1


 

 

 


Jean-Remy de Chestret




 

 

 

 

 

 

Chestret.jpg (31645 octets)

 

Auteurs :

 

Retour :

 

 Jean-Remy de Chestret (1739-1809), par Léonard Defrance, 1788

 

 

 

 

Alphonse Le Roy
Biographie nationale T. IV, pp. 55 et suiv.
publiée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1897.

CHESTRET (Jean Remy DE), chevalier du S. E. R., baron de Haneffe, seigneur de Donceel, Stiers, Ferrières, Harduémont, etc. (1), deux fois bourgmestre de Liége, commandant de la garde patriotique bourgeoise et colonel commandant le régiment municipal pendant la révolution, membre du corps législatif sous l'Empire, naquit à Liége le 15 mars 1739 et mourut à Paris le 3 juillet 1809. La famille de Chestret (2), originaire du Hainaut, s'établit dans la capitale des princes-évêques vers la fin du XVIe siècle : Nicolas, né en 1540, le premier qui fixa son séjour à Liége, est qualifié d'échevin de la ville de Gosselies. De père en fils, ses descendants s'adonnèrent à l'étude du droit et s'occupèrent de plus en plus activement des affaires publiques. Jean-Remy, aïeul de celui qui nous occupe, fut élu quatre fois bourgmestre de Liége,  en 1720, 1745, 1747 et 1752. C'était un jurisconsulte éclairé et un financier habile. Sa bonne administration, les efforts qu'il fit pour décharger les Liégeois des dettes contractées dans le cours des dernières guerres, sa résistance au drossart de Herstal, qui prétendait refuser au magistrat de la cité, malgré une possession immémoriale, la gabelle prélevée sur la houille à l'entrée en ville, son affabilité et son éloquence enfin lui acquirent une popularité véritable. Le 13 mai l755, il fut créé chevalier du Saint-Empire Romain ; sa mort date du 20 novembre 1765. Il avait eu quinze enfants, parmi lesquels Jean-Louis, secrétaire du conseil privé, bourgmestre en 1751, envoyé à Vienne eu 1755, et Pierre-Remy, avocat, greffier de la justice souveraine de Liège, père de notre Jean-Remy. Le secrétaire du conseil privé, Jean-Nicolas, à qui nous consacrons un article spécial, et son frère Maximilien, résident du prince de Liège à Paris, étaient fils de Jean-Louis et appartenaient par conséquent à la branche aînée. Jean-Remy embrassa de bonne heure la carrière des armes ; il prit part à la guerre de sept ans en 1756, en qualité d'officier au régiment de Horion. Rentré à Liége, il fit peu parler de lui pendant quelques années. Il aurait sacrifié aux muses, s'il faut en croire le baron de Trappé, qui ajoute que, chez les de Chestret, c'était un culte de famille. La politique sommeillait alors ; à certains symptômes cependant, les gens avisés pouvaient prévoir que ce calme profond annonçait un orage. Les idées françaises s'infiltraient dans le pays ; elles étaient peu compatibles avec le régime théocratique ; mais Velbruck n'y regardait pas de si près : comme les autres, il suivait le torrent. La Société d'Emulation, fondée en 1779 et présidée par le prince lui-même, n'était pas seulement une académie au petit pied : on s'y réunissait le soir pour entendre lire des pièces nouvelles, mais aussi pour discuter très-librement les systèmes philosophiques et sociaux qui se produisaient à Paris, et se former une opinion sur les affaires extérieures. Jean-Remy n'entra dans le cénacle qu'en 1784, l'année même où il parut pour la première fois sérieusement en scène. Il ne fut jamais, à tout prendre, littérateur que par occasion ; son ambition était de jouer un rôle dans l'État, et la poésie lui tenait moins au cœur que la considération publique. On lit dans un de ses Mémoires, publié en l'an V de la République, une anecdote qui prouve que, longtemps avant de solliciter les suffrages des électeurs, il avait pris ostensiblement l'attitude d'un futur chef de l'opposition. C'était au théâtre, du temps de Velbruck : le parterre turbulent faisait des siennes, à propos du mérite des acteurs. L'un des mayeurs ayant imposé silence aux agitateurs et menacé d'envoyer en prison le premier qui parlerait, Jean-Remy se leva, s'écria : une faute n'est pas un crime! et déclara que les personnes des citoyens étaient sacrées et garanties par les lois ; enfin, ajouta-t-il, les têtes des Liégeois ne sont pas des têtes de choux. L'orateur fut mandé chez le prince, qui se fâcha tout rouge, mais finit par se calmer. Le peuple, de son côté, sut gré à son défenseur de l'attitude qu'il avait prise et s'en souvint plus tard. De Chestret avait noué, sur ces entrefaites, des relations intimes avec les chefs du groupe qu'on commençait à désigner sous le nom de patriotes. Se voyant assez en relief, il profita des circonstances et se mit en 1783 à la disposition des électeurs. L'un des trois candidats favorisés par leur suffrage, il ne fut favorisé par le sort que l'année suivante. Les deux bourgmestres nommés en 1784 furent Jean-Remy de Chestret et Pierre-Ambroise de Loëts