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Etienne-Constantin de
Gerlache
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Etienne-Constantin de Gerlache |
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R. Demoulin,
Biographie nationale T.XXXII, pp.
217 et suiv.
publiée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-arts de
Belgique,
Bruxelles, 1897. |
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GERLACHE (Etienne-Constantin, baron
DE), homme politique, magistrat, historien, né à Biourge (commune d'Orgeo,
province de Luxembourg), le 26 décembre 1785, mort à Ixelles le 10
février 1871.
Il était le douzième enfant de François de Gerlache et de Marguerite
de Groulart, cousins germains. Son père, écuyer, seigneur de Gomery,
était propriétaire des forges de Waillimont.
En 1791, son
père meurt ; il passe les années troublées de la fin du XVIIIe siècle
au château familial, sauf quinze mois à Ethe où le curé Théodore-Henri
Welter a été chargé de son éducation, dans des circonstances
difficiles (du 6 juillet 1797 au début de l'automne 1798). A partir
d'avril 1801 l'abbé Lhommel, curé de Rossignol, lui enseigne le latin
et l'histoire. En 1804, il a dix-huit ans, il part pour Paris où il
entreprend des études de droit. Élève de l'Académie de législation
puis de l'École de Droit, il est licencié en 1806 et s'inscrit au
barreau de Paris. Le 15 novembre 1811 il est nommé avocat à la Cour de
cassation et au Conseil des prises. Il eut l'occasion et le courage
de défendre un Luxembourgeois, J.-J. Jullien, impliqué dans la
conspiration du général Malet. Pour combler ses loisirs, il publia en
automne 1812 une traduction, du Catilina de Salluste qui fut
sévèrement critiquée.
Le 6 octobre 1813, il épousa
à Paris, Anne-Catherine Busschmann, fille d'un industriel de St-Vith.
En 1818, il quitte Paris pour Liège.
Ainsi il a passé quatorze
années dans la capitale française, des années décisives pour sa
formation. Il est arrivé à Paris à la veille du couronnement de
l'Empereur ; il quitte cette ville à trente-quatre ans, trois ans après Waterloo.
A Liège, il fréquente
assidûment la Société libre d'Émulation, il participe aux travaux du
Comité de littérature et des beaux-arts. A la séance publique du 12
juin 1821, il y donna lecture de l'exorde et de fragments de son
Essai sur Grétry, qu'il a connu à Paris. Cet Essai paraîtra dans
le Procès-verbal de la séance publique, 1821, p. 109-189.
N'étant pas musicien, Gerlache prend la sage précaution de prévenir le
lecteur qu' « il dit ce qu'il sent et ce qu'il croit, plutôt que
ce qu'il sait ». Il sera d'ailleurs chargé, en août 1828, de se rendre
à Paris avec É. de Sauvage pour y rechercher le cœur du célèbre
compositeur. Avocat et homme de lettres, il fut appelé en 1822 aux
fonctions de secrétaire général de l'Émulation, mais il céda vite
cette place à Charles-Auguste de Chênedollé.
Apprécié par les Liégeois, il fut le 6
novembre 1821 installé au Conseil de Régence, ayant été élu le 3
octobre par le collège électoral qui comptait 30 membres. En 1823, il
fut envoyé aux États provinciaux par la ville de Liège (corps des
Villes). Il avait gagné la sympathie de Brandès, le greffier
provincial, et cela contribua sans doute à sa nomination à vie de
membre du Conseil de Régence par le roi Guillaume, le 17 février 1824,
lors de la transformation des Régences. Candidat officiel, il fut en
juillet 1824 élu membre des États généraux, 43 membres des États provinciaux sur 61 lui ayant accordé leur suffrage. Il avait
trente-neuf ans. Il continue à jouir de l'appui ministériel : en 1825
il est nommé conseiller à la Cour supérieure de justice de Liège et
membre de la Commission d'inspection de l'enseignement public. Il
avait obtenu la 22e place lors du renouvellement total du collège
électoral communal liégeois, en septembre 1825. Deux ans plus tard,
il sera réélu à la 6e place. Dans l'intervalle, Gerlache avait pris
une attitude beaucoup plus ferme à l'égard du pouvoir. Dès 1822
d'ailleurs, dans des notes jointes à son rapport de secrétaire
général de la Société libre d'Émulation, il avait pris la défense de
la langue française. Ces réflexions de Gerlache n'ont jamais été
jusqu'ici mises en évidence. Elles étaient audacieuses pour l'époque,
dans le chef d'un ministériel. « Lorsqu'il y a concurrence entre
plusieurs langues également perfectionnées dans un même
pays, nous osons croire qu'il faut permettre à chacun de se
servir de celle qu'il connaît le mieux, car c'est toujours sa
langue nationale. Dans un État où l'on accorde toute
liberté à l'industrie, mais où l'on refuse de l'appuyer par des
prohibitions, même à l'égard des étrangers, il ne peut y avoir de
privilèges entre les différents idiomes que parlent les divers
sujets d'un même prince. Cette question d'ailleurs, si c'en est
une, n'est-elle pas hors du domaine de l'autorité ? Chacun sent
que la parole doit être libre comme la pensée dont elle est
l'image. C'est par décrets du génie, et non par décret du
souverain, que doit pré valoir une langue sur une autre... ».
(Procès-verbal de la séance publique du 23 décembre 1822...,
Liège, 1823, p. 73). Dès janvier 1825 aussi, dans son Introduction aux
« Souvenirs historiques du pays et de la principauté de Liège »,
Procès-verbal de la séance publique de la Société libre d'Émulation
... du 29 janvier 1825, il avait insisté sur les libertés
dont avaient joui les Liégeois à travers les siècles dans une
principauté épiscopale et il y trouvait une « preuve nouvelle de
l'alliance possible de la liberté et de la religion, de ces deux
grands intérêts de l'humanité, qu'une philosophie systématique et
fausse cherche le plus souvent à mettre» en contradiction » (p.
191).
Les arrêtés
du 14 juin 1825 sur l'enseignement trahissent à ses yeux une volonté
de domination inadmissible. Avec beaucoup d'indépendance, il prononce
aux États généraux, le 13 décembre 1825, un discours qui eut du
retentissement. Catholique de religion, il n'aime pas alors l'ultra-montanisme,
pas plus que les tendances au monopole d'un État calviniste. Il défend
la liberté d'instruction qu'il unit étroitement aux libertés de la
presse, de l'industrie et du commerce. Il prend ainsi la tête de
l'opposition catholique. Songe-t-il à ce moment à la formation d'une
union des oppositions ? La composition même de la représentation
libérale aux États généraux rendait la tentative fort hasardeuse. Les
parlementaires libéraux aussi bien persistent dans leur
anticléricalisme. En dehors des États généraux, la prise de position
de Gerlache déconcerta les jeunes libéraux du Mathieu Laensberg.
Mais la semence était jetée.
Ce seront
cependant les jeunes doctrinaires qui relanceront l'idées de l'union
au printemps de 1827, mais il faudra les réactions des calvinistes et
des voltairiens à la signature du Concordat pour que Gerlache reprenne
son argumentation de décembre 1825. Il défend à nouveau, le 18
décembre, la liberté d'instruction et de la presse, « palladium de
toutes les libertés ».
Le
rapprochement se précise, à Liège, dans les premiers mois de 1828.
