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Jacques-Joseph de Fabry




 

 

 

 

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 Jacques-Joseph de Fabry (1722-1798), attribué à Jean Henri Gathy (1752-1811)

 

 

 

 

Alphonse Le Roy
Biographie nationale T. VI, pp. 827 et suiv.
publiée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1897.

FABRY (Jacques- Joseph), homme politique éminent, naquit à Liége le 3 novembre 1722 et y mourut le 11 février 1798. Il appartenait à une ancienne famille dont le nom se rencontre fréquemment dans les fastes consulaires de la cité. Nous manquons de renseignements sur son éducation, qui dut être brillante, et sur sa jeunesse : il n'apparut sur la scène que dans un âge déjà mûr; mais alors son activité patriotique se déploya si énergiquement et le mit dans un tel relief, que l'histoire de la révolution liégeoise pourrait se résumer tout entière dans sa biographie. En attendant l'heure des combats, nous le voyons se complaire dans la société des gens de lettres et des artistes. C'est ainsi qu'il était très-assidu au salon du tréfoncier De Harlez, poète et musicien, à qui, par parenthèse, Grétry dut ses premiers encouragements. Le pittoresque idiome du pays de Liége jouissait alors d'une grande faveur : De Harlez, De Cartier, Vivario et Fabry surent l'élever presque à la hauteur d'une langue littéraire, sans lui faire rien perdre de son originalité, de sa verdeur, de sa franche gaieté gauloise. Ils composèrent d'abord un petit opéra, Li voyège di Chaudfontaine, une perle en son genre, dont la musique fut écrite, par J.-N. Hamal, maître de chapelle de la cathédrale; ensuite Fabry versifia seul le libretto du Ligeois ègagi (1757), qui obtint également un succès du meilleur aloi dans les concerts de l'hôtel de ville, et plus tard au palais de Seraing, où Velbruck voulut le faire entendre au stathouder de Hollande (1). Mais c'étaient là des délassements passagers ; Fabry dirigea bientôt toute son attention sur les graves questions qui commençaient à émouvoir les esprits : n'oublions pas que nous sommes à l'époque où les encyclopédistes français firent pour ainsi dire invasion dans la principauté, qu'ils avaient choisie pour centre de leur propagande. Fabry épousa résolûment leurs idées et les professa sans hésiter, soit dans la presse, soit plus tard clans les discussions philosophiques et politiques qui se renouvelaient chaque jour à la Société d'Emulation, fondée par Velbruck en 1779, pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts. Pendant cette même période, il élabora un grand nombre d'articles pour le Dictionnaire de J.-J. Robinet (2) et donna une édition, considérablement augmentée, du Voyage d'un amateur des arts en Flandre, dans les Pays-Bas, etc., par M. de la R.... (J. de la Roche), Amsterdam (Liége) F. Desoer, 1783, 4 vol. in-12. Le prince Charles d'Oultremont, d'autre part, octroya, le 16 avril 1764, à l'imprimeur Desoer, le privilège de la Gazette de Liège, journal officiel ; le 28 avril 1766, une convention nouvelle, intervenue entre Fabry et Desoer, fut approuvée par l'autorité. Le premier devait diriger et composer la Gazette ; le second se chargeait de l'impression et de la distribution, sauf à percevoir le produit des abonnements et des annonces. Les choses marchèrent ainsi pendant douze ans : tout d'un coup Hoensbroeck, jugeant les principes de Fabry trop indépendants, trouva bon de lui retirer sa confiance et de remettre à H. -F.-M. Colson, mayeur en féauté, le soin d'écrire des articles sur les affaires du pays (18 mars 1788). Desoer conserva son mandat jusqu'au 1er janvier 1791 ; dépossédé à son tour pour cause de libéralisme, il résolut de créer un journal non officiel. Non sans avoir subi de nombreuses vicissitudes, cette feuille a traversé toutes les révolutions et n'a cessé de grandir en format et en importance. Elle appartient encore à la famille Desoer : nous avons nommé le Journal de Liège.

