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La révolution liégeoise

 

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1789 (18 août) Révolution liégeoise. Tandis que l'armurier Gosuin (1746-1808) à la tête de ses ouvriers s'empare de l'hôtel de ville, Jean-Pierre Ransonnet (1744-1796) s'empare de la citadelle. L'ancienne administration s'effondre. Les bourgmestres Léopold-Albert-Ignace de Villenfagne de Sorinne et Philippe-François de Ghaye sont expulsés de la Violette.
Jacques-Joseph de Fabry (1722-1798) et Jean-Remy de Chestret (1739-1809) sont acclamés bourgmestres-régents. Mathias de Lassence et Gilles-Joseph de Cologne, bourgmestres co-régents, adjoints de 32 conseillers. Gosuin manbour de la Cité.
Le règlement de 1684 est aboli. La garde bourgeoise est rétablie (32 compagnies - 1 par paroisse).
Ramené du château de Seraing, l'évêque ratifie les décisions révolutionnaires et le lendemain la nomination du comte de Launoy, en qualité de grand mayeur.
Changement de magistrature à Verviers, le 18 et à Spa, le 19.

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1789 (20 août) Le régiment d'infanterie national liégeois (1714) - armée du prince-évêque - commandé par le comte Florent-Théodore-Henri- Laurent de Berlaymont, est licencié par les Etats. Le conseil de la Cité souhaite prendre à sa solde les soldats de ce régiment.
1789 (23 août) Légitimation de la garde Patricienne, puis Patriotique (aristocratique) qui s'était formée au début des troubles. Le bourgmestre Jean-Remy de Chestret en aurait été proclamé colonel.
1789 (24 août) au 1790 (4 juillet) Le journal patriotique, que rédigent Bassenge, Reynier, Henkart et Hyacinthe Fabry.
1789 (25 août) Abolition de toutes les impositions communales sous la pression de la foule.
1789 (26 août) Déclaration des Droits de l'homme.
1789 (26 août) Ouverture à Polleur du Congrès du marquisat de Franchimont, convoqué par le bourgmestre de Theux, Laurent-François Dethier. Le Congrès siègera jusqu'au 13 janvier 1791.
1789 (nuit du 26 au 27 août) Fuite du prince-évêque, qui se réfugie à l'abbaye de Saint-Maximin de Trèves.
1789 (27 août) Condamnation du soulèvement par la chambre impériale de Wetzlar, qui charge les princes directeurs du Cercle de Westphalie ( le prince-évêque de Munster - Électeur de Cologne, le duc de Juliers - Électeur palatin et le duc de Clèves - Roi de Prusse) de rétablir la situation et de venir en aide au prince-évêque.
1789 (28 août) Le régiment national liégeois, commandé par le colonel Antoine-Joseph Augustin Delcreyere, commandant de la citadelle, devient le Régiment municipal.
1789 (31 août) Ouverture de la session des Trois États.
1789 (1 septembre) Les bonnes villes de la principauté s'unissent par serment.
1789 (2 et 4 septembre) Le clergé et la noblesse renoncent à leurs privilèges.
1789 (6 septembre) La garde bourgeoise envahit la citadelle et désarme les soldats du Régiment municipal (ex régiment national).
1789 (6 septembre) L'Avant-Coureur devient le Journal des Eburons.
1789 (10 septembre) Le colonel Delcreyere démissionne et les membres du Régiment municipal sont licenciés.
1789 (12 septembre) Interdiction de laisser entrer dans les Pays-Bas toute publication relative à la révolution liégeoise.
1789 (16 septembre) Les Franchimontois, réunis à Polleur, votent le texte d'une déclaration des droits de l'homme et du citoyen, plus radicale que la déclaration française.
Ils réitèrent leur revendication d'être représentés au sein du Tiers État.
1789 (23 septembre) La Chambre impériale de Wetzlar formule des menaces contre les Liégeois.
1789 (3 octobre) Ordonnance du Conseil privé contre les patriotes brabançons sur le territoire de la principauté. Elle se sera pas appliquée.
1789 (5-6 octobre) Le peuple de Paris marche sur Versailles, envahit le château et ramène la famille royale à Paris.
1789 (6-8 octobre) Émeutes populaires, notamment pour obtenir le partage de la succession du prince-évêque Georges-Louis de Berghes qui, par testament, avait cédé tous ses biens aux pauvres et contre la garde patricienne.
1789 (11 octobre) Les troupes des Pays-Bas font une incursion en territoire liégeois à la recherche de volontaires émigrés.
1789 (12 octobre) Les Trois États proclament la réintégration des bonnes villes et des communautés du pays dans leurs droits de choisir leurs magistrats et représentants. L'impôt sur la bière est aboli. L'égalité devant l'impôt est décrétée. L'édit de 1684 reste abrogé.
Sentence du Tribunal d'Empire de Wetzlar condamnant le pays à reprendre son évêque.
1789 (1 novembre) La Cité décrète la levée d'un Régiment municipal de 500 hommes.
1789 (20 novembre) Les Colonnais occupent la principauté de Stavelot-Malmedy.