Comme l'a écrit Gerlache dans son Histoire du Royaume des Pays-Bas,
« Les catholiques et les libéraux reconnaissent qu'ils ont
été dupes d'une politique artificieuse, également funeste à tous ; que
si chacun a ses griefs particuliers, il en est de communs sur
lesquels on peut s'entendre ».
Aux élections
du 12 juillet 1828, Gerlache est réélu député aux Étals généraux au
premier tour par 35 voix sur 61. « L'intrigue a été forcée de céder ce
candidat à l'opinion publique »,
écrit Ch. Rogier dans le Mathieu Laensberg du 13. « Jamais
événement de notre politique nationale ne fit une telle
impression sur les esprits à Liège. Dans les réunions, dans les cafés,
sur les places publiques, partout on s'exprimait avec chaleur
sur les élections et partout dans le même sens », écrivit Devaux dans
le Mathieu Laensberg des 14 et 15 juillet 1828.
Aux États
généraux, Gerlache mène une lutte vigoureuse contre 1e gouvernement.
Le 27 octobre 1828, au comité général sur le projet d'adresse, il
présente une note remarquable, défendant la pétition des États
provinciaux de Liège, réclamant l'abolition de la mouture et le
rétablissement du jury. On y trouve des formules frappantes comme
celle-ci « Autrefois il était de principe que les gouvernements
devaient mener les peuples, aujourd'hui le contraire est presque passé
en proverbe ».
Il réclame la
séparation des trois pouvoirs, la responsabilité ministérielle,
revendique avec insistance la liberté de l'instruction, terminant sa
note par ces phrases : « La liberté de l'instruction, celle de la
presse, la liberté civile et religieuse sont pour nous des questions
de vie ou de mort. N'oublions pas qu'intimement unies entre elles,
nous ne pouvons en perdre une seule sans les perdre toutes ».
Le 28
novembre 1828, il présente le principe de la responsabilité
ministérielle. « Il m'est impossible de concevoir la monarchie
tempérée sans la distinction des pouvoirs ; de concevoir un
roi inviolable sans un ministre responsable ». Reprenant les
théories de Benjamin Constant et de Chateaubriand, dans la
Monarchie selon la Charte, il propose la théorie des quatre
pouvoirs : le pouvoir royal modérateur, qui ne se délègue
point, et le pouvoir ministériel, qui se délègue
nécessairement, le pouvoir législatif et le pouvoir
judiciaire.
Le 3 décembre
1828, dans une réplique vigoureuse à Van Maanen, ministre de la
Justice, il revient sur ce thème difficile, citant encore abondamment
Benjamin Constant et un discours de Dotrenge remontant à 1816.
Gerlache
alors voulait que le pays marchât à la tête des nations progressistes.
« La loi fondamentale n'est pas seulement le produit de l'ancienne
civilisation des Provinces Unies (vers laquelle on tend toujours à
nous ramener), ni même la civilisation moderne des Pays-Bas : c'est
le
fruit de la civilisation européenne. Et prétendre que la
carrière des améliorations est à jamais fermée pour nous, quelques
progrès que puissent faire nos voisins, cela me paraît désespérant. Ce
n'est pas, je le répète, en marchant à part, ni en rétrogradant,
que notre nation peut devenir puissante et forte; c'est en
précédant toutes les autres, aussi bien dans l'ordre politique et
moral que dans l'ordre matériel ».
L'opposition
se renforce et dresse l'un contre l'autre le Midi et le Nord, Belges
et Hollandais. Les pétitions se multiplient. A Liège, en avril 1829,
une association constitutionnelle est formée, Gerlache en fait
évidemment partie.
Après le
message royal du 11 décembre 1829, la tension croît entre le pouvoir
et l'opposition parlementaire. Gerlache, le 18 décembre 1829, lors de
la discussion sur le budget décennal, mena une attaque serrée. Le
récent projet de loi sur l'instruction publique est d'abord l'objet de
ses flèches, puis il s'attache à défendre la liberté linguistique. «
Je suppose que nos collègues du nord croient avoir l'avantage de
descendre en droiture de quelque colonie de Francs ou de Teutons,
vainqueurs des Romains, tandis que nos ancêtres, à nous,
leur paraissent provenir des Gaulois ou des Romains vaincus.
Mais où sont les titres de leur victoire et de notre vasselage ? » En
refusant droit de bourgeoisie à la langue française, on fera « deux
nations d'un peuple » destiné à n'en former qu'une ».
Gerlache
présente les autres griefs, «
l'incroyable partialité dans la
répartition des emplois publics »,
la fixation dans le Nord des grands établissements d'administration.
La gravité de la situation est telle que Gerlache exprime la crainte
d'une révolution.
Le député de Liège avait
défendu les pétitionnaires, ceux de la première vague en mars 1829,
ceux de la seconde en mars 1830. C'est encore la responsabilité
ministérielle « qui n'est point dans la lettre de notre constitution
mais dans son esprit »
qu'il réclame avec le plus d'insistance, face surtout aux principes
autoritaires formulés par le message royal.
Gerlache définit la
Loi fondamentale « une loi au-dessus de toutes les lois, un pouvoir
au-dessus de tous les pouvoirs, un contrat synallagmatique entre le
prince et la nation représentée par les États Généraux, contrat en
vertu duquel ceux-ci le reçoivent et l'inaugurent roi des Pays-Bas ».
« Un combat à mort
s'est engagé entre l'opinion publique et ceux qui veulent exercer le
monopole du pouvoir et des doctrines, interpréter arbitrairement la
constitution et gouverner sans contrôle », ainsi terminait-il son
discours sur les pétitions le 11 mars 1830.
En mai, c'est
la pétition des Liégeois contre le nouveau projet de loi sur la presse
qu'il défend, et quelques jours plus tard c'est à ce projet même qu'il
s'attaque avec un brio étincelant.
Il se
prononce d'abord avec netteté en faveur de la liberté de la presse, «
essence de tous les gouvernements constitutionnels », « condition
d'existence pour notre État »,
après avoir rappelé « les hésitations de quelques hommes plus attachés
aux préjugés de leurs pères, qu'éclairés sur les besoins des nations
modernes », hésitants en 1815 lors de la rédaction de la loi
fondamentale à insérer un article en faveur de la presse.
Il affirme
que la volonté de contrainte du gouvernement se brisera sur la
puissance de l'opinion, qu'après le monopole de l'instruction et de la
presse, il faudra la censure des livres, l'interdiction des livres et
des journaux de l'étranger, « car il y a aujourd'hui solidarité de
liberté entre trois ou quatre grandes nations constitutionnelles »
[nous soulignons], finalement la fermeture des Universités.
Sa péroraison
provoqua une vive sensation. Après avoir déclaré que la loi
fondamentale fut pour les Belges ce que fut pour les Anglais la
convention de 1688, il cita le texte suivant :
« Si le pouvoir du prince
est supérieur à celui des citoyens, l'autorité du souverain est
subordonnée à celle de la multitude : lorsque le chef ne cherche que
ses avantages particuliers sans s'embarrasser du bien public, le
jugement et la vindicte appartiennent au peuple dont il tient sa
puissance et que sa conduite remet dans ses droits. L'autorité suprême
réside dans la généralité ; on ne peut le disputer sans traiter en
même temps d'usurpateurs la plus grande partie des monarchies de
l'Europe. Un roi ne tire son droit que du consentement unanime
de la nation qui, par conséquent, peut l'ôter à celui qui s'en
rend indigne. Les Belges sont plus particulièrement fondés dans ces
prétentions que d'autres peuples, ayant pris la précaution de
faire reconnaître ce droit par le serment que leur comte prête à
son installation ».
