LE FILS DU SOLEIL : L'INCA

Le pouvoir de l'Inca dépassait la seule sphère politique. L'Inca était désigné par le soleil de façon rituelle lors des célébrations prévues à cet effet. L'Inca était l'incarnation du soleil sur terre et possédait donc un pouvoir si important qu'on le transporte en litière afin d'éviter le contact entre la terre et le soleil et, par cela, les désastreuses conséquences que cela pouvait avoir. L'Inca est au sommet de la pyramide qui permet la redistribution des biens et comme tel, il était considéré comme le donateur de nourriture, l'organisateur de vastes mitta ou le constructeur. Lors de ses déplacements importants avaient un caractère rituel, l'Inca était précédé par des indiens qui préparaient son passage en nettoyant la route, ensuite d'autres venaient en chantant et dansant. Ensuite venaient des gens en armes et des nobles Enfin voyait-on l'Inca sur sa litière où se mêlaient des plumes multicolores à des feuilles d'argent et d'or. L'Inca apparaît comme un médiateur, un curaca à un niveau supérieur qui intervenait dans les conflits ethniques, communiquait et négociait avec les dieux andins. L'Inca prenait pour " première épouse ", une femme membre de la même panaca que lui et c'est pour cela qu'on la présentait comme sa sœur. L'Inca pouvait aussi se marier avec d'autres femmes appartenant à d'autres ethnies pour faciliter l'intégration.

Les descendants de l'empereur Manco Capac sont répartis en 10 panaca (maisons royales) qui forment la noblesse de l'empire. Chaque empereur fondait sa propre panaca. Donc seule une panaca avait un empereur vivant à sa tête. Les autres vivaient dans le culte de l'empereur défunt momifié. La caste des nobles est formée par la somme des parents de chacun des Chefs incas, c.-à-d. l'ensemble des panaca, chacune d'entre elles correspondant donc à un chef inca : Chima panaca ( Manco Càpac ), Raura panaca ( Sinchi Roca ), Hauaynin panaca ( Lloque Yupanqui ), Usca Mayta panaca ( Mayta Capac ), Apu Mayta panaca ( Capac Yupanqui ), Viacaquirao panaca ( Inca Roca ), Aucaylli panaca ( Yahuar Huaca ) , Sucsu panaca ( Viracocha ) , Inaca panaca ( Pachacutec ), Capac ayllu ( Topac Inca Yupanqui ) , Tumipampa (Huayna Capac ). Comme Cuzco était le nombril de l'empire, les nobles qui constituaient les panaca en formaient l'élite et chaque habitant de la ville en était presque membre. Il y avait les nobles par sang (ayllus royaux, appartiennent aux panaca ) et ceux qui avaient été anoblis pour services rendus (ayllus de Cuzco, n'appartiennent pas aux panaca).

 Mis en couleur de l'Inca Viracocha, extrait du Frontipice de Antiguedades Peruanas (1851) de M.E. Rivero et J.D. Tschudi

Les privilèges de la noblesse royale étaient : polygamie, mâcher des feuilles de coca, porter la laine de vigogne, porter des boucles d'oreilles en or. On reconnaissait le rang social grâce aux boucles d'oreilles, à la coupe de cheveux, aux vêtements, … Les nobles appréciaient particulièrement la musique, la poésie, la peinture, … Il existait à Cuzco, une grande galerie de peintures, puquin cancha, sorte de musée contenant des portraits et des scènes de l'histoire des Incas. Cet édifice fut détruit. La caste dominante pouvait également pratiquer la chasse, des rabatteurs par milliers rassemblaient les animaux, on libérait les jeunes femelles pour assurer la reproduction, les autres étaient tués.

Après la noblesse, viennent les prêtres, souvent de lignage royal, dispensés de tributs et entretenus par le peuple. Enfin, viennent les fonctionnaires. Les artisans et tisserands forment, eux, une caste à part, souvent attachés au service de l'Inca. Enfin, les paysans.

Il y avait toute une série de fonctionnaires chargés de gérer l'expansion du Tihuantinsuyu : le Tocricuc représentait l'Inca dans une région avec le titre de gouverneur, le Michiq est le fonctionnaire qui seconde le gouverneur, le Tucuyricuc avait pour rôle de recueillir des informations sur les régions du Tawantinsuyu et pouvait résoudre les problèmes locaux, le Quipucamayuq faisait les comptes à l'aide des quipus, les Capaq Nan Tocricuq étaient chargés de toute la gestion du réseau routier, les Qollqa Kamayuk s'occupaient de la gestion des greniers,…

Les "chasquis" étaient des messagers formés à la course relais afin de traverser l'empire au plus vite et de transmettre des biens ou des informations. Ils couraient sur les routes qui se jouaient de tous les obstacles, de tampu en tampu (lieu de repos). Ils logeaient à proximité des troupes en alerte. Les chasquis faisaient des courses relais sur de petites distances afin de transmettre des messages oraux, des quipu ou de la nourriture pour l'Inca à une vitesse impressionnante à travers tout l'empire.

Le chasqui: le coursier, le messager de l'empire

L'amauta était un sage spécialisé dans l'éducation de l'élite. Des historiens officiels transmettaient la mémoire orale. Les amauta transmettaient leur savoir sous forme de chants ou de poèmes.

Les curaca formaient une catégorie à part de l'élite de même que les seigneurs ethniques voisins désignés par les autorités locales mais confirmés dans leur fonction de façon rituelle, les seigneurs ethniques ne jouissaient pas toujours des mêmes prérogatives. L'administration inca comme celle des curaca visaient l'organisation de la réciprocité et de la gestion de la redistribution. Au fur et à mesure que l'empire s'étendait, l'influence des élites extérieures à Cuzco dû augmenter et peut-être même créé des tensions entre les élites locales et les élites centrale de Cuzco.



Page précédente
Page suivante