, Beeckman ne consent à accepter la
magistrature qu'en qualité de simple administrateur , et ce, moyennant
assurances formelles de protection. Quelques jours plus tard, l'évêque lui
fit demander les clefs magistrales : il fit d'abord résistance, mais tout
porte à croire qu'il finit par céder.
La conduite de l'administrateur
fut constamment empreinte de modération et de générosité, même dans les
moments où il ne pouvait se méprendre sur les dispositions de Ferdinand. Des
lettres fort compromettantes pour l'évêque furent interceptées : il n'y
était question de rien moins que d'une invasion de troupes allemandes, de la
déposition des magistrats, de l'arrestation et peut-être du supplice de
Beeckman (9). L'élu garda une attitude calme et digne, donna au peuple les
plus sages conseils et, au risque de le mécontenter, se contenta de renvoyer
au delà des frontières quarante soldats de la garnison de Maestricht, qui
avaient été pris les armes à la main, se livrant au pillage dans la
banlieue. Le continuateur de Foullon résume en ces termes le programme
politique de Beeckman ; on peut le livrer aux commentaires du lecteur :
«
1° Ne rien changer aux rapports de Liége avec l'empire
; 2° Prêter secours à l'empereur quand il combattra les Turcs, l'ennemi
commun ; mais en toute autre circonstance, rester neutre ; 3° Respecter les
droits et les prérogatives du prince-évêque ; 4° Ne souffrir aucune
atteinte aux privilèges, aux libertés de la cité ; 5° Contracter alliance
avec les puissances catholiques
limitrophes ; résister seulement à toute tentative hostile et tyrannique ;
6° Eviter toute guerre, notamment contre les états généraux.
»
Un commissaire impérial fut
chargé de présider aux élections de 1630. Il insinua au conseil que si les
formes prescrites par le règlement de Mathias n'étaient pas observées, la
cité serait dépouillée de ses privilèges ; il prononça le mot : ban de
l'empire. Beeckman vit l'envoyé, le reçut chez lui ; on finit par
trouver un tempérament. Les élections eurent lieu, pour la forme,
selon le désir de l'empereur. Beeckman n'ayant été qu'administrateur pendant
l'année qui achevait de s'écouler, on jugea qu'il pouvait, sans
inconstitutionnalité, être élu deux fois de suite (10). On lui donna pour
collègue un autre ami du peuple, «
nourri à son école depuis sept ou huit ans,
» l'avocat
Sébastien de La Ruelle, du conseil ordinaire. Au
fond, c'était un triomphe. Les
Liégeois laissèrent éclater leur allégresse ; Ferdinand en conçut le dépit
le plus amer. De son autorité privée, il annula les opérations électorales
(11). On n'y prit point garde, et les bourgmestres déclarèrent qu'ils se
maintiendraient au besoin par la force des armes.
Le 29 janvier 1631, moins d'un
mois après son entrée en charge, Beeckman passa de vie à trépas. Il était
souffrant depuis quelque temps ; il avait vu approcher sa fin. On rapporte
qu'au montent où il reçut la nouvelle de la mort de l'ex-bourgmestre Mathias
d'Ans, un de ses anciens adversaires politiques, il s'écria :
« Nous irons bientôt là-haut
recommencer nos querelles. »
A tort ou à raison, le peuple
liégeois crut à un empoisonnement. Le poète Lambert de Hollongnes consacra
cette tradition par les vers suivants : |
Une liqueur empoisonnée
Précipita sa destinée
Pour arrester notre bonheur.
Ainsi nous fust ravi Beeckmanne ,
Pour nous donner au lieu de manne
De l'amertume et de l'aigreur. |
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La douleur publique fut
immense : l'auréole du martyre brilla sur le front du défunt (12).
On grava son portrait avec cette légende : |
Souspirés, ô bourgoys, les grands et
les petits,
Beeckman est trépassé qui estoit vostre appuy. |
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En mars
1638, «
pour signe d'affection et perpétuelle mémoire,
» on érigea sur la
petite fontaine du Marché, entre la rue du Pont et le couvent des PP.
Mineurs, «
une figure de bronze qui représentait feu le bourgmestre De Beeckman, tenant
en sa main les armoiries des trente-deux métiers (13).
» Les
soldats de Ferdinand l'abattirent, en 1649, et firent enlever en même temps,
des chambres des métiers, les portraits de Beeckman et de La Ruelle (14).