« De qui est la pièce que je viens de vous citer, Messieurs ? Elle est
du fondateur de la liberté en Hollande, de l'un des ancêtres du
fondateur de la liberté en Angleterre en 1688 ; d'un prince de la même
famille et du même nom que le fondateur de la liberté en Belgique en
1815 : de Guillaume le Taciturne, enfin... ».
Ce fut la
dernière fois que Gerlache prit la parole aux États généraux avant les
événements révolutionnaires. Il exerçait un grand ascendant sur
l'opposition unioniste et sa popularité grandissait.
En janvier 1830, le directeur de la police à
Bruxelles adressait à Van Maanen une « chanson infâme » attribuée à de
Potter : |
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Combien d'indignes mandataires
Séduits par l'or et les rubans
Trahissent les droits de leur frères
Et sans pudeur quittent nos rangs !
Avilissant leur noble tâche
On marchande leur oui, leur non ;
Et ça siège près d'un Gerlache !
Faut-il que les Belges soient cornichons ! |
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Mais viennent
les jours de colère populaire, le juriste, soucieux du respect de la
légalité, se heurtera aux exaltés. Il fit partie de la Commission de
sûreté formée le 27 août 1830 par le gouverneur de la province, Sandberg, mais celle-ci, divisée et « débordée de toute part
», décida de se dissoudre le 3 septembre à 8 heures du matin. Gerlache,
le 4, se rendit avec le bourgmestre et Raikem auprès du général van
Boecop pour éviter l'intervention de l'armée au cas où les canons de
la caserne des Écoliers seraient emmenés hors-ville. Le 5 au soir, il
quitta Liège pour Bruxelles, où s'étaient rassemblés nombre de députés
belges aux États généraux. Réunis chez le baron de Sécus, le 6
septembre, les députés présents à Bruxelles discutèrent pour savoir
s'ils iraient à La Haye le 13 septembre, date d'ouverture de la
session extraordinaire convoquée par le Roi. Gerlache soutint qu'il
fallait aller défendre à La Haye la séparation par les voies légales.
En fin de réunion, Gendebien et Van de Weyer se mêlèrent à la
discussion et s'opposèrent à cette solution. La profonde inimitié qui
opposa Gendebien et Gerlache au long de leur carrière y trouva certes
une de ses origines, outre l'incompatibilité d'humeur et les
divergences fondamentales d'opinion qui séparaient ces deux hommes. Il
fut entendu que les députés se rendraient le lendemain, à 10 heures, à
l'hôtel de ville, pour manifester leur communauté de vues avec le
Conseil de la Garde bourgeoise et éviter ainsi de briser l'unité du
mouvement.
A la réunion
du 7 septembre, Gerlache s'opposa à la constitution d'un gouvernement
provisoire, dépourvu de tout moyen d'action, et se heurta encore à
Gendebien. L'après-midi, en compagnie de plusieurs députés, Gerlache
se rendit à Vilvorde, au quartier général du prince Frédéric, à
l'effet d'obtenir qu'on ne publiât pas a Bruxelles la proclamation
royale du 5 septembre, dont ils craignaient les pires effets sur le
peuple puisqu'elle n'accordait pas la séparation. Les députés prièrent
le Prince de faire connaître à son père la demande de séparation
immédiate, sinon le drapeau français pourrait être déployé. La demande
relative à la proclamation était devenue sans objet puisque les
journaux hollandais et anversois en avaient donné connaissance à
Bruxelles alors que les députés se trouvaient à Vilvorde. Le 8, après
de nouveaux conciliabules, les députés, sous l'influence du marquis de
Trazegnies, décidèrent de se rendre tous à La Haye, et ceux qui
avaient songé à faire partie d'un gouvernement provisoire renoncèrent
à leur intention.
A La Haye,
l'accueil du Roi fut correct, celui du peuple le fut beaucoup moins.
Le 12 septembre au soir, Gerlache faillit être molesté. Le 21
septembre, lors de la discussion sur l'adresse, il met en évidence le
caractère international du mouvement révolutionnaire, « ... cette
fièvre de liberté qui agite la France, qui agite l'Allemagne, qui
agite la Belgique, placée entre elles deux, qui renverse ou qui menace
tous les trônes... », et il réclame la conciliation, car le recours à
la terreur pour briser le mouvement préparerait une réaction plus
terrible. Le 29, la session extraordinaire était close et Gerlache
reprit le chemin de Liège. Le 30, il apprit la victoire des insurgés
de Bruxelles sur l'armée royale en retraite...
Aussi lorsque le Roi l'invita par
son ministre de l'Intérieur à faire partie d'une commission chargée «
de proposer des changements à faire à la loi fondamentale », il refusa
(5 octobre 1830). Il déclina aussi l'invitation du prince d'Orange à
participer aux travaux d'une commission chargée de lui proposer des
«
mesures conciliatrices appropriées au besoin du temps et à la
situation du Pays ».
« M. de Gerlache ne s'est pas présenté à
Anvers, quelques-uns disent qu'il est allé à Bruxelles, d'autres
disent que cela n'est pas vrai », écrivait le 14 octobre 1830,
Nicolaï, membre des États généraux et premier président de la Cour
d'appel de Liège. C'est à Bruxelles qu'il s'était effectivement rendu,
répondant à l'invitation de Louis de Potier. Il refusa la première
présidence de la Cour d'appel de Liège, celle-là même que Nicolaï
venait de perdre, mais accepta de faire partie de la commission de
constitution dont la tâche était double : « s'occuper avant toute
chose du nouveau mode d'élection qui sera le plus populaire possible
» et «
présenter un projet de constitution destinée à devenir après l'examen
du Congrès national la loi fondamentale de la Belgique ». Le 9 octobre
Gerlache était à Bruxelles et dès ce moment il fit connaître sa
position au gouvernement provisoire. Il demanda à ses membres « quelle
serait la forme future du gouvernement : monarchie représentative ou
république ». « Quand il a vu que l'on penchait pour la dernière, il a
déclaré que dans ce cas, il n'avait rien à faire [dans cette
commission], que dans son âme et conscience il reconnaissait la
monarchie représentative comme la seule forme de gouvernement
admissible en Belgique, tant en considération du caractère du peuple
et de son état social, que par rapport aux relations de ce pays avec
les puissances européennes. Il a ajouté qu'il considérait la
Souveraineté future du prince d'Orange comme le seul moyen d'éviter
aux Belges des malheurs sans fin... Son opinion a fait une profonde
impression sur les membres du Gouvernement provisoire et du comité de
constitution » (Staedtler d'Arenberg, 9 octobre 1830, Buffin,
Documents, p. 254). Fait significatif, le député liégeois a une
claire vision de la puissance de la presse, il s'est cet effet rendu
au bureau du Courrier des Pays-Bas « pour représenter aux
rédacteurs la nécessité d'adopter des idées et des expressions plus
modérées » (ibid.).
La Commission tint sa première réunion le 12 octobre.