   Tout en se livrant aux labeurs absorbants du journalisme, Fabry prenait rang parmi les hommes publics. Ses débuts remontent à l'épiscopat de Jean-Théodore de Bavière : nous le trouvons successivement conseiller de la Chambre des comptes (15 novembre 1762) et mayeur en féauté (9 avril 1764) ; il ne résigna ces dernières fonctions qu'en mars 1781, au profit de son fils aîné (voir l'art. précédent). Conseiller intime de l'électeur de Cologne (titre purement honorifique), nommé conseiller actuel de Velbruck le 3 janvier 1773 (3), deux fois bourgmestre de la cité, en 1780 et 1783, il se vit honoré des princes autant qu'aimé du peuple jusqu'au commencement du règne de Hoensbroeck. Mais des nuages allaient bientôt s'amonceler sur sa tête. A propos, de l'affaire de Spa, il osa contester au chef de l'État le droit d'édicter en matière de police ; d'un autre côté, la hardiesse de ses idées avait offusqué certaines personnes; qui ne manquèrent pas de chercher à le faire tomber en disgrâce : bref, il passa aux yeux du prélat pour un homme dangereux, une sorte de philosophe révolutionnaire. Le fait est que Fabry en vint peu à peu à considérer la puissance temporelle du clergé comme un véritable malheur pour sa patrie. Les mandements publiés au sujet des jeux, le décret de prise de corps lancé contre Redouté et ses adhérents (voir l'article J.-R. DE CHESTRET), le tribunal des XXII menacé dans son indépendance, autant de mesures violentes ou arbitraires dont gémissaient avec lui les patriotes attachés à l'ancienne constitution liégeoise. La chambre impériale de Wetzlar tardant à se prononcer sur l'appel dont elle était saisie, ils eurent quelque raison de ne pas se croire en sûreté. Reynier et Bassenge se réfugièrent à Cologne ; Fabry, sans quitter Liége, se tint prêt à tout événement. Ses premières relations avec Dohm, représentant de la cour de Berlin auprès du Cercle de Westphalie, datent de cette période critique (1787). Les Pays-Bas autrichiens étaient en ébullition : Joseph II, d'autre part, en prenant fait et cause pour la Russie, brouillée avec la Porte, s'exposait à de graves embarras en Orient, embarras qui s'accroitraient encore si une insurrection éclatait à Liège ; pouvait-on répondre, en effet, que Brabançons et Liégeois ne finiraient pas par s'entendre? La Prusse au contraire devait se réjouir, semblait-i1, de voir Hoensbroeck aux prises avec ses sujets. Attentive à contrecarrer les Habsbourg, elle avait d'autant plus d'intérêt à soutenir l'opposition liégeoise, que l'évêque, de même que les autres princes ecclésiastiques de l'Empire, gravitait forcément dans l'orbite de la politique autrichienne. Frappé de toutes ces considérations, Fabry tourna donc ses regards du côté de Frédéric-Guillaume ; son désir était « d'amener les choses au point que S. M. Prussienne en fût l'arbitre ». Avances dangereuses, qu'il eut sans doute à regretter plus tard; mais en ce moment où la corde était tendue à se rompre, lui et ses amis n'avaient qu'une idée fixe : « délivrer leur pays du joug des prêtres » ; on verrait après. Fabry, cependant, répugnait aux moyens extrêmes : résistant aux impatients qui, dès lors, ne projetaient rien de moins que l'enlèvement du prince et la révolution ouverte, il jugea plus sûr et plus opportun de se tenir sur le terrain des négociations. Il aurait bien voulu être chargé de représenter officiellement la Prusse à Liège, ne fût-ce que pour jouir des immunités diplomatiques ; mais ici son espoir fut déçu : un autre observateur, le baron de Senfft de Pilsach arriva de Berlin. Le candidat évincé en conçut du mécontentement ; une explication nette rendit cette impression passagère.

   Quelques mois s'écoulèrent en pourparlers avec Berlin et Wetzlar, tandis que Hoensbroeck, persistant dans son système de compression et s'obstinant à maintenir un impôt qui passait pour vexatoire, mettait le comble à son impopularité. Tout à coup la nouvelle de la prise de la Bastille éclata comme un coup de foudre : « Faiseurs d'enquêtes,  oppresseurs de l'innocence, osa écrire  Bassenge dans l'Avant-coureur, voyez Paris et tremblez ! » L'évêque eut peur en effet ; le 13 août 1789, il annonça l'intention de convoquer les Etats et de se prêter à une transaction. Les patriotes répondirent, par l'organe du même publiciste, qu'avant tout il fallait rendre à la nation liégeoise les garanties qui lui manquaient, c'est-à-dire abolir le règlement de 1684. Le 17 août, la cocarde rouge et jaune des Liégeois, la cocarde verte et blanche de ceux de Franchimont se montrèrent dans les rues de la cité ; le lendemain, Fabry et Chestret étaient acclamés bourgmestres par la foule assemblée sur le Marché. Le soir même du 18, Hoensbroeck, mandé de Seraing à l'hôtel de ville, approuvait l'élection du nouveau magistrat et signait, la cocarde sur l'habit, l'abrogation du règlement de Maximilien-Henri. Le 26, il quitta furtivement le château de Seraing pour se retirer à l'abbaye de Saint-Maximin, près de Trèves. Le peuple triomphait ; mais le grand danger à craindre, c'était que le but ne fût dépassé. Deux ans plus tard, Fabry écrivait mélancoliquement à un de ses amis de Verviers : « Ils ont raison ceux qui disent que notre révolution a été trop hâtive. Je ne la voulais pas au moment où on l'a faite. J'avais su apprécier nos têtes, qui la voulaient alors. Je l'avais dit un an auparavant à Mirabeau, qui en avait jugé comme moi, et qui ne s'attendait pas lui-même, dans ce temps-là, à la révolution française. L'exemple des Français échauffa nos têtes ; on se hâta le 18 août, et je fus entraîné comme les autres (4). »

