|
|
| |
|
 |
|
Auteurs : |
|
|
| |
|
Retour : |
|
|
|
|
Jacques-Joseph de
Fabry (1722-1798), attribué à Jean Henri Gathy (1752-1811) |
|
Alphonse Le Roy
Biographie nationale T. VI, pp. 827
et suiv.
publiée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-arts de
Belgique,
Bruxelles, 1897. |
|
FABRY (Jacques- Joseph), homme politique éminent, naquit à Liége le 3 novembre 1722 et y mourut
le 11 février 1798. Il appartenait à une ancienne famille dont le nom
se rencontre fréquemment dans les fastes consulaires de la cité. Nous
manquons de renseignements sur son éducation, qui dut être brillante,
et sur sa jeunesse : il n'apparut sur la scène que dans un âge déjà
mûr; mais alors son activité patriotique se déploya si énergiquement
et le mit dans un tel relief, que l'histoire de la révolution
liégeoise pourrait se résumer tout entière dans sa biographie. En
attendant l'heure des combats, nous le voyons se complaire dans la
société des gens de lettres et des artistes. C'est ainsi qu'il était
très-assidu au salon du tréfoncier De Harlez, poète et musicien, à
qui, par parenthèse, Grétry dut ses premiers encouragements. Le
pittoresque idiome du pays de Liége jouissait alors d'une grande
faveur : De Harlez, De Cartier, Vivario et Fabry surent l'élever
presque à la hauteur d'une langue littéraire, sans lui faire rien
perdre de son originalité, de sa verdeur, de sa franche gaieté
gauloise. Ils composèrent d'abord un petit opéra, Li voyège di
Chaudfontaine, une perle en son genre, dont la musique fut écrite,
par J.-N. Hamal, maître de chapelle de la cathédrale; ensuite Fabry
versifia seul le libretto du Ligeois ègagi (1757), qui
obtint également un succès du meilleur aloi dans les concerts de
l'hôtel de ville, et plus tard au palais de Seraing, où Velbruck
voulut le faire entendre au stathouder de Hollande (1). Mais c'étaient
là des délassements passagers ; Fabry dirigea bientôt toute son
attention sur les graves questions qui commençaient à émouvoir les
esprits : n'oublions pas que nous sommes à l'époque où les
encyclopédistes français firent pour ainsi dire invasion dans la
principauté, qu'ils avaient choisie pour centre de leur propagande.
Fabry épousa résolûment leurs idées et les professa sans hésiter, soit
dans la presse, soit plus tard clans les discussions philosophiques et
politiques qui se renouvelaient chaque jour à la Société d'Emulation,
fondée par Velbruck en 1779, pour l'encouragement des sciences, des lettres
et des arts. Pendant cette même période, il élabora un grand nombre
d'articles pour le Dictionnaire de J.-J. Robinet
(2) et donna une édition, considérablement augmentée, du
Voyage d'un amateur des arts en Flandre, dans les Pays-Bas,
etc., par M. de la R.... (J. de la Roche), Amsterdam (Liége) F.
Desoer, 1783, 4 vol. in-12. Le prince Charles d'Oultremont, d'autre
part, octroya, le 16 avril 1764, à l'imprimeur Desoer, le privilège de
la Gazette de Liège, journal officiel ; le 28
avril 1766, une convention nouvelle, intervenue entre Fabry et Desoer,
fut approuvée par l'autorité. Le premier devait diriger et composer la
Gazette ; le second se chargeait de l'impression
et de la distribution, sauf à percevoir le produit des abonnements et
des annonces. Les choses marchèrent ainsi pendant douze ans : tout d'un
coup Hoensbroeck, jugeant les principes de Fabry trop indépendants,
trouva bon de lui retirer sa confiance et de remettre à H. -F.-M.
Colson, mayeur en féauté, le soin d'écrire des articles sur les
affaires du pays (18 mars 1788). Desoer conserva son mandat jusqu'au 1er janvier 1791 ; dépossédé à son tour pour cause de
libéralisme, il résolut de créer un journal non officiel. Non sans
avoir subi de nombreuses vicissitudes, cette feuille a traversé toutes
les révolutions et n'a cessé de grandir en format et en importance.
Elle appartient encore à la famille Desoer : nous avons nommé le
Journal de Liège.