Gerlache fut choisi comme président et dès le premier jour, par huit
voix contre une, la majorité se prononça pour la monarchie. Cependant
Gerlache ne réussit pas à faire triompher l'hérédité du Sénat, la
pairie à vie proposée par la Commission fut transformée par le congrès
national en Sénat élu mais avec un cens d'éligibilité considérable. La
Commission fixa on quatre jours les bases de la Constitution et elle
s'ajourna le 16 après avoir chargé son secrétaire J.-B. Nothomb et
Paul Devaux de préparer un texte sur ces bases. Le 25, elle adopta ce
projet qui fut publié le 28 (cf. J.-B. Nothomb, Essai
historique, p. 98). Gerlache avait lutté contre le «
démocratisme des autres membres » et il regrettait que le gouvernement
provisoire ne trouvât pas encore ce projet assez républicain.
Député de
Liège aux États généraux, chef de l'opposition catholique, mais
unioniste, il était naturel qu'il recueillît de nombreux suffrages aux
élections pour le Congrès national, le 3 novembre 1830. Sur 1543
votants - il y avait 2130 inscrits - Gerlache obtint le plus de voix :
1482. C'était un remarquable succès. Aux élections communales du 31
octobre 1830, nouvelle preuve de son ascendant politique, il recueille
le plus de suffrages : il est élu conseiller de régence par 497 -voix
(1126 inscrits).
Le 11
novembre, le Congrès élut son bureau. Au premier tour de scrutin, sur
170 votants, il obtint 51 voix, le même nombre que Surlet de Chokier,
une de plus que Stassart. Au second tour, SurIet recueillit 63 voix,
Gerlache, 62, Stassart 43. Au scrutin de ballottage, Surlet l'emporta
par 106 voix à 61. Gerlache, qui « eût été élu s'il l'avait voulu »,
d'après François du Bus, fut du moins élu premier vice-président, par
12 voix.
Aux longs
débats du Congrès national, Gerlache prend part avec une belle
assiduité. Il a présidé la Commission de la Constitution, aussi est-il
écouté avec attention sinon toujours suivi par une assemblée qu'il ne
craint d'ailleurs pas de heurter. Le 24 novembre, lors de la fameuse
discussion sur l'exclusion des Nassau, il prononce un discours où il
fit preuve d'indépendance, votant contre la proposition d'exclusion à
perpétuité de la famille des Nassau (161 votèrent cette exclusion, 28
la repoussèrent).
Dans l'organisation des
pouvoirs, il est partisan d'un intermédiaire entre le trône et une
«
chambre toute populaire » ; convaincu « qu'il y aura toujours des gens
ennemis des innovations politiques et voulant garder leur position et
d'autres cherchant à changer la leur », « des espèces de whigs et de
tories, partisans les uns des bonnes vieilles lois du pays et les
autres faisant sonner bien haut les besoins du siècle et la nécessité
de marcher avec lui », il veut « organiser cette aristocratie et cette
démocratie ». Pour Gerlache « toute amélioration pour être durable,
doit être lente, sanctionnée par le temps et la contradiction »
; aussi souhaite-t-il une chambre héréditaire, mais, sachant qu'elle
n'a pas chance d'être acceptée, il réclame un Sénat à vie, à la
nomination du chef de l'État. Dans le même esprit, il se prononça pour
la suppression de l'article qui déclarait qu'il n'y aurait désormais
aucune distinction d'ordres dans l'État. Il s'est félicité de ce que
la Constitution garantisse les grandes libertés des cultes, de
l'enseignement, de la presse et d'association, assure l'indépendance
des tribunaux, le jury, proclame la responsabilité ministérielle. Dès
ce moment, Gerlache, qui prit une telle part à la préparation des
textes et aux débats publics, était-il convaincu que cette
Constitution, comme il l'écrivit plus tard dans son Histoire du
Royaume de Belgique (t. Ier, p. 294), « fut véritablement
une œuvre de réaction ; elle respire partout la haine du roi passé
et la peur du roi futur »? Cela paraît peu vraisemblable. Mais avec
les années, et l'expérience du nouveau régime,
Gerlache se montrait de plus en plus attiré par les forces de la
conservation.
Lors des discussions sur le choix d'un
Souverain, il vota pour le duc de Leuchtenberg. Il manifesta avec
vigueur son opposition irréductible à la réunion à la France,
directement ou indirectement. « Si nous voulons être stigmatisés aux
yeux de l'Europe entière, réunissons-nous à la France. Quoi ! vous
avez secoué le joug de la Hollande, parce qu'elle voulait vous
imposer sa langue, ses usages, sa religion, ses hommes, parce qu'elle
voulait détruire votre nationalité, et vous allez vous confondre
avec un peuple qui vous engloutira tout entier »?
Surlet de Chokier élu Régent, Gerlache
fut appelé à la présidence du Congrès national, le 25 février 1831,
par 122 voix sur 130 votants.
Deux jours plus tard, devant les critiques
des catholiques qui s'étonnaient de voir le ministère ne compter que
des libéraux (J. Vande Weyer aux Affaires étrangères, Tielemans à
l'Intérieur, A. Gendebien à la Justice,Ch. de Brouckère aux Finances
et Goblet à la Guerre), Surlet fit de Gerlache le président du
conseil, mais sans portefeuille, sans traitement ni voix
délibérative. Cependant cette nomination provoqua des remous et
Gerlache préféra, le 7 mars, abandonner ses fonctions de président du
Conseil. La lettre de démission envoyée à Surlet est importante pour
l'histoire de la formation des gouvernements en Belgique et plus
particulièrement pour l'histoire de l'Unionisme (cf. le texte de cette
lettre, Th. Juste, Le Régent, p. 107-109, et la réponse du
Régent, Gerlache, Histoire du Royaume de Belgique, t. III, p.
294-295). Malgré les efforts de Surlet pour retenir Gerlache, ce
dernier persista dans son attitude, et le Conseil des ministres, le
15, accepta sur sa demande itérative la démission du baron de Gerlache
(procès-verbal dans Garsou, A. Gendebien, p. 98).
Le 29 mars,
le Congrès national confirma Gerlache dans ses fonctions de président
par 65 voix sur 101 votants. Le 18 mai, Gerlache préside à la
réouverture des travaux du Congrès, suspendus indéfiniment le 14
avril, et il fut appelé à nouveau au fauteuil présidentiel, par 86
voix sur 142.
A Gerlache
échut évidemment l'honneur de présider la délégation chargée de porter
au prince Léopold de Saxe-Cobourg le décret l'élisant roi des Belges.
Le 10 juin, la députation fut reçue pour la première fois par le
Prince. Les entretiens se poursuivirent plusieurs jours et le « froid
Gerlache lui-même fut séduit » par Léopold. Le 26 juin, le projet de
traité des XVIII articles entre la Belgique et la Hollande étant
arrêté par la Conférence, Léopold reçut entre neuf et dix heures du
soir la députation et Gerlache lut au prince le décret du 11 juin. La
réponse nuancée de Léopold à Gerlache, celle plus précise dans sa
lettre à SurIet de Chokier, où il fait de l'adoption par le Congrès
des XVIII articles, la condition de son acceptation, donnaient aux
débats qui allaient s'ouvrir le 1er juillet sur cette
question capitale, une importance décisive pour les destinées du
nouvel État.
Gerlache présida ces
assises animées et réussit à les maintenir dans la dignité, malgré des
interventions des tribunes, d'où partaient des protestations contre
l'abandon des « frères » limbourgeois et luxembourgeois. Le 9 juillet,
les XVIII Articles étaient approuvés et le 21 juillet Gerlache était
à la gauche de Léopold Ier lors de la cérémonie de prestation de
serment, à la place Royale. Après la cérémonie, les membres du Congrès
se réunirent une dernière fois et Gerlache, en leur adressant ses
adieux, indiqua bien nettement quel rôle il souhaitait voir jouer par
le Roi : « Vous aviez décrété la monarchie constitutionnelle ; mais le monarque vous
manquait. Le pouvoir central, le pouvoir actif, le pouvoir fort
qui tient tous les autres en équilibre et leur donne
l'impulsion, était absent... ».
