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CHAPEAUVILLE
(Jean) ou DE CHAPEAUVILLE
, théologien et historien, fils de Guillaume et de Marguerite de Meers, de
bonne famille l'un et l'autre, naquit à Liége le 5 janvier 1551. Après avoir
achevé ses humanités dans sa ville natale, il se rendit à l'Université de
Cologne, où il étudia la philosophie. Son père le destinait à la carrière du
droit, mais le jeune Chapeauville, qui avait la vocation de l'état
ecclésiastique, obtint la permission d'aller étudier la théologie à
l'Université de Louvain, d'où il revint à Liégé après sept ans, avec le
grade de licencié. Le cardinal Gérard de Groesbeck, prince-évêque de Liége,
le nomma examinateur synodal en 1578. L'année suivante, Chapeauville obtint
la cure de Saint-Michel et un canonicat de l'église Saint-Pierre. Pendant
les dix ans environ qu'il fut curé, il montra un grand zèle à instruire ses
paroissiens et se distingua par ses prédications. Lors de la peste qui sévit
à Liège en 1531, il se dévoua noblement au service des malades et ensevelit
lui-même, la nuit, les gens pauvres et abandonnés qui mouraient de
l'épidémie. Les devoirs pastoraux, qu'il remplissait si bien, ne suffisaient
pas encore à son activité ; il enseignait la théologie dans plusieurs des
principaux monastères de la ville, avec tant de distinction, qu'il attirait
un grand concours d'auditeurs, parmi lesquels on remarquait beaucoup de
laïques.
A peine Ernest de Bavière avait-il
succédé à Gérard de Groesbeck que, voulant s'opposer à l'hérésie qui
menaçait d'envahir sa principauté, il donna en 1582, à Chapeauville, les
fonctions d'inquisiteur de la foi. Celui-ci s'acquitta
avec tant de zèle de ces redoutables fonctions, qu'en 1587, le pape Sixte
Quint, pour le récompenser de ses services, le pourvut d'un canonicat de 1a
cathédrale de Liège, avec les
attributions de grand pénitencier. Chapeauville contribua beaucoup par ses
soins à l'érection du séminaire épiscopal qui eut lieu à Liége, en 1592. Il
portait à cet établissement tant d'intérêt que, malgré ses nombreuses
occupations, il y venait fréquemment prêcher et instruire les élèves.
En 1598, Ernest de
Bavière le choisit pour son vicaire général et le nomma ensuite archidiacre
de Famène. L'année suivante, les chanoines de Saint-Pierre, ses anciens
confrères, l'élurent prévôt de leur chapitre, à la place de Gilles Oranus
qui venait de mourir. Lorsqu'en 1612, Ferdinand de Bavière succéda à sou
oncle dans l'évêché de Liége, Chapeauville voulut se démettre de sa dignité
de grand-vicaire ; mais il céda aux sollicitations du prince, qui lui assura
que ni lui ni l'église de Liège ne pouvaient se passer de ses services.
Chapeauville
succomba le 5 mai 1617, des suites d'un ulcère à l'estomac, qui lui fit
endurer les plus cruelles souffrances pendant les derniers mois de son
existence. Il les supporta avec une grande douceur et toute la résignation
du véritable chrétien. Il fut inhumé dans la chapelle dédiée à la Vierge que
lui-même avait fondée dans l'église de Sainte-Gertrude.
Chapeauville
joignait à un grand savoir, une grande modestie et une charité inépuisable.
Homme grave et très laborieux, s'il se montrait parfois sévère envers les
autres, il l'était toujours envers lui-même. Il passait pour l'un des
meilleurs théologiens de son siècle et, en effet, ses ouvrages de théologie,
aujourd'hui oubliés pour 1a plupart, jouirent d'une grande faveur et furent
appréciés au loin, comme on le voit par les nombreuses éditions qui en
furent faites en Allemagne, en Belgique et en Italie. Mais l'ouvrage qui lui
fait, le plus d'honneur et qui est encore sans cesse consulté de nos jours,
c'est celui qu'il publia sur les annales de sa patrie. Il conçut l'idée
heureuse de réunir les principaux matériaux de l'histoire de Liège qui
étaient à sa connaissance et de les publier avec une continuation jusqu'à
son époque. Par cette continuation, qui s'étend du règne d'Érard de la Marck
à l'année 1613, l'oeuvre de Chapeauville devient une source historique
précieuse, et les critiques plus ou moins fondées que l'on en a faites n'ont
rien ôté au mérite de ce grand travail. Malgré ses nombreuses et importantes
fonctions et ses occultations multipliées, Chapeauville a beaucoup écrit.
