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VILLENFAGNE D'INGIHOUL (Hilarion-Noël,
baron DE), chanoine, homme politique et historien liégeois, né à Hordenne
lez-Dinant le 14 juin 1753, décédé à Liège le 23 janvier 1826. Il est le
fils de Jean-Ignace de Villenfagne de Vogelsanck, chambellan du prince de
Liège, et de M.-L.-B.-J. de Libert de Flémalle. Il compte parmi ses ancêtres
le jurisconsulte Louvrex.
Il
complète à Reims une formation intellectuelle peu commune chez les
gentilshommes relativement ignares de cette époque.
De retour
au pays (1776), il entre dans la cléricature dans un but intéressé. Chanoine
à la collégiale de Tongres, puis coadjuteur à celle de Saint-Denis à Liège,
il dispose de deux prébendes qui lui assurent la douce quiétude nécessaire à
la méditation et à la production littéraire. Ces honneurs ne lui ont pas
interdit ni le mariage ni les joies familiales, ternies par la mort
prématurée d'une jeune épouse, mère de trois enfants.
La
politique, qu'il envisage en conservateur, lui confère la charge de
bourgmestre de Liège en 1791. Deux de ses frères ont également rempli cette
fonction : Léopold -Albert -Ignace en 1788 et Jean-Dieudonné-Philibert en
1793. Il fit partie du conseil privé du prince-évêque Hoensbroech et fut
député de l'ordre équestre aux États de la principauté. Dans le domaine des
lettres, il cueillit de beaux succès académiques, qui devaient le consoler
de l'indifférence du public pour la plupart de ses travaux érudits,
paraissant en un temps de renouveau social. Dès 1781, il est reçu membre de
la Société d'Émulation, fondée et inaugurée solennellement le 2 juin 1779
par le prince-évêque Velbruck, promoteur de la culture scientifique et
artistique dans la principauté de Liège. Villenfagne, bastion de l'ancien
régime, prit une part active aux travaux de cette
« Académie
» propagatrice des
idées nouvelles. En 1784, il est proclamé lauréat du concours annuel,
organisé par l'Émulation. Le travail couronné, s'intitulant Essai sur la
vie de Notger, répondait à une question posée par Velbruck lui-même,
désireux d'assurer l'éloge de ses prédécesseurs. L'œuvre principale de
Villenfagne, Recherches sur l'histoire de la ci-devant principauté de
Liège, obtint, en 1812, la médaille d'or de cette même institution. Le
28 mai 1816, Villenfagne est créé membre de la deuxième classe de l'Institut
royal d'Amsterdam. La même année, le 3 juillet, il entre à l'Académie royale
de Bruxelles. Ajoutons qu'il fut curateur de l'Université de Liège.
L'œuvre de
Villenfagne est multiple, -- nous ne pouvons songer à l'énumérer ici, --
abondante et d'inégale valeur. Comme
historien, Villenfagne est parfois victime de ses conceptions politiques,
qui lui ont du reste valu un exil momentané lors de la conquête française.
Ainsi, il base ses Recherches historiques sur l'ordre équestre de la
principauté de Liége sur d'excellents matériaux, puisés dans les
archives de l'État-Tiers, qu'il consulte librement en qualité de
bourgmestre, et dans les papiers de l'ordre équestre communiqués par
Hoensbroech ; l'animosité des passions contemporaines le fait
malheureusement verser fréquemment dans le pamphlet. Dans d'autres travaux,
tel l'Éclaircissement sur Raes de
Dammartin, il s'est manifestement
trompé. Les erreurs de Villenfagne sont nombreuses, ses mérites, immenses.
Il est le pionnier de l'étude moderne de l'histoire liégeoise. II s'est
attaché à l'analyse de maintes institutions de la ville et de la principauté
de Liège ; l'histoire de l'art et de la littérature l'a également préoccupé
; il a consacré de belles études à la vie artistique de la Cité ardente.
Pour donner un faible aperçu de la diversité
de Villenfagne, signalons que dans l'Histoire de Spa le lecteur
trouvera, entre autres, une dissertation sur les eaux de Spa, une notice sur
deux astrologues et enfin l'analyse de Li voegge di Chofontaine, opéra wallon du XVIIIe siècle, immortalisé par le talent musical de
Jean-Noël Hamal.
Il ne faut toutefois pas en conclure que
Villenfagne soit un esprit sans suite ; son œuvre maîtresse, que nous avons
déjà citée, quoique composée de diverses dissertations, répond à un plan
bien ordonné.
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X. de Theux, Nouveaux mélanges historiques
et littéraires, œuvres inédites du Baron H.-N. de Villenfagne d'Ingihoul (Liège, 1878). -- De Chênedollé, Notice sur M. le Baron de
Villenfagne, dans l'Annuaire de l'Académie royale de Bruxelles,
1837. -- De Theux, op. cit., et dans les Biographies de Michaud,
Becdelièvre, Delvenne, etc. (tiré à part Desoer), in-8°, 20 p. --
F. Hénaux, Essai sur la vie et les ouvrages du baron de Villenfagne
dans Messager des Sciences (Gand, 1838, et in-8°, 28 p. -- H. Helbig, A propos du cinquantième anniversaire de la mort de Villenfagne dans Bulletin de l'Institut archéologique liégeois,
t.
XII, 1876 et in 8°, 6 p. -- G. de Froidcourt, Velbruck
(Liège, 1936). |