Les premières élections
législatives eurent lieu dans des circonstances difficiles ; le pays
sortait à peine de la terrible secousse de la Campagne des Dix Jours.
Liège devait élire quatre députés, quinze candidats étaient en lutte.
Il manqua deux voix à Gerlache au premier tour de scrutin ; il fut élu
au second tour par 335 voix sur 622 votants (1.604 inscrits).
L'évolution de l'opinion depuis novembre 1830 était significative.
Le 8 septembre s'ouvrait la première séance de la Chambre des
représentants ; le 10, l'Assemblée appelait Gerlache à sa présidence,
au troisième tour de scrutin, par 31 voix contre 29 à Destouvelles.
Cependant Gerlache, au cours de l'été
1832, prit la grave décision de renoncer à la politique et de se consacrer à la magistrature. Fut-ce sous l'effet des attaques
brutales dont il fut l'objet de la part d'Alexandre Gendebien ou pour
des raisons plus profondes? Nul ne pourra trancher cette question. Il
semble cependant que la publication de l'encyclique Mirari Vos
l'impressionna vivement. Désormais cet homme qui, en 1825 aux États
généraux, avait montré aux jésuites peu de sympathie, lui qui avait
défendu avec fermeté les libertés publiques, est ébranlé par la
condamnation solennelle des libertés de conscience et de la presse par
le pape Grégoire XVI. Le 4 octobre 1832 il est nommé premier président
de la Cour de cassation et il prononcera le discours d'inauguration de
la Cour le 15 octobre. Il avait une haute conscience de la mission de
cette institution, « tribunal élevé au-dessus de tous les tribunaux
», chargée de maintenir l'uniformité de la jurisprudence, de faire
respecter les lois. « Ainsi non seulement vous êtes affranchis de
toute dépendance extérieure, mais vous exercez un droit
de censure légitime sur les actes du pouvoir le plus porté
jusqu'ici à l'envahissement », ainsi s'adressait-il à ses
collègues en cette séance solennelle.
Pendant
trente-cinq ans il exercera cette haute fonction et l'on peut se
demander si le souci d'occuper la tête du troisième pouvoir de l'État,
poste permanent qui n'était pas soumis aux aléas de la politique, n'a
pas pesé dans la décision de Gerlache d'abandonner son mandat
législatif. « Songeons que ce grand corps judiciaire sera presque
omnipotent, et qu'il importe du moins que ce soit pour le bien
», écrivait-il le 3 septembre 1832 à François du Bus, qu'il pressait
d'accepter la place de premier avocat général (du Bus, Au temps de
l'unionisme, p. 368). Ces fonctions judiciaires, Gerlache les
remplira avec dignité et compétence. On a loué son bon sens, son
expérience, l'étendue de ses connaissances, son « sentiment du juste
et de la vérité ». Ces hautes fonctions, il les interrompra pour
accepter une mission diplomatique extraordinaire en janvier 1839 dans
les moments difficiles que le pays traversait à la suite de l'adhésion
de Guillaume Ier au traité des XXIV Articles. C'est le 2 janvier 1839
que le Conseil des ministres décida l'envoi à Londres de Gerlache et à
Paris de Félix de Merode. Leur tâche était ardue. Ils devaient obtenir
que l'Angleterre et la France appuient une offre de 60 millions de
francs pouvant aller jusqu'à 100 millions pour amener les Pays-Bas à
renoncer au Limbourg et au Luxembourg. Au cas où il ne subsisterait
aucun espoir de conserver la totalité du territoire, Gerlache et
Merode étaient autorisés « à faire proposer par une tierce personne,
outre un capital en argent, l'abandon de Venloo à la Hollande et
d'une partie du Luxembourg au Grand-duc (un territoire d'un rayon
d'une demi-lieue autour du Luxembourg et les régions entre la route de Trèves et de Thionville) ».
Palmerston accueillit fort mal cette
démarche. « Je ne serai en ville que lundi soir, mais je vous
recevrai, vous et M. de Gerlache, au bureau, mardi à 1 heure et
demie [15 janvier 1839]. Je ne dois cependant pas vous induire en
erreur en vous faisant croire que la mission de M. de Gerlache
pourra arrêter ou changer la marche de la Conférence . M. de Gerlache est arrivé huit mois trop tard »,
écrivit-il à Van de Weyer. Et dans l'entrevue fixée, Palmerston opposa
une fin de non-recevoir : droit des nationalités, droit des traités se
heurtèrent dans ce pénible entretien. Gerlache fit valoir « que le
gouvernement en cherchant à conserver à tout prix les territoires
contestés, remplissait un devoir impérieusement commandé par le vœu
général ». Ainsi le premier président de la Cour de cassation
retrouvait les arguments de 1830, lorsqu'il s'agissait de la grandeur
de son pays. Mais pour Palmerston « les démonstrations populaires,
l'effervescence des esprits, le voeu général, l'entraînement des
masses, etc., ne sont point des raisons, des arguments à opposer à des
engagements solennellement contractés envers les cinq
Puissances ».
Le 23 janvier, la Conférence repoussait la
proposition de rachat des parties du Limbourg et du Luxembourg.
Rentré à Bruxelles, Gerlache, convaincu de la nécessité de se
soumettre à la volonté des cinq grandes puissances, résolut d'aider
ce qui restait du ministère de Theux à défendre le traité devant les
Chambres. Le 19 février 1839 paraissait une brochure portant le titre
Quelques mots sur la question du territoire par un
ancien, député. Gerlache, en juriste, voulait éclairer l'opinion. En
politique aussi, il insistait sur les avantages immenses que
l'indépendance avait donnés aux Belges, et spécialement aux
catholiques, tandis que la guerre ruinerait les acquisitions de la
Révolution. Il fallait se résigner. Mais sa brochure lui attira de
vives critiques dans les milieux qui voulaient résister aux
décisions de Londres. Gerlache ne sortit plus de la réserve que lui
assignaient ses hautes fonctions judiciaires sinon, en 1852, en
publiant, sans nom d'auteur, l'Essai sur le mouvement des
partis en Belgique depuis 1830 jusqu'à ce jour, suivi de quelques
réflexions sur ce qu'on appelle les grands principes de 1789, et
en adressant au directeur du Journal de Bruxelles une lettre,
le 18 novembre 1857, une autre le 26 octobre 1858, une troisième le 18
octobre 1859. Comme par cet Essai et ces correspondances, il
s'engageait sur le terrain brûlant des luttes de partis, on devine
aisément les controverses que ces écrits soulevèrent. Mais comme le
constate un de ses premiers biographes, J.-J. Thonissen, on
s'apercevait sans peine, à la lecture de son Essai sur le
mouvement des partis, que Gerlache « n'accordait plus aux libertés
modernes la puissance et l'efficacité qu'il leur attribuait vingt-cinq
ans plus tôt ». Impressionné par ce qui s'était passé en France depuis
quatre ans et affecté par la suprématie libérale en Belgique, il est
souvent amer et vif. Il consacre un paragraphe à la Souveraineté du
peuple : « ce dogme sur lequel reposent toutes nos théories
constitutionnelles, est gros de révolutions, inconciliable avec
l'ordre et la paix, et avec tout Gouvernement régulier ». Il se
déchaîne môme : « C'est la plus détestable flatterie et le plus
insigne mensonge que les démagogues aient jamais pu jeter aux
masses... C'est le symbole de la plus épouvantable anarchie et du plus
épouvantable despotisme » (Essai, p. 52 et 54), et il lui
opposait le contrat synallagmatique liant le prince et les États dans
l'ancien régime de nos provinces. C'est ainsi qu'il justifie, en 1852,
la révolution de 1830 : le roi Guillaume a violé le Pacte, la loi
fondamentale qu'il avait jurée.
