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Louis-Bernard Coclers




 

 

 

 

 

 


 

J.-J. Thonissen
Biographie nationale T. IV, p. 240 et suiv.
publiée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1897.

COCLERS (Louis-Bernard), fils de [Jean-Baptiste] peintre et graveur, né à Maestricht en 1740, reçut ses premières leçons dans l'atelier paternel. En 1759, suivant un usage traditionnel de sa famille, il se rendit en Italie, où il passa trois années à étudier les nombreux chefs-d'œuvre qui décorent les villes de cette terre privilégiée. Revenu dans les Pays-Bas, il se fixa d'abord à liége, mais abandonna bientôt cette ville pour parcourir, en artiste, Maestricht,, Nymègue, Dordrecht, Leide, faisant partout de nombreux portraits, sans négliger la peinture de genre, pour laquelle il manifesta toujours une prédilection marquée. En 1769, il se fixa à Leide, où il fit entre autres le portrait du poète néerlandais Jean de Kruyff. C'est dans cette ville qu'il a peint un grand nombre de tableaux d'intérieurs où il s'efforce d'imiter la manière de Mieris, Metzu, Douw et Schalken. En 1787, compromis dans les troubles politiques de l'époque, il se rendit à Paris, où il passa deux années et vendit sa belle et riche collection de tableaux. Il se rendit ensuite à Amsterdam, où il continua à peindre des portraits et des tableaux de cabinet, généreusement payés par l'opulente bourgeoisie hollandaise. Aux expositions d'Amsterdam de 1808, de 1813 et de 1816, ses œuvres furent hautement appréciées. En 1815, après la formation du royaume des Pays Bas, il transporta son domicile à Liége, et mourut dans cette ville en 1817.

   A la pratique de la peinture Louis-Bernard Coclers avait ajouté l'art du graveur, et les biographes hollandais lui attribuent une collection de quatre-vingts planches, notamment son propre portrait et ceux de son père et de sa sœur Marie-Lambertine. Il faisait de plus le commerce de tableaux, et était devenu, dans cette spécialité, l'oracle des amateurs hollandais, qui lui confiaient volontiers la restauration des toiles les plus précieuses de leurs galeries. Tontes ces sources de revenus lui avaient procuré une fortune assez considérable.

   L'ouvrage le plus remarquable de L.-B. Coclers est un tableau du musée d'Amsterdam, représentant une paysanne qui boit, ayant un enfant sur ses genoux.

J.-J. Thonissen.

   Balkema, Biographie des peintres flamands et hollandais. - Van der Aa, Biographisch woordenboeck der Nederlanden.  - Immerzee, Levens en werken der hollandsche en vlaamsche kunstschilders. - Kramm, De levens en werken der hollandsche en  vlaamsche kunstschilders.

 

 

 

 
 

Jules Helbig
La peinture au pays de Liège et sur les bords de la Meuse.
Liège, Imprimerie liégeoise Henri Poncelet, 1903, pp. 392 et suiv.

Louis-Bernard COCLERS.

   Fils de Jean-Baptiste Coclers. (?) Né à Liège en 1740 (1).  C'est à l'atelier de J.-B. Coclers qu'il reçut la première initiation à l'art qui servait de gagne-pain à toute la famille. A l'âge de dix-neuf ans il se laissa aller au courant qui, depuis plusieurs siècles, entraînait les artistes vers l'Italie, où il passa trois ans à étudier les peintres en faveur alors. Revenu au pays natal, il travailla quelque temps à Liège, mais trouvant sans doute qu'il y avait assez de peintres du nom de Coclers sans lui, il se mit à parcourir la Hollande, s'arrêtant successivement dans les villes de Maestricht, de Nimègue, de Dortrecht et de Leyde. Il y fit de nombreux portraits et quelques tableaux de genre pour lesquels il avait une prédilection véritable et quelques dispositions. En 1769, il se fixa à Leyde, où il fit entre autres le portrait du poète néerlandais Jean de Kreuyff, et peignit plusieurs tableaux de genre, en s'efforçant d'imiter les meilleurs peintres hollandais du XVIIe siècle. En 1787, se trouvant compromis dans les troubles religieux de cette époque, il partit pour Paris où il demeura deux ans et vendit une assez riche collection de peintures de maîtres qu'il avait formée. Il revint ensuite en Hollande et travailla pendant quelques années à Amsterdam où ses travaux furent accueillis avec une faveur marquée, soit qu'il fit des portraits, soit qu'il continuât à composer des tableaux de genre. Ces derniers figurèrent avec honneur aux expositions d'Amsterdam en 1808, 1813 et 1816.

   Le Musée d'Amsterdam possède deux portraits de cet artiste ; ils figuraient autrefois au livret du Musée sous les n° 233 et 234 ; ce sont les portraits de Jean Barend Ricker et de Catherine Six, deux pendants, signés tous deux L. B. Coclers, f t 1766.

   On cite comme un de ses meilleurs ouvrages un tableau représentant une Femme occupée à boire en tenant un enfant sur ses genoux. Ce panneau faisait également partie du même Musée, mais depuis la dernière réorganisation de cette galerie, il a été éloigné ; nous l'y avons cherché en vain. L. B. Coclers doit avoir peint également un plafond à l'hôtel-de-ville de Maestricht.

   En 1815, après la réunion de la Belgique à la Hollande, L. B. Coclers revint se fixer à Liége ; il avait épousé Anne-Marie Damave, et habitait une maison au Mont-Saint-Martin, où il est décédé le 21 avril 1817.

   Louis-Bernard Coclers était un de ces hommes habiles, laborieux, d'un esprit pratique, qui savent tirer le meilleur parti des talents qu'ils ont reçus de la nature et des circonstances où la vie les a placés. Il était peintre assidu à son travail, mais faisait aussi avec succès le commerce de tableaux ; il savait les restaurer habilement, et s'était formé auprès du public des amateurs en Hollande, une clientèle sur laquelle il exerçait une véritable autorité. Il s'est aussi acquis un certain talent comme graveur, et les auteurs hollandais lui attribuent quatre-vingts planches, parmi lesquelles se trouvent son propre portrait, ceux de son père et de sa sœur Lambertine Plusieurs de ses tableaux ont été gravés en Hollande, notamment une scène de cabaret où l'artiste s'est sensiblement inspiré des maîtres néerlandais.

   Sous cette planche on lit : Gegraveerd naar het origineele Schildery van den Hr. Coclers door P. L. Jonxis.

   Deux autres peintures, dont l'une représente : une Jeune fille dans l'attente de son amant et l'autre un Jeune homme causant avec une jeune personne, groupe éclairé par la lumière d'une chandelle, ont été gavés par A. L. Claessens. On voit que l'imagination de l'artiste ne le poussait pas aux sphères très élevées.


(1) Serait né à Maestricht, suivant la notice de la Biographie nationale. 

 

 

22/01/2013