Tout en se livrant aux labeurs
absorbants du journalisme, Fabry prenait rang parmi les hommes
publics. Ses débuts remontent à l'épiscopat de Jean-Théodore de
Bavière : nous le trouvons successivement conseiller de la Chambre des
comptes (15 novembre 1762) et mayeur en féauté (9 avril 1764) ; il ne
résigna ces dernières fonctions qu'en mars 1781, au profit de son fils
aîné (voir l'art. précédent). Conseiller intime de l'électeur de
Cologne (titre purement honorifique), nommé conseiller actuel de Velbruck le 3 janvier 1773 (3), deux fois bourgmestre de la cité, en
1780 et 1783, il se vit honoré des princes autant qu'aimé du peuple
jusqu'au commencement du règne de Hoensbroeck. Mais des nuages
allaient bientôt s'amonceler sur sa tête. A propos, de l'affaire de
Spa, il osa contester au chef de l'État le droit d'édicter en matière
de police ; d'un autre côté, la hardiesse de ses idées avait offusqué
certaines personnes; qui ne manquèrent pas de chercher à le faire
tomber en disgrâce : bref, il passa aux yeux du prélat pour un homme
dangereux, une sorte de philosophe révolutionnaire. Le fait est que
Fabry en vint peu à peu à considérer la puissance temporelle du
clergé comme un véritable malheur pour sa patrie. Les mandements
publiés au sujet des jeux, le décret de prise de corps lancé contre
Redouté et ses adhérents (voir l'article J.-R. DE CHESTRET),
le tribunal des XXII menacé dans son indépendance, autant de mesures
violentes ou arbitraires dont gémissaient avec lui les patriotes
attachés à l'ancienne constitution liégeoise. La chambre impériale de
Wetzlar tardant à se prononcer sur l'appel dont elle était saisie, ils
eurent quelque raison de ne pas se croire en sûreté. Reynier et
Bassenge se réfugièrent à Cologne ; Fabry, sans quitter Liége, se tint
prêt à tout événement. Ses premières relations avec Dohm, représentant
de la cour de Berlin auprès du Cercle de Westphalie, datent de cette
période critique (1787). Les Pays-Bas autrichiens étaient en
ébullition : Joseph II, d'autre part, en prenant fait et cause pour la
Russie, brouillée avec la Porte, s'exposait à de graves embarras en
Orient, embarras qui s'accroitraient encore si une insurrection
éclatait à Liège ; pouvait-on répondre, en effet, que Brabançons et
Liégeois ne finiraient pas par s'entendre? La Prusse au contraire
devait se réjouir, semblait-i1, de voir Hoensbroeck aux prises
avec ses sujets. Attentive à contrecarrer les Habsbourg, elle avait
d'autant plus d'intérêt à soutenir l'opposition liégeoise, que
l'évêque, de même que les autres princes ecclésiastiques de l'Empire,
gravitait forcément dans l'orbite de la politique autrichienne. Frappé
de toutes ces considérations, Fabry tourna donc ses regards du côté de
Frédéric-Guillaume ; son désir était
«
d'amener les choses au point que S. M. Prussienne en fût l'arbitre
». Avances dangereuses, qu'il eut sans
doute à regretter plus tard; mais en ce moment où la corde était
tendue à se rompre, lui et ses amis n'avaient qu'une idée fixe :
«
délivrer leur pays du joug des prêtres
»
; on verrait après. Fabry, cependant, répugnait aux moyens extrêmes :
résistant aux impatients qui, dès lors, ne projetaient rien de moins
que l'enlèvement du prince et la révolution ouverte, il jugea plus sûr
et plus opportun de se tenir sur le terrain des négociations. Il
aurait bien voulu être chargé de représenter officiellement la Prusse
à Liège, ne fût-ce que pour jouir des immunités diplomatiques ; mais
ici son espoir fut déçu
: un autre observateur,
le baron de Senfft de Pilsach arriva de Berlin. Le candidat
évincé en conçut du mécontentement ; une explication nette rendit cette
impression passagère.
Quelques mois s'écoulèrent en pourparlers avec
Berlin et Wetzlar, tandis que Hoensbroeck, persistant dans son système
de compression et s'obstinant à maintenir un impôt qui passait pour
vexatoire, mettait le comble à son impopularité. Tout à coup la
nouvelle de la prise de la Bastille éclata comme un coup de foudre :
«
Faiseurs d'enquêtes, oppresseurs de l'innocence, osa écrire
Bassenge dans
l'Avant-coureur, voyez Paris et
tremblez !
»
L'évêque eut peur en effet ; le 13 août 1789, il annonça l'intention
de convoquer les Etats et de se prêter à une transaction. Les
patriotes répondirent, par l'organe du même publiciste, qu'avant tout
il fallait rendre à la nation liégeoise les garanties qui lui
manquaient, c'est-à-dire abolir le règlement de 1684. Le 17 août, la
cocarde rouge et jaune des Liégeois, la cocarde verte et blanche de
ceux de Franchimont se montrèrent dans les rues de la cité ; le
lendemain, Fabry et Chestret étaient acclamés bourgmestres par la
foule assemblée sur le Marché. Le soir même du 18, Hoensbroeck, mandé
de Seraing à l'hôtel de ville, approuvait l'élection du nouveau
magistrat et signait, la cocarde sur l'habit, l'abrogation du
règlement de Maximilien-Henri. Le 26, il quitta furtivement le château
de Seraing pour se retirer à l'abbaye de Saint-Maximin, près de
Trèves. Le peuple triomphait ; mais le grand danger à craindre, c'était
que le but ne fût dépassé. Deux ans plus tard, Fabry écrivait
mélancoliquement à un de ses amis de Verviers :
«
Ils ont raison ceux qui disent que notre révolution a été trop hâtive.
Je ne la voulais pas au moment où on l'a faite. J'avais su apprécier
nos têtes, qui la voulaient alors. Je l'avais dit un an auparavant à
Mirabeau, qui en avait jugé comme moi, et qui ne s'attendait pas
lui-même, dans ce temps-là, à la révolution française. L'exemple des
Français échauffa nos têtes ; on se hâta le 18 août, et je fus
entraîné comme les autres (4).