Dans sa
défense du « monde historique et traditionnel », le « monde réel »
qu'il oppose au monde de l'idéologie, Gerlache admet « les inégalités
consacrées par la nature et l'expérience » (Essai, p. 45)
et il insiste sur « la nécessité d'une hiérarchie et d'un
échelonnement des forces » que prouve à ses yeux l'aspect général du
monde. Pour lui encore la liberté ne peut subsister que si elle est
conservée « par des corps intermédiaires qui puisent en eux-mêmes leur
propre vie » (Essai, p. 50, note 1). Il est dur pour la
bourgeoisie : « La faute capitale de nos gouvernements
constitutionnels modernes, c'est d'avoir remis le sort de l'État aux
mains de la classe bourgeoise, celle qui comprend le moins les
intérêts de la nation et ses propres intérêts » (Œuvres complètes,
t. VI, p. 46).
Il affirme
que le principe de la séparation entière de l'Église et de l'État,
pris dans un sens absolu, est antisocial. « La religion est un élément
essentiel de l'existence des nations, le seul lien qui les unisse et
qui les tienne, solides sur leurs bases. La religion est l'âme des
États » (Essai, p. 60). « Ôtez à la Belgique son attachement au
catholicisme et dites moi ce qui distingue, ce qui sépare comme
nation, les provinces flamandes de nos voisins du Nord, et les
provinces wallonnes de nos voisins du midi? » écrivait-il en un autre
endroit (id., p. 20). Aussi, pour Gerlache, la part accordée au
prêtre dans l'enseignement était une sauvegarde pour la société : «
L'instruction religieuse est le fondement nécessaire à la vie des
peuples ». Enfin, s'il restait partisan de la liberté de la presse, il
voulait réprimer ses excès de manière à présenter la religion,
l'Église, le roi, les moeurs, la famille, la propriété. Il terminait
son Essai par un appel à la conciliation, à la concorde des
pouvoirs civil et religieux.
Dans trois lettres au
directeur du Journal de Bruxelles, Gerlache est plus polémiste
encore. Les manifestations de mai 1857 l'ont ulcéré. Il attaque avec
vigueur le parti libéral et la Franc-maçonnerie et exhorte les
catholiques à se grouper. Il n'est pas étonnant que lorsque les
catholiques se réunirent pour la première fois à Malines, en 1863, ils
appelèrent à la présidence de leur Assemblée, Gerlache qui jouissait
d'une grande autorité et d'un prestige considérable. On sait le rôle
capital que ces assises ont joué dans l'histoire politique et
religieuse de la Belgique. Gerlache, le 18 août 1863, prononça le
discours inaugural. Discours important pour l'évolution de la pensée
politique de son auteur qui retrouve du charme à la liberté depuis que
le pouvoir est aux mains des « ennemis du catholicisme » et qui
découvre à nouveau les mérites appréciables du Pacte fondamental. Il
loue la Constitution de 1830. « Plus de placets ; plus d'appels comme
d'abus ; plus d'intervention de l'État dans les nominations des
évêques et dans leurs rapports entre eux et avec le chef de
l'Église ; plus d'expulsion arbitraire des étrangers, religieux ou
antres ; l'enseignement libre, la presse libre ; les associations
libres ; le droit de s'assembler librement, paisiblement et sans
armes, sans devoir se soumettre à une autorisation préalable. Ce fut
là, Messieurs, un des événements les plus remarquables dans l'histoire
contemporaine et peut-être beaucoup trop peu remarqué. Jamais en
effet, l'Église ne fut plus réellement libre dans un État libre... Le
pays ne peut être conservé que par l'accord de ces deux grands
principes : le catholicisme et la liberté ». La Constitution fournit
aux catholiques des armes dont ils doivent se servir pour sortir de
l'opposition ; qu'ils se servent notamment de la liberté de presse,
qu'ils organisent partout des associations politiques.
L'année suivante, il présidera
encore la deuxième Assemblée de Malines, du 29 août au 3 septembre
1864. Les divergences entre ultramontains et catholiques libéraux
étaient vives et l'on appréhendait une intervention de Rome ; la
publication de l'encyclique Quanta Cura et du Syllabus fut
cependant retardée jusqu'à la fin de l'année. Gerlache parla dans une
atmosphère tendue. Il défendit la Constitution de 1831 avec force. «
Tous les catholiques sincères, ecclésiastiques ou laïques, sont
attachés du fond de leurs entrailles à nos institutions ; tous en
veulent le maintien... nous voulons notre Constitution dans son
ensemble, parce que nous sentons qu'il est impossible d'en détacher la
moindre partie sans compromettre le tout ». Il accorda à la liberté
d'association une particulière attention, faisant le panégyrique des
communautés religieuses.
Le 25 juillet
1867, la loi était promulguée qui mettait à la retraite tout magistrat
dépassant l'âge de soixante-quinze ans. Avec dignité Gerlache se
soumit, n'ignorant nullement qu'il était le principal visé par celte
loi partisane. Léopold II avait demandé que Gerlache -- qui avait
obtenu la concession du titre de baron le 16 janvier 1844 -- fût nommé
comte, mais Bara s'y opposa, ce qui fâcha le jeune souverain (J.
Garsou, Les débuts d'un grand règne, t. II, p. 118).
Homme politique et magistrat,
Gerlache eut aussi une activité d'écrivain et il est un des bons
historiens de la première phase de l'Histoire de la Belgique
indépendante. Il a réfléchi sur le métier d'historien et dans
plusieurs discours, dans quelques préfaces, il a ramassé ses
conceptions du travail historique. Il convient d'insister sur
l'importance qu'il attachait à l'histoire dans la formation de la
jeunesse et du souci qu'il avait de voir l'histoire nationale honorée
dans un pays qui venait de conquérir sa nationalité. Le 7 mai 1852, à
la séance publique de la Classe des Lettres, il prononçait ses «
Considérations sur la manière d'étudier et d'écrire l'histoire
», où les vues
perspicaces ne manquent pas. « L'historien doit savoir parler
aujourd'hui de politique générale, de traités de commerce,
d'agriculture, d'industrie, de finances, etc., toutes choses qui
influent grandement sur l'existence des empires, et dont
s'occupaient fort peu les annalistes anciens ». Cet humaniste
catholique s'empressait de remarquer : « Toutefois il ne doit jamais
oublier que l'homme lui-même occupe de droit la première place dans
l'histoire, et que l'être immortel a une autre fin dans le monde que
de s'enrichir et de jouir ».