   Des dissidences se produisirent dès les premiers jours au sein des Etats, réunis le 31 août. Le Tiers, avide de réformes radicales, se sépara des deux premiers ordres, sauf à être bientôt laissé en arrière par les ultra-avancés de Franchimont. De son côté, la chambre de Wetzlar, presque gagnée à la cause des patriotes en présence des fautes de Hoensbroeck, changea brusquement d'attitude sous l'impression des évènements de Liège. Par sa sentence du 27 août, elle enjoignit aux princes directeurs du Cercle de Westphalie (5) de prêter aide et assistance à l'évêque, de rétablir les choses telles qu'elles étaient avant le 18, enfin de poursuivre criminellement les auteurs de la sédition. Des députés liégeois partirent aussitôt pour Wetzlar, partageant la confiance de Fabry, qui tenait pour assuré que ni Frédéric-Guillaume, ni le palatin ne prêteraient la main à l'exécution. Des démarches furent tentées en même temps auprès de Hoensbroeck, mais sans aboutir. On s'adressa directement à la Prusse : c'était le seul moyen d'obtenir du répit. Fabry se rendit lui-même à Berlin, où il proposa un accommodement : Hoensbroeck resterait souverain, mais rendrait aux Liégeois, sans réserve, les garanties constitutionnelles pour lesquelles ils s'étaient soulevés. Ces ouvertures déplurent aux démocrates : le député fut hautement accusé de vendre son pays à la Prusse. Une décision était cependant urgente ; enfin les Etats consentirent à la transaction proposée ; mais on avait compté sans le prince, qui intervint à son tour auprès du roi, déclarant que la violence seule avait pu lui arracher des concessions. Dans ces conjonctures, Frédéric-Guillaume, voyant les Autrichiens sur le point d'être expulsés de la Belgique, jugea que le moment était venu pour lui d'occuper une position qui lui ouvrait l'entrée des Pays-Bas (6). Le 30 novembre, ses troupes prirent possession de la citadelle de Liège. Leur présence eut en tout cas pour effet de contenir les partisans de l'évêque, qui nourrissaient toujours l'espoir d'une restauration pure et simple. Mais une nouvelle sentence de Wetzlar (4 décembre), proclamant nulles et non avenues les concessions arrachées le 18 août, ordonnant l'exécution du premier décret sans délai, etc., vint compliquer les difficultés. La Prusse agit sur Hoensbroeck et parvint à l'intimider ; le chapitre cathédral vint alors à la rescousse et repoussa tout arrangement. Se sentant encouragé, l'évêque ne voulut plus rien entendre. Les patriotes furent exaspérés ; la Prusse, de guerre lasse, considéra son œuvre de médiation comme terminée : le corps d'occupation quitta Liége le 16 avril 1790. Craignant pour sa sûreté, le chapitre crut prudent de se retirer à Aix-la-Chapelle : il n'y eut plus dès lors d'État primaire sérieux. Cette circonstance contribua, on peut le croire, à envenimer les haines des partis.

   Les patriotes franchirent le Rubicon. Dès le 17 avril, la déchéance de Hoensbroeck comme prince de Liège fut proclamée, le conseil privé suspendu, la mense épiscopale confisquée. Les réformes se succédèrent : la suppression des corporations de métiers, regardées comme des oligarchies municipales, consacra l'établissement d'une démocratie pure. Puis, considérant que la dernière rénovation magistrale n'avait pas été très-régulière, on prépara un système électoral provisoire : le 26 juillet, Fabry fut reporté au pouvoir avec l'avocat Donceel pour collègue : on évinça Chestret, commandant des troupes, sous prétexte d'incompatibilité (voir l'art. CHESTRET).

   Tout en partageant l'enthousiasme de la première heure, les chefs du mouvement ne pouvaient se dissimuler que leurs chants de victoire ne désarmeraient pas les puissances. Ils songèrent à se rapprocher des Belges, toujours dans la conviction que la Prusse verrait d'un bon œil l'union des deux révolutions. Fabry se mit donc en rapport avec Van Eupen ; il fallut bientôt reconnaître qu'on poursuivait une chimère : les sécularisateurs de Liége n'avaient rien de commun avec les adversaires d'un monarque philosophe.

