La mort d'Atahuallpa

Peu de temps après, le bruit d'une attaque par une grande armée indienne circule à nouveau dans le camp Espagnol. Ils se rassembleraient à Quito en vue d'un soulèvement. Atahuallpa en serait secrètement l'instigateur. On interroge son général Challcuchima, il nie le projet. Pizarro interpelle l'Inca à propos des histoires qui circulent. L'Inca nie farouchement. L'Inca se rend compte des conséquences possibles de telles accusations. Atahuallpa regrette l'absence de Fernando Pizarro, avec qui, les rapports étaient respectueux. Malgré les efforts de l'Inca pour prouver son innocence, cela n'a que peu d'effets. La rumeur affirmait qu'une force considérable se trouvait déjà à Guamachucho (à une centaine de milles) et que l'attaque était imminente. On renforce les gardes, les patrouilles et les éclaireurs. L'atmosphère se tend et l'irritation à l'encontre de l'Inca croît considérablement. Almagro et ses hommes, comme d'autres d'ailleurs, demandent sa mise à mort. Ils ne se sont pas attachés à l'Inca et ne voient en lui qu'un problème dont il faut se débarrasser. Atahuallpa retarde leurs désirs de conquêtes et d'or. Pizarro semble réservé sur le sujet.

Pour d'autres, dont Hernando De Soto, la culpabilité de l'Inca n'est pas évidente. En fin de compte, Pizarro envoie à Guamachucho, pour quelques jours, un détachement mené par De Soto afin de vérifier les fondements des rumeurs.

Pizarro

Dès le départ de De Soto, l'atmosphère se tend à l'extrême au point où Pizarro consent à mettre Atahuallpa en jugement. Une cour est organisée à la hâte dont Pizarro et Almagro étaient les juges. On nomma un procureur général représentant de la cour et un conseil fut assigné au prisonnier. On chargea l'Inca de 12 chefs d'accusation: usurpation de la couronne, assassinat d'Huascar, d'avoir fait cacher de l'or et d'en avoir fait profiter ses parents, d'idolâtrie, d'adultère, de complots contre les Espagnols, ... Et beaucoup d'autres absurdités. Il était difficile de sortir innocent d'un procès où les juges appartiennent à une autre culture et n'ont en fait aucune légitimité en terme de juridiction. Il fut condamné à être brûlé vif le soir même sur la grand place de Cajamarca. De toute évidence, il était pratique de ne pas attendre le retour de De Soto qui était le seul à pouvoir nier les bruits d'insurrection.

Le Père Valverde appose sa signature sur la condamnation sans la moindre hésitation. On communiqua la sentence à l'Inca qui compris que son sort était irrévocable. Le 29 août 1533, deux heures après le coucher du soleil, les soldats assistèrent à l'exécution de la sentence sur la plaza. Attahuallpa montra le courage d'un guerrier indien lorsqu'il fut attaché au poteau. Valverde le supplia de se faire baptiser, afin de subir la peine plus douce du garrot ( strangulation). Atahuallpa consentit à abjurer sa religion et à recevoir le baptême. Atahuallpa émit le souhait que ses restes soient transportés à Quito où il était né afin d'y rejoindre ses ancêtres. Il demanda à Pizarro la clémence pour ses enfants. Voici donc comment mourut le dernier Inca.

Contrairement à sa demande, il fut enterré à San Francisco mais l'on dit qu'après le départ des Espagnols pour Cajamarca, on le déterra pour le porter à Quito. Deux jours plus tard, Hemando De Soto apprit avec honte et révolte la manigance. Personne ne se trouvait à Guamachucho. Pour être juste, l'Inca aurait dû être jugé en Castille par l'Empereur.



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