de Trixhe. Jean-Remy s'appliqua sans retard à réaliser des économies : tout en réussissant à éviter un emprunt destiné à payer le passage des troupes impériales, qui se rendaient en Hollande pour forcer les Provinces-Unies à respecter la liberté de l'Escaut, il sut liquider les comptes de l'année par un boni assez considérable. Dans un de ses Mémoires, il fait remonter à ces premiers actes publics l'origine de ses tribulations. L'affaire du passage des troupes l'aurait fait mal noter à Vienne et plus directement à la Cour de Liége, qui avait compté imposer aux bourgeois de la cité, sans égard pour leurs privilégies, l'obligation d'héberger les soldats allemands. Pendant deux ans chef de l'État-tiers, et en cette qualité membre des Etats réviseurs, Jean-Remy siégea ensuite au tribunal des XXII. L'année même de son élection comme bourgmestre, Hoensbroeck avait succédé à Velbruck, et dès l'abord manifesté l'intention de s'écarter autant que possible de 1a ligne de conduite suivie par le prince défunt. Les vertus d'un prélat ne sauraient être refusées à Hoensbroeck ; mais c'était un esprit étroit, et le tact politique ne lui faisait pas moins défaut qu'à son prédécesseur. Son éloignement pour les idées nouvelles le poussa à des actes qui n'eurent d'autre effet que de lui faire attribuer des tendances au despotisme. Bientôt les patriotes n'attendirent plus qu'une occasion pour secouer le joug, et il fut assez imprudent pour courir au-devant de leur impatience. Les jeux de Spa étaient. exploités , depuis 1762, par une société privilégiée. Un bourgeois de Liége, Noël-Joseph Levoz, s'avisa en 1784 de fonder une association concurrente et de construire une nouvelle salle (le club) sans l'autorisation du prince : malgré la résistance des privilégiés, malgré un édit formel de l'autorité, l'entreprise fut menée à bonne fin. Voulant néanmoins se mettre en règle, Levoz dénonça au conseil privé l'inconstitutionnalité du privilège de l'ancienne compagnie : il n'en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres. Les tréfonciers, qui formaient la majorité du conseil, écartèrent la réclamation : on eut même soin de faire savoir à Levoz que sa requête avait indigné le prince. Une ardente polémique s'engagea : les uns soutinrent que Hoensbroeck avait commis un abus de pouvoir, en tranchant une question d'intérêt général sans avoir consulté les Etats ; les autres prétendirent qu'il ne s'agissait que d'une mesure de police, où les États n'avaient absolument rien à voir. Deux fois repoussé par le conseil privé, Levoz se pourvut par appel devant la Chambre impériale de Wetzlar (3). La décision se fit attendre ; tout ce que le prince put obtenir, c'est que ses édits seraient respectés eu attendant la décision. Dans cette situation qui lui commandait la plus grande prudence, il ne sut, ou du moins ses partisans ne surent garder la juste mesure. Une arrestation illégale, opérée par le procureur-général Fréron, irrita si vivement l'opposition, qu'il fallut destituer l'agent trop zélé. Cependant Levoz quitta ou fit semblant de quitter la partie, en louant le club à un de ses compatriotes, Paul Redouté, qui s'empressa de l'ouvrir au retour de la saison des jeux. Sans retard, le successeur de Fréron, André Robert, pénétra dans le local à main armée et s'en laissa assez rudement repousser. La violation du domicile était flagrante ; mais Robert n'était coupable que s'il ne pouvait invoquer une loi en sa faveur ; tout dépendait donc, encore une fois, de la constitutionalité du privilège. Redouté s'adressa aux XXII, qui lui donnèrent raison ; Robert contesta la compétence de ce tribunal et en appela aux réviseurs, comme c'était son droit ; enfin le prince se décida à intervenir lui-même et à convoquer les Etats pour se plaindre des XXII. La noblesse se rangea du côté de ceux-ci, aux grands applaudissements des principaux patriotes et des masses populaires, qui montrèrent surtout une vive animosité contre les députés du Tiers-État. C'est alors que l'opposition, songeant à s'organiser sérieusement, fonda la Société patriotique. Le conflit pouvait prendre des proportions redoutables, si le prince ne se relâchait pas de ses prétentions. D'après l'axiome liégeois : Un Etat, deux Etats, point d'Etats, le vote négatif de la noblesse suffisait pour invalider la résolution des deux autres ordres. Impossible par conséquent de demander à Wetzlar une sentence sur le droit d'édicter. Au lieu de transiger, Hoensbroeck publia son malencontreux mandement du 14 mai 1787, interdisant sévèrement les jeux partout ailleurs que dans les salles privilégiées. Protestation de Redouté, qui en appela de son côté à Wetzlar et partit secrètement pour cette ville avec Levoz. II y fut déçu dans ses espérances : le jour même où la Chambre le condamna, la force armée envahit le club et l'occupa sans résistance.

