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JEAN DE BAVIÈRE, LXXIXe évêque de
Liège, né en 1373, mourut à Delft, le 5 janvier 1424. La postérité a flétri
ce personnage du surnom de sans Pitié, et à vrai dire il fit tout ce qu'il
put pour le mériter. Appelé, encore adolescent, à gouverner un peuple fier,
d'une susceptibilité extrême et toujours prêt à verser son sang pour la
conservation d'immunités qui lui avaient coûté deux siècles de lutte
ardente, ce prince orgueilleux et frivole, vindicatif et cruel, ne sembla se
préoccuper de ses sujets que pour les mater, les écraser sous une main
de fer. Les annales de son long règne forment un des chapitres les plus
douloureux de l'histoire du pays de Liège.
Il avait à peine
dix-sept ans, lorsque le chapitre de Saint-Lambert le désigna (14 novembre
1389) pour monter sur le siège laissé vacant par la mort d'Arnould de
Hornes. Le pape Boniface IX ratifia ce choix, bien que l'élu n'eut pas
atteint l'âge exigé par les canons. Mais Jean appartenait à une famille
puissante que la cour de Rome, redoutant avant tout de fortifier les Clémentins, c'est-à-dire les partisans du pape d'Avignon,
avait intérêt à ménager. Par son père Albert IV, comte de Hainaut, de
Hollande et de Zélande, le nouveau prince de Liège était petit-fils de
l'empereur Louis de Bavière ; par sa mère Marguerite de Silésie, il tenait à
la race royale de Bohême ; enfin, l'empereur Wenceslas et l'héritier de
Bourgogne (Jean sans Peur) étaient ses beaux-frères. Bref, son élection
ayant été confirmée sans retard, il entra en grande pompe dans sa capitale,
le 10 juillet 1390. A sa droite chevauchait son père ; à sa gauche,
Guillaume, son frère aîné ; derrière eux plusieurs princes, suivis de mille
chevaliers. Oncques cortège aussi magnifique ne s'était déroulé dans les
rues de la cité. Pour rehausser encore l'éclat de la fête, Albert, en séance
plénière du chapitre, prêta hommage à son fils pour le comté de Hainaut, se
reconnaissant ainsi vassal de l'église de Liège. Au mois de septembre
arrivèrent les lettres impériales d'investiture ; le 17 décembre, moyennant
dispense, l'élu reçut l'ordre du sous-diaconat, le seul qui lui fut jamais
conféré (1).
Selon l'usage, il ouvrit son règne par une
visite aux bonnes villes, s'engageant partout à respecter les anciennes
franchises. Selon l'usage aussi, on l'acclama, sans pouvoir cependant se
défendre de secrètes appréhensions, que sa vie mondaine et la violence de
son caractère n'étaient pas faites pour dissiper. En 1391, il indisposa les Dinantais en
ne prêtant point l'oreille à leurs plaintes contre le sire de
Boulant, coupable d'avoir enlevé sur terre liégeoise quelques marchands
français, ce qui avait provoqué des représailles de la part du roi de
France : les plaignants furent obliges de se faire justice à eux-mêmes. Mal
en prit, au contraire, à ceux de Saint-Trond, l'année suivante, de s'être
permis de venger, sans avoir recours à lui, la mort d'un bourgeois tué,
prétendaient-ils, par les partisans de l'abbé (2) : ils saccagèrent et
brûlèrent les dépendances du monastère. Jean leur reprocha d'avoir empiété sur son autorité :
ils durent compter au prince 10,000 florins du Rhin et 4,000 à l'abbé, à
titre de compensation pour les dommages causés.