OCCUPATION PRUSSIENNE ET PALATINE

   
1789 (29-30 novembre) Intervention des puissances du Cercle de Westphalie. Les Prussiens du général Baron von Schlieffen, chargés de médiation entre les révolutionnaires et le Cercle de Westphalie, occupent la citadelle.
Huy, Spa, Verviers, Tongres, Saint-Trond et Hasselt également occupées. Soumission de toutes les villes flamandes, sauf Tongres, qui rétablissent les magistrats dépossédés.
1789 (4 décembre) La Chambre impériale de Wetzlar ordonne le rétablissement de l'ancien régime dans la principauté et charge la direction du Cercle de Westphalie d'une exécution immédiate de ses sentences, mais le roi de Prusse en suspend l'exécution, menaçant de laisser la révolution suivre son cours, en retirant ses troupes, si le prince-évêque n'était pas disposé à accorder entre autres une amnistie et la liberté dans l'élection des bourgmestres.
1789 (12 décembre) Les Autrichiens évacuent Bruxelles insurgée.
1789 (14 décembre) Décret supprimant les Conseils communaux en France.
1790 (10 janvier) Les provinces des Pays-Bas se fédèrent en république des États Belgiques Unis indépendants.
1790 (17 janvier) Le Tiers-État dépêche de Chestret et Bassenge chez le roi de Prusse.
1790 (31 janvier) L'Etat-noble envoie auprès de Frédéric-Guillaume II, Blois de Cannenbourg et Berlaymont de la Chapelle.
1790 (20 février) Mort de l'empereur Joseph II.  Son frère, Léopold II (1790-1792), empereur.
1790 (26 février) L'assemblée vote le texte relatif à la divison de la France en 83 départements.
1790 (mars) Noé-Joseph Levoz devient colonel, commandant de l'artillerie liégeoise.
1790 (8 avril) Les Liégeois apprennent le refus du prince-évêque d'accepter les propositions du roi de Prusse et de s'en remettre à la Chambre Impériale de Wetzlar pour sa restauration.
1790 (11 avril) Les Liégeois renouvellent leur serment de fidélité à la révolution.
L'Etat primaire se divise : une partie des chanoines va s'établir à Aix-la-Chapelle.
1790 (14 avril) Les États décident la levée de deux régiments d'infanterie de 1000 , puis 2000 hommes (13 juillet), chacun et de 150 cavaliers.
1790 (16 avril) Les Prussiens du général von Schlieffen évacuent la principauté, entraînant dans leur retraite les 1200 Palatins.
1790 (18 avril) Le bourgmestre baron de Chestret devient colonel du Régiment municipal, avec comme second le baron de Rossius d'Humain.
1790 (19 avril) La Chambre impériale de Wetzlar confirme ses résolutions antérieures et adjoint quatre autres Cercles d'Empire pour aider les Munstériens et Palatins dans une intervention armée.