   C'est ici que nous voyons reparaître Chrestret. Parti pour Wetzlar dans l'intérêt des XXII, il avait fait route avec Levoz « pour diminuer les frais de voyage », s'il faut s'en rapporter à son Mémoire justificatif, où il déclare en termes très-précis qu'ils étaient convenus de s'occuper chacun de ses propres affaires et de ne point solliciter ensemble. Mais les partisans du prince, et notamment l'avocat Piret, adversaire acharné de l'ex-bourgmestre, affectèrent de regarder sa conduite comme suspecte et finirent par trouver le moyen de lui intenter une action criminelle. Redouté avait cédé devant la force, mais s'était empressé d'avoir de nouveau recours aux XXII. Ceux-ci, dans leur hésitation, avaient eu l'idée de consulter les Etats, selon le précédent posé à propos de Fréron. Le 1er août, ils remirent l'affaire à quinzaine : dans cet intervalle, une réponse ne pouvait manquer d'arriver. Les députés étrangers à la capitale retournèrent donc chez eux, si bien qu'à la séance du 14, convoquée sur les insistances de Redouté, douze membres seulement se trouvèrent à leur poste. Redouté se fondait sur une disposition de la loi, qui ordonnait aux XXII de rendre jugement sans astargier : cependant quatre députés se retirèrent en protestant contre la convocation d'urgence. Il en resta donc huit, parmi lesquels Chestret : pour être en nombre, il fallut assumer quatre avocats. L'octovirat, décréta que les XXII consentaient à connaître de la cause de Redouté contre Robert. Aussitôt Piret, avocat de celui-ci, publia un violent mémoire contre le compagnon de voyage de Levoz : selon lui, Chestret, étant juge et partie, aurait dû se récuser. Jean-Remy se plaignit et obtint de ses collègues une ordonnance, enjoignant à Piret de biffer un passage de sa brochure. L'avocat dut se rendre en personne an greffe du tribunal pour subir cette humiliation : des propos insultants qu'il crut entendre dans une salle voisine furent répétés ; le gouvernement eut le tort de prêter l'oreille à cette espèce de délation ; Chestret se vit tout d'un coup assigné devant l'échevinage. Il fallut un ultimatum des XXII, après trois sommations réitérées le même jour, pour décider le grand-mayeur à retirer son action.

   L'échevinage encourut encore l'animadversion des patriotes, en se prêtant à décréter de prise de corps Rédouté et onze antres citoyens, accusés d'avoir ourdi à Spa une conjuration contre le prince. Redouté s'enfuit à temps, et du lien de sa retraite eut de nouveau recours aux XXII. Les échevins de Spa, qui avaient homologué la sentence de leurs confrères liégeois, se virent tout d'un coup menacés d'arrestation (4) ; ils trouvèrent une échappatoire, et un nouveau dossier alla attendre son tour à Wetzlar. Sur ces entrefaites, le docteur de Zwierlein, agent du prince en cette ville, adressa à la Chambre impériale une supplique où la conduite des XXII était présentée dans le jour le plus défavorable, et où des dispositions particulièrement sévères (mandatum arctius) étaient réclamées contre eux. La publication de cette pièce à Liège faillit y faire éclater un orage. La Chambre adopta les conclusions de Zwierlein. En vain Chestret, retourné à Wetzlar, écrivit aux XXII pour leur conseiller l'énergie : cette fois ils furent intimidés ; ils résolurent tout simplement de prendre l'avis des Etats. La convocation se fit attendre ; le gouvernement voulait prendre le temps de s'assurer une majorité. Deux jours avant la date fixée pour le renouvellement du mandat du tribunal incriminé, les membres de l'octovirat, plus directement en cause, soumirent à leurs collègues un Mémoire explicatif : ils restèrent abandonnés à eux-mêmes et se virent forcés d'entrer isolément en rapport avec les Etats, qui envoyèrent leur exposé à Wetzlar : l'État noble se contenta de les engager à demander réparation des injures atroces de Zwierlein. Ainsi cette Chambre impériale dont les patriotes n'avaient pas voulu d'abord, était devenue leur dernier espoir (5).