   Le péril était imminent, la chambre de Wetzlar se montrant inexorable. Bon gré, mal gré, on se vit mis en demeure de songer à la défense. Fabry eut toute la peine du monde à contenir les exaltés dans ces instants difficiles, il fit preuve d'autant de prudence que d'énergie. Improviser une armée et surtout la solder, ce n'était pas chose aisée. On entra en campagne tant bien que mal et l'on eut à se féliciter d'un premier succès. Les chances se balancèrent ensuite (à Sutendael) ; le grand résultat fut que les électeurs se découragèrent, et s'adressèrent à l'Autriche. Le successeur de Joseph II ne demandait pas mieux que de saisir une occasion qui lui permettrait peut-être de recouvrer les Pays-Bas ; mais à ce moment même, d'autres convoitises absorbaient ses préoccupations : il résolut de faire d'une pierre deux coups. La tournure que prenait la révolution française commençait à inquiéter Frédéric-Guillaume, si bien que ce potentat en vint a prêter tout doucement l'oreille à des offres séduisantes de l'Autrichien. Celui-ci lui laissa entrevoir qu'il pourrait s'entendre avec la Prusse et la Russie pour un second partage de la Pologne, si la première de ces deux puissances consentait à abandonner les Belges et les Liégeois. La coalition fut préparée au congrès de Reichenbach le 27 juillet 1790, juste le lendemain de la réélection de Fabry comme bourgmestre de Liége.

   Les patriotes ne s'étaient attendus à rien de semblable. Dans leur ignorance de la véritable situation, ils avaient visé droit à leur but : refondre leur gouvernement sans s'inquiéter de la politique générale de l'Europe, des rapports de Liége avec l'empire, de qui ou de quoi que ce fût. Une régence de onze membres devait présider à l'administration du pays ; ce corps ne pouvant marcher sans tête, on résolut d'établir un mambour, conformément aux anciennes traditions (7). Leur choix tomba sur le prince Ferdinand de Rohan-Guéménée, archevêque de Cambrai et tréfoncier de Liège. Mesure imprudente s'il en fut une! C'était en quelque sorte défier les princes de ramener Hoensbroeck à Liège. Une vague inquiétude s'empara tout d'un coup des patriotes. Ils crurent un instant que la France épouserait leur cause : l'Assemblée constituante reçut gracieusement leurs députés, ne leur épargna pas les beaux discours (8), mais les laissa partir comme ils étaient venus. On ouït parler, sur ces entrefaites, des préliminaires de Reichenbach : stupeur générale. Un congrès allait s'ouvrir à Francfort : des envoyés liégeois y furent mandés. Ils y apprirent qu'une restauration était devenue inévitable, moyennant des conditions à régler de concert avec la cour de Berlin. Dohm apporta aux Liégeois des propositions aussi raisonnables que le comportaient les circonstances : Hoensbroeck remonterait sur son trône, mais le règlement de 1684 serait définitivement aboli, en ce sens qu'il serait stipulé que les représentants du Tiers-état seraient désormais élus librement par le peuple, sans aucune influence ni concurrence du prince. Les Etats eussent peut-être accepté, à ce prix, une réconciliation avec l'Empire ; mais la bourgeoisie, au comble de l'effervescence, ne voulut rien entendre : Plus de Hoensbroeck ! Tel était son cri unanime de ralliement. Fabry perdit alors ses dernières illusions : il était évident que les Liégeois allaient rester isolés, et alors...

   Ce fut un douloureux épisode de sa vie. Quand on sut que les princes allemands, fatigués d'attendre, avaient envoyé un ultimatum aux Etats de Liége existant de fait ; quand on apprit que l'Autriche, parvenue à pacifier les Pays-Bas, était décidée à ne pas tolérer une révolution à leurs frontières, on tomba littéralement en démence. Fabry put apprécier alors combien la popularité est chose fragile. Il s'entendit maudire par ceux qui s'étaient habitués à voir en lui le premier soutien de l'indépendance nationale. Les amis de Hoensbroeck ne manquèrent pas d'attiser le feu, bien convaincus, de leur côté, qu'en déconsidérant Fabry ils frapperaient la révolution au cœur. Ils le poursuivirent avec un acharnement incroyable, d'autant plus injuste que celui qu'ils traitaient ainsi avait tout fait pour prévenir la crise. L'émigré français Sabatier de Castres (9) trempa de nouveau dans le fiel la plume qu'il avait déjà, l'année précédente, exercée contre le bourgmestre. Dans la Valise décousue, quelques formes avaient encore été observées ; dans les Observations amicales aux Liégeois, plus de retenue, plus de pudeur. « Jamais peut-être, dit Ad. Borgnet, la haine ne fit entendre d'aussi sauvages accents ; tous les hommes de la révolution y sont dépeints sous les traits les plus hideux, attaqués avec une grossièreté dont il est difficile de se faire une idée. » Fabry eut le tort de daigner relever le gant ; Hoensbroeck lui-même regretta les violences de Sabatier. De quels reproches n'accablait-on pas Fabry ? L'historien cité ne peut contenir son indignation : « Lui qui avait sacrifié ses intérêts à la défense de son parti, lui qui n'avait retiré de la révolution que les inquiétudes et les soucis de la vie politique, dont la vieillesse n'avait en perspective que l'exil et les douleurs qui l'accompagnent, se vit accusé d'avoir criminellement spéculé sur les troubles de sa patrie ! Il avait à son profit dilapidé le trésor public, lui qui ne cessait de crier à l'économie ; volé l'argent de l'État pour acquérir une propriété en France, lui qui bientôt allait se trouver sans un asile pour abriter ses cheveux blancs ; accaparé les emplois dans sa famille, lui à qui son opposition au gouvernement de Hoensbroeck avait fait perdre une position avantageuse, pour ne lui donner en définitive que la charge honorable, mais stérile, de chef de la Cité ; lui dont le fils aîné, chargé provisoirement de l'organisation d'un régiment, tâche que personne ne voulait entreprendre, avait, par délicatesse et pour ne pas être accusé de cumul, résigné les fonctions lucratives de rentier (receveur) de la cité ; lui dont le fils cadet, par délicatesse toujours et pour ne pas fournir une arme aux ennemis de son père, avait refusé une compagnie dans un autre régiment, quoique, par son expérience dans le service militaire, il fût plus apte à commander que beaucoup d'autres! Et quel avenir l'attendait? Aujourd'hui poursuivi par le prince comme un révolutionnaire endurci, demain attaqué par les ardents de son parti comme coupable de modérantisme! Ah! s'il est vrai que de cruels déboires sont la récompense souvent réservée aux services de l'homme d'État, nul ne l'éprouva d'une manière plus sensible que le patriote honorable dont le nom n'a pas cessé d'être populaire à Liége. Car il convient d'ajouter que s'il  resta, comme toujours, quelque chose de la calomnie, Fabry néanmoins resta soutenu par la majorité de ses concitoyens ; que ceux mêmes dont la confiance avait été ébranlée ne tardèrent pas à lui revenir, et surtout que la plupart de ses collègues, aux Etats comme au conseil de la cité, mieux placés que les autres pour apprécier ses vertus et son dévouement, ne le délaissèrent jamais. »

