ADMINISTRATION

A la tête de chaque suyu, se trouvait une autorité , rendant des comptes à l'inca, et dirigeant les Hunu Camayoc (10000 familles). Comme les curaca , à l'instar de l'inca, devaient distribuer les biens essentiels à la population, il fallait donc une main-d'œuvre plus nombreuse chaque jour ( tâches obligatoires permanentes ou temporaires des indiens). Les curaca administraient cette main-d'œuvre sauf si elle était envoyée à Cuzco ou ailleurs. Ainsi l'administration des greniers centraux, situés dans les Andes, était dirigée par Cuzco via un personnel permanent qui gérait la main-d'œuvre y travaillant (mittani). Par contre, il en existait d'autres situés dans l'aire géographique de l'unité ethnique et sous leur responsabilité.

Deux autorités leur étaient supérieures, à part celle de l'Inca. Un tribunal de douze personnages de sang royal choisis à parts égales dans deux grands groupes du nom de Hanan Cuzco et de Hurin Cuzco. Le tribunal était compétent pour juger sans appel les affaires civiles et criminelles. Seul l'Inca pouvait modifier le verdict du tribunal.

Le conseil des quatre (apucuna ) où chaque membre de sang royal choisi par l'Inca représentait chacun un des quatre suyos de l'empire. Ils exerçaient des rôles politiques, administratifs et judiciaires. Les lois et réglementations connues sous le nom de codes de Pachacutec et de Tupac Yupanqui furent issues de ce conseil.

L'Inca et le conseil des 4 par Guaman Poma de Ayala

Au sommet de la pyramide se trouvait l'Inca au pouvoir était absolu. Nous avons donc par ordre social, la caste de l'Inca (sang royal) suivi de celle de la noblesse dont certains n'étaient pas de sang royal et au bas de l'échelle la masse de la population.

Les curacas des tribus conquises qui montraient leur loyauté envers l'empire étaient confirmés dans leurs positions sociales antérieures et recevaient des titres de noblesse. Ils formaient la majorité de la noblesse. Des personnages de l'entourage du roi pouvaient recevoir pour les services rendus des privilèges spéciaux qui les distinguaient du " peuple". On appartenait à la caste des " Incas " (le sapa inca) par la naissance. Tous ses membres étaient donc du même sang qui a pour origine le soleil. On les appelle intip churi ou les enfants du Soleil. On les reconnaissait par les grands anneaux d'or passés dans les lobes de leurs oreilles. C'est la raison pour laquelle les Espagnols les appelèrent orejones " grosses oreilles ".

Pachacutec décida que la coya (épouse de l'Inca en place) devait être la propre sœur de l'Inca pour préserver le caractère "divin" des origines.

Mama Occlo, la coya (épouse et soeur ) de l'Inca Manco Capac

Les collèges de Cuzco ( yachahuasi ) créés par Inca Rocca prirent beaucoup d'essor sous Pachacutec. L'éducation des enfants nobles était l'apanage des amautas, sortes de sages issus des classes supérieures ou étant de sang royal, maîtres dans les arts et les sciences. L'instruction du jeune noble s'étendait sur 4 ans : enseignement du Quechua la première année pour les nobles provenant des lointaines provinces où la langue n'était pas encore bien assise, enseignement de la religion la seconde année, enseignement des Quipu (cordes nouées comptables) la troisième et la quatrième année. Ils étudiaient aussi l'Histoire, les traditions, les rites religieux, les événements importants, …

Les sujets de l'Inca, peu importe leur rang et afin de souligner son caractère religieux, se présentaient devant lui pieds nus, en portant un fardeau sur les épaules et sans le regarder en face. Le pouvoir de l'Inca était incarné par le lautu (turban en laine de vigogne bleu ou rouge) placé sur le front juste sous la mitre semi-circulaire (mascapaycha) faite des plumes vives d'oiseaux rares. Des grands ornements en or pendaient aux lobes des oreilles. Un sous-vêtement en laine de vigogne (uncu ) tombait sur les genoux de l'Inca, une ceinture de brocard (tocapu) surmontait celui-ci. Par-dessus, on trouvait le manteau orné d'or (racola ). Un large disque en or à l'image du soleil était posé sur sa poitrine.

La reine, coya, portait un sous-vêtement ( acsu ) qui pouvait être de différentes couleurs en fine laine. Le manteau (licla ) était retenu sur la poitrine par une grande broche en or (tupu ). Des cercles d'or et des fleurs ornaient sa tête et étaient les signes de son pouvoir. L'Inca comme la reine étaient chaussés de fines sandales en laine de vigogne blanche.

 


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