»
Des dissidences se produisirent dès
les premiers jours au sein des Etats, réunis le 31 août. Le Tiers,
avide de réformes radicales, se sépara des deux premiers ordres, sauf
à être bientôt laissé en arrière par les ultra-avancés de Franchimont.
De son côté, la chambre de Wetzlar, presque gagnée à la cause des
patriotes en présence des fautes de Hoensbroeck, changea brusquement
d'attitude sous l'impression des évènements de Liège. Par sa sentence
du 27 août, elle enjoignit aux princes directeurs du Cercle de
Westphalie (5) de prêter aide et assistance à l'évêque, de rétablir
les choses telles qu'elles étaient avant le 18, enfin de poursuivre criminellement les auteurs de la
sédition. Des députés liégeois partirent aussitôt pour Wetzlar,
partageant la confiance de Fabry, qui tenait pour assuré que ni
Frédéric-Guillaume, ni le palatin ne prêteraient la main à l'exécution.
Des démarches furent tentées en même temps auprès de
Hoensbroeck, mais sans aboutir. On s'adressa directement à la Prusse
: c'était le seul moyen d'obtenir du répit. Fabry se rendit lui-même à
Berlin, où il proposa un accommodement : Hoensbroeck resterait
souverain, mais rendrait aux Liégeois, sans réserve, les garanties
constitutionnelles pour lesquelles ils s'étaient soulevés. Ces
ouvertures déplurent aux démocrates : le député fut hautement accusé de
vendre son pays à la Prusse. Une décision était cependant urgente ;
enfin les Etats consentirent à la transaction proposée ; mais on avait
compté sans le prince, qui intervint à son tour auprès du roi,
déclarant que la violence seule avait pu lui arracher des concessions.
Dans ces conjonctures, Frédéric-Guillaume, voyant les Autrichiens sur
le point d'être expulsés de la Belgique, jugea que le moment était
venu pour lui d'occuper une position qui lui ouvrait l'entrée des
Pays-Bas (6). Le 30 novembre, ses troupes prirent possession de la
citadelle de Liège. Leur présence eut en tout cas pour effet de
contenir les partisans de l'évêque, qui nourrissaient toujours
l'espoir d'une restauration pure et simple. Mais une nouvelle sentence
de Wetzlar (4 décembre), proclamant nulles et non avenues les
concessions arrachées le 18 août, ordonnant l'exécution du premier
décret sans délai, etc., vint compliquer les difficultés. La Prusse
agit sur Hoensbroeck et parvint à l'intimider ; le chapitre cathédral
vint alors à la rescousse et repoussa tout arrangement. Se sentant
encouragé, l'évêque ne voulut plus rien entendre. Les patriotes furent
exaspérés ; la Prusse, de guerre lasse, considéra son œuvre de
médiation comme terminée : le corps d'occupation quitta Liége le 16
avril 1790. Craignant pour sa sûreté, le chapitre crut prudent de se
retirer à Aix-la-Chapelle : il n'y eut plus dès lors d'État primaire
sérieux. Cette circonstance contribua, on peut le croire, à envenimer
les haines des partis.
Les patriotes
franchirent le Rubicon. Dès le 17 avril, la déchéance de Hoensbroeck
comme prince de Liège fut proclamée, le conseil privé suspendu, la
mense épiscopale confisquée. Les réformes se succédèrent : la
suppression des corporations de métiers, regardées comme des
oligarchies municipales, consacra l'établissement d'une démocratie
pure. Puis, considérant que la dernière rénovation magistrale n'avait pas été très-régulière, on prépara un
système électoral provisoire : le 26 juillet, Fabry fut reporté au
pouvoir avec l'avocat Donceel pour collègue : on évinça Chestret,
commandant des troupes, sous prétexte d'incompatibilité (voir l'art.
CHESTRET).
Tout en partageant l'enthousiasme de la première
heure, les chefs du mouvement ne pouvaient se dissimuler que leurs
chants de victoire ne désarmeraient pas les puissances. Ils songèrent
à se rapprocher des Belges, toujours dans la conviction que la Prusse
verrait d'un bon œil l'union des deux révolutions. Fabry se mit donc
en rapport avec Van Eupen ; il fallut bientôt reconnaître qu'on
poursuivait une chimère : les sécularisateurs de Liége
n'avaient rien de commun avec les adversaires d'un monarque
philosophe.