   A la fois harcelé par les contre-révolutionnaires et en butte aux suspicions des exaltés, qui l'accusaient de s'être laissé jouer par la diplomatie prussienne et de vouloir maintenant se jeter dans les bras de l'empereur, Fabry se trouva dans la situation la plus fausse et la plus pénible, jusqu'au moment où la population, saturée de désordres, se prit à désirer la paix, ou reconnut qu'il y aurait folie à résister davantage. Le 23 décembre 1790, le conseil et les Etats s'entendirent pour s'en remettre entièrement à la volonté suprême de l'empereur. Mais quelle serait la conduite de Léopold? En présence des résistances de Hoensbroeck et de ses chanoines, qui ne voulaient s'en rapporter qu'à la Chambre impériale, accepterait-il la mission d'arbitre? On se remit à négocier : l'ambassade de Fabry à Vienne n'aboutit pas même à une audience ; enfin l'Autriche fit savoir qu'elle ne pouvait plus retarder le départ de ses troupes, lesquelles appuieraient immédiatement, avec celles des électeurs, l'exécution des sentences de Wetzlar. Le 11 janvier 1791, le conseil de la cité passa la nuit à composer une adresse de protestation : telle était la panique, qu'il ne se trouva pas un imprimeur pour la publier. Le lendemain 12, les Kaiserlicks entraient à Liège ; la commission d'exécution y arriva le 18 ; le 19, le chapitre reparut.

   Réaction complète : rétablissement du conseil privé, des métiers, du magistrat tel qu'il était avant le 18 août 1789 (10). Hoensbroeck revint le 12 février ; le 22, il proclama une amnistie pour les actes qui le concernaient personnellement, restriction menaçante. Personne n'y fut pris : les émigrations se multiplièrent ; la cour de Vienne fut la première à s'impatienter de l'aveuglement du prince, qui laissait échapper une si belle occasion de se refaire des partisans. Fabry, resté à Wezel en revenant de Vienne, passa de cette ville à Venloo, puis à Givet et finalement à Bouillon, proscrit et dépouillé de ses biens. De la terre d'exil, il lança une proclamation fulminante où Hoensbroeek, les chanoines et les juges vendus qui prêtaient leur appui à la restauration par leurs sentences iniques et sanguinaires, étaient déclarés ennemis de la patrie ; le temps de l'expiation, ajoutait-il, n'était pas éloigné. En attendant, Bouillon, où sa famille l'avait rejoint, devint le poste d'observation des patriotes liégeois.

   Ceux-ci n'avaient plus rien à espérer de la Prusse : Dohm et Herzberg avaient perdu leur crédit. Par l'organe de Fabry, les exilés sollicitèrent de nouveau la médiation de l'Autriche, faisant entendre qu'il serait difficile de contenir la population liégeoise, si la rigueur des mesures réactionnaires n'était pas tempérée. Les avancés, Levoz en tête, n'y tenaient plus : ils voulaient rompre tout simplement en visière avec Léopold et tançaient vertement l'attitude expectante du négociateur. Fabry avait obtenu de Metternich une promesse d'intervention : le diplomate autrichien s'entremit en effet auprès de Hoensbroeck, mais sans succès. Livré à ses propres inspirations, l'évêque se fût peut-être montré accommodant ; il était par malheur à la dévotion de son chapitre, opiniâtrement décidé à effacer jusqu'à la dernière trace de la révolution. Une amnistie limitée fut publiée le 20 octobre : elle imposait à la masse des patriotes une soumission déshonorante et déclarait, en termes formels, que les chefs fauteurs ou moteurs des troubles passés n'avaient point de grâce à attendre. Alors Fabry laissa un libre cours à son indignation ; la chambre de Wetzlar elle-même s'émut. Metternich ne cacha pas son dépit ; mais que faire? Se disant qu'un seul mot de blâme contre le chapitre suffirait pour rejeter Liège en pleine révolution, il recula devant un parti extrême, se contenta de travailler au rappel de la commission exécutrice et de réclamer des tréfonciers, au nom de son gouvernement, des explications nettes et précises.