INTERVENTION DES IMPÉRIAUX

   
1790 (22 avril) Ultimatum aux liégeois.
Les troupes impériales palatines s'emparent de Maeseyck, puis de Stockheim.
1790 (24 avril) Le Conseil privé de Liège est supprimé et remplacé par un Conseil de régence, composé de délégués des trois États.
1790 (25 avril) Lambert-Joseph Donckier de Donceel, cousin germain d'Arnold Godefroid, nommé général-major, commandant des troupes liégeoises.
1790 (26 avril) Jean-Joseph de Fyon, bourgmestre de Verviers, "général" des volontaires franchimontois, nommé colonel du 2ème régiment d'infanterie.
1790 (26 avril) Appel de l'assemblée des Bourgmestres et Conseil, Maîtres et Commissaires de la Cité à expulser des foyers de leurs concitoyens les ennemis de la patrie qui ont osé y pénétrer.
1790 (avril) Apparition, sur feuille volante, du Valeureux Liégeois.
1790 (25,26 et 27 avril) Départ des troupes liégeoises qui occupent Tongres, Bilsen, Brée et Hasselt.
1790 (3 mai) Les députés des campagnes siègent aux États et deviennent l'élément majoritaire du Tiers État, après la défection des bonnes villes flamandes, de Dinant et de Visé.
1790 (16 mai) Déclaration des États, qui affirment entre autres vouloir rester membres de l'Empire et s'en tenir à leurs décisions du 12 octobre 1789.
1790 (19 mai) Le comte Eugène d'Aspremont Lynden, toujours mineur, est fait colonel du premier régiment d'infanterie. En fait, il sera commandé par le Lieutenant-colonel Dell Creyer.
1790 (23 mai) Prise de Bilsen par les troupes Mayençaises du comte François de Hatzfeld, et de Saint-Trond, qui ne s'était pas ralliée à la révolution, par les Liégeois du régiment municipal du Major de Rossius d'Humain.
1790 (27 mai) Les troupes liégeoises empêchent la prise de Hasselt par les troupes impériales venues de Bilsen.
1790 (juin) Le Valeureux Liégeois de l'abbé G.-J. Evrard Ramoux.
1790 (juin) L'armée du Cercle est renforcée par le Cercle de Basse-Saxe. Elle compte 7000 hommes, commandés par le prince palatin Frédéric d'Isembourg.
1790 (23 juin) La Chambre impériale de Wetzlar enjoint aux membres de l'Etat noble d'abandonner la cause patriotique, sous peine d'être privés de leurs titres et de leurs biens.
1790 (29 juin) Les troupes des Cercles passent la Meuse à Maeseyck, occupent Brée et Peer.
1790 (13 juillet) Raid de Hyacinthe Fabry et de ses chasseurs en territoire ennemi.
1790 (26 juillet) Jacques-Joseph de Fabry et Arnold-Godefroid-Joseph de Donceel (1739-1791), bourgmestres.
Élimination de Jean Remy de Chestret, à l'armée, mais en réalité, jugé trop modéré.
Victoire de la gauche modérée et du parti démocratique et radical.
1790 (27 juillet) Traité austro-prussien de Reichenbach.
La Prusse abandonne les patriotes liégeois.
1790 (4 août) Le comte Renier Charles-Joseph d'Isendoorn de Blois de Cannenbourg commandant des troupes liégeoise en remplacement du général-major de Donceel, frappé de goutte, qui reste cependant commandant de la place de Hasselt.
1790 (9 août) L'armée liégeoise repousse et met en fuite les troupes palatines du prince Maurice d'Isembourg, près de Sutendael.