Jusqu'ici rien de bien grave, et dans la
dernière affaire, l'irritation de l'Élu se conçoit. Mais bientôt, à propos
d'une contestation avec les habitants de Seraing, des troubles plus sérieux
éclatèrent. Les Sérésiens, de temps immémorial, avaient coutume d'aller
s'approvisionner de bois dans les forêts voisines, qui appartenaient au
prince. Jean de Bavière, invoquant la droit nouveau substitué aux lois
barbares tolérantes sur ce point, leur intima défense formelle de couper du
bois comme par le passé (3) ; il ne fut pas obéi. Furieux, il cita les
rénitents devant les échevins, qui les condamnèrent : l'usage ne pouvait
prévaloir contre le droit écrit. Mais les manants n'entendaient pas
grand-chose aux scrupules des juristes : ils trouvèrent appui chez les
maîtres de la cité, qui menacèrent d'exil les échevins, si la
sentence n'était pas révoquée. Ceux-ci s'obstinèrent et le décret de
bannissement fut prononcé. L'évêque alors fit comparaître les paysans et les
bourgmestres au tribunal suprême de l'Anneau du palais, qu'il
présidait en personne. Ce fut le signal d'une émeute : le moment venu, lorsque
le secrétaire se mit à lire la citation, de tels cris et de telles huées
s'élevèrent du sein de la multitude accourue de toutes parts pour assister
au dénouement du procès, qu'il fut impossible de rien entendre. La même
scène se renouvela trois jours durant, et les bourgmestres ou les agitateurs
imposèrent du même coup silence à la cloche du ban, qui devait tinter
aussi longtemps que le prince siégeait en cour de justice.
Jean de Bavière jugea prudent de quitter Liège.
Il partit pour Huy, emportant le grand sceau de la cité. A peine
arrivé, il apprit que Hutois et Liégeois venaient de pactiser ; il se rendit
donc à Diest, où il installa son official (4). Les bonnes villes avaient
reconstitué leur fédération ; mais comme elles désiraient avant tout le
repos, il fut convenu que des conférences s'ouvriraient au château de Caster-lez-Maestricht.
On y aboutit à un accommodement (27 décembre 1395), en vertu duquel le
conflit de Seraing devait être réglé par une commission de trente-deux
membres, conformément aux lois du pays, sans qu'il fût d'ailleurs porté
atteinte aux droits et à l'autorité du prince.
Tantôt guerroyant contre le duc de Gueldre,
tantôt allant conduire à Paris des renforts sollicités par Jean de Bourgogne
en lutte ouverte avec Louis d'Orléans, l'Élu, tout entier à ses affaires et
à ses plaisirs, se rendait de plus en plus impopulaire. On ne lui pardonnait
pas ses tergiversations au sujet de la prêtrise. On lui attribuait une
arrière-pensée : peut-être songeait-il à séculariser la principauté, à y
fonder une dynastie. Ces soupçons étaient nourris et répandus dans le peuple
par la faction politique des Haydroits, qui grossissait chaque jour
davantage et étendait sa propagande aux bonnes villes (5). Les Hutois furent
les premiers à se soulever : ils convoquèrent un congrès à Waremme, pour
protester contre la juridiction que le prince attribuait à l'Anneau du
palais ; mais Liège et Tongres refusèrent d'entrer dans la ligue. Après
bien des pourparlers, les États s'assemblèrent, lorsque Jean, de retour de
Paris, eut pris le parti de se retirer à Maestricht, après avoir frappé
d'interdit les rebelles. Le puys ne pouvant rester sans protecteur, les
députés, à l'unanimité des suffrages, élurent mambour Jean de
Rochefort ; mais celui-ci refusa, ce périlleux honneur et regagna son
château. Alors les voix se reportèrent sur Henri de Hornes,
sire de Perwez, déjà vieux, mais d'une expérience consommée comme général.
Afin de le décider, on fit miroiter à ses yeux la certitude pour son
fils Thierry d'être élevé à l'épiscopat, lorsque le Bavarois aurait été
déposé. A son tour Henri hésita ; sa femme finit par avoir raison de ses
scrupules.