   Pendant ce temps, les bannis, sans se rendre compte des difficultés qu'éprouvait Metternich, publiaient une Adresse à l'empereur rédigée par Bassenge, c'est-à-dire brûlaient leurs vaisseaux, en signifiant à la cour de Vienne qu'ils ne comptaient plus sur elle. Démarche non moins hasardeuse : sans être sûrs que la France se brouillerait avec l'Allemagne, ils se persuadèrent que l'Assemblée constituante, au point où les choses en étaient arrivées, se déciderait enfin à leur prêter son secours. Fabry, entraîné par l'enthousiasme, se mit à combiner des plans. « La coalition des despotes est imminente (ainsi s'exprimait-il dans une note destinée au comité diplomatique) ; le gouvernement français ne doit pas attendre qu'elle soit définitivement formée ; les Belges et les Liégeois sont mécontents ; ceux-ci n'attendent, pour se soulever de nouveau, que la certitude d'un appui ; au moment où éclatera leur insurrection, que vingt ou trente mille Français se jettent sur Namur, sur le Luxembourg, sur Liège ; les Belges se soulèveront aussi et les Impériaux seront refoulés sur le Rhin. -L'Assemblée, ajoutait-il, ne voudra peut-être pas prendre l'initiative d'une attaque : tout au moins qu'elle permette d'enrégimenter les réfugiés, pour en former un corps qui restera sur la frontière, préparé à tout événement. » Reconnait-on le sage temporisateur dans l'homme qui proposait ainsi, sans prévoyance du lendemain, d'attirer sur son pays les fléaux de la guerre? Les souffrances de tant de proscrits réduits à la misère expliquent, si l'on veut, mais ne justifient pas suffisamment un tel acte. Dans tous les cas, ces projets échouèrent : les affaires ne prirent une autre tournure que quand l'Assemblée législative eut remplacé la Constituante.

   Il eût fallu aussi pour réussir, être bien assuré avant tout de l'accord des Belges et des Liégeois. Or dans les deux camps on était divisé. Comment les patriotes de Liège se seraient-ils entendus avec les conservateurs brabançons? Avec les vonckistes, soit ; mais Vonck, de son côté, n'eût pas légèrement pactisé avec les Franchimontois. Un projet de république fédérative, comprenant le pays de Liège, fut, à la vérité, formulé : il ne put tenir devant les scrupules de Vonck et les aménités de Levoz à l'endroit de Fabry, qui n'avait jamais voulu la liberté du peuple et n'était qu'un ambitieux égoïste et vindicatif, un ex-agent de la Prusse, etc. Ces débats et ces récriminations cessèrent momentanément lorsqu'on apprit que la France avait déclaré la guerre à l'Autriche. Lafayette fut mis à la tête de l'armée ; Levoz et ses amis du Comité révolutionnaire le suivirent avec quelques centaines d'hommes, qui manifestèrent leurs intentions en rançonnant les caisses publiques dans l'entre-Sambre-et-Meuse et en abattant partout les écussons aux armes du prince-évêque. Hoensbroeck se plaignit à bon droit de ces déprédations, car, en définitive, c'était à l'Autriche et non à l'Empire que la France avait envoyé un cartel ; Lafayette, au surplus, le savait si bien, que, malgré l'avis du ministre Dumouriez, il n'avait point permis à ses soldats de se rendre complices des bandes liégeoises. Disons que Fabry avait eu soin de se rendre à Givet pour recommander au général de se défier des avancés. On en était là quand Hoensbroeck vint à mourir, dans la nuit du 3 au 4 juin ; en désignant Méan pour lui succéder, le chapitré prouva qu'il était aussi tenace que jamais : ce serait un combat à outrance. Ces changements précédèrent de peu la grande crise du 10 août, la déposition de Louis XVI, la coalition prévue des puissances du Nord contre la France. Lafayette, compromis par son dévouement au malheureux monarque, se retira du pays, mais fut arrêté et livré à l'Autriche. Prussiens et Autrichiens envahirent en même temps la frontière française. Dumouriez, qui avait pris le commandement des troupes, les rencontra en Belgique et remporta la victoire de Jemmapes. Méan n'eut que le temps de quitter Liége avec sa cour ; Fabry se hâta de publier une proclamation pour recommander à ses compatriotes la plus grande modération ; sa voix fut écoutée. Dès le 3 décembre, il rentra en ville et fut nommé président du conseil municipal, avec Bassenge pour secrétaire (le titre de bourgmestre avait été supprimé). Dumouriez, reçu par les Liégeois comme un sauveur, invita le peuple souverain à nommer les membres d'une Convention nationale liégeoise : Fabry fut élu des premiers, avec Bassenge, Lesoinne et Levoz. Les liens qui unissaient la principauté à l'empire germanique se trouvèrent ainsi formellement rompus ; mais on n'en resta pas là : on vota la réunion à la France. Fabry, ne voyant plus d'autre issue, n'y fit pas opposition ; seulement il proposa certaines réserves quant à l'arrangement des affaires intérieures. Ses ennemis lui firent un grief de ce dernier effort patriotique : ils lui reprochèrent d'avoir osé dire en pleine assemblée provinciale : « Nous souhaitons tous de devenir Français ; mais, pour mériter cette adoption, faut-il absolument oublier qu'on est Liégeois? - Oui, s'était écrié un sans-culotte, il le faut oublier. Et! vous perdriez au change peut-être? Dites que le nom français va vous avilir! » Il n'en est pas moins vrai, comme l'écrivait Bassenge, qu'en se ralliant aux propositions de Fabry, la municipalité liégeoise avait fait son devoir.