1790 (16 août) Élaboration du projet de constitution franchimontoise.
1790 (27 août) Le corps des chasseurs de Jacques-Hyacinthe Fabry (1758-1851), fils du bourgmestre, qui aurait été formé en avril 1790, passe dans l'armée régulière et comprendra 4 compagnies de 125 hommes.
1790 (29 août) Règlement organisant la Garde nationale liégeoise.
1790 (12 septembre) La conférence des Électeurs des Cercles à Francfort arrête les propositions à remettre aux Liégeois.
1790 (13 septembre) Les États de Liège élisent régent le prince Ferdinand de Rohan-Guéménée, archevêque de Cambrai et membre du chapitre de Saint-Lambert.
1790 (9 septembre) Le marquisat de Franchimont rejette la régence de Liège et est ainsi en sécession.
1790 (18 septembre) Augustin Benoît Reynier et Pierre Joseph Henkart, délégué du Conseil de Liège et du Tiers, sollicitent l'appui de la France auprès de l'Assemblée nationale.
1790 (26-27 septembre) Échec à Francfort des conversations entre délégués prussiens et liégeois (le comte de Geloes, pour l'Etat primaire, le comte Berlaymont de la Chapelle, pour l'Etat noble, de Chestret et Bassenge, pour l'Etat Tiers, Lesoinne, pour le Conseil de la Cité).
1790 (30 septembre) Léopold II (1790-1792), frère de Joseph II, couronné  empereur.
1790 (4 octobre) Liège rejette les conditions d'un compromis du Cercle de Westphalie.
1790 (10 octobre) Ultime tentative de la Prusse pour obtenir un accord liégeois sur les propositions de la conférence de Francfort.
1790 (11-12 octobre) Troubles dans la Cité. Opposition au retour de Hoensbroeck.
1790 (3 décembre) Les Autrichiens entrent à Bruxelles.
1790 (9 décembre) Les Munstériens du général Wenge à Fouron-le-Comte. Les Mayençais du comte François de Hatzfeld pénètrent dans Visé.
Ils sont mis en fuite par un détachement liégeois de Levoz et Ransonnet.
1790 (10 décembre) Fuite du régent Ferdinand de Rohan.
1790 (16 décembre) Le Congrès franchimontois émet le vœu d'une annexion à la France.
1790 (20 décembre) La Chambre impériale de Wetzlar adjoint le Cercle de Bourgogne (l'empereur) aux troupes du Cercle de Westphalie pour l'exécution de ses sentences.
1790 (décembre) La garde nationale liégeoise est créée (6 régiments) sous le commandement du baron Jean Ferdinand Lambert de Goer, chevalier de Saint-Louis. Elle aurait absorbé la Garde patriotique et les milices bourgeoises.
1790 (23 décembre) Les États et le Conseil de Liège s'en remettent à l'empereur.
1790 (24 décembre) Les troupes autrichiennes occupent Herve.
de Geloes, Blois de Cannenbourg, Henkart et Cox, quatre députés liégeois, rencontrent à Bruxelles, le maréchal Bender, commandant des troupes autrichiennes.
1790 (27 décembre) Reddition de Hasselt au général munstérien.
1791 (5 janvier) Sous l'influence de Donceel, les Liégeois rejettent les dernières propositions de Metternich.
1791 (9 janvier) Vote de la soumission liégeoise, suivie d'une occupation militaire du pays.
Le bourgmestre Jacques-Joseph de Fabry part pour l'exil.