Sept ans plus tard, devant
la même
classe des Lettres, le 6 mai 1859, il prononçait son «
Deuxième discours sur la manière d'écrire l'histoire ». Il
y manifestait un grand attachement à l'impartialité, dont il avait
déjà dit qu'elle « consiste à ne rien dissimuler, pas plus les
fautes de ses amis que celles de ses ennemis ». « L'historien, doué
d'une âme élevée, indépendante, doit planer au-dessus de tous les
systèmes ; il ne doit s'affilier à aucune école, à aucun parti, à
aucune secte ». Mais il ne doit pas se borner au simple rôle de
narrateur, il doit y mettre toutes ses convictions, toute son âme,
sans que Gerlache nous dise le moyen de conciliation entre cette
double exigence.
Il ne faut point
s'étonner si ses conceptions religieuses
et politiques se manifestent dans tous ses ouvrages. En 1839 il fit
précéder son Histoire du Royaume des Pays-Bas depuis 1814 jusqu'en
1830 d'une Introduction à l'Histoire de Belgique de plus de 402
pages qu'il intitule modestement Coup d'œil sur les révolutions
religieuses du XVIe et du XVIIle siècle. La Belgique a deux bases
inébranlables, la religion catholique et la royauté, facteur d'ordre
s'opposant au particularisme. Les révolutions du XVIe siècle
et de 1789, il les apprécie à l'aune de ses convictions. Il critique
âprement la « révolution perturbatrice » des Belges dressés coutre
Philippe II, mais il défend les résistances des Belges à la fin du
XVIIIe siècle aux initiatives étrangères d'un Joseph Il et de la république
française. Pour Gerlache, traditionaliste convaincu, la révolution
brabançonne et celle de 1830 sont conservatrices, ce sont des «
contre-révolutions ». Si on ne lit plus guère la longue Introduction
de Gerlache, et si elle ne risque plus de déchaîner les controverses
que cette vision du passé des provinces belges a soulevées au XIXe
siècle, on lit encore avec profit l'Histoire du Royaume des
Pays-Bas. Gerlache, sans doute, ne révèle rien de personnel, mais,
contemporain des événements, témoin et acteur important, il s'est
donné pour mission de présenter - dix ans après l'accession du pays à
l'indépendance - une synthèse de l'histoire agitée du Royaume des
Pays-Bas. Il fit suivre cette histoire d'un Essai sur l'histoire du
royaume de Belgique depuis la Révolution de 1830 jusqu'au traité de
1839. Il a réussi dans sa tentative difficile mais cette histoire
a certes souffert d'être précédée d'une Introduction pleine de vues
a priori et suivie de discours qui sont surtout des
documents à consulter par le spécialiste.
C'est à Liège qu'il consacre sa deuxième
grande œuvre historique. Celle-ci souffre d'avoir été écrite par
tranches successives. En 1825 déjà il publiait l'Introduction d'un
ouvrage à paraître « Souvenirs historiques du pays et de la
principauté de Liège » dans le Procès-verbal de la séance publique de la
Société libre d'Émulation, 29 janvier 1825, p. 174-198. En 1828
paraissaient « Les guerres d'Awans et de Waroux », Procès-verbal
de la séance publique de la Société libre d'Émulation, 12 juin
1828, p. 37-74, en 1831, La Révolution de Liège sous Louis de
Bourbon. Il remania tous ces chapitres et, en 1843, la première
édition de l'Histoire de Liège depuis César jusqu'à la fin
du XVIIIe siècle était publiée. Elle s'arrêtait au règne de
Maximilien de Bavière. Seize ans plus tard, la seconde édition
conduisait le lecteur jusqu'à la fin de la Principauté épiscopale.
Histoire essentiellement politique, elle est sévère pour maints
tribuns populaires, et Gerlache est plus porté sans doute à défendre
les princes-évêques qu'à soutenir les gens de métier.
En 1847 il revient à une autre
œuvre de sa jeunesse, à sa traduction du Catilina, et livre au
public un Essai sur Salluste, plein de vigueur et de vues
profondes sur la civilisation romaine.
Gerlache eut une
carrière brillante. Nommé membre effectif de l'Académie royale des
Sciences et Belles-Lettres le 12 octobre 1833, il en fut président en
1836, puis tous les deux ans jusqu'à la réorganisation de l'Académie
en 1846, alternant à la présidente avec le baron de Stassart. Il le
fut encore en 1846, 1852, 1856. Il fut directeur de la Classe des
Lettres en 1846, 1848, 1852, 1856 et 1859.
Président de la
Commission royale d'histoire depuis sa fondation en 1834, il exerça
ses fonctions du 4 août 1834 à la fin de sa vie, avec son aménité et
sa courtoise distinction, ruais il ne prit qu'une part très réduite
aux travaux et aux publications de cette commission.
La philosophie
de l'histoire retint évidemment l'attention d'un esprit comme Gerlache
et il mit au centre de l'explication de l'évolution humaine, l'action
de la Providence. Le fragment « De l'histoire au point de vue de la
foi et du libre examen » (Œuvres complètes, t. V, p.
110-123), où l'on retrouve l'influence de Bossuet, témoigne de ces
préoccupations. Il a par ailleurs consacré des réflexions à la «
Politique tirée de l'Écriture sainte » (Œuvres complètes,
t. V, p. 125-130).
Enfin, dans le
domaine de la charité, Gerlache joua un rôle efficace. Administrateur
de l'hospice des enfants rachitiques d'Ixelles, président de la
société de Saint François Régis pour le mariage des indigents, il fut
pendant plusieurs années, président général des sociétés de Saint
Vincent de Paul en Belgique. Gerlache est un de ces grands bourgeois
catholiques du XIXe siècle qui eurent le souci de moraliser la classe
ouvrière.
Homme austère, courtois,
de goûts simples, il était passionné par l'étude et il séduisait ceux
qui l'approchaient par sa vaste culture. Si sa vie publique et
académique fut une éclatante réussite, il fut durement frappé dans sa
vie familiale. Il perdit en dix ans sa femme et trois enfants ; en
1838, sa fille Stéphanie, entrée au noviciat de Conflans en 1836, sa
femme le 29 avril 1839, puis deux fils, Jules à l'âge de 19 ans le 13
mai 1847 et Etienne le 15 septembre 1848 à l'âge de 23 ans. En 1854
il perdit une autre de ses filles, Élisabeth, sous-maître générale au
pensionnat de Charleville. Il lui restait une fille, Victorine, et
un fils, Constantin, marié à Léopoldine de Rosée, et qui n'eut pas
d'enfant.
Après sa retraite, Gerlache
vécut encore près de quatre ans dans son hôtel de la chaussée
d'Ixelles, où il mourut le 10 février 1871. Le 13, après des absoutes,
le corps fut transporté à Orgeo où il fut enterré le lendemain. Le 20,
à l'église Saint-Boniface, un service solennel fut célébré à sa
mémoire. Mgr Decharnps prononça un éloge ému d'Étienne-Constantin de
Gerlache, insistant sur « ce caractère distinctif de sa vie : dans
les différentes voies qu'il a parcourues, partout et toujours, et
sans l'avoir voulu, il s'est trouvé non seulement au premier rang,
mais à la première place ».
Les honneurs lui avaient été prodigués. Décoré de la croix de
fer, officier de l'Ordre de Léopold le 1er juillet 1835, commandeur le
8 juin 1839, grand-officier le 8 juillet 1847, il fut fait grand
cordon le 20 juillet 1856 à la veille des fêtes du XXVe anniversaire
de l'inauguration de Léopold Ier. Depuis le 20 juillet 1837 il était
officier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Grégoire le Grand
et commandeur de l'Ordre de Pie IX.
