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Sur les traces des siècles |
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Le district
de Selino ne comporte pas de sites antiques de l'ampleur de Knossos, Festos
ou Gortyne. Cependant la région fut déjà habitée
à l'époque du néolithique et durant toutes
les périodes minoennes. Elle porte des traces de toutes
les occupations qui se sont succédé au cours des
temps. A Nea Roumata sur la route Chania-Sougia, les archéologues
ont mis au jour une tombe datant du néolithique. Les vestiges
importants visibles dans la région concernent les époques
grecque, romaine, byzantine et postérieures. |
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Près de Chania, sur la presqu'île de l'Akrotiri, les trois monastères d'Agia Triada, du Gouverneto et du Katholiko méritent une visite. Le premier possède une église remarquable; le second, plus ancien, est situé en bout de route dans un paysage sauvage quasi désertique. Le troisième est niché au fond d'une gorge étroite et n'est accessible qu'à pied par un sentier en escaliers. Aptera, à une vingtaine de kilomètres de Chania vers Rethymnon, est un site gréco-romain majeur qui montre des vestiges importants et significatifs : thermes, temples, citernes, villas, heroon... |
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Dans le
voisinage d'Epanochori, Lissos fut dans l'Antiquité,
dès le début du premier millénaire av. JC.,
un lieu réputé de pèlerinage dédié
au dieu de la santé Asklepeios (Esculape). On y voit la source
sacrée et le temple dédié au dieu qui a conservé
Aux approches
de Siya (Sougia), remarquez à
droite de la route des vestiges de l'aqueduc romain qui desservait
la ville. Sougia montre encore une belle mosaïque qui décorait
le sol de la basilique du lieu construite vers le milieu de la première
époque byzantine. Vous pouvez voir cette mosaïque dans
l'actuelle église Agios Panteleimon à Sougia (clé
à demander au bistro du coin à droite sur la route de mer). Tarra (Agia
Roumeli), Yrtakina (Téménia) et Pikilassos non loin
des gorges de Tripiti, ont été des cités
d'une certaine importance dans l'Antiquité, mais ne montrent
pas de vestiges aisément lisibles pour les non-initiés. |
Beaucoup de petites églises souvent situées
en pleine nature, parsèment la région. Elles sont
pour la plupart vieilles de 600 à 800 ans. Beaucoup ont conservé
des fresques peintes autour des années 1300 par des peintres
crétois. Leurs oeuvres ne sont pas sans évoquer la
facture des toiles du Greco, ce Crétois illustre né à
Fodele en 1541 et qui travailla surtout à Tolède où
il mourut en 1614. Beaucoup de ces fresques ont malheureusement été
mutilées - les yeux martelés - par les Turcs au nom
de l'Islam qui interdit la représentation humaine. En outre,
la plupart ne sont pas entretenues avec tout le soin qu'elles mériteraient.
Sont notamment à voir : l'église de la Panagia à
Prodromi, l'église du Sotiris Christos à Téménia
(également pour son architecture), et plusieurs autres autour
de Kandanos (Agia Anna, Agia Paraskevi entre autres). |
Devant la menace turque qui devenait de plus en plus précise,
les Vénitiens édifièrent un grand nombre de forteresses
le long des côtes de la Crète : dans la région des
vestiges importants subsistent à Chania (le bastion Sabbionara et
des parties de la muraille), la citadelle de Réthymnon, le château
Selino qui domine la presqu'île à Paléochora et qui
est de dimensions plus modestes, la forteresse de Frangokastelo édifiée
sur le rivage de la mer de Libye. A Chania ainsi qu'à Réthymnon, on
pourra remarquer de nombreuses maisons d'époque vénitienne
qui en ont conservé les caractéristiques architecturales.
La célèbre fontaine aux gueules de lion de Spili est également
due aux Vénitiens.
Outre les monastères de l'Akrotiri à Chania (Agia Triada, Gouverneto, Katholiko), on ne manquera
pas de visiter le monastère d'Arkadi fondé au 11e siècle
et qui possède une église construite en 1587. Ce monastère
est un des hauts lieux de la mémoire crétoise : il a été
rendu célèbre par un épisode de la révolte des
Crétois contre les Turcs en 1866 où 829 Crétois encerclés
par 12000 Turcs préférèrent se faire sauter avec la
poudrière à l'issue d'un combat désespéré
plutôt que de se rendre à l'ennemi. Un petit musée rassemble
des souvenirs de la résistance contre l'occupant turc.Le monastère de Prévéli sur la côte sud est de construction plus récente. Il est bâti sur un éperon rocheux qui domine l'embouchure du Mégapotamos. Un sentier permet de descendre jusqu'à la plage. Le site est d'une extraordinaire beauté. Les ruines de l'ancien monastère se trouvent à l'intérieur des terres en amont des gorges de Kortaliotiko qu'il faut traverser pour arriver au monastère actuel. Lors de la conquête de la Crète par les Allemands en mai 1941, une partie des troupes alliées fit retraite vers la côte Sud d'où elle fut évacuée vers l'Egypte. Le monastère de Prévéli apporta une contribution importante au succès de cette opération. Le monastère de Chrysoskalitisa, non loin d'Elafonisi sur la côte ouest de l'île, vaut également le déplacement. Ses
bâtiments couronnent le sommet d'un haut rocher. Des différentes
terrasses, on a une vue inoubliable sur la mer et les environs. La route
pour y arriver, depuis Paléochora, offre de vastes panoramas alternés
sur la mer et la plaine côtière et sur la montagne. Falasarna, également sur la côte ouest de l'île, mais plus au nord, est un ancien repaire de pirates qui fut détruit par les Romains. Les vestiges des bassins du port et des constructions se trouvent aujourd'hui bien à l'intérieur des terres à cause du basculement de l'île qui a fait émerger la partie ouest de quelque 8 mètres pendant que s'enfonçait la partie est. La longue et large plage de Platanos borde toute la baie au sud de Falasarna : en été le sable y est si brûlant, qu'il est impossible de parcourir nu-pieds la distance de la route à l'eau. |
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Marie-Noëlle Protopapadaki-Millecamps
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