PREMIÈRE RESTAURATION

1791 (12 janvier) Le Conseil prend la route de l'exil.
La Cité est occupée par les troupes austro-hongroises du maréchal Bender et par les troupes de Mayence et de Munster, sous les ordres du feld-maréchal lieutenant baron de Keuhl.
La garde nationale liégeoise est licenciée le lendemain.
1791 (16 janvier) Installation à Liège d'une Commission impériale chargée de veiller à l'exécution des sentences de la Chambre Impériale de Wetzlar (représentants de l'Electeur palatin  et de l'Electeur de Cologne).
1791 (19 janvier) Retour d'Aix-la-Chapelle des chanoines tréfonciers et exclusion des 12 chanoines qui ne les avaient pas suivis.
1791 (23 janvier) Dernière session du Congrès franchimontois de Polleur.
Les troupes autrichiennes du comte Hatzfeld occupent Verviers.
1791 (12 février) Rentrée du prince-évêque à Liège. Restauration de l'ancien régime.
1791 (nuit du 15 au 16 février) Arrestation à Liège de Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt.
1791 (19 février) Mort à Givet du bourgmestre Arnold-Godefroid-Joseph de Donceel.
1791 (mai) Levée de nouveaux impôts.
1791 (8 juillet) Première liste de proscription : 14 noms dont Fabry, de Chestret, Bassenge, Levoz, Gosuin.
1791 (10 août) Édit fondamental qui interprète la constitution, en renforçant les prérogatives du prince-évêque. Émigration vers la France.
1791 (20 août) Protestation solennelle de Fabry, qui s'estimant déçu de l'attitude de l'Empire, trompé par la politique prussienne, se tourne vers la France.
1791 (27 août) Déclaration de Pillnitz : rapprochement de la Prusse et de l'Autriche, face à la menace française.
1791 (septembre) Adresse à l'Empereur de Bassenge.
1791 (18 septembre) Hilarion-Noël de Villenfagne d'Ingihoul et Pierre-Charles- François-Antoine de Méan, bourgmestres.
1791 (25 septembre) Nouveau code pénal en France.
1791 (1 octobre) L'assemblée législative à Paris.
1791 (18 octobre) Seconde liste de proscription : 36 noms dont Henckart, Reynier, Hyacinthe Fabry.
1791 (20 octobre) Proclamation d'une amnistie, après soumission, sauf pour 50 proscrits.
1791 (9 décembre) La Cour Impériale de Wetzlar exige entre autres une modification de la procédure suivie par les cours, révoque la formule de soumission exigée des amnistiés et s'oppose aux procès suscités par simple esprit de vengeance.
1792 (janvier) Les Électeurs de Cologne et de Mayence rappellent leurs troupes et retirent leur commissaire.
1792 (20 janvier) Constitution à Paris du Comité révolutionnaire des Belges et Liégeois Unis.
1792 (25 février) Le prince-évêque met fin à l'activité de l'Emulation.
1792 (01 mars ) Mort de l'empereur Léopold II. Son fils, François II (1792-1806), empereur.
1792 (avril) Publication à Paris du Manifeste des Belges et Liégeois Unis.
1792 (20 avril) Déclaration de guerre de la France à l'Autriche.
1792 (avril) Le général La Fayette pénètre dans la principauté et occupe Dinant.
1792 (3 juin) Mort de César-Constantin-François de Hoensbroeck. Il est inhumé dans la cathédrale Saint-Lambert et transféré dans la cathédrale Saint-Paul en 1811.
1792 (juin) Crise intérieure française : opérations militaires suspendues.
1792 (10 août) Insurrection parisienne. Suspension du roi.
Plusieurs candidats à l'élection : outre François-Antoine de Méan, le prince de Salm, évêque de Tournai, soutenu par l'Autriche, le comte d'Arberg, évêque d'Ypres, le comte de Preston, le comte d'Oultremont et le baron de Hompesch. Le chapitre élit à l'unanimité, comme il l'avait fait depuis les élections de Charles d'Oultremont, un prince originaire du pays et ayant participé à la vie de la principauté :

1792(16 août)-1794

François-Antoine-Marie-Constantin de Méan
Né le 6 juillet 1756, au château de Saive, près de Liège. Deuxième fils de François-Antoine, comte de Méan de Beaurieux et du Saint-Empire, chambellan de l'archevêque-électeur de Cologne, et de Anne-Elisabeth-Françoise, comtesse de Hoensbroeck, sœur du Prince-Évêque précédent. Suivit les cours de philosophie à l'université de Louvain. Étudia le droit romain et le droit canon à l'université de Mayence. Fréquenta les universités de Douai et de Nancy. Fut reçu à Saint-Lambert, le 28 mai 1777. Reçut la prêtrise en 1785. Fut suffragant de son oncle, le 19 février 1786. Prévôt de Saint-Martin, le 1er mars 1788  Archidiacre de Brabant, le 12 décembre 1791. Élu à l'unanimité, le 16 août 1792. Confirmation du pape, le 3 septembre 1792.
Devient le premier primat de Belgique le 28 juillet 1817. Mort à Malines le 25 janvier 1831.

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1792 (18 septembre) Le prince-évêque prend possession du palais épiscopal.
1792 (23 septembre) Joseph-Henri-Lambert-Marie d'Othée et Guisbert-Nicolas-Henri de Mélotte, bourgmestres.
1792 (23 août) Les Prussiens à Longwy.
1792 (20 septembre) Réunion de la Convention.
1792 (21 septembre) Abolition de la monarchie en France et proclamation de la République.
1792 (octobre) Les Prussiens évacuent Longwy.
1792 (19 octobre) La Commission impériale autorise les visites domiciliaires.
1792 (6 novembre) Victoire de Dumouriez, à Jemappes, sur les Autrichiens.
1792 (14 novembre) Les troupes républicaines françaises à Bruxelles.
1792 (19 novembre) Décret de la Convention promettant aide et protection  à tous les peuples qui voudraient devenir libres.
1792 (27 novembre) François-Antoine de Méan est obligé de quitter Liège pour se réfugier à Münster, suite à l'arrivée des troupes françaises du général Dumouriez.
Émigration vers Maastricht.