   Les chefs du parti, Chestret, Fabry, Bassenge, se virent alors dans une position difficile et délicate. Ransonnet, un des amis de Redouté, voulait une prise d'armes immédiate ; on repoussa ses propositions pour s'en tenir à la résistance légale ; il était cependant clair que 1a modération ne servirait pas à grand' chose, le gouvernement paraissant décidé à pousser les rigueurs à l'extrême. Bassenge jugea prudent de se retirer à Cologne ; Chestret regagna Wetzlar, où il courait moins de dangers qu'à Liége et où il pouvait défendre la cause des XXII ; Fabry seul resta chez lui, mais l'œil au guet et s'attendant toujours à devoir prendre à son tour le chemin de l'exil. Fabry entretenait des rapports avec le cabinet de Berlin, intéressé à combattre l'influence de la France et celle de l'Autriche au pays de Liège, et par là même porté à soutenir les patriotes dans leur lutte contre l'évêque. On a reproché à Fabry et à ses amis de s'être appuyés sur l'étranger : les menées des agents du prince à Wetzlar, la constitution et les libertés liégeoises mises eu péril peuvent être invoquées pour atténuer leur faute, sinon pour les faire pleinement absoudre. Chestret, de son côté, négocia une transaction avec Zwierlein ; mais la légèreté de son caractère lui fit commettre des maladresses, et Levoz jeta feux et flammes à la proposition d'un désistement. Chestret aimait à se donner le rôle de plénipotentiaire ; il n'attendit pas, pour tenter un arrangement, que l'évêque eût fait savoir s'il accepterait la médiation du gouvernement prussien. Jean-Remy ne fut pas réélu membre du tribunal des XXII ; ne jugeant pas toutefois son rôle terminé, il prolongea son séjour à Wetzlar, dans l'espoir d'obtenir une sentence, même provisoire, en faveur de Redouté et consorts. L'acharnement de Hoensbroeck à poursuivre l'affaire de Spa avait fini par déplaire à la Chambre impériale : un sauf-conduit fut accordé aux accusés ; Cbestret put partir. Les échevins, n'osant résister par eux-mêmes un décret, eurent recours au chapitre : nouvelle réclamation à Wetzlar, nouvelles complications. Pendant ces débats, il vint à l'idée de Hoensbroeck de se donner un coadjuteur. Il songea d'abord à son suffragant Antoine de Méan, homme honorable, mais mal vu des patriotes ; les résistances qu'il rencontra dans le sein même du chapitre lui firent tourner les yeux vers le comte de Geloes, qui jouissait personnellement, il faut le dire, de beaucoup moins d'estime, et qui obtint pourtant l'appui moral de Cbestret. Fabry se sépara ici de son ami : il est vrai que Fabry voyait dans le coadjuteur un futur prince, et qu'il se demandait déjà si, après Hoensbroeck, il serait encore question d'en avoir un. Provisoirement, cette affaire n'eut pas de suite.

   Les douze jugés appréhensibles ayant obtenu un sauf-conduit impérial, rentrèrent dans leur patrie après un an et demi d'exil ; leur procès n'eut jamais d'issue. La salle Levoz fut rouverte ; des troupes vinrent l'occuper, mais on les rappela au au bout de quinze jours. Les événements du dehors commençaient à peser sur le prince. Un nouveau conflit s'était d'ailleurs élevé entre Hoensbroeck et l'Etat Noble : le suffragant Méan, envoyé à Wetzlar, y rencontra encore Chestret. Après de longues résistances, il fallut se résoudre à convoquer les États : prise à temps, cette mesure eût peut-être dissipé tous les nuages ; dans la situation, elle parut inspirée par 1a peur. De graves questions d'impôt étaient en jeu : un mécontentement sourd régnait en ville. Le 17 août 1789, Bassenge publia sa note aux citoyens : avant tout, y disait-il, abrogeons le règlement de 1684! Cette protestation contre le coup d'état de Maximilien-Henri a été considérée à bon droit, selon la remarque M. Borgnet, comme le tocsin de la révolution.

   Le même jour, 17 août, le bourgmestre Ghaye proposa au conseil de la cité de poursuivre les porteurs de cocardes rouge et jaune (Liège) ou verte et blanche (Franchimont), qui commençaient à se montrer assez nombreux dans les rues. Son collègue Villenfagne n'y consentit point, et la majorité vota pour la tolérance. Le soir tous les chapeaux étaient garnis. Chestret, arrivant de la campagne avec une escorte de patriotes, reçut une ovation ; Fabry fut également acclamé. A peine rentré chez lui, à minuit, Chestret écrivit au chancelier pour l'engager à presser le prince, tremblant dans son château de Seraing, d'écouter le lendemain l'exposé des griefs de 1a nation. Il s'agissait ajoutait-il, de prévenir des malheurs inévitables. Ce fut Geloes lui-même, le candidat-coadjuteur, qui porta la lettre à son adresse. Arrivé à Seraing à une heure du matin avec le chancelier, ils firent éveiller le prince et obtinrent de lui une déclaration autographe accordant toutes les concessions demandées, en termes assez vagues du reste, puisqu'il s'en rapportait aux Etats. Quoi qu'en ait dit Bassenge, le récit de M. Borgnet, basé sur des pièces authentiques, démontre que cette démarche ne fut rien moins que spontanée..

   Le peuple ne se tint pas pour satisfait. Aussi bien, la nouvelle de la prise de la Bastille l'avait exalté. L'hôtel de ville fut envahi, les clefs magistrales retirées aux bourgmestres. Ghaye, l'ennemi des cocardes, ne céda que devant la pointe d'une épée. La citadelle tomba aux mains des bourgeois : l'insurrection était triomphante quand Chestret parut an perron de l'hôtel de ville et invita la foule à élire de nouveaux magistrats. Chestret et Fabry! Tel fut le cri général. Aussitôt on se mit en devoir de composer toute une administration nouvelle : les Donceel, les Lesoinne, les Bassenge, Levoz lui-même furent introduits dans le conseil. Sans perdre une heure, les bourgeois, Chestret en tête, coururent à Seraing pour demander à Hoensbroeck de rentrer en ville et de ratifier les actes qui venaient de s'accomplir. L'évêque arriva dans la soirée, accompagné d'une populace en délire. Il signa tout ce qu'on le somma de signer, sans rien vérifier, comme sous l'empire d'un vertige. D'un trait de plume, l'élection du 17 août se trouva légitimée et le règlement de 1684 aboli. L'évêque regagna Seraing dès qu'il le put ; le 26, il en partit nuitamment et se réfugia au monastère de Saint-Maximien, près de Trèves.