Le péril était imminent, la chambre
de Wetzlar se montrant inexorable. Bon gré, mal gré, on se vit mis en
demeure de songer à la défense. Fabry eut toute la peine du monde à
contenir les exaltés dans ces instants difficiles, il fit preuve
d'autant de prudence que d'énergie. Improviser une armée et surtout la
solder, ce n'était pas chose aisée. On entra en campagne tant bien que
mal et l'on eut à se féliciter d'un premier succès. Les chances se
balancèrent ensuite (à Sutendael) ; le grand résultat fut que les
électeurs se découragèrent, et s'adressèrent à l'Autriche. Le
successeur de Joseph II ne demandait pas mieux que de saisir une occasion qui lui
permettrait peut-être de recouvrer les Pays-Bas ; mais à ce moment
même, d'autres convoitises absorbaient ses préoccupations : il résolut
de faire d'une pierre deux coups. La tournure que prenait la
révolution française commençait à inquiéter Frédéric-Guillaume, si
bien que ce potentat en vint a prêter tout doucement l'oreille à des
offres séduisantes de l'Autrichien. Celui-ci lui laissa entrevoir
qu'il pourrait s'entendre avec la Prusse et la Russie pour un second
partage de la Pologne, si la première de ces deux puissances
consentait à abandonner les Belges et les Liégeois. La coalition fut
préparée au congrès de Reichenbach le 27 juillet 1790, juste le
lendemain de la réélection de Fabry comme bourgmestre de Liége.
Les patriotes ne s'étaient attendus
à rien de semblable. Dans leur ignorance de la véritable situation,
ils avaient visé droit à leur but : refondre leur gouvernement sans
s'inquiéter de la politique générale de l'Europe, des rapports de
Liége avec l'empire, de qui ou de quoi que ce fût. Une régence
de onze membres devait présider à l'administration du pays ; ce corps
ne pouvant marcher sans tête, on résolut d'établir un mambour, conformément aux anciennes traditions (7). Leur choix tomba sur le
prince Ferdinand de Rohan-Guéménée, archevêque de Cambrai et
tréfoncier de Liège. Mesure imprudente s'il en fut une! C'était en
quelque sorte défier les princes de ramener Hoensbroeck à Liège. Une
vague inquiétude s'empara tout d'un coup des patriotes. Ils crurent un
instant que la France épouserait leur cause : l'Assemblée constituante
reçut gracieusement leurs députés, ne leur épargna pas les beaux
discours (8), mais les laissa partir comme ils étaient venus. On ouït
parler, sur ces entrefaites, des préliminaires de Reichenbach :
stupeur générale. Un congrès allait s'ouvrir
à Francfort : des envoyés liégeois y furent mandés. Ils y apprirent
qu'une restauration était devenue inévitable, moyennant des conditions
à régler de concert avec la cour de Berlin. Dohm apporta aux Liégeois
des propositions aussi raisonnables que le comportaient les
circonstances : Hoensbroeck remonterait sur son trône, mais le
règlement de 1684 serait définitivement aboli, en ce sens qu'il serait
stipulé que les représentants du Tiers-état seraient désormais élus
librement par le peuple, sans aucune influence ni concurrence du
prince. Les Etats eussent peut-être accepté, à ce prix, une
réconciliation avec l'Empire ; mais la bourgeoisie, au comble de
l'effervescence, ne voulut rien entendre : Plus de Hoensbroeck !
Tel était son cri unanime de ralliement. Fabry perdit alors ses
dernières illusions : il était évident que les Liégeois allaient
rester isolés, et alors...
Ce fut un douloureux épisode de sa
vie. Quand on sut que les princes allemands, fatigués d'attendre,
avaient envoyé un ultimatum aux Etats de Liége existant de fait
; quand on apprit que l'Autriche, parvenue à pacifier les Pays-Bas,
était décidée à ne pas tolérer une révolution à leurs frontières, on
tomba littéralement en démence. Fabry put apprécier alors combien la
popularité est chose fragile. Il s'entendit maudire par ceux qui
s'étaient habitués à voir en lui le premier soutien de l'indépendance
nationale. Les amis de Hoensbroeck ne manquèrent pas d'attiser le feu, bien convaincus, de leur côté, qu'en déconsidérant Fabry ils
frapperaient la révolution au cœur. Ils le poursuivirent avec un
acharnement incroyable, d'autant plus injuste que celui qu'ils
traitaient ainsi avait tout fait pour prévenir la crise. L'émigré
français Sabatier de Castres (9) trempa de nouveau dans le fiel la
plume qu'il avait déjà, l'année précédente, exercée contre le
bourgmestre. Dans la Valise décousue, quelques formes avaient encore été
observées ; dans les Observations amicales aux Liégeois, plus de
retenue, plus de pudeur.
«
Jamais peut-être, dit Ad. Borgnet, la
haine ne fit entendre d'aussi sauvages accents ; tous les hommes de
la révolution y sont dépeints sous les traits les plus hideux,
attaqués avec une grossièreté dont il est difficile de se faire
une idée.
»
Fabry eut le tort de daigner relever le gant ; Hoensbroeck
lui-même regretta les violences de Sabatier. De quels reproches
n'accablait-on pas Fabry ? L'historien cité ne peut contenir son
indignation :
«
Lui qui avait sacrifié ses intérêts à la défense de
son parti, lui qui n'avait retiré de la révolution que les inquiétudes
et les soucis de la vie politique, dont la vieillesse n'avait en
perspective que l'exil et les douleurs qui l'accompagnent, se vit
accusé d'avoir criminellement spéculé sur les troubles de sa patrie !