   Mais la fièvre révolutionnaire était arrivée à son paroxysme : les nouveaux gouvernants ne surent pas garder la mesure. On s'acharna sur les monuments religieux ; les églises servirent de casernes et de magasins ; la démolition de la magnifique cathédrale de Saint-Lambert fut décrétée (11) ; d'autre part, on se hâta de mettre sous séquestre les bien des partisans du prince et ceux des émigrés français qui avaient acquis des immeubles dans le pays. On accumulait ainsi des ruines sans réflexion, et en même temps il fallait subir les exigences des commissaires de la république, qui cependant manquèrent leur but lorsqu'ils essayèrent d'obtenir la circulation des assignats au pair, et ne furent pas plus heureux dans le prélèvement d'un impôt pour l'entretien de l'armée. Dumouriez, aux abois, ne put contenter ses troupes qu'en vidant la caisse de la cité et en empruntant 114,000 livres aux collégiales.

   Le 17 février 1793 avait été constituée une Administration générale provisoire, sous la présidence de Fabry, qui se faisait vieux : heureusement il pouvait compter sur Bassenge, son vice-président. Ils eurent à peine le temps de siéger : les Autrichiens avançaient à grandes marches. Liège tressaillit encore une fois et connut de près l'anarchie ; enfin les sans-culottes s'enfuirent en désordre, non sans avoir signalé leurs adieux par le massacre de quelques prêtres émigrés. Cobourg prit possession de la ville, rétablit aussitôt l'ancienne magistrature et décréta une forte contribution de guerre ; il manda d'autre part à l'évêque fugitif que son retour devait être ajourné. Méan dévora son déplaisir ; il ne reparut que le 21 avril, et il est triste d'avoir à constater que ses dispositions étaient fort éloignées de celles d'Auguste disant à Cinna : Soyons amis. Les patriotes liégeois se replièrent sur Paris, faisant fond sur la Convention. C'est alors que les Franchimontois se séparèrent nettement des Fabriciens, qu'ils qualifiaient de Girondins : Fabry en particulier fut dénigré avec une véritable rage, ce qui surexcita son caractère naturellement irritable. Urban, l'ancien éditeur de l'Avant-coureur, paya les services que le chef de la révolution lui avait rendus, en lançant contre lui une dénonciation : après le 31 mai, c'était une terrible épée de Damoclès. Fabry se retira à Versailles avec son fils Hyacinthe et se hâta d'adresser au ministre une protestation très-digne, où il se contentait d'invoquer son passé. La lumière se fit enfin et la terreur eut son terme, au moment même où les hostilités recommençaient dans le Nord. Le 9 thermidor (27 juillet 1794), jour de la chute de Robespierre, les Français, vainqueurs à Fleurus, opérèrent leur rentrée dans Liège ; Méan s'était de nouveau éclipsé dès le 20 juillet. Les Autrichiens se maintinrent cependant à la Chartreuse, d'où ils bombardèrent le quartier d'Amercoeur ; ils ne délogèrent qu'après la bataille d'Esneux (16 septembre). La famille de Fabry ne lui permit de quitter Versailles qu'après leur départ : aussi bien le vénérable vieillard, décidé à ne plus se mêler des affaires publiques, n'était pas impatient de se mettre en route.

