LA JUSTICE

Les curacas administraient la justice à la population placée sous son autorité. Les jugements des curacas étaient soumis au contrôle de leurs supérieurs. Les Indiens jugés l'étaient par le magistrat dont ils dépendaient. Le conseil de Cuzco (12 membres ) pouvait servir de cour d'appel. . Le Conseil des quatre (apucuna) ou l'Inca prenait l'affaire en charge si elle était particulièrement grave.

Par déclarations des témoins, on établissait la culpabilité de l'accusé. S'il était en aveux, la sentence était énoncée immédiatement. S'il se disait innocent et que les déclarations des témoins n'étaient pas suffisantes, on procédait à un complément d'information. Si de réputation l'accusé avait de mauvaises mœurs, on le soumettait pour une accusation grave (crime, vol important) à une sorte de torture et s'il finissait par avouer, on le punissait en fonction de la gravité des faits. Si par contre, on ne pouvait prouver sa culpabilité, il était remis en liberté mais une nouvelle faute était alors punie de mort. Mais en général la confrontation des témoins et de l'accusé suffisait, tout au plus il faisait serment sur l'Inca ou sur le Soleil ou sur les huacas que leurs dires étaient vrais. Tout parjure était sévèrement puni (fouet ) et s'il y avait récidive, c'était la mort.

Près de Cuzco, il existait des prisons. L'une d'entre elles était une caverne au sol fait de cailloux et d'épines où étaient enfermés des animaux: pumas, jaguars, ours, loups, serpents, scorpions,... On y plaçait les criminels à l'origine d'une révolte ou coupables de haute trahison. Quiconque y survivait deux jours était considéré comme protégé par les dieux, on le libérait avec certains honneurs.

Pour les exécutions, il lapidait le criminel, ou le précipitait du haut d'un ravin, ou sous les coups de bâton ou en le pendant par les pieds. Il n'y avait pas d'égalité devant la loi. Les personnes de sang royal et les nobles jouissaient de certains privilèges. Pour eux, une réprimande publique était considérée comme plus grave que la mort pour une personne du peuple. Ainsi ce qui était puni de mort pour les gens du peuple ne l 'était pas pour les nobles. Certaines dispositions du Code criminel dont beaucoup remonte au règne de Tupac Yupanqui :

Toute personne qui tue doit mourir comme elle a tué, celle qui a tué pour voler sera en plus torturée dans la prison. Si un chef tuait un des hommes dont il est responsable sans l'accord de l'Inca, il était condamné à subir l'hiwaya (on laisse tomber une énorme pierre sur le dos du coupable d'une hauteur d'environ un mètre et cela causait fréquemment la mort). Un chef déjà réprimandé est puni de mort en cas de récidive ou pouvait en cas de clémence perdre sa dignité. Tout vol pour un motif vil était puni par un exil dans les Andes d'où il ne pouvait revenir qu'avec la permission de l'Inca. Le vol des aliments par besoin était réprimandé publiquement. S'il recommençait, il était subissait l'hiwaya. Si un voyageur affamé volait dans un champ, il n'était pas puni sauf s'il s'agissait d'un champ appartenant à l'Inca auquel cas c'était la peine de mort. S'il manquait un objet au bagage que transportait un porteur, son village était coupable. La destruction d'un pont était punie de mort.

Celui qui modifiait la position des bornes était condamné au supplice de la pierre. La récidive entraînait la mort. La peine de mort était requise pour l'adultère entre un homme du peuple et une noble (les 2 étaient mis à mort ), pour l'homme du peuple qui tuait sa femme par colère, pour une femme qui assassine son mari, pour l'avortement (idem pour le complice ), l'inceste, …Si un homme tuait sa femme pour adultère, il n'était pas condamné.

Les crimes les plus graves étaient la révolte contre l'Inca et la haute trahison. Ils étaient incarcérés dans la prison ou exilés.



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