Le parti de la noblesse, voyant qu'on
s'engageait dans une voie dangereuse, chargea quelques délégués d'aller
conférer à Maestricht avec le prince. Il fut convenu que s'il consentait à
rentrer dans sa capitale, le mambour serait dégradé sans bruit, et qu'on
aviserait alors à s'entendre. Ainsi dit, ainsi fait : seize arbitres furent
choisis par toutes les parties intéressées, et le congrès, réuni à Tongres,
aboutit, le 28 août 1403, à la Paix des XVI, réglant tous les points
en litige. Ce document, important au point de vue du droit public liégeois,
ne peut être que mentionné ici.
Restait à mettre en jugement les chefs des
Haydroits. Les XVI portèrent contre eux une sentence de bannissement.
N'étant pas sans appréhensions pour leur personne, dix-neuf
« se coulèrent de la ville
». Un seul s'attarda : il fut arrêté et aussitôt décapité
sur la place du Marché (6).
On était alors en plein schisme. Les Liégeois,
de plus en plus mécontents de l'attitude de leur prince, qui revendiquait
nettement le pouvoir absolu, brûlèrent leurs vaisseaux en se tournant du
côté de Benoît XIII, pape d'Avignon ; celui-ci récompensa ses nouveaux
partisans en approuvant le choix de Thierry de Perwez comme évêque
de Liège ; comme prince, le prélat reçut ses investitures de l'empereur
Wenceslas. La rupture était dès lors un fait accompli : Thierry, avec ses
troupes, s'empara de Saint-Trond et de Bouillon, puis mit le siège devant
Maestricht, refuge de son adversaire. La rigueur de l'hiver l'obligea de
renoncer à son entreprise (7 janvier 1487). Jean de
Bavière mit à profit cette délivrance inopinée : ses soldats ravagèrent
cruellement la Hesbaye et le comté de Looz. Pour en finir, il somma les États de déposer Thierry et son père ; on lui fit une réponse grossièrement
insultante. Cette fois il n'y tint plus : se voyant de nouveau assiégé dans Maestricht, il résolut de frapper un grand coup et se chercha des alliances.
Le duc de Bourgogne et une foule de seigneurs des pays voisins lui promirent
appui : en attendant, il fit pendre aux murailles des
bourgeois qu'il détenait prisonniers ; d'autres eurent les yeux arrachés et
furent ramenés au camp par un borgne. En même temps son parent, le comte de
Hainaut, sans défi, se mit à piller Fosses et Couvin, et jeta la désolation
dans l'Entre-Sambre-et--Meuse. L'effroi gagna les milices des bonnes villes
: elles se hâtèrent de retourner dans leurs foyers, laissant aux Liégeois
et aux Hutois le soin de poursuivre seuls le siège. Sur ces entrefaites,
le duc de Bourgogne envahit la Hesbaye (20 septembre 1408) avec 35,000
hommes (7).
Il fallut de nouveau renoncer à l'espoir de
prendre Maestricht. Les Liégeois purent opposer au Bourguignon une armée à
peu près égale en nombre à la sienne (8) ; mais celle-ci se composait de
chevaliers bardés de fer, d'archers à cheval, de soldats bien disciplinés
et rompus au métier de la guerre, tandis que les troupes liégeoises étaient
formées d'un ramassis de gens sans expérience des combats, bourgeois plus
habiles à manier l'aune que l'épée, soutenus par leur seul enthousiasme et
ne se figurant nullement les dangers qu'ils allaient courir. Henri, le mambour, essaya vainement de les retenir : il eut à peine le temps de faire
élever quelques retranchements pour défendre la colline dite la
tombe d'Othée, vers laquelle s'avançait
l'ennemi. Les Liégeois le saluèrent à coups de bombardes ; le duc, de son
côté, avant d'entreprendre de les forcer dans leur camp, détacha de son
armée 400 cavaliers et 1,000 hommes de pied, chargés de couper la retraite à
ses adversaires. Le mambour devina cette intention : il ne fut pas compris.