   Ce brusque départ ne pouvait manquer de jeter de l'inquiétude dans le public. Hoensbroeck, disait-on, était allé chercher de l'appui en Allemagne ; il rentrerait bientôt de force dans sa capitale. On alla jusqu'à le supplier de revenir ; il s'y refusa, tout en protestant de son affection pour les Liégeois. Une députation, dont faisait partie Chestret, se rendit alors à Wetzlar ; tous ses efforts échouèrent : l'insurrection du 17 août avait décidément changé les dispositions, un instant favorables, de la Chambre impériale. La Chambre rétablit le règlement et chargea les princes du cercle de Westphalie d'exécuter ses décisions. Les bourgmestres devaient être cassés et poursuivis ; Hoensbroeck devait être réinstallé sur son trône.

   Chestret et Fabry n'étaient point tranquilles ; ils marchaient entre deux abîmes. La multitude qui les avait élevés sur le pavois se montrait de plus en plus exigeante ; elle en vint à réclamer, comme une conséquence naturelle de la révolution, l'abolition de toutes les charges publiques. Le parti réactionnaire exploita ces illusions en poussant les pauvres à réclamer le partage du legs que leur avait laissé Georges-Louis de Berghes (v. ce nom) : il fallut céder au torrent. Les émeutes se succédèrent sous divers prétextes. On avait formé une garde patricienne pour maintenir la tranquillité publique : Chestret en commandait l'infanterie. Ce corps devint impopulaire, peut-être à raison de sa composition autant que de son attitude. Des rixes sanglantes s'engagèrent : Chestret fit preuve d'intrépidité en opérant le désarmement des quartiers les plus turbulents. Un coup de feu fut tiré sur lui : l'arme rata ; le bourgmestre étendit le meurtrier à ses pieds. Dangers de toutes parts, menées ténébreuses, scènes de désordre : la terreur régnait à Liège. Le conseil municipal fit arrêter un nommé Thomson, suspect d'avoir travaillé à la contre-révolution. La session des Etats fut ouverte : le Tiers consentit à quelques concessions, mais on ne put rien obtenir de Hoensbroeck, qui affecta de regarder les délibérations comme dominées par la violence et la peur, et déclara même illégales la composition et la réunion de l'assemblée. La Chambre de Wetzlar, de son côté, subordonnait tout arrangement à une réconciliation avec le prince, et les réactionnaires réclamaient à cor et à cri l'exécution de ses sentences. Au comble de la perplexité, les bourgmestres ne virent d'autre moyen de salut que la médiation du roi de Prusse. L'État primaire ayant fait des difficultés, la demande fut envoyée à Berlin au seul nom du conseil ; Fabry partit pour l'appuyer. Dans l'entretemps, le parti ultra démocratique s'organisait au pays franchimontois et commençait à renchérir sur les premiers révolutionnaires ; enfin, dernier sujet d'appréhensions, les troupes allemandes étaient à la frontière. Pour les arrêter, Chestret intervint dans une tentative de corruption ; elle fut ébruitée ; grand émoi à Wetzlar. Malgré ses démarches et celle de ses amis envoyés avec lui en cette ville, l'insurrection restait imminente. Enfin le cabinet de Berlin se décida : un détachement de l'armée prussienne fit son entrée dans Liège aux acclamations de la foule. Cette nouvelle, portée aussitôt, à la connaissance de Hoensbroeck, ne le disposa nullement à une transaction : toutes les propositions de Frédéric-Guillaume échouèrent devant son opiniâtreté.

   Chestret prit à cette époque une part active aux négociations : il s'y montra, on doit bien l'avouer, diplomate assez médiocre. « Il jase trop avec Pierre et avec Paul, » écrivait Bassenge. Le fait est qu'on exploitait aisément sa vanité. C'était un patriote sincère et courageux ; mais il avait plus de zèle que de jugement. Comme Bassenge, il en était venu à penser qu'il fallait organiser sérieusement la résistance en cas de refus définitif du prince, et il ne répudiait pas la pensée d'une alliance avec les Belges (6). Mais en même temps, il entendait conserver sa charge de bourgmestre ; sur ce point, il ne laissait entrevoir aux agents prussiens aucune possibilité de concession., Le roi se lassa de tous ces entêtements de part et d'autre : le 9 avril 1790 parvint à Liège, avec la nouvelle du refus de Hoensbroeck, l'annonce du départ prochain des troupes du médiateur. Il ne restait plus qu'à céder, ou à attendre de pied ferme l'armée impériale. Le Tiers-Etat proposa l'enrôlement de troupes soldées ; les deux autres ordres s'y refusèrent ; le Tiers passa outre. Le 11 avril fut une journée de troubles : plusieurs maisons d'aristocrates furent pillées ; la plupart des chanoines tréfonciers quittèrent le pays ; Chestret arriva. le 12 et reprit le commandement de la garde ; le 16, il n'y avait plus un Prussien en ville ; le 19, la Chambre impériale déclara « qu'il serait procédé sans le moindre délai, et aux frais de la principauté, à l'exécution des sentences. » Alors on poussa le cri de guerre : la petite troupe de Chestret (500 hommes) fut renforcée de deux régiments de mille hommes chacun. On choisit pour généralissime un parent de l'avocat Donceel ; Chestret n'eut pour sa part que le commandement du régiment municipal ; il eut quelque droit de se plaindre, d'autant plus que la nomination de son supérieur, « méticuleux et timide, vieux et podagre, » avait été le résultat d'une intrigue. Il n'en est pas moins injustifiable de n'avoir eu pour ainsi dire aucun rapport avec Donceel (7). -- Quelques succès obtenus à Hasselt et à Bilsen démontrèrent aux patriotes que l'ennemi qu'ils avaient à combattre n'était pas bien redoutable. Chestret , néanmoins, ne se laissa pas éblouir. L'armée attendait de l'artillerie et des renforts ; il fut d'avis qu'on devait se tenir le plus possible sur la défensive. Ce système pouvait être bon, à condition de ne pas se prolonger trop longtemps ; ajoutons qu'il était rendu nécessaire par l'indiscipline de la petite armée, dont les chefs eux-mêmes ne prêchaient pas d'exemple. .