PREMIÈRE OCCUPATION FRANÇAISE

1792 (28 novembre) Les troupes françaises à Liège. Elles envahissent pour la première fois la Cité. Dumouriez et son état-major au palais épiscopal.
Retour à Liège des exilés (Fabry, Bassenge, les Franchimontois).
1792 (3 décembre) Restauration de l'ancienne municipalité de 1790. La charge de bourgmestre abolie. Fabry (70 ans) président du conseil municipal, Bassenge, secrétaire.
1792 (7 décembre) Élections nationales adoptées.
Les trois États seront remplacés par une représentation unique du pays : une Convention nationale liégeoise.
Outre Liège, le territoire est divisé en 12 districts. Tous les habitants de plus de 18 ans doivent élire 120 députés, dont 20 de la Cité, 11 de Verviers, 7 de Visé, 8 de Tongres,  7 de Stokheim, 7 de Maeseyk, 9 de Hasselt, 7 de Saint-Trond, 7 de Waremme, 9 de Huy, 8 de Ciney,  9 de Dinant, 11 de Florenne.
La présence de la moitié suffit pour que l'assemblée se constitue.
1792 (14 décembre) Premier scrutin à Liège et banlieue (4387 votants) : 4 élus sur 20 à la Convention nationale liégeoise : Fabry, Bassenge, Lesoinne et Levoz.
1792 (15 décembre) Décret imposant le régime français aux pays conquis.
Dans les territoires conquis, les biens des communautés religieuses, des émigrés, des membres des anciens pouvoirs sont mis sous séquestre. Les généraux sont chargés de faire procéder à l'élection d'administrations provisoires. Des commissaires de la Convention  sont chargés de l'exécution du décret.
1792 (20 décembre) Second scrutin à Liège et banlieue (8595 votants) : 16 élus à la Convention nationale liégeoise, dont Defrance, Henkart, Fyon, Gosuin, Hyacinthe Fabry, Dell Creyer, Hauzeur, Digneffe, Duperron.
Chestret ne fut pas élu.
1792 (23 décembre) Spa et Theux, sous l'impulsion de Dethier et Brixhe proclament la déchéance du prince-évêque, la rupture à l'égard de l'empire et, à l'unanimité, expriment le vœu d'être réunis à la France.
1792 (30 décembre) Élections municipales - Administration provisoire de la commune de Liège - (7113 votants) : 30 élus, qui appartiennent en majorité au parti modéré, parmi lesquels : Chestret, Lyon, Bassenge fils, Lonhienne, Raikem, Donceel fils, Rasquinet.
1793 (1 et 2 janvier) Rapport de Bassenge favorable à l'annexion, avec cinq réserves.
1793 (7 janvier) Tous les députés du marquisat de Franchimont confirment le vœu d'annexion du 23 décembre.
1793 (20 janvier) Plébiscite en faveur de la France : 49 sections sur 61 à l'unanimité, soit 9660 électeurs sur 9700.
1793 (21 janvier) Exécution de Louis XVI.
1793 (17 février) Constitution de l'assemblée provinciale ou provisoire (composée des élus à la Convention nationale liégeoise, soit à cette date 61 sur 120).
L'assemblée se prononce, à l'unanimité, pour le rattachement à la France.
1793 (18 février) Proclamation du Général Dumouriez.
1793 (17) (19) (20) (26 février) L'assemblée provinciale ou provisoire décrète la destruction de la cathédrale Saint-Lambert.
1793 (21 février) Rapport sur le dépouillement du scrutin des communes qui ont déjà voté : sur environ 600 communes, 378, dont 7 villes (Liège, Huy, Dinant, Verviers, Visé, Ciney et Waremme) et 3 gros bourgs, ont demandé la réunion à la France. Sur les 21.519 votants, 14.103 ont voté avec des réserves, 5.298 sans restriction, 92 contre et 40 pour l'ajournement.
La société des amis de la liberté et de l'égalité (église des Jésuites), groupée autour de Fabry s'oppose à la société des Sans-culottes (église des Mineurs) des amis de Levoz et des Franchimontois, notamment sur la question des réserves.
1793 (24 février au 3 mars) Bombardement de Maastricht par l'armée française du général Miranda.
1793 (1 mars) Décret de la Convention annexant la Belgique à la France.
Victoire autrichienne d'Aldenhoven. Le général Miranda obligé de lever le siège de Maastricht.
1793 (3 mars) Trois prêtres français, réfugiés à Liège, massacrés à Saint-Léonard parce qu'ils refusaient de prêter le serment civique.
1793 (4 mars) Les Autrichiens du prince de Cobourg franchissent la Meuse.
Évacuation de Tongres.
Les députés de l'assemblée provisoire et de la municipalité quittent Liège.