Les Liégeois prirent pour une fuite le mouvement tournant : force lui fut
d'engager la bataille. Ce fut une affreuse mêlée : lutte inégale! Des
poitrines nues contre un mur de fer... Cependant tel était l'acharnement des
bourgeois, que leur attaque furieuse contre la bannière de Bourgogne leur
aurait peut-être assuré la victoire (le duc l'avoua plus tard), si les 1,400
hommes dont il a été parlé n'étaient arrivés juste à point pour décider du
sort de la journée. Enveloppés de tous côtés, les gens des métiers, ne
pouvant plus ni avancer ni reculer, succombèrent par milliers, moissonnés
par le glaive ou écrasés sous les pieds des chevaux. Point de quartier,
point de prisonniers. On évalue à 25,000 le nombre des victimes de ce
désastre. Le mambour et son fils furent tués à côté de l'étendard du duc.
Jean de Bavière, qui n'avait pas assisté à la bataille, arriva le lendemain
de Maestricht : on lui présenta, sur des piques, les têtes des deux vaincus.
Il voulut visiter la plaine jonchée de cadavres ; on y découvrit quelques
Haydroits cachés : il les fit pendre ou écarteler.
Ce n'était pas tout. La cité,
épuisée, n'avait plus qu'à se soumettre. Le vendredi 28 septembre, un
cortège de bourgeois, deux à deux, nu-pieds et nu-tête, la corde au cou, un
flambeau allumé à la main, se rendit à Grâce, au camp des princes, pour leur
remettre les clefs de la ville et implorer miséricorde. L'évêque désigna
trente-deux notables qui furent décollés sur-le-champ, et leurs corps jetés
à la voirie. Le jour même, le sire de Jeumont, commandant des auxiliaires
hennuyers, pénétra dans Liége et procéda, sur l'ordre du prince, à d'atroces
exécutions : le légat de l'antipape Benoît, le suffragant de Thierry de
Hornes, d'autres prêtres, des bourgeois des principaux lignages, des femmes
même, entre autres la dame de Perwez, furent précipités dans la Meuse du
haut du pont des Arches, liés dos à dos ou enfermés dans des sacs ; les
jours suivants, procès sommaires, nouvelles noyades, écartèlements, roues et
gibets en permanence, décrets de confiscation, sentence des alliés
anéantissant les chartes, les paix, les traités d'alliances, tout ce qui
servait de garantie aux franchises de Liège et des bonnes villes. Aux
magistrats élus par le peuple étaient substitués des agents du prince ; les
métiers perdaient leur caractère de corps politiques ; les fortifications
devaient être presque partout démolies ; 220,000 écus d'or seraient prélevés
sur les particuliers en proportion de leur fortune (9) ; enfin, dérision
amère! on célébrerait par un Te Deum, chaque année, l'anniversaire de
la bataille d'Othée. Tous les titres séculaires des Liégeois étaient voués
aux flammes. Jean de Bavière crut pourtant devoir demander à son chapitre la
ratification de ces décrets : il rencontra ici une opposition courageuse qui
ne laissa pas que de le faire réfléchir. Quelques adoucissements furent
apportés aux premières sentences ; mais l'irritation populaire se réveilla
tout d'un coup et ne connut plus de bornes, quand le prince se fut avisé
d'autoriser les vengeances privées des personnes proscrites lors des
derniers troubles. Des complots éclatèrent à Herck, à Huy, à Liège même, et
eurent pour dénouement encore des noyades et des supplices sanglants.
Réduits aux abois, les Liégeois eurent enfin l'idée de s'adresser à
l'empereur Sigismond.
Bien leur en prit. Le 19 février
1415, des lettres impériales confirmèrent la charte d'Albert de Cuyck et
rendirent à la cité toutes ses libertés et ses franchises ; l'année
suivante, Sigismond célébra en personne, à Liège, les fêtes de Noël ; le 26
mars 1417, un rescrit du même prince annula, comme attentatoire aux droits
de l'empire, la sentence portée le lendemain de la triste victoire de Jean
sans Pitié. L'indépendance liégeoise fut reconnue, la fédération des
bonnes villes approuvée ; les métiers purent se reconstituer et comme jadis
élire leurs officiers. Jean refusa de se soumettre : on passa outre. Une
circonstance inopinée l'empêcha d'insister ; dès le mois d'avril, il entra
dans la voie des transactions. Les institutions démocratiques ne se
relevèrent pas intactes, mais enfin on respira.
