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JEAN DE WALENRODE ou VALENRODE, LXXXe
évêque de Liège, appartenait par son père Jean à une illustre famille franconienne ; sa mère était fille de Rudolphe de Bade, marquis de
Pforzheim. La date de sa naissance est inconnue ; il mourut au village d'Alken,
entre Landen et Saint-Trond, le 28 mai 1419, après moins d'un an de règne.
Docteur en droit et, selon plusieurs auteurs, chevalier de l'ordre
Teutonique, il dut à son savoir et à son mérite personnel d'être élevé à la
dignité d'archevêque de Riga, en Livonie. Député au grand concile de
Constance, il attira l'attention du pape Martin V, préoccupé de chercher,
pour le mettre à la tète de l'important diocèse de Liège, un prélat capable
d'assurer la tranquillité dans ce malheureux pays, si malmené par son
dernier prince, Jean de Bavière, qui venait d'abdiquer. Le souverain
pontife ne perdit pas de temps : dès le 4 mai 1418, son choix était fait,
avant même que le chapitre de Saint-Lambert se fût assemblé (18 mai) pour
élire un mambour (Everard de la Marck). Le 4 juillet (1), Jean de Walenrode
entra officiellement dans sa capitale, mais sans grande pompe ; il y fut reçu
comme un libérateur : l'enthousiasme du peuple lui tint lieu d'un nombreux
cortège. On le savait
« sage homme, bon, doux, piewe, caste, modeiste,
honieste et larges à toutes gens (2)
». Il se plut à justifier la
confiance qu'on mettait en lui. Au spirituel, il ne se déchargea pas des fonctions sacerdotales sur un suffragant ; il ordonna lui-même ses
prêtres et s'intéressa à l'éducation des jeunes clercs. Au temporel, il se
montra tout ensemble paternel et juste ; dans le domaine politique, il ne
négligea rien pour faire oublier les abus de pouvoir de son prédécesseur. Il débuta
par ratifier le diplôme impérial du 19 février 1415, rendant aux Liégeois
l'ancienne charte d'Albert de Cuyck, la paix de Fexhe et les privilèges qui
leur tenaient tant au cœur. Il s'occupa en même temps de rétablir les
métiers, d'abord au nombre de XXIV, puis de XXXII ; il reconnut aux
corporations le droit d'élire leurs maîtres, jurés et gouverneurs, et de
relever leurs bannières ; en un mot, il replaça toutes choses en l'état où
elles étaient avant la bataille d'Othée. Ce règne si dignement inauguré eut,
hélas! une fin prompte et inopinée. Invité au château d'Alken, chez un de
ses feudataires, Jean y passa de vie à trépas le dimanche après l'Ascension
(1419), frappé d'un coup d'apoplexie (3). Il eut cependant le temps de faire
son testament ; mais les dispositions n'en furent pas respectées : les
charités et les largesses du prélat avaient obéré sa succession. Aucun
héritier ne se présentant, les meubles et les livres du défunt furent vendus
à vil prix, ce qui irrita si fort ses parents, que l'un d'eux, le marquis de
Bade, déclara la guerre aux Liégeois. On convint d'en référer à l'empereur
Sigismond. Par sentence du conseil aulique, Liège fut mis au ban de
l'empire ; mais le pape Martin V cassa ce jugement et l'affaire en resta là.
Jean de Walenrode fut
universellement regretté. Sa dépouille mortelle, transportée à Liège, reçut
la sépulture au pied du maître-autel de la cathédrale de Saint-Lambert.
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