L'AGRICULTURE

La société inca ne connaissait pas une économie dans le sens occidental du terme: pas de monnaie, pas de marché, pas de commerce. Cependant , elle n'en était pas moins extrêmement productive pour l'agriculture, l'artisanat, l'élevage,… et ce, grâce à une utilisation précise des ressources du territoire, un réseau de route perfectionné, l'existence de greniers servant à stocker et permettant une redistribution des biens. Le tout couvert par une administration efficace.

Depuis 1000 ans av. J-C. , il existait une agriculture dans les Andes. A la naissance de l'empire inca, les indiens avaient déjà une longue expérience concernant l'acclimatation des plantes . Le maïs (zara), Le quinoa (Chenopodium quinoa = sorte de riz andin) , la pomme de terre (ulluku,mashwa,oca), l'avocat, la banane, le tabac,le maguey et le coton sont fortement cultivés et en de nombreuses variétés. La coca était cultivée pour les hauts dignitaires, celle-ci était très énergétique.

On extrayait une sorte de miel des tiges du maïs et on fabriquait une liqueur à partir du grain. Ils sélectionnèrent et adaptèrent leurs produits aux différentes conditions climatiques. Ils parvinrent à créer de nombreuses variétés, à intensifier leurs cultures dans des conditions souvent difficiles, à contrôler leur production, à créer des excédents permettant des réserves pour les périodes de disette. Le mérite des Incas fut de préserver ces techniques et de les intensifier.

Cette société andine est fondée sur la réciprocité, l'échanges de biens ou d'énergie humaine fondées sur les liens de parenté au sein d'un ensemble de familles (ayllu) et réglementé de façon rituelle.

 plantation de pommes de terre par Guaman Poma de Ayala

Les familles recevaient des terres cultivables en usufruit. Ces terres était rendues à la collectivité lorsque la famille s'éteignait. Ce procédé permettait de redonner des terres aux nouveaux couples. La terre reçue n'était pas d'un seul tenant mais était composée de différentes parcelles aux particularités écologiques spécifiques. Ainsi les familles avaient des ressources très diversifiées.

Le lupu était la superficie reçue de terre cultivable nécessaire pour la subsistance d'une personne. Il tenait compte de la qualité du sol, de la durée d'une éventuelle jachère et variait donc dans ses dimensions suivant les caractéristiques du terrain.

Chaque couple marié recevait un lupu de terre labourable pour assurer sa subsistance , un de plus par fils et un demi par fille. Dès que le fils se mariait, il recevait son lupu alors que pour la fille, le demi lupu était rendu à la collectivité. La distribution des terres était réexaminée chaque année par les autorités de l'ayllu afin de tenir compte des modifications survenues durant celle-ci.

Seuls les objets personnels faisaient l'objet d'une propriété privée au sens strict du terme tout comme les produits du sol reçus pour leur subsistance.

Les soldats ne perdent pas leurs droits sur leur lupu car celui-ci est entretenu, pendant leur absence, par les membres de leurcommunauté. Cette politique s'appuie sur des lois très strictes auxquelles chacun est soumis.

Chacun servait l'Etat suivant ses capacités afin d'obtenir la nourriture nécessaire à la survie de l'ensemble de la population ou à l'intérêt général .

 




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