DEUXIÈME RESTAURATION

1793 (5 mars) Les troupes autrichiennes, du prince de Wurtemberg, réoccupent Liège, après un combat meurtrier à Soumagne.
La ville frappée par le prince de Cobourg d'une contribution de guerre de 600.000 florins, payable dans les neuf jours.
1793 (9 mars) Le prince-évêque déclare nuls tous les actes du gouvernement des patriotes et rétablit les anciennes institutions.
1793 (18 mars) Victoire des Impériaux sur les Français, à Neerwinden. Évacuation de la Belgique. Restauration du pouvoir impérial.
1793 Pierre-Jean-Baptiste Chaussard publie son ouvrage : "Mémoires historiques et politiques sur la révolution de la Belgique et du Pays de Liège en 1793, par Publicola Chaussard, homme de lettres, envoyé dans ces contrées, en qualité de commissaire national, par le conseil exécutif provisoire de la république française" . Paris 1793. In-8° de 452 pages.
Consultation et téléchargement possibles au format PDF sur le site : http://gallica.bnf.fr/
1793 (1 avril) Henri-Antoine Jardon (1768-1809), commandant de la Légion liégeoise, formée à Givet, au service de la France.
1793 (21 avril) Rentrée du prince-évêque, à Liège.
1793 (8 mai) Jean Nicolas Bassenge (1758-1811) à la Convention. Il demande à l'assemblée d'accepter le vœu de réunion à la France exprimé par le peuple lors du plébiscite du 20 janvier. Séance tenante, sur proposition de Legendre, la Convention décrète la réunion du pays de Liège à la république française.
1793 (6 juillet) François-Antoine de Méan promulgue une amnistie, sauf pour ceux qui ont joué un rôle dans l'invasion française et les récidivistes.
1793 (8 juillet) Réunion des trois États : votent des impôts et allouent au prince-évêque un donatif de 40.000 écus.
1793 (9 juillet) Cérémonie de l'inauguration du prince-évêque, qui n'avait pas encore pu avoir lieu, et prestation de serment traditionnel.
1793 (septembre) Jean-Dieudonné-Philibert de Villenfagne et Antoine-Hubert de Warnant, bourgmestres.
1793 (7 septembre) Mandement du prince-évêque.
1793 (24 novembre) Institution du calendrier républicain.
1794 (2 janvier) Exécution, à Verviers, du chirurgien Grégoire Joseph Chapuis (1761-1794), officier municipal, coupable d'avoir célébrer le mariage civil.
1794 (mars) Exécution, à Huy, de Jean-Denis Bouquette, ancien officier municipal,  et d'Augustin Behogne de Jehay.
1794 (avril) Jean Nicolas Bassenge publie sa réponse à Publicola Chaussard : J.N. Bassenge de Liège à Publicola Chaussard,  sur ce qu'il dit, dans ses mémoires concernant la Belgique, du ci-devant Pays de Liège. Paris, an II. In-8° de 191 pages.
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1794 (mai) Arrestation de Jean Nicolas Bassenge à Paris.
1794 (8 mai) Réunion des trois États : votent de nouveaux impôts, un donatif annuel au prince de 20.000 écus et abolissent la vénalité des charges.
1794 (26 mai) Le prince Ferdinand, duc de Wurtemberg, feld-maréchal lieutenant au service de l'Empereur, prend en son nom, le commandement militaire général dans la ville et le pays de Liège.
1794 (17 juin) Proclamation de l'empereur François II.
1794 (26 juin) Mandement du prince-évêque qui rend exécutoire les impôts votés par les États.
1794 (26 juin) Victoire française de Jourdan  sur Cobourg à Fleurus.
1794 (20 juillet) Le prince-évêque s'enfuit définitivement à Erfurt. Il deviendra cependant le premier Primat de Belgique (1817-1831).
1794 (26 juillet) Le régiment liégeois, pilonné par les batteries françaises installées à Xhovémont, évacue la citadelle, puis la ville. Il passera au service de l'Autriche, pendant quatre ans, sous le nom de bataillon Prince-Évêque de Liège.
1794 Combat du pont des Arches. Les troupes du duc de Saxe- Cobourg (1737-1815), en retraite, se réfugient à la chartreuse.

