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Plébiscite en faveur de la France




 

 

 

 

 

   

 

 

 

 

A. Borgnet
Histoire de la révolution Liégeoise de 1789 : 1785 à 1795, d'après les documents inédits
,
2 vol.,
Liège, 1865, T. II,  pp. 243et suiv.

    Sur ces entrefaites, l'instruction réclamée par la municipalité, c'est-a-dire le rapport de Bassenge, ayant été publiée, les soixante-et-une sections furent convoquées (16 janvier) pour le 20 janvier, et cette résolution fut prise après avoir, disait-on, « délibéré sur la pétition des amis de la liberté et de l'égalité. »  Le Conseil municipal tenait comme préjugée la question principale, « l'opinion publique, le vœu des cœurs hautement, généralement prononcé, ne permettant pas de douter que la réunion à la France ne fût regardée comme le port qui devait arracher ce pays aux orages qui l'avaient bouleversé pendant des siècles; » seulement il demandait si, dans ce cas, il ne conviendrait pas de réserver à l'administration générale qui allait entrer en fonctions: :

   « 1° de faire un tableau exact de la richesse, de la dette, des ressources du pays, et d'acquitter incessamment sur nos biens nationaux cette dette sacrée, dont la loyauté liégeoise est garante, de même que notre contingent dans les frais faits par la république française, depuis l'arrivée de ses armées sur notre territoire.

   » 2° D'indemniser et dédommager les nombreuses et infortunées victimes des tyrans qui ont écrasé notre terre, d'une manière digne d'un peuple libre, sans parcimonie ni prodigalité, sans faveur ni préférence; et, de prendre les dédommagements sur les biens des oppresseurs qui ont occasionné les pertes , la caisse nationale devant seulement combler le déficit.

   » 3° D'assurer aux individus du clergé, dont la corporation, selon les principes immuables de la liberté, doit être éteinte , un sort propre à les attacher comme citoyens à la chose publique, et de manière que la sévérité de la nation ne s'appesantisse que sur les conspirateurs et les oppresseurs du peuple.

   » 4° De veiller aussi à ce que le prix des places supprimées et acquises à la bonne foi soit remboursé aux titulaires.

   » 5° De prendre les mesures que les localités exigent par rapport aux assignats, dont la circulation devra être admise dans ce pays. Par exemple que ces assignats ne puissent être forcés pour le remboursement des dettes particulières contractées entre Liégeois, ni pour la rédimation des rentes constituées avant l'époque de la réunion. »

   Le conseil invitait à peser mûrement ses propositions, et à ne pas se départir du scrutin secret, nécessaire surtout « pour qu'on ne pût faire l'injure à l'armée française de croire qu'elle eût influencé le vœu des Liégeois. » (1)

   Au jour fixé, les sections se réunirent. Jamais elles n'avaient été aussi nombreuses ; mais il est vrai aussi que c'était la première fois qu'on mettait chez nous en pratique le suffrage universel : 9,700 électeurs répondirent à l'appel de la municipalité, et, malgré les instigations des avancés, 9,660 se prononcèrent pour la réunion à la France, mais avec les réserves proposées. Sur les soixante-et-une sections (2), quarante-neuf avaient émis leur vote à l'unanimité, ce qui ne permet guère de croire à l'emploi du scrutin secret. En proclamant ce résultat, le Conseil municipal décréta qu'il en serait promptement donné connaissance à toutes les communes du pays, et qu'elles seraient invitées à voter aussi sur cette question. (3)


(1) Gazette nationale liégeoise, n° du 18 janvier.  backtopp.gif (65 octets)

(2) Il y en a qui avaient pris des titres assez significatifs. Ainsi la 39e, qui se réunissait dans les cloîtres des incurables en Bêche, se qualifiait : section des Sans-culottes, et la 46e : section du 10 août.   backtopp.gif (65 octets)

(3) Gazette nationale liégeoise, n° du 30 janvier et des 1er et 4 février. backtopp.gif (65 octets)

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22/01/2013