Il avait à son profit dilapidé le trésor public, lui qui ne cessait de
crier à l'économie ; volé l'argent de l'État pour acquérir une
propriété en France, lui qui bientôt allait se trouver sans un asile
pour abriter ses cheveux blancs ; accaparé les emplois dans sa famille,
lui à qui son opposition au gouvernement de Hoensbroeck avait fait
perdre une position avantageuse, pour ne lui donner en définitive que
la charge honorable, mais stérile, de chef de la Cité ; lui dont le
fils aîné, chargé provisoirement de l'organisation d'un régiment,
tâche que personne ne voulait entreprendre, avait, par délicatesse et
pour ne pas être accusé de cumul, résigné les fonctions lucratives de
rentier (receveur) de la cité ; lui dont le fils cadet, par délicatesse
toujours et pour ne pas fournir une arme aux ennemis de son père,
avait refusé une compagnie dans un autre régiment, quoique, par son
expérience dans le service militaire, il fût plus apte à commander que
beaucoup d'autres! Et quel avenir l'attendait? Aujourd'hui poursuivi
par le prince comme un révolutionnaire endurci, demain attaqué par les
ardents de son parti comme coupable de modérantisme!
Ah! s'il est vrai que de cruels
déboires sont la récompense souvent réservée aux services
de l'homme d'État, nul ne
l'éprouva d'une manière plus sensible que le
patriote honorable dont le nom n'a
pas cessé d'être populaire à Liége. Car il convient d'ajouter que s'il
resta, comme toujours, quelque chose
de la calomnie, Fabry néanmoins resta
soutenu par la majorité de ses concitoyens ; que ceux mêmes dont la
confiance avait été ébranlée ne tardèrent pas à lui revenir, et
surtout que la plupart de ses collègues, aux Etats comme au conseil de
la cité, mieux placés que les autres pour apprécier ses vertus et son
dévouement, ne le délaissèrent jamais.
»
A la fois harcelé par les
contre-révolutionnaires et en butte aux suspicions des exaltés, qui
l'accusaient de s'être laissé jouer par la diplomatie prussienne et de
vouloir maintenant se jeter dans les bras de l'empereur, Fabry se
trouva dans la situation la plus fausse et la plus pénible, jusqu'au
moment où la population, saturée de désordres, se prit à désirer la
paix, ou reconnut qu'il y aurait folie à résister davantage. Le 23
décembre 1790, le conseil et les Etats s'entendirent pour
s'en remettre entièrement à la volonté suprême de l'empereur.
Mais quelle serait la conduite de Léopold? En présence des
résistances de Hoensbroeck et de ses chanoines, qui ne voulaient s'en
rapporter qu'à la Chambre impériale, accepterait-il la mission
d'arbitre? On se remit à négocier : l'ambassade de Fabry à Vienne
n'aboutit pas même à une audience ; enfin l'Autriche fit savoir qu'elle
ne pouvait plus retarder le départ de ses troupes, lesquelles
appuieraient immédiatement, avec celles des électeurs, l'exécution des
sentences de Wetzlar. Le 11 janvier 1791, le conseil de la cité passa
la nuit à composer une adresse de protestation : telle était la
panique, qu'il ne se trouva pas un imprimeur pour la publier. Le
lendemain 12, les Kaiserlicks entraient à Liège ;
la commission d'exécution y arriva
le 18 ; le 19, le chapitre reparut.
Réaction complète : rétablissement du conseil
privé, des métiers, du magistrat tel qu'il était avant le 18 août 1789
(10). Hoensbroeck revint le 12 février ; le 22, il proclama une amnistie
pour les actes qui le concernaient personnellement, restriction
menaçante. Personne n'y fut pris : les émigrations se multiplièrent ;
la cour de Vienne fut la première à s'impatienter de l'aveuglement du
prince, qui laissait échapper une si belle occasion de se refaire des
partisans. Fabry, resté à Wezel en revenant de Vienne, passa de cette
ville à Venloo, puis à Givet et finalement à Bouillon, proscrit et
dépouillé de ses biens. De la terre d'exil, il lança une proclamation
fulminante où Hoensbroeek, les chanoines et les juges vendus
qui prêtaient leur appui à la restauration par leurs sentences
iniques et sanguinaires, étaient déclarés ennemis de la patrie ; le
temps de l'expiation, ajoutait-il, n'était pas éloigné. En attendant,
Bouillon, où sa famille l'avait rejoint, devint le poste d'observation
des patriotes liégeois.
Ceux-ci n'avaient plus rien à
espérer de la Prusse : Dohm et Herzberg avaient perdu leur crédit. Par
l'organe de Fabry, les exilés sollicitèrent de nouveau la médiation de
l'Autriche, faisant entendre qu'il serait difficile de contenir la
population liégeoise, si la rigueur des mesures réactionnaires n'était
pas tempérée. Les avancés, Levoz en tête, n'y tenaient plus : ils
voulaient rompre tout simplement en visière avec Léopold et tançaient
vertement l'attitude expectante du négociateur. Fabry avait obtenu de
Metternich une promesse d'intervention : le diplomate autrichien
s'entremit en effet auprès de Hoensbroeck, mais sans succès. Livré à
ses propres inspirations, l'évêque se fût peut-être montré
accommodant ; il était par malheur à la dévotion de son chapitre,
opiniâtrement décidé à effacer jusqu'à la dernière trace de la
révolution. Une amnistie limitée fut publiée le 20 octobre : elle imposait à la
masse des patriotes une soumission déshonorante et déclarait, en
termes formels, que les chefs fauteurs ou moteurs des troubles
passés
n'avaient point de grâce à attendre. Alors Fabry laissa un
libre cours à son indignation ; la chambre de Wetzlar elle-même s'émut.