La mort
de Beeckman fut en quelque sorte le signal de la guerre civile. Ferdinand
dissimula ses prétentions jusqu'à ce que la première effervescence fût
calmée ; mais alors ses courtisans levèrent le masque et saisirent toutes
les occasions de battre en brèche les vieilles franchises. Ces dissensions
intestines sont connues dans l'histoire sous le nom de querelles des
Chiroux et des Grignoux (15).
« La
patrie, dit un publiciste liégeois, se déchira misérablement elle-même. Le
règne de Ferdinand de Bavière est écrit en lettres de sang dans les annales
de la principauté. »
Les
Grignoux, partisans de la neutralité liégeoise, de toutes les libertés
publiques et de l'égalité des citoyens, adoptèrent pleinement et sans
réserve le programme de Beeckman, rapporté plus haut. Leurs ennemis les
accusèrent non seulement d'hostilité envers le prince, mais de tendances
favorables au protestantisme. Plusieurs furent bannis ou contraints de
s'expatrier. Quels que fussent leurs sentiments, ils se gardèrent bien de
les laisser paraître ; ils se contentèrent de réclamer la liberté
religieuse. Leur politique fut de rester neutres : pendant la guerre de
trente ans, ils refusèrent constamment de se prononcer, ni dans le sens des
Hollandais, ni dans le sens des Espagnols.
Les
soupçons des zélés catholiques contre les Grignoux, il faut en
convenir, n'étaient pas sans une apparence de fondement. Beeckman , l'idole
du parti populaire, avait entretenu des relations avec le fameux Samuel des
Marets (16), pasteur de l'église wallone de
Maestricht. Dans une curieuse brochure récemment remise en lumière (17),
Des Marets affirma l'empoisonnement du bourgmestre, et établit une liaison
entre les griefs allégués par Ferdinand contre l'administration de la cité
et les persécutions dirigées contre les hérétiques. Ce pamphlet produisit à
Liége une grande émotion. L'évêque le prohiba sous des peines sévères ; il
promit des récompenses à ceux qui feraient connaître l'auteur ou seulement
le premier distributeur d'un écrit «
non moins séditieux que pernicieux, calomnieux, blasphématoire et scandaleux
contre notre sainte foi et le repos public, même contre l'honneur et
réputation dudit feu leur bourgmestre Beeckman.
» Liège comptait
alors un certain nombre de protestants, un plus grand nombre encore
d'indécis. Beeckman appartenait-il à cette dernière catégorie ? Ses rapports
avec Samuel des Marets ne sont pas une preuve suffisante : on a uniquement
le droit d'en conclure qu'il revendiquait
la liberté de conscience et de supposer que, politique avant tout, il
considérait comme utile à ses projets de ne point contrarier une propagande
dont l'extension devait contribuer à tenir en échec le parti contre lequel
il lutta toute sa vie.
Il mourut, ou du moins passa
pour être mort catholique, puisqu'il reçut, dit Loyens, une sépulture
«
très-honorable »
en l'église paroissiale de Saint-Martin, dans la
chapelle de Saint-Roch, à côté de sa femme, décédée en 1630. On lisait sur
son tombeau : |
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DEO. PRINCIPI. PATRIAE |
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Alphonse
Le Roy. |
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Chromiques de Liége
(MSS). -- Bouille, Foullon, etc. -- Loyens, Recueil héraldique
des Bourgmestres de Liége. -- Lettres de Bassenge, t. V. --
Villenfagne, Recherches, etc. -- Id., Histoire de Spa, t. Il. -
De Crassier, Recherches et dissertations, etc. -- Dewez, de Gerlache,
Henaux, etc., Hist. de Liége. -- Ul. Capitaine, Pièces relatives
au mandement de 1633, etc. -- Lenoir, Hist. du protestantisme
au pays de Liège. -- Polain, Récits historiques, etc., etc. |
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(1) Loyens, Recueil héraldique,
etc., cite parmi les légations qui lui furent confiées pour
défendre les intérêts du pays ou ceux de la cité, une am bassade
à la cour de
Henri IV, roi de France, le 28 août 1610. II y a évidemment erreur de
date : le crime de Ravaillac remonte au 14 mai.
(2) Règlement ou plutôt régiment (regimen) doit se prendre ici
dans le sens de
constitution communale. (voir
F. Henaux, Hist. de Liége, 2e édit., t. I, p. 288, note 1.)

