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Louis Abry




 

 

 

 

 


 

 

 

Jules Helbig
La peinture au pays de Liège et sur les bords de la Meuse.
Liège, Imprimerie liégeoise Henri Poncelet, 1903, pp. 358 et suiv.

LOUIS ABRY

   II y aurait assurément injustice à clôturer la liste assez longue des biographies d'artistes appartenant à l'école liégeoise du XVIIe siècle, si l'on omettait celle de Louis Abry, dont les talents ont été modestes sans doute, dont le pinceau même est resté inconnu, mais dont la plume laborieuse, persévérante et patriotique, nous a conservé le souvenir et retracé les vies de tant de ses confrères, mieux partagés que lui.

   Louis Abry, peintre, graveur, historien et généalogiste, est né le 28 juillet 1643. Il a laissé des monuments nombreux de son activité.

   Aucune peinture qui puisse lui être attribuée avec certitude n'est, à la vérité, parvenue jusqu'à nous. En revanche, on possède encore plusieurs de ses gravures, un certain nombre de manuscrits et deux livres qui lui donnent des titres incontestables au souvenir reconnaissant de ses compatriotes : le Recueil heraldique des Bourguemestres de la noble cité de Liege, qui parut en 1720 - l'année même de la mort de l'artiste historien - et Les Hommes illustres de la nation liégeoise, imprimé pour la première fois, en 1867, par la Société des Bibliophiles liégeois.

   Il était dans la destinée de ce travailleur passionné pour la gloire de ses compatriotes, de cet écrivain honnête, dévoué et vigilant pour les œuvres de ses contemporains, d'être méconnu, ou plutôt de rester inconnu, encore un siècle et demi après sa mort. Comme peintre, nous ignorons aujourd'hui la valeur de son pinceau ; en parlant de lui comme graveur, le célèbre Bartsch l'a cru d'origine italienne ; enfin, son ouvrage historique le plus considérable, le Recueil heraldique, a paru sous le nom de J. G. Loyens, jurisconsulte, avocat et échevin à la haute Cour de justice de Jupille, et a toujours été attribué à ce dernier. Quant à celui de ses manuscrits qui offre le plus d'intérêt au point de vue de l'histoire des arts au pays de Liège - Les Hommes illustres de la nation liégeoise -- il a été utilisé largement, surtout en ce qui concerne la biographie des artistes, entre autres par Saumery et par Villenfagne, sans que ces auteurs indiquassent la source où ils puisaient d'abondantes informations, soit qu'ils ignorassent eux-mêmes l'auteur auquel ils les devaient, soit, enfin, qu'ils voulussent le laisser ignorer à leurs lecteurs.

   Sans doute, le style de ses écrits est diffus ; souvent ses phrases sont incorrectes et obscures, au point de devenir inintelligibles ; mais les renseignements qu'il nous a transmis sont précieux, abondants, assez généralement exacts, et, dans ses jugements, fort mal formulés, apparaît pourtant un esprit de droiture et une intelligence des questions d'art, que l'on ne retrouve pas toujours chez des auteurs plus corrects et plus lettrés.

   Abry a étudié la peinture auprès de Renier de Lairesse. En parlant des travaux de ce peintre, il dit qu'il en a été le témoin, qu'il a fait avec lui une partie de ses voyages et qu'il l'a servi l'espace de cinq à six ans. Dans son langage, cela veut dire qu'il a été, pendant ce temps, en apprentissage auprès de ce peintre. Au surplus, il fut en rapports suivis et intimes avec la plupart des artistes de la principauté, ses contemporains.

   Il a été graveur en titre des princes-évêques. Cependant son œuvre n'est pas nombreux, et l'on ne connaît que peu de planches dues à son burin, dont les épreuves sont d'ailleurs rares.

   On a de lui une image de Saint Eloi, eau-forte légèrement retouchée au burin, exécutée pour la confrérie de Saint-Eloi, en 1666. Un Almanach de cabinet, orné du portrait du prince-évêque Joseph-Clément de Bavière, une Sainte Famille, gravée d'après Berthlolet Flémalle, un sujet de Thèse, des armoiries, etc.

   Louis Abry est mort à Liége, le 18 juillet 1720. Il a laissé un fils, Simon-Joseph Abry, nommé héraut d'armes de la principauté en 1720 et en 1739 peintre en titre de la Cathédrale (1).


(1) CATHEDRALE. SECRÉTARIAT. DÉCRETS ET ORDONNANCES. Registre 183, folio 340. recto.

« Feria sexta 15 Maij 1739.

   « Vacant par la mort de Jean Burre L'office de peintre de cette Eglise, messeigneurs ont conféré Ledit office a Simon Joseph Abrij peintre ordonnant au Secretaire de luij depecher Sa commission dans La forme accoutumée. »  

 

 

 

22/01/2013