A quelle circonstance
venons-nous de faire allusion? Guillaume, comte de Hainaut et de Hollande,
frère du prince de Liège, était venu à mourir, ne laissant qu'une fille de
seize ans, Jacqueline de Bavière. (Voyez ce nom.) Jean ne songea ni plus ni
moins qu'à dépouiller sa nièce. Il lui fallait pour cela beaucoup d'argent :
un des conseillers de la cité, Wathieu d'Athin, ayant eu vent de ses
projets, se fit fort d'en obtenir des bourgeois de Liège, si le prince
consentait à s'entendre avec eux sur leurs réclamations. Ce point réglé,
Jean se crut maître du terrain ; mais il avait compté sans son hôte. Couché
sur le lit de mort, Guillaume avait recommandé à Jacqueline d'agréer pour
époux le jeune duc de Brabant, Jean IV. (Voyez ce nom.) Malgré l'opposition
de l'oncle, ce mariage fut, en effet, contracté le 4 avril 1418. Jean de
Bavière laissa percer son irritation, en alléguant qu'une partie des
provinces du Nord lui revenait comme fief masculin : de là une guerre
cruelle, qui lui valut, à titre viager, la régence de la Hollande, de la
Zélande et de la Frise. Cette nouvelle fortune lui fit prendre la résolution
de remettre son évêché entre les mains du pape Martin V (1418) ; il obtint
du même pontife, grâce aux instances de Sigismond, la dispense du
sous-diaconat pour pouvoir se marier. Il épousa sans retard Elisabeth de
Gorlitz (voy. ce nom), nièce de l'empereur et veuve d'Antoine de Bourgogne,
tué en 1415 à la bataille d'Azincourt.
Les Liégeois furent dans
l'allégresse. Everard de la Marck fut proclamé mambour, le 18 mai 1418, pour
gouverner le pays jusqu'à ce que le chef de l'Eglise eût pourvu au
remplacement du démissionnaire.
Jean de Bavière eut à soutenir,
jusqu'à sa mort, une lutte acharnée contre les gens d'Utrecht, qui se
plaignaient des procédés de ses partisans. Des villes prises et reprises,
des dévastations, des alliances contractées et rompues, tel est en deux mots
le résumé de cette lutte tristement monotone. Lorsque Jacqueline tâcha
d'obtenir à Rome l'invalidation de son mariage et, en attendant la décision
pontificale, entra en Hainaut accompagnée du duc de Glocester, déjà son
fiancé, Jean IV implora le secours du Bavarois. Celui-ci était sur le point
de lancer pour son neveu une armée en campagne, lorsqu'il passa tout d'un
coup de vie à trépas, des suites d'un empoisonnement selon les uns, d'une
blessure selon les autres, le 5 janvier 1424. Son corps fut transporté à La
Haye et inhumé dans le cloître des Jacobins. Jean IV arriva aussitôt en
Hollande et fut reconnu par toutes les villes
« pour leur
comte
», bien que
Jacqueline n'eût plus rien de commun avec lui. Philippe le Bon était déjà
aux aguets : le moment approchait où il allait paraître en scène.
Le règne de Jean de Bavière à
Liège nous fait assister au premier épisode de la lutte formidable qui
s'engagea entre la maison de Bourgogne, bientôt toute puissante aux
Pays-Bas, et une démocratie jalouse de ses conquêtes successives,
souverainement hostile aux idées féodales.
« Ce petit
peuple d'ouvriers (les Liégeois), exposé de tous les côtés à la fois par ce redoutable voisin, voyant
par lui dépérir peu à peu son industrie et se fermer les canaux de son
ancienne prospérité matérielle, ne cessa pas de résister avec une
constance, une intrépidité vraiment admirables. Il succomba, mais aucune
nation n'a fait à sa liberté d'aussi belles funérailles.
»
(POLAIN.) |