Gerlache a joué dans l'histoire du pays un rôle considérable de 1825 à
1832 et il a exercé pendant plus de quarante ans une influence
décisive sur l'opinion catholique belge.
Le catalogue des œuvres de Gerlache a
été dressé par J.-J. Thonissen, dans l'Annuaire de l'Académie
royale des sciences, des Lettres et des beaux-arts de Belgique,
1874, 40e année, p. 221-228. Il figure également dans la
Bibliographie nationale, Dictionnaire des écrivains belges et
catalogue de leurs publications, t. Ier, p. 392-393.
Le baron Pierre de Gerlache, en appendice
p. 341-344 de sa biographie, Gerlache et la fondation de la
Belgique indépendante, Bruxelles et Paris, 1931, a repris la
plupart de ces titres. On trouvera le plus grand nombre de ces
publications dans les six volumes des Œuvres complètes de M. le
baron de Gerlache, Bruxelles, II. Goemaere.
L'histoire du Royaume des Pays-Bas depuis 1814
jusqu'en 1830, précédée d'un coup d'œil sur les révolutions
religieuses du XVIe et du XVIIIe siècle, et suivie
d'un essai sur l'histoire du royaume de Belgique depuis la révolution
de 1830 jusqu'au traité de 1839, accompagnée de discours
parlementaires, de notes et de pièces justificatives, 4e édition
corrigée et considérablement augmentée, en forme les tontes Ier
(Bruxelles, 1874), Il (1875) et III (1875).
L'histoire de Liège depuis César jusqu'à la fin
du XVIIIe siècle en constitue le tome IV, 3e édition revue
et considérablement augmentée, Bruxelles, 1874 (on y trouve joint un
rapport sur un mémoire concernant la Constitution de l'ancien pays de
Liège, soumis au jugement de l'Académie royale de Belgique, Classe des
Lettres, dans sa séance du 6 mai 1851).
Les Études sur Salluste et sur
quelques-uns des principaux historiens de l'Antiquité considérés
comme politiques, comme moralistes et comme écrivains suivies de
réflexions et de discours sur la manière d'étudier et d'écrire
l'histoire et de quelques observations critiques sur l'histoire de Jules César par
Napoléon III sont réunies dans le tome V, 4e édition, 1876.
Enfin, les Essais sur les Grandes époques de notre histoire
nationale et les Mélanges politiques et littéraires,
forment le tome VI, 4e édition, 1876.
Signalons que la Notice historique sur le procès de la ville
de Liège contre le Sr Flamand, p. 1-11 de la brochure Remise
solennelle du cœur de Grétry à la ville de Liège, Liège, P.-J. Collardin, 1829, a été rédigée par M. de G[erlache] ; on y trouvera
dans cette même brochure, p. 35-43, le texte
du discours prononcé par Gerlache le 7 septembre 1829 à l'hôtel de
ville de Liège lors de la cérémonie. D'autre part, le « Rapport sur
les travaux de la Société d'Émulation depuis sa dernière séance
publique, par M. de Gerlache, Secrétaire Général » a été publié
dans le Procès-verbal de la séance publique du 25 décembre 1822,
Liège, 1823, p. 11-80.
|
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R. Demoulin. |
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1. Les
biographies :
Ch. Poplimont, Biographies nationales.
La noblesse belge, Bruxelles, 1850, p. 355-396. - F. Delhasse,
Écrivains et hommes politiques de la Belgique. MM. Frère-Orban, de
Gerlache, Jottrand, Ducpétiaux, Jos. Haumont, Bruxelles,
Samuel, 1857, p. 87-149. - Th. Juste, « Le baron de Gerlache, ancien
président du Congrès national (1785-1870) », dans Les fondateurs de
la monarchie belge, Bruxelles, 1870, in-8°, XII-94 p. - V. Henry,
« Le baron de Gerlache » Revue Générale, mars 1871, p. 344-359.
- J.-J. Thonissen, « Notice sur la vie et les travaux du baron
Etienne-Constantin de Gerlache », Annuaire de l'Académie royale de
Belgique, 1874, 40e année, p. 107-228, et p. I-83 du tome
Ier des Œuvres complètes de Gerlache. - F. Magnette, « Un grand
parlementaire et magistrat wallon. Le baron E.-C. de Gerlache (1785-1871)
» La Terre wallonne, 1926, t. XV, p. 163-187. - L. De Lichtervelde, « Le président de Gerlache
», Revue générale, t. CXXVI, 1931, p. 1-10. - P. de Gerlache, Gerlache et
la fondation
de la Belgique indépendante, Bruxelles, 1931, in-8°, X-345 p. - C. Terlinden, « Etienne-Constantin baron de Gerlache (1785-1871)
»,
notice dans Livre Jubilaire de la Commission royale d'histoire,
1834-1934, Bruxelles, 1934, p. 71-77.
2.
Procès-verbal de
la séance publique de la Société libre d'Émulation et d'encouragement
pour des sciences et les arts établie à Liège, Liège, 1819
et années suivantes. - Mémorial de la ville de Liège, Continuation
du recueil de Loyens (1720-1830), Liège, 1884. - J. J. F. Noordziek et
Arnold L. H. Ising, Verslag der handelingen van de Tweede Kamer der
SlatenGeneraal gedurende de zittingen 1815-1830, La Haye,
1862-1888. - L. Huyttens, de Terbecq, Discussions du Congrès
national de Belgique, 1830-1831, Bruxelles, 1844-1845, 5 vol.
in-8°. - Le Moniteur belge depuis 1831. - H. T. Colenbrander,
Gedenkstukken der Algemeen Geschiedenis der Nederlanden, 1825-1830
et 1830-1840, La Haye, 1917-1927. - C. Gerretson, Muiterij en
Scheuring, 2 vol., Anvers, 1936. - Dom A. Smits O. S. A., «
Instructies aan en rapporter van gouverneurs uit 1830 », Bijd. en
Med. van het Hist. Gen. Utrecht, t. LXVII, p. 157-359, 1948. - [De
Wargny], Esquisses historiques de la Révolution de la Belgique en
1830, Bruxelles, 1830. - C. Buffin, Documents inédits sur là
Révolution belge, Bruxelles, 1910, et Mémoires et documents
inédits sur là Révolution belge et là campagne des Dix-Jours
(1830-1831), 2 vol., Bruxelles, 1912. - J.-B. Nothomb, Essai
historique et politique sur la Révolution belge, 2 vol.,
Bruxelles, 1876. - T. Juste, Le Régent, Bruxelles, 1867. - C.
Du Bus de Warnaffe, Au temps de l'Unionisme. Correspondance de
François du Bus, Paris-Tournai, 1944. -- J. Garsou, Alexandre
Gendebien, Bruxelles, 1930. - A. Simon, Correspondance du nonce
Fornari 1838-1843, Bruxelles, 1956. - C.-J.-P. De Luesemans,
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Contribution à l'histoire de la Révolution de 1830 à Liège », B.I.A.L.,
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L'hypothèse libérale en Belgique. Documents inédits 1839-1907,
Wetteren, 1956. - A. Simon, Le parti catholique belge, 1830-1945,
Bruxelles, 1958. - J. Garsou, Les débuts d'un grand règne,
t. II, Bruxelles, 1934. - Le Journal de la province de Liège,
le Courrier de la Meuse, le Mathieu Laensberg, le
Politique, le Moniteur, la Gazette de Liège, le
Journal de Bruxelles, l'Indépendance belge, la Revue de
Bruxelles, la Revue nationale, la
Revue générale.
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