DEUXIÈME OCCUPATION FRANÇAISE

1794 (27 juillet)
9 thermidor an II
Retour des troupes françaises à Liège, accompagnées d'un groupe de sans-culottes liégeois (Demani, Jehin, Nahon...), qui installent un Comité d'urgence (30 juillet au 21 août).
Chute de Robespierre en France.
1794 (9 août) Début de la démolition de la cathédrale Saint-Lambert.
1794 (21 août) Destitution du Comité d'urgence. Le représentant du peuple Gillet rétablit dans ses fonctions la Municipalité de 1793, élue par le peuple de Liège lors de l'occupation du pays par les troupes du général Dumouriez (30 novembre 1792-5 mars 1793).
1794 (septembre) Les Autrichiens, réfugiés à la chartreuse, bombardent la quartier d'Outremeuse.
1794 (12 septembre) Le représentant du peuple Frécine restaure l'assemblée générale de 1793, sous le titre d'Administration centrale provisoire du ci-devant pays de Liège (il aurait resté 11 membres sur les 61).
1794 (17 septembre) Les Jésuites Anglais, chassés de Liège, fondent en Angleterre le collège de Stonyhurst.
1794 (19 septembre) Les Autrichiens vaincus à Sprimont, abandonnent la chartreuse.
1794 (5 octobre)
14 vendémiaire an III
Frécine, représentant du peuple, établit à Liège le Tribunal criminel révolutionnaire.
1794 (novembre) Tous les territoires conquis font l'objet d'une organisation commune.
Les anciens Pays-Bas autrichiens et l'ancienne principauté de Liège sont divisés en huit arrondissements.
Le pays de Liège est ainsi démembré : le marquisat de Franchimont, uni à l'administration d'Aix-la-Chapelle, le Condroz et l'Entre-Sambre-et-Meuse, rattachés aux arrondissements de Namur et de Saint-Hubert, la Campine, réunie à l'arrondissement de Maastricht.
Neuf personnes, dont deux françaises, assurent la gestion de l'arrondissement liégeois.
1794 (4 décembre) Fin de l'Administration provisoire (1793-1794). Constitution de l'Administration générale de l'arrondissement de Liège.
Les régions en deçà de la Meuse dépendent de l'Administration de Bruxelles; les régions entre la Meuse et le Rhin dépendent d'Aix-la-Chapelle.
1794 (13 décembre) Abolition de la torture dans le pays de Liège.
1795 (22 août) Vote de la Constitution française de l'an III :  les localités sont regroupées en cantons administrés par des agents municipaux désignés par les habitants de chaque canton. A leur tête, le Président; il remplace les Maires locaux. Dans chaque commune de canton, le Président est représenté par un agent municipal, responsable local.
Les circonscriptions communales et les Maires, nommés par le Gouvernement, furent rétablis par la loi du 17 février 1800.
1795 (1er octobre)
9 vendémiaire an IV
Après un débat de deux jours, la Convention entérine la réunion du pays de Liège, des Pays-Bas autrichiens et de la principauté de Stavelot-Malmedy à la France, reconnaît à leurs habitants les droits des citoyens français, divise leur territoire en départements et supprime la ligne des douanes qui les séparait de la République.
 

 

Le blason du prince-évêque provient de www.heraldique-europeenne.org qui nous a autorisé à les publier sur notre site, ce que nous l'en remercions.

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23/01/2013