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Etienne-Ferdinand Henaux




 

 

 

 

 


     

 

Emile Brouette,
Biographie nationale T.XII
publiée par l'Académie royale des sciences, des lettres et des Beaux-arts de Belgique, Bruxelles, 1897.

HENAUX (Étienne-Ferdinand), historien, né à Liège le 19 mars 1815 et y décédé le 2 janvier 1880, frère du poète Étienne Henaux.

   Après des études de droit, il s'inscrivit au Barreau de sa ville natale, où il occupa une place honorable. Dès 1837 et jusque dans les dernières années de sa vie, il publia de nombreux travaux historiques sur Liège et sa région dans plusieurs revues et principalement dans le Messager des Sciences historiques de Belgique, la Revue de Liège et le Bulletin de l'Institut archéologique liégeois. On lui soit aussi un livre sur La constitution du pays de Liège, Liège, 1858, 215 p., et un autre sur Charlemagne d'après les traditions liégeoises, publication qui compta six éditions, dont la dernière parut à Liège en 1878, 255 p. : il faut y voir une sorte de préface aux investigations scientifiques de 1a fin du XIXe siècle sur le folklore. Mais son ouvrage le plus important est une Histoire du pays de Liège, Liège, 1851, dont la deuxième édition refondue et augmentée parut en deux volumes en 1857 et la troisième datée de 1872-1874, également en deux volumes, compte 667 et 767 pages.

   Patriote intransigeant, Ferdinand Henaux, qui se voulait démocrate, était empreint de pensée libérale et rationaliste. Il était avide de découvertes et on doit lui reconnaître un désir sincère de recourir aux sources, mais il lui arriva de faire de ses écrits un instrument de thèse politique. Accablant de tous les vices les princes-évêques de Liège, il ne voit en eux que les oppresseurs du peuple représenté, selon lui, par la bourgeoisie marchande, ancêtre de la bourgeoisie de son siècle. Son Histoire du pays de Liège est une sorte de réponse à l'Histoire de Liège du baron de Gerlache (1843) qui défend la cause des princes contre celle des villes. Les préoccupations extra-scientifiques nuisent à la valeur des publications de Henaux. D'autre part, liégeois de cœur et d'âme, il rejette l'influence romaine sur la formation du peuple issu des tribus gauloises : pour lui, à l'instar des Allemands Friedrich Grimm et Johann-Wilhelm Wolf, Charlemagne est le Germain Karl né à Liège au milieu d'autres Germains. L'œuvre de Ferdinand Henaux fait partie de l'école historique romantique en Belgique.

Emile Brouette.

Biographie générale des Belges morts ou. vivants. Bruxelles, 1850, p. 107. - Gazette de Liège, numéros des 3 et 4 janvier 1880. - J. Stecher, « Ferdinand Henaux, 1815-1881 dans Revue de Belgique, t. XLVI, 1884, p. 58-83. - C. Pavard, Biographie des Liégeois illustres, Bruxelles, 1905, p. 182 - Th. Gobert, Liège à travers les âges, t. III, Liège, 1926, p. 10-11. - F. Vercauteren, Cent ans d'histoire nationale en Belgique, Bruxelles, s. d., p. 39, 49, 175, 189, 195.

 

 

 

 

22/01/2013