Ramsès II

Le Soleil d'Égypte



 
 
 

Etat - civil Naissance : ~ 1305 av. JC.
Père : Séthi 1er, fils de Ramsès 1er qui succède à Horemheb
Mère : Touy

Epoux de : Néfertari
                      Isisnofret
                      et de quelques autres grandes épouses royales et
                      épouses secondaires

Père d'une cinquantaine de fils et d'autant de filles

Décès : Jour de l'an (19 juillet) 1213 av. JC. 

Nom : Ousermaâtrê Sétepenrê Ramessou Méryamon
     Puissante est la Maât - Choisi par Rê - Issu de Rê - Chéri d'Amon


 

     Le cartouche de Ramsès II

Enfant, Ramsès accompagne son père dans ses campagnes militaires notamment contre les Hittites. Devenu corégent, il mène de petites opérations de police en Canaan contre  les bédouins ainsi qu'en Haute Nubie. Il est aussi chargé de surveiller la réalisation du programme architectural de son père.
Il succède à Séthi 1er en 1279 et règnera pendant 66 années.
En 1274, Ramsès II mène campagne contre le roi des Hittites Mouwattali. A Qadesh en Syrie, il frôle le désastre, mais parvient à rétablir la situation. Il fera graver sur les murs des temples le récit de Qadesh. Après plusieurs campagnes indécises sans grand résultat, Ramsès II conclut en 1259 avec Hattousil le premier traité international de l'histoire. Une longue ère de paix s'ouvre alors.

 

Statues de Ramsès II à Memphis
Le colosse couché qui a perdu le bas des jambes,
mesure encore 10,30 m. Son semblable en granit
rose a été érigé en 1955 sur la place de la Gare au
Caire.


 

Ramsès II avec sa fille Bentanat à Karnak

Façade d'Abou Simbel 

 
Ramsès II survit à beaucoup de ses fils, notamment Méryatoum, son fils aîné Sethherkhépéshef, Ramsès, et son fils préféré Khâemwaset. Vers ses 85 ans, il est atteint d'artériosclérose et c'est son treizième fils Méremptah, le dernier issu des premières grandes épouses royales, qui est investi des responsabilités de régent. Lorsqu'il meurt en l'an 1213, le jour même de l'inondation, c'est ce même Méremptah, déjà un homme âgé, qui prend en mains les destinées de l'Égypte.

 
Septante jours après le décès de Ramsès II survenu à Pi-Ramsès dans le delta, la momie royale est transportée dans la barque funéraire qui remonte le cours du Nil jusqu'à la nécropole thébaine de la Vallée des Rois où le tombeau a été aménagé dès les premières années du règne. La momie entourée de plusieurs sarcophages s'emboîtant l'un dans l'autre, est déposée dans une cuve d'albâtre au centre de la grande salle qui s'ouvre à angle droit au fond de la syringe. Comme c'est la coutume, un trésor considérable de mobilier funéraire, vases, canopes et équipements divers, accompagne la dépouille du pharaon.

Les tombes de la Vallée des Rois furent violées et pillées très tôt : toutes à l'exception de celle de Toutankhamon. La tombe de Ramsès II fut "visitée" déjà sous Ramsès IX, moins de cent ans après sa mort. Les momies royales dépouillées par les pillards furent, en 1090, regroupées par les prêtres de Thèbes dans deux tombes royales dont les accès étaient plus aisés à surveiller : la tombe d'Amenhotep II et celle de Séthi 1er. La momie de Ramsès II fut abritée dans cette dernière qui fut cependant une nouvelle fois violée. Vers l'an 969 av. JC., les autorités thébaines firent transporter les momies royales, de nuit, par des sentiers de montagne, dans un modeste tombeau de reine qui avait déjà été pillé et qui ne comportait aucune décoration. 

Retrouvées en 1881 à la suite d'une enquête concernant l'apparition sur le marché d'antiquités portant le sceau de Ramsès II, les momies furent envoyées  par Maspero au Caire où elles furent entreposées sans grand soin, mais ne furent pas exposées. L'exposition au public décidée par les autorités du Musée dans les années soixante, déclencha une prolifération de champignons microscopiques qui menaça à ce point la momie de Ramsès II que celle-ci dut être transportée à Paris en septembre1976 pour y subir un traitement  par irradiation aux rayons gamma. En mai 1977, protégé par une bulle de verre climatisée,  Ramsès II reprend sa place au coeur du Musée du Caire, parmi les grands pharaons des XVIIIème, XIXème et XXème dynasties.


 
Le récit biblique de l'Exode et l'Égypte

L'abondante documentation écrite relative à cette période de l'histoire d'Égypte, ne fait aucune mention de l'événement de l'Exode des Hébreux, alors que l'expulsion des Hyksos, organisés et armés, a marqué les annales trois siècles et demi plus tôt à l'aube du Nouvel Empire. 

La présence en Égypte de semi-nomades "Apirous" ( = Hébreux ?)  est attestée  sous Thoutmosis III et sous Ramsès II. Comme beaucoup d'étrangers, ils s'engagent librement comme ouvriers sur les grands chantiers de construction tel celui de Pi-Ramsès dans le delta. Ils y sont employés au transport de pierres, à l'extraction dans des carrières, certains sont également briquetiers. Leur statut n'est pas une condition d'esclave qui est réservée en Égypte aux seuls vaincus prisonniers de guerre, mais un statut d'homme libre. Dans le désert, les Hébreux regretteront d'ailleurs le bon temps où ils étaient assis en Égypte près des marmites pleines de viande et mangeant du pain à satiété (Ex 16, 3).

Le nom de Moïse vient en droite ligne de "Mosé" ou "Mès" qui entre dans la composition de beaucoup de noms égyptiens et qui signifie "issu de" en association avec un nom de divinité : p. ex. Ramosé = issu de Ra, Thoutmosé = fils de Thot. Adopté par une dame de la cour de Pharaon qui lui donne son nom (Ex 2, 10), Moïse est éduqué dans toute la sagesse des Égyptiens qui fait de lui un homme puissant en paroles et en oeuvres (Actes 7, 22). "Moïse était un très grand personnage au pays d'Égypte, aux yeux des ministres de Pharaon et aux yeux du peuple (Ex 11, 3)".

Pour les Égyptiens, le départ des "Apirous" qui a dû effectivement se produire sous le règne de Ramsès II ou, au plus tard, tout au début du règne de son successeur Méremptah, n'a été qu'un épisode sans doute fâcheux, mais mineur. Pour les Hébreux au contraire, il a été l'événement fondateur de leur histoire et il est normal qu'ils lui aient donné des dimensions épiques. Il reste que le tableau d'une Égypte tyrannique et oppressive qui aurait suscité l'impérieux désir de s'en libérer, n'est pas conforme aux réalités historiques de l'époque.