(3)
«
Nul ne pouvoit estre.
XXXII s'il ne promettoit aux
commissaires qu'il feroit tels, qu'ils nommoient, bourguemaistres, de
manière qu'on scavoit un an devant la Saint-Jacque qui le seront, tant
estoit l'abus entre ces
messieurs ;
et celuy qui donnoit des banquets, ils ne le manquoient à l'office. Ainsy
estoit la pauvre cité gouvernée... » (Chroniques de Liège,
ap. F. Henaux.)

(4) Ferdinand
accumula dans son factum griefs sur griefs. Cette
pièce, publiée postérieurement, fit éclater de violents murmures. Elle est
connue, dans l'histoire sous le nom des cinquante-huit articles.

(5)
Villenfagne, Recherches, etc., t. II, p.86.

( 6) lbid. , Cf.
la lettre sur
deux Prophètes (Hist. de Spa, t. II).

(7) L'hôtel de ville.

(8)
Verebantur ne plebs tot tantasque illatas sibi anteà injurias coede
proditioneque ulcisceretur (Continuateur de Foullon, t. III, p. 76) ;
cf. les Lettres de Bassenge, t. V, p. 1872.

(9) De comprehendo Beeckmano, meritaque poena
afficiendo. Continuateur de Foullon, t. III, p. 78.

(10) Ceci répond à l'argumentation de Villenfagne,
qui considère comme illégales les élections de 1630. V. Dewez,
Hist. du pays de Liège, t. Il, p. 227.

(11) Les ennemis des bourgmestres prétendirent
que le vote n'avait été pas libre ; que Beeckman s'était emparé dès
la veille des portes de la ville ; qu'il avait placé cent hommes à la
Violette, etc. Dans les chroniques manuscrites, les récits concernant
Beeckman sont singulièrement contradictoires.

(12) V. l'Apologie de
Barthélemi Roland dit Bartel, Liège, Ouwerx, 1649, in-4°, fol. 21.

(13) Bouille, etc.

(14) Bouille, Foullon,
etc. - Villenfagne prétend que la statue fut transportée dans l'église
Saint-Martin-en-Ile et remise ensuite au grand greffier de la cité, fils de
Beeckman. (Hist. de Spa., t. Il. p. 218). A l'époque où écrivait cet
auteur (1803), le piédestal en pierre de ladite statue, orné des armes du
bourgmestre, était encore conservé dans la famille Beeckman.

(15) Les aristocrates
étaient surnommés Chiroux à cause de leur costume sombre et de leurs
bas blancs, qui les faisaient ressembler à une espèce d'hirondelle aux
cuisses blanches (en wallon chirou). Les Grignoux étaient les
grognards, les mécontents.

(16) Voir les
Mémoires du P. Nicéron, t. LXXVIII, p. 46 et suiv. - Lenoir, Hist. du
protestantisme au pays de Liège, Bruxelles, 1861, p. 283.

(17) Par les soins de M.
Ul. Capitaine (Bull. de l'Institut archéol. liégeois, 1854, t. Il, p.
276 et suiv.) Elle est intitulée : L'esprit du bourguemaistre Beeckman
retourné de l'autre monde, aux fidèles bourgeois de la cité de Liège
(1633).
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