Metternich ne cacha pas son dépit ; mais que faire? Se disant qu'un
seul mot de blâme contre le chapitre suffirait pour rejeter Liège en
pleine révolution, il recula devant un parti extrême, se contenta de
travailler au rappel de la commission exécutrice et de réclamer des
tréfonciers, au nom de son gouvernement, des explications nettes et
précises.
Pendant ce temps, les bannis, sans se rendre
compte des difficultés qu'éprouvait Metternich, publiaient une
Adresse à l'empereur rédigée par Bassenge, c'est-à-dire brûlaient
leurs vaisseaux, en signifiant à la cour de Vienne qu'ils ne
comptaient plus sur elle. Démarche non moins hasardeuse : sans être
sûrs que la France se brouillerait avec l'Allemagne, ils se
persuadèrent que l'Assemblée constituante, au point où les choses en
étaient arrivées, se déciderait enfin à leur prêter son secours.
Fabry, entraîné par l'enthousiasme, se mit à combiner des plans.
«
La
coalition des despotes est imminente (ainsi s'exprimait-il dans
une note destinée au comité diplomatique) ; le gouvernement français ne
doit pas attendre qu'elle soit définitivement formée ; les Belges et
les Liégeois sont mécontents ; ceux-ci n'attendent, pour se soulever de
nouveau, que la certitude d'un appui ; au moment où éclatera leur
insurrection, que vingt ou trente mille Français se jettent sur Namur,
sur le Luxembourg, sur Liège ; les Belges se soulèveront aussi et les
Impériaux seront refoulés sur le Rhin. -L'Assemblée, ajoutait-il, ne
voudra peut-être pas prendre l'initiative d'une attaque : tout au moins
qu'elle permette d'enrégimenter les réfugiés, pour en former un corps
qui restera sur la frontière, préparé à tout événement.
» Reconnait-on
le sage temporisateur dans l'homme qui proposait ainsi, sans prévoyance du lendemain,
d'attirer sur son pays les fléaux de la guerre? Les souffrances de
tant de proscrits réduits à la misère expliquent, si l'on veut, mais
ne justifient pas suffisamment un tel acte. Dans tous les cas, ces
projets échouèrent : les affaires ne prirent une autre tournure que
quand l'Assemblée législative eut remplacé la Constituante.
Il eût fallu aussi pour réussir,
être bien assuré avant tout de l'accord des Belges et des Liégeois. Or
dans les deux camps on était divisé. Comment les patriotes de Liège se
seraient-ils entendus avec les conservateurs brabançons? Avec les
vonckistes, soit ; mais Vonck, de son côté, n'eût pas légèrement
pactisé avec les Franchimontois. Un projet de république fédérative,
comprenant le pays de Liège, fut, à la vérité, formulé : il ne put
tenir devant les scrupules de Vonck et les aménités de Levoz à
l'endroit de Fabry, qui n'avait jamais voulu la liberté du peuple
et n'était qu'un ambitieux égoïste et vindicatif, un ex-agent de
la Prusse, etc. Ces débats et ces récriminations cessèrent
momentanément lorsqu'on apprit que la France avait déclaré la guerre à
l'Autriche. Lafayette fut mis à la tête de l'armée ; Levoz et ses amis
du Comité révolutionnaire le suivirent avec quelques centaines
d'hommes, qui manifestèrent leurs intentions en rançonnant les caisses
publiques dans l'entre-Sambre-et-Meuse et en abattant partout les
écussons aux armes du prince-évêque. Hoensbroeck se plaignit à bon
droit de ces déprédations, car, en définitive, c'était à l'Autriche et
non à l'Empire que la France avait envoyé un cartel ; Lafayette, au
surplus, le savait si bien, que, malgré l'avis du ministre Dumouriez,
il n'avait point permis à ses soldats de se rendre complices des
bandes liégeoises. Disons que Fabry avait eu soin de se rendre à Givet
pour recommander au général de se défier des avancés. On en était là
quand Hoensbroeck vint à mourir, dans la nuit du 3 au 4 juin ; en
désignant Méan pour lui succéder, le chapitré prouva qu'il était aussi tenace que jamais : ce serait
un combat à outrance. Ces changements précédèrent de peu la grande
crise du 10 août, la déposition de Louis XVI, la coalition prévue des
puissances du Nord contre la France. Lafayette, compromis par son
dévouement au malheureux monarque, se retira du pays, mais fut arrêté
et livré à l'Autriche. Prussiens et Autrichiens envahirent en même
temps la frontière française. Dumouriez, qui avait pris le
commandement des troupes, les rencontra en Belgique et remporta la
victoire de Jemmapes. Méan n'eut que le temps de quitter Liége avec sa
cour ; Fabry se hâta de publier une proclamation pour recommander à ses
compatriotes la plus grande modération ; sa voix fut écoutée. Dès le 3
décembre, il rentra en ville et fut nommé président du conseil
municipal, avec Bassenge pour secrétaire (le titre de bourgmestre
avait été supprimé). Dumouriez, reçu par les Liégeois comme un
sauveur, invita le peuple souverain à nommer les membres d'une
Convention nationale liégeoise : Fabry fut élu des premiers, avec
Bassenge, Lesoinne et Levoz. Les liens qui unissaient la principauté à
l'empire germanique se trouvèrent ainsi formellement rompus ; mais on
n'en resta pas là : on vota la réunion à la France. Fabry, ne
voyant plus d'autre issue, n'y fit pas opposition ; seulement il
proposa certaines réserves quant à l'arrangement des affaires
intérieures. Ses ennemis lui firent un grief de ce dernier effort
patriotique : ils lui reprochèrent d'avoir osé dire en pleine
assemblée provinciale : « Nous souhaitons tous de devenir Français ; mais,
pour mériter cette adoption, faut-il absolument oublier qu'on est
Liégeois? - Oui, s'était écrié un sans-culotte, il le faut oublier.