   On n'avait pas à craindre une seconde attaque immédiate : Chestret put s'occuper des affaires de Liége, où le moment était venu de procéder à la rénovation magistrale. La révolution l'avait porté au pouvoir avec Fabry ; les circonstances excusaient l'irrégularité de leur nomination ; mais il était indispensable d'arrêter, pour l'avenir, des principes positifs en matière électorale. Henkart et Lebrun (8), rédigèrent pour la Cité un plan provisoire de municipalité, plus ou moins emprunté à la nouvelle législation française. Le droit de suffrage y était réservé aux seuls Liégeois, âgés de 25 ans au moins et s'imposant une contribution de 3 florins au profit do la. caisse communale. On avait compté sur dix à quinze mille citoyens actifs ; mille quatre-vingt un seulement se firent inscrire : la masse était encore indifférente à la vie politique. Fabry et l'avocat Donceel obtinrent la majorité ; Chestret se trouva non-seulement évincé comme bourgmestre, mais exclu du conseil, en vertu d'un article du Plan, qui déclarait inéligibles les citoyens attachés au service militaire national soldé (9). Grande fut sa mortification ; ostensiblement, il se soumit à ce qui avait été décidé ; mais, à partir de ce moment, il y eut du froid entre lui et ses anciens amis. Sans aucun doute les fonctions de bourgmestre et celles de colonel étaient peu compatibles entre elles ; mais M. Borgnet voit juste, ce me semble, lorsqu'il insinue que les collègues de Chestret, tout en rendant justice à ses bonnes qualités, n'étaient pas fâchés de se débarrasser de lui dans le gouvernement civil : son humeur grondeuse, sa susceptibilité extrême le rendaient d'un commerce difficile. Il donna sa démission de colonel, ce qui provoqua une espèce d'insurrection militaire à Tongres ; car il était fort aimé de ses soldats. On ne parlait de rien moins que de se rendre à Liége et d'y rétablir l'ancien conseil par acclamation. Heureusement Jean-Remy était un loyal patriote : ne pouvant se dissimuler qu'un grave conflit était imminent, il reprit ses insignes, résolution d'autant plus opportune, qu'avant, même qu'il fût rendu à son poste, on fut informé que l'ennemi préparait un coup de main. Chestret commanda l'aile droite à l'affaire de Sutendaal , où les deux partis s'attribuèrent la victoire. Les détails de ce combat sont imparfaitement connus : il est certain qu'une partie des Liégeois furent mis en déroute, et que des volontaires inexpérimentés tirèrent sur leurs frères ; mais d'un autre côté les Allemands rentrèrent précipitamment dans leurs quartiers, non sans signaler leur retraite, pour le dire en passant, par toutes sortes d'horreurs. Vers la même époque, la Prusse, effrayée des progrès de la révolution française, commença à se rapprocher de l'Autriche. C'était un coup terrible porté aux Liégeois , qui songèrent alors sérieusement à une alliance avec les révolutionnaires du Brabant. Les négociations traînèrent en longueur : en pouvait-il être autrement! Les Vandernootistes et les patriotes liégeois poursuivaient des fins diamétralement opposées. Tandis que tout était en question, on commit à Liège une autre faute par animosité contre Hoensbroeck. Le prince de Rohan-Guéménée, archevêque de Cambrai et chanoine de Saint-Lambert, fut nommé régent (mambour) : c'était tendre l'arc à le rompre. Il fallait cependant trouver un point d'appui. En fin de compte, on regarda du côté de Paris et de l'Assemblée nationale : c'est de cette époque de résolutions extrêmes que date la scission des révolutionnaires en modérés et avancés. Les relations avec la Prusse n'étaient point d'ailleurs tout à fait interrompues : l'Electeur de Mayence convint même avec le roi « qu'on traiterait à Francfort le point d'une amnistie générale et d'une nouvelle constitution. » Chestret fut désigné pour représenter le Tiers-Etat à la conférence. Les résolutions de cette assemblée furent mal accueillies à Liége : les factions se lancèrent de violentes invectives et le temps se consuma en pure perte. Enfin, les Etats ayant formellement rejeté tout accommodement sur les bases proposées, de nouveaux députés partirent pour Francfort. Les ambassadeurs leur posèrent un ultimatum : ils ne voulaient pas entendre parler de la déchéance de Hoensbroeck. Or sur ce point il n'était pas facile de s'entendre. Chestret prit même, par écrit, l'engagement de s'exiler de Liége, si jamais Hoensbroeck y rentrait. Il soumit à l'envoyé prussien un projet de convention, mais sans succès ; les propositions de Bassenge eurent le même sort. Sur le conseil des Brabançons, les patriotes cherchèrent à traîner les négociations en longueur. Elles se poursuivirent à Berlin, où Fabry vint rejoindre Chestret et Bassenge, parce qu'il redoutait, parait-il, les indiscrétions du premier. Toute sa prudence fut inutile : les Liégeois se virent finalement abandonnés par la Cour même qui avait encouragé leur résistance. Léopold d'Autriche, ne voulant pas s'aliéner les souverains allemands, et mis d'ailleurs au courant des relations des Belges avec les Liégeois, laissa entendre que pour sa part il prêterait les mains à l'exécution. La position des patriotes était cruelle : en désespoir de cause, ils s'adressèrent à Metternich, ministre d'Autriche à Bruxelles, pour soumettre toute l'affaire à l'arbitrage souverain de l'empereur. Peine perdue : le 11 janvier 1791, on apprit à Liége que les troupes autrichiennes allaient se joindre à celles des Electeurs. Le lendemain, les membres du conseil s'expatrièrent ; le 13,  les Autrichiens pénétrèrent dans Liége ; le 16, parut la commission exécutrice ; le l7, les bourgmestres, et le conseil que la révolution avait expulsés de l'hôtel-de-ville y rentrèrent (10), le règlement de 1684 fut rétabli et Hoensbroeck rappelé sans retard. Aussitôt commencèrent contre les révolutionnaires des poursuites rigoureuses et tellement acharnées, que la cour de Vienne s'en préoccupa à bon droit. Pendant que les conseillers de Hoensbroeck achevaient ainsi de le compromettre, les exilés s'attachaient de plus en plus à la France. Chestret seul, retiré à Kessel près de Ruremonde, s'obstinait â tout regarder « à travers une lunette prussienne. » Il n'en échappa pas plus que les autres à un décret de prise de corps et à la confiscation de ses biens. Etabli ensuite à Wesel, il continua de suivre avec attention la marche des affaires. C'est ainsi que, dans une de ses lettres de 1792, nous le voyons imputer des actes de corruption à l'envoyé liégeois à Wetzlar. Dans la même correspondance (avec Bailly), il se prononça énergiquement contre le parti avancé dont Levoz était l'âme, et qui lui paraissait se conduire de manière à compromettre la cause nationale. « Depuis le plan municipal qu'il n'a pas digéré encore, écrivait Fabry, il ne m'a plus vu, plus écrit ; mais il est irréprochable. J'ai vu sa réponse à Chestret le conseiller : Des soumissions à Hoensbroeck, tyran de ma patrie! Qu'il me ravisse tout : il me restera du pain et de l'honneur. Son cœur doit faire oublier sa tête ! »