   Tandis que les Liégeois paisibles, traités en peuple conquis par leurs libérateurs, s'avouaient douloureusement qu'ils n'avaient fait que changer de servitude, les partisans de la Montagne ne connaissaient point de borne à leur insolente : les Fabry, les Bassenge, les Chestret étaient signalés en termes grossiers à l'animadversion publique. On eut à traverser de mauvais jours, signalés par des persécutions et des actes de vandalisme, des jours assombris encore par les exactions des agents français. Les exaltés n'obtinrent qu'un résultat : le pays de Liége perdit, sans réserve et sans conditions, son antique indépendance. Le ler octobre 1795, la principauté reçut le nom de département de l'Ourthe.

   Fabry vécut encore trois ans. Il avait beaucoup souffert ; mais il eut du moins, dit justement Ad. Borgnet, la satisfaction de voir, par l'élection de son fils (12) et de trois de ses meilleurs amis (13), que ses concitoyens n'avaient « ni cédé aux clameurs de l'envie acharnée contre lui, ni renié les opinions du parti dont il avait été si longtemps le chef respecté. »

   Bassenge, envoyé à Eupen et à Malmédy pour y calmer une révolte d'ouvriers, ne put faire acte de présence à ses obsèques. A son retour, il pria l'administration d'écrire une lettre de condoléance à Hyac. Fabry. « Celui, ajouta t-il, celui qui le premier fit retentir parmi nous le mot sacré de souveraineté du peuple en signalant aux Liégeois les usurpateurs de leurs droits, celui dont toute la vie, toutes les facultés furent consacrées à préparer la chute des tyrans et le triomphe des hommes libres, celui qui ne respira que pour le bonheur et là gloire de ses concitoyens, Fabry n'est plus ! Il n'est plus! Il n'y a rien à ajouter à ces mots. Vous vous êtes empressés de jeter des fleurs sur sa tombe, de la couvrir de palmes civiques. Vos larmes, celles de ses concitoyens l'ont arrosée et la voix de la vérité, de la sensibilité, de là justice a rendu un dernier hommage à ses mânes. Cette scène touchante, à laquelle je n'ai point assisté, honore à la fois et celui qui en fut l'objet et ceux qui lui offrirent le tribut de vénération et de reconnaissance. C'est un nouveau serment, prononcé sur la tombe de l'homme de bien, de suivre ses généreux exemples, d'adorer et de servir comme lui, jusqu'au tombeau, la liberté et la République. » Il va sans dire que Bassenge reçut mission de rédiger lui-même la lettre de condoléance (14).

   Fabry fut enterré, selon son désir, dans le jardin d'une villa qu'il possédait aux Tawes, derrière la citadelle de Liège. Il paraît que ses restes mortels ont été transportés depuis au cimetière de Robermont.

Alphonse Le Roy.

Ad. Borgnet, Histoire de la révolution liégeoise. - Daris, Histoire du diocèse et de la principauté de Liège (1724-1852) , t. I, Il et III. - X. de Theux, Supplément au Recueil héraldique de Loyens et d'Ophoven. - Henaux, Histoire du pays de Liège, t. Il (3e édition). - Ul. Capitaine,  Recherches sur les journaux liégeois. - Théàte ligeois, éd. Bailleux. - Documents inédits.


(1) La musique de cette pièce est aussi de Hamal. Les compositions de Fabrv et de ses collaborateurs ont été réunies, dès le siècle dernier, en un volume intitulé : Theàte Ligeois, souvent réimprimé depuis, et encore populaire. La meilleure édition est celle de F. Bailleux. Ul. Capitaine, J. Stecher et J. Helbig (Liége, Carmanne, 1854, in-12).  

(2) Dictionnaire universel des sciences morales. Londres (Neuchâtel), 1777-1783, 30 vol. in-4°. 

(3) Velbruck n'ignorait pas cependant que Fabry avait patronné la candidature de son compétiteur, le vicaire général Ch.-Hyac. de Rougrave (Borgnet, I, 19). 

(4) Lettre à Lonhienne, du 22 juillet 1791 (ap. Borgnet, I, 148). 

(5) Le roi de Prusse comme duc de Clèves, l'électeur-palatin comme duc de Juliers, l'électeur de Cologne comme prince-évêque de Munster. 

(6) Borgnet, I, 177. 

(7) Herzberg lui-même, ministre de Prusse, leur avait donné ce conseil, mais antérieurement au rapprochement des deux puissances allemandes. 

(8) « Vous avez vu, messieurs, resplendir sur la France le soleil de la liberté, et vous, ses antiques sectateurs, vous vous êtes levés avec elle pour l'adorer, etc., etc. » 

(9) Personnage assez équivoque, à qui les railleries de Voltaire avaient fait une certaine réputation. 

(10) Moins cinq membres du conseil, qui s'étaient déclarés pour les patriotes.  

(11) Les événements retardèrent d'un an l'exécution de cet arrêté stupide : on en chargea le peintre Defrance. 

(12) Au conseil des Cinq-Cents (voy. l'art. précédent). 

(13) Bassenge an conseil des Cinq-Cents ; Hauzeur et Lesoinne au conseil des Anciens. 

(14) Daris, t. III , p. 174. 

 

23/01/2013