Autour de la Mer Morte

Massada ne tombera plus !


 


Le rocher avec la rampe construite par les prisonniers juifs
La Mer Morte en arrière-plan

 Les circonvallations du camp principal de Silva
Sept autres camps plus petits entourent le périmètre de Massada

 
Massada est une montagne isolée ceinturée de gorges profondes. Son sommet culmine à 440 m au-dessus du niveau de la Mer Morte. Ses parois constituées de falaises escarpées font du plateau de 600 x 300 m un endroit quasi inexpugnable. Une forteresse y fut construite par les Hasmonéens, descendants des Maccabées, au début du 1er siècle avant J.C.

Hérode qui régna de 37 à 4 av. J.C. et qui avait été mis en place par les Romains, craignant une révolte de ses sujets juifs qui ne l'aimaient guère, choisit Massada comme refuge éventuel. Il y fit ériger des palais somptueux, renforça et compléta le système de fortifications.

Dans ce désert dépourvu de sources, Hérode mit au point un système sophistiqué d'irrigation. En hiver, les barrages édifiés dans les wadis captaient l'eau, des canaux de dérivation l'envoyaient vers de vastes citernes creusées dans le flanc ouest des falaises de Massada. On estime à 40.000 m³ la contenance totale des réserves d'eau.

En 66 de notre ère, quand éclate la grande révolte juive contre Rome, Massada qui était occupée par une petite garnison romaine, est enlevée par un commando de Zélotes. La citadelle deviendra l'ultime refuge des Zélotes, des Esséniens et des derniers survivants de la révolte après la destruction du temple de Jérusalem en 70. 

Lorsqu'en 72, Flavius Silva mit le siège devant Massada avec la 10ème légion (entre 10 et 15.000 soldats), la forteresse abritait 967 hommes, femmes et enfants sous le commandement d'Éléazar ben Yaïr. Le siège se prolongea durant 7 longs mois, les assiégés ne manquant ni d'eau ni de vivres. Les Romains firent construire par des prisonniers juifs une rampe de terre sur la pente ouest. Les défenseurs ne voulant pas sacrifier la vie de leurs frères de race, ne purent empêcher les Romains d'amener un bélier au pied du rempart et d'abattre une partie de la muraille.

Voyant qu'ils ne restait plus d'espoir, les assiégés décidèrent que la mort volontairement choisie était préférable à l'esclavage. "Mourons sans être esclaves de nos ennemis! " dit Éléazar ben Yaïr dans son exhortation, "Sortons ensemble, libres, de la vie, avec nos femmes et nos enfants!" Ils tirèrent au sort dix d'entre eux qui tuèrent les autres; à leur tour, après avoir accompli leur mission, ces dix tirèrent au sort le dernier qui serait chargé de tuer les neuf autres et qui ensuite, se donnerait lui-même la mort. On a retrouvé un groupe de dix tessons de poterie dont chacun porte un nom écrit à l'encre; sans doute s'agit-il du tirage au sort rapporté par Flavius Josèphe.

Après avoir été occupée par des moines byzantins pendant environ une centaine d'années aux 5ème et 6ème siècles, Massada fut oubliée. Elle fut redécouverte seulement au début du 19ème siècle et c'est en 1838 qu'elle fut formellement identifiée. 

Aujourd'hui, Massada reste un symbole de bravoure pour Israël et un lieu de pèlerinage. Sur le plateau de Massada, la nuit qui précède leur prestation de serment, les aspirants officiers de Tsahal célèbrent par une veillée d'armes à la lueur des flambeaux, l'héroïsme des hommes, femmes et enfants qui le 15 du mois de nissan de l'an 73, premier jour de la Pâque, ont préféré la mort à l'asservissement. Au petit jour, ils jurent que Massada ne tombera plus !


 

  Les tessons du tirage au sort

  La synagogue des insurgés de Massada

 
Gros-plan sur la rampe en terre construite par les prisonniers juifs sous la férule des Romains. Les zélotes ne pouvant se résoudre à tuer leurs congénères, la rampe put être achevée et permit de hisser un bélier jusqu'au pied de la muraille. Les assiégés arrivèrent à colmater une première brèche à l'aide de poutres en bois, mais les Romains réussirent à mettre le feu à cette réparation de fortune. A ce moment, comprenant que toute possibilité de résistance était définitivement perdue, plutôt que de se rendre vivants avec leurs familles aux mains des légionnaires, les assiégés choisirent de mourir.

 

  Hypocauste du palais d'Hérode

  Mosaïque du palais d'Hérode

 

  Poterne sur la façade ouest du plateau

  Ruines de l'église byzantine

 

  Façade ouest sur la brèche ouverte par les Romains

  Vue vers les palais inférieurs à la proue du rocher