Voici la nomenclature sommaire de ses publications :
-- l° Tractatus de necessitate
et modo administrandi sacramenta tempore pestis. Leodii, 1586, in-8° Ce
traité a été réimprimé à Mayence en 1612, in-8°, à Cologne, 1625, in-8°, à
Louvain, 1637, in-12, et à Salzbourg en 1681, in-12.
-- 2° Petit traité des vices et des vertus, desquels est faicte
mention ès évangiles. Liège, Chr. Ouwerx, 1594, in-4°, réimprimé l'année
suivante avec l'ouvrage suivant.
-- 3° Abrégé de la somme des péchez M. J. Benedicti, enrichi d'un petit
traité des vices et vertus. Liège, Chr. Ouwerx, 1595, in-4° de 22 ff.
prélim. 442 pp. 8 ff. de table. L'ouvrage de Benedicti a reçu différentes
modifications de Chapeauville, l'éditeur, suivant l'avis au lecteur.
-- 4° De casibus reservatis, in duas partes distributus. Leodii, apud
Jacob Gregorii (Chr. Ouwerx) sans date, in-8° de 116 ff., 419 pp. et 6
ff. La préface est datée du 22 mai 1596. Cet ouvrage a été souvent réimprimé
à Liège ; il l'a été aussi à Milan en 1600. in-12,
-- 5° Catechismi Romani elucidatio scholastica. Leodii, H. Hovius,
1600, in-8° de 758 pp. sans les liminaires et l'index. - Ouvrage réimprimé
plusieurs fois, entre autres à Bresse en 1601, in-8°, et à Liège, Arn. de
Corswarem, 1603, in-8°.
-- 6° Historia admirandarum Curationum, ope deprecationeque Dici Perpetui
Leodiensis episcopi et confessoris, ad ejus sacras reliquias Dionanti,
anno 1599 et aliquot superioribus contingerunt. Adjecta est vita D. Perpetui,
cum descriptione urbis Dionantensis. Leodii, H. Hovius, 1601, in-4°, en
deux parties. - Ce livre parut en français la même année, chez le même
imprimeur, in-4°. Il fut composé à la demande du prince-évêque Ernest de
Bavière.
-- 7° Summa Catechismi Romani, in gratia ordinandorum catechistarum et
parochium dioecesis Leodiensis edita. Leodii,
A. de Corswarem, 1605 in-12, divisé en quatre parties, plus une Epistola
ad catechistas. Cc livre a été très souvent réimprimé, même après la
mort de l'auteur. Il en existe une traduction flamande par Henri Duyfkens,
prêtre de Hasselt, à Liége, Corswarem, 1609.
-- 8° Epistola ad catechistas, de taedio quod catechistis obreperesolet,
ejusdemque remediis. Leodii, Chr. Ouwerx, 1605, in-12 de 28 ff.
Réimprimé plusieurs fois, entre autres Liège, 1613, in-12, de 68 pp. et 2 ff.
-- 9° Catechista, sive brevis tractatus de necessitate et modo
administrandi doctrinam Christianam. Lcodii, A. de Corswarem, 1608,
in-8° de 3 ff.. 407 pp., 46 ff.
-- 10° Tractatus historicus primae originis festivitatis sacratissimi
corporis et sanguinis Christi, ex vera, testataque revelatione divinitus
factae S. V. Julianae. Ce traité a été inséré à la fin du tome II du
recueil historique de Chapeauville ; mais il est probable qu'il en avait
déjà paru une édition, séparément. Abry assure qu'il fut, écrit et publié
d'abord en français. Il en existe encore
une édition in-8°, sans lieu d'impression ni date, mais avec des
approbations de 1662
-- 11° Qui Gesta pontificum Tungrensium, Trajectensium et Leodensium
scripserunt auctores praecipui, ad seriem rerum et temporum collocati ac in
tomos distincti, nunc primum, studio et industria R. D. Joannis Chapeavilli
canonici et vicarii Leodiensis, typis excusi et annotationibus illustrati.
Lcodii, Chr. Ouwerx junior, 1612, 1613 et 1616, 3 vol. in-4°. Le premier
volume de 1612 a 28 ff. lim. 434 et 52 pp., plus 36 ff. Le tome II, de 1613,
a 34 ff. lim., 658 pp. et 25 ff. Le tome III, de 1616, 16 ff. lin.,
6S0 pp. et 31 ff. Cet ouvrage, fruit d'immenses recherches, est dédié à
Ferdinand de Bavière, prince-évêque de Liége. C'est le travail le
plus considérable que les presses liégeoises aient fourni jusqu'alors.
Un an après la mort de l'auteur, 1'imprimeur ajouta aux exemplaires qui lui
restaient, de nouveaux titres, avec la date de 1618, le beau portrait de
Chapeauville, par Jean Valdor qui nous a conservé ses traits énergiques, et
sa vie, par un anonyme.
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