Et! vous perdriez au change peut-être? Dites que le nom français va
vous avilir! » Il n'en est pas moins vrai, comme l'écrivait Bassenge,
qu'en se ralliant aux propositions de Fabry, la municipalité liégeoise
avait fait son devoir.
Mais la fièvre révolutionnaire était
arrivée à son paroxysme : les nouveaux gouvernants ne surent pas garder
la mesure. On s'acharna sur les monuments religieux ; les églises
servirent de casernes et de magasins ; la démolition de la magnifique
cathédrale de Saint-Lambert fut décrétée (11) ; d'autre part, on se hâta
de mettre sous séquestre les bien des partisans du prince et ceux des
émigrés français qui avaient acquis des immeubles dans le pays. On
accumulait ainsi des ruines sans réflexion, et en même temps il
fallait subir les exigences des commissaires de la république, qui
cependant manquèrent leur but lorsqu'ils essayèrent d'obtenir la
circulation des assignats au pair, et ne furent pas plus heureux dans
le prélèvement d'un impôt pour l'entretien de l'armée. Dumouriez, aux
abois, ne put contenter ses troupes qu'en vidant la caisse de la cité
et en empruntant 114,000 livres aux collégiales.
Le 17 février 1793 avait été
constituée une Administration générale provisoire,
sous la présidence de Fabry, qui se faisait vieux : heureusement il
pouvait compter sur Bassenge, son vice-président. Ils eurent à peine
le temps de siéger : les Autrichiens avançaient à grandes marches.
Liège tressaillit encore une fois et connut de près l'anarchie ; enfin
les sans-culottes s'enfuirent en désordre, non sans avoir signalé
leurs adieux par le massacre de quelques prêtres émigrés. Cobourg prit
possession de la ville, rétablit aussitôt l'ancienne magistrature et
décréta une forte contribution de guerre ; il manda d'autre part à
l'évêque fugitif que son retour devait être ajourné. Méan dévora son
déplaisir ; il ne reparut que le 21 avril, et il est triste d'avoir à
constater que ses dispositions étaient fort éloignées de celles
d'Auguste disant à Cinna : Soyons amis. Les patriotes liégeois se
replièrent sur Paris, faisant fond sur la Convention. C'est alors que
les Franchimontois se séparèrent nettement des Fabriciens,
qu'ils qualifiaient de Girondins : Fabry en particulier fut
dénigré avec une véritable rage, ce qui surexcita
son caractère naturellement irritable. Urban, l'ancien éditeur de
l'Avant-coureur, paya les services que le chef de la
révolution lui avait rendus, en lançant contre lui une dénonciation
: après le 31 mai, c'était une terrible épée de Damoclès. Fabry se
retira à Versailles avec son fils Hyacinthe et se hâta d'adresser au
ministre une protestation très-digne, où il se contentait d'invoquer
son passé. La lumière se fit enfin et la terreur eut son terme, au
moment même où les hostilités recommençaient dans le Nord. Le 9
thermidor (27 juillet 1794), jour de la chute de Robespierre, les
Français, vainqueurs à Fleurus, opérèrent leur rentrée dans Liège ; Méan s'était de nouveau éclipsé dès le 20 juillet. Les Autrichiens se
maintinrent cependant à la Chartreuse, d'où ils bombardèrent le
quartier d'Amercoeur ; ils ne délogèrent qu'après la bataille d'Esneux
(16 septembre). La famille de Fabry ne lui permit de quitter
Versailles qu'après leur départ : aussi bien le vénérable vieillard,
décidé à ne plus se mêler des affaires publiques, n'était pas
impatient de se mettre en route.