   Les événements se précipitèrent. Méan succéda à Hoensbroeck et suivit sans hésiter les traces de son oncle. Craignant des représailles, il se hâta de quitter Liége à la nouvelle de l'approche de Dumouriez. Les proscrits liégeois reparurent à la suite du vainqueur de Jemmapes ; Chestret rentra aussi, et fut élu suppléant à la convention nationale liégeoise et membre de la municipalité. Mais il était suspect de modérantisme ; il dut donner sa démission. Au lieu d'accompagner l'armée républicaine lorsqu'elle battit en retraite, le 5 mars 1793, il alla s'installer à Bruxelles, où il avait déjà passé quelques mois avant l'arrivée des Français et où il comptait beaucoup d'amis. Il possédait d'ailleurs, sur le territoire de l'Empire, quelques domaines que la confiscation n'avait pu atteindre et qui lui assuraient la subsistance. On lui reprocha plus tard de n'avoir point été retrouver à Paris ses coreligionnaires politiques : il les voyait divisés, il crut se rendre plus utile en restant en Belgique. De fait, la liaison assez intime qu'il contracta avec le ministre Metternich lui procura maintes fois l'occasion d'aider de son crédit les Liégeois au service de la République, passant prisonniers par Bruxelles. Lorsque la réunion du pays de Liége à la France fut un fait accompli, il revint dans sa ville natale et se mit sur les rangs pour la législature. Un Mémoire qu'il publia le 16 floréal au V (5 mai 1797), quelques jours après les élections, nous apprend qu'il essuya un échec. Il ne put contenir son dépit : il se répandit en plaintes amères dans ce factum, qui lui valut une verte réponse de Bassenge. Elu enfin en 1804, il remplit les fonctions de secrétaire du Corps législatif : c'est en cette qualité qu'il eut l'honneur de signer les premiers livres du Code civil. En 1809, son mandat fut renouvelé : il eut à peine le temps de reparaître en public ; sa santé était épuisée ; il expira le 9 juillet. -- Dumouriez (11) a pu dire de Chestret, comme de Fabry, que c'était « un honnête homme, qui ne voulait, que le bien de son pays. » Sa vanité lui fit du tort ; mais on ne saurait mettre en doute la loyauté, la générosité de son patriotisme, ni son ardent amour de la saine liberté. Ses adversaires politiques, ses anciens amis même l'ont représenté sous des couleurs peu avantageuses : il faut tenir compte des passions du temps, et remarquer aussi qu'on n'a guère eu à lui reprocher qu'une précipitation étourdie dans ses jugements comme dans ses actes. Il y avait en lui un mélange d'intrépidité et de faiblesse, qui le rendait plus propre à être un chef militaire qu'un diplomate ou un législateur. Il savait commander ; mais trop souvent il se laissa dominer et exploiter. Le dépit empoisonna malheureusement sa vie et le rendit à charge à lui-même et à ses amis. Sa figure pâlit à côté de celles de Bassenge et de Fabry ; il n'en a pas moins droit à une place des plus honorables dans l'histoire de la révolution liégcoise. -- M. Ulysse Capitaine a légué à la ville de Liége un portrait de Jean-Remy, peint par Defrance. Il y a de la dignité dans ce port, dans cette physionomie un peu allongée, dans ces sourcils bien arqués ; les yeux noirs, à fleur de tête, ont de la douceur et dénotent en même temps un esprit ouvert, prompt, primesautier ; la lèvre inférieure est celle d'un orateur ; les plis qui entourent la bouche font deviner la susceptibilité maladive du personnage. Chestret est représenté debout, montrant un parchemin sur lequel on lit : Sauf-conduit pour les douze décrétés : 1788.

