QUITO

Dix mois après leur arrivée à Cajamarca, Pizarro demanda à Sebastian de Benalcazar de rentrer à San Miguel, afin de veiller sur l'évolution de ce premier établissement, clé de la conquête.

C'est de San Miguel, que de Benalcazar, contre toute attente, part aider la province des Canaris, soumises à des bandes meurtrières qui s'avançaient vers Quito. Sans doute, l'ambition personnelle de Benalcazar ou le désir de profit n'y sont pas étrangères. Avec près de 200 hommes, il part vers Quito au Nord de l'empire. Il passe par des conditions climatiques et de relief extrêmes avant de rencontrer dans la région du Chimborazo, les dix mille Indiens rebelles. Les combats dirigés par le général indien Roumi-Nahui s'étirèrent sur de longs jours. Les pertes étaient conséquentes. Aidé par une éruption volcanique qui fit paniqué les Indiens, les Espagnols s'emparèrent des ravitaillements de l'armée de Quito. Les Espagnols se reposèrent une semaine. Roumi-Nahui organisa une dernière ligne de défense devant la seconde capitale de l'empire.

Cette ligne ne résista pas longtemps. La population prit la fuite alors que les soldats espagnols mirent le feu au quartier des nobles. Les Indiens emportèrent leurs richesses vers les montagnes. Après tant d'efforts ,les Espagnols furent déçus par le peu de trésor qu'ils trouvèrent à Quito. Benalcazar poursuivit Roumi-Nahui. Mais le chef indien maîtrisait l'art de s'esquiver. Il se retira plus profond dans les Andes tandis qu'il levait une nouvelle armée de 15000 hommes en cours de route. Benalcazar déjoua une attaque de cette nouvelle armée indienne et la mit en déroute aux portes de la capitale du Nord. Roumi-Nahui se réfugia dans les montagnes de Yumbo mettant un terme à la résistance des Indiens.

Suite à l'incendie, il donna ordre de reconstruire la ville en ruine sur des plans espagnols, mais avec la main-d'oeuvre locale. A la Pentecôte de l'année 1534, il faisait son entrée triomphale dans nouvelle Quito.

Le gouverneur du Guatemala, Alvarado, conquérant du Mexique où il avait fait fortune au côté d'Hernan Cortès, venait de monter une expédition de sa propre autorité. Sur la côte Ouest dans la région de l'équateur, il débarque avec près de cinq cents Espagnols, des chevaux et des milliers d'Indiens. Il voulait atteindre Quito, tandis que son pilote Fernandez prendrait possession de la côte en son nom. Peu préparé au climat et au relief, la moitié de ses hommes périssent en trajet. Entre-temps, Almagro venait de rejoindre Benalcazar. Face à face, ils finissent par négocier un marché. Pour cent mille pesos d'or, Alvarado cédait à Almagro toute sa troupe, équipement compris, et ses six navires .









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