Tandis que les Liégeois paisibles,
traités en peuple conquis par leurs libérateurs,
s'avouaient douloureusement qu'ils n'avaient fait que changer de
servitude, les partisans de la Montagne ne connaissaient point de
borne à leur insolente : les Fabry, les Bassenge, les Chestret étaient
signalés en termes grossiers à l'animadversion publique. On eut à
traverser de mauvais jours, signalés par des persécutions et des actes
de vandalisme, des jours assombris encore par les exactions des agents
français. Les exaltés n'obtinrent qu'un résultat : le pays de Liége
perdit, sans réserve et sans conditions, son antique indépendance. Le ler octobre 1795, la principauté
reçut le nom de département de l'Ourthe.
Fabry vécut encore trois ans. Il
avait beaucoup souffert ; mais il eut du moins, dit justement Ad. Borgnet, la satisfaction de voir, par l'élection de son fils (12) et de trois de ses meilleurs amis (13), que ses
concitoyens n'avaient « ni cédé aux clameurs de l'envie acharnée contre
lui, ni renié les opinions du parti dont il avait été si longtemps le
chef respecté.
»
Bassenge, envoyé à Eupen et à Malmédy pour y
calmer une révolte d'ouvriers, ne put faire acte de présence à ses
obsèques. A son retour, il pria l'administration d'écrire une lettre
de condoléance à Hyac. Fabry.
« Celui, ajouta t-il, celui qui le
premier
fit retentir parmi nous le mot sacré de souveraineté du peuple en
signalant aux Liégeois les usurpateurs de leurs droits, celui dont
toute la vie, toutes les facultés furent consacrées à préparer la
chute des tyrans et le triomphe des hommes libres, celui qui ne
respira que pour le bonheur et là gloire de ses concitoyens, Fabry
n'est plus ! Il n'est plus! Il n'y a rien à ajouter à ces mots. Vous
vous êtes empressés de jeter des fleurs sur sa tombe, de la couvrir de
palmes civiques. Vos larmes, celles de ses concitoyens l'ont arrosée
et la voix de la vérité, de la sensibilité, de là justice a rendu un
dernier hommage à ses mânes. Cette scène touchante, à laquelle je n'ai
point assisté, honore à la fois et celui qui en fut l'objet et ceux
qui lui offrirent le tribut de vénération et de reconnaissance. C'est
un nouveau serment, prononcé sur la tombe de l'homme de bien, de
suivre ses généreux exemples, d'adorer et de servir comme lui,
jusqu'au tombeau, la liberté et la République.
» Il va sans dire que
Bassenge reçut mission de rédiger lui-même la lettre de condoléance
(14).
Fabry fut enterré, selon son désir, dans le jardin d'une villa
qu'il possédait aux Tawes, derrière la citadelle de Liège. Il
paraît que ses restes mortels ont été transportés depuis au cimetière
de Robermont. |
|
Alphonse Le Roy.
|
|
Ad. Borgnet, Histoire de
la révolution liégeoise. - Daris, Histoire du
diocèse et de la principauté de Liège (1724-1852) , t. I,
Il et III. - X. de Theux, Supplément au Recueil héraldique
de Loyens et d'Ophoven. - Henaux, Histoire du
pays de Liège, t. Il (3e édition). - Ul. Capitaine,
Recherches sur les
journaux liégeois. - Théàte ligeois,
éd. Bailleux. - Documents
inédits. |
|
|
(1 )
La musique de cette pièce est aussi de Hamal. Les compositions
de Fabrv et de ses collaborateurs ont été réunies, dès le siècle
dernier, en un volume intitulé : Theàte Ligeois, souvent
réimprimé depuis, et encore populaire. La meilleure édition est celle
de F. Bailleux. Ul. Capitaine, J. Stecher et J. Helbig (Liége,
Carmanne, 1854, in-12).
(2)
Dictionnaire universel des sciences morales.
Londres (Neuchâtel), 1777-1783, 30 vol. in-4°.

(3) Velbruck n'ignorait pas
cependant que Fabry avait patronné la candidature de son compétiteur,
le vicaire général Ch.-Hyac. de Rougrave (Borgnet, I, 19).

( 4)
Lettre à Lonhienne, du 22 juillet 1791 (ap. Borgnet, I, 148).
(5) Le roi de Prusse comme duc de
Clèves, l'électeur-palatin comme duc de Juliers, l'électeur de Cologne
comme prince-évêque de Munster.

(6) Borgnet, I, 177.

(7) Herzberg lui-même, ministre de
Prusse, leur avait donné ce conseil, mais antérieurement au
rapprochement des deux puissances allemandes.

(8)
«
Vous avez vu, messieurs, resplendir
sur la France le soleil de la liberté, et vous, ses antiques
sectateurs, vous vous êtes levés avec elle pour l'adorer, etc., etc.
»
(9) Personnage assez équivoque, à
qui les railleries de Voltaire avaient fait une certaine
réputation.

(10) Moins cinq membres du conseil,
qui s'étaient déclarés pour les patriotes.

(11) Les
événements retardèrent d'un an l'exécution de cet arrêté stupide : on
en chargea le peintre Defrance.

(12)
Au conseil des
Cinq-Cents (voy. l'art. précédent).
(13) Bassenge an conseil des Cinq-Cents ; Hauzeur et Lesoinne au conseil des Anciens.

(14) Daris, t. III , p. 174.

|
|
 |
|