Alphonse Le Roy.

Ophoven, Contin. de Loyens. - Annales de la noblesse belge, 1856. - Notice hist. sur quelques écrivains du pays de Liége, par Herman (de Trappé), Liége, an XII (1803), in-12°. - Exposé des actions nouvelles intentées par Paul Redouté et ses adhérents aux officiers et à la cour de Spa, en août 1787, in-4° (avec deux suites). - Mémoire du bourgmestre Chestret de Haneffe, 1787, in-4°. -- Information à Messeigneurs des Etats, etc , par les seigneurs clercs d'Aigremont, F. comte de Launoy, de Favechamps, Catoir, de Chestret d'Haneffe, Dethier de Grimons, de Bailly, Nalines, membres siégeant au tribunal des XXIl en 1767, in-4°. - Considérations sur le projet de municipalité, par l'ex-bourgmestre de Chestret, colonel du régiment municipal, Liège, septembre 1790, in--- Mémoires de l'avocat Nizet (sur le même sujet et sur les anciennes places de chambres de la Cité), in-4° -- Mémoire du citoyen Chestret, an V, in-8°. - Quelques mots sur le Mémoire du citoyen Chestret, par L. Bassenge, in-12°. - Bulletin de l'Inst. archéol. liégeois, t. II, p. 112. - Polain, Récits historiques, ed. de 1866. -- Ad. Borgnet, Histoire de la révolution liégeoise de 1789,  2 vol. in-8°.


(1) L'orthographe d'Ophoven (Continuation du Recueil héraldique de Loyens, p. 266) est inexacte.  

(2) ARMES : Coupé : en chef d'azur à trois étoiles à six rois d'or, et en pointe d'argent au lion de sable, couronné d'or. COURONNE : à neuf perles. SUPPORTS : deux lions de sable contournés, couronnés d'or, armés et lampassés de gueules. 

(3) Nous suivons en général, dans l'exposé de ces faits, le récit de M. Borgnet, puisé aux meilleures sources. 

(4) Borgnet, t. I, p. 45. 

(5) Borgnet, t, I, p. 47. 

(6) Il paraît certain que, dès 1789, il eut une entrevue avec Vauder Noot (V. Borgnet., t. I, p. 276). 

(7) Hoensbroeck, faisant allusion au poste occupé par Chestret, l'appelait plaisamment le roi de Tongres. - Le 2e couplet de la chanson nationale Valeureux Liégeois, commence ainsi :

Que peut craindre notre ardeur,
Quand sons Chestret nous portons les armes!

II eût été plus hiérarchique de dire : sous Donceel. M. Capitaine affirmé au reste avoir eu sons la main une copie manuscrite de la pièce de Ramoux portant la nom du général. 

(8) Le rédacteur du Journal général de l'Europe. 

(9) Borgnet, t. I, p. 316. 

(10) La bibliothèque de l'Université de Liége possède un beau manuscrit sur vélin, richement enluminé, intitulé : Mémorial de la magistrature liégeoise (1720-1792). La page consacrée à l'administration révolutionnaire y a été biffée par ordre des Consules restituti ; on a eu soin d'y ajouter une mention flétrissante. 

(11) Mémoires, t. I. p. 14 - V. aussi les Mémoires secrets du comte d'Allouville, t. II, p. 248 et suiv.  

 

23/01/2013