Histoire de la Syrie

5. Au temps des Croisades


L'église fortifiée érigée par les Croisés à Tartous (Tortosa), aujourd'hui transformée en musée

 

Le 15 juillet 1099, Jérusalem  tombe aux mains des Croisés. Le long de la côte, ils fondent le royaume de Jérusalem, la principauté d’Antioche, le comté de Tripoli et le comté d’Edesse. 

Pour se défendre contre les musulmans qui restent maîtres de l’arrière-pays, ils érigent des châteaux-forts: le krak des Chevaliers qui sera enlevé en 1270 par Baïbars, Saône ou Sahyoun qui tombe en 1188, Tartous (1291), Marqab (1285), Kerak (1188), Shaubak (1189), Akko ou Saint-Jean d'Acre (1291).

L’année 1291 met un point final à la présence occidentale sur la façade méditerranéenne de Syro-Palestine. Cette libération fut l’œuvre de Nour ed-Din (Zenguide), de Salah ed-Din ou Saladin (Ayyoubide d'origine kurde, 1137-1193) qui vainc les Croisés aux Cornes de Hattin près de Tibériade et reprend Jérusalem en 1187. Elle fut achevée par la dynastie mamelouke inaugurée par Baïbars en 1260 avec l’assassinat du dernier sultan ayyoubide.

Les Mamelouks, natifs d’Egypte, mais d’origine turque, sont d’anciens esclaves devenus sultans. Ils mèneront à bien la double tâche de rejeter les Croisés à la mer et d’arrêter la marée mongole qui, conduite par le petit-fils de Gengis Khan, a déferlé sur Bagdad, Alep et Damas en 1258-1260.

La domination des sultans mamelouks, pour la plupart incultes et grossiers, allait engendrer une période sombre de l’histoire de la Syrie,  jalonnée de révolutions de palais et d’intrigues sanglantes, tandis que les populations étaient rançonnées par des gouverneurs sans scrupule. 

(Statue de Saladin à Damas)

Le Krak des Chevaliers


Chemin d'accès pour les cavaliers
Tour de défense et chemin de ronde

 
Cantonnement souterrain avec puits de lumière
La proue de la forteresse

 
Cette position stratégique était occupée depuis 1031 par une garnison kurde installée par l’émir de Homs.

 En 1099, les Croisés s’en emparent conduits par Raymond de St-Gilles, comte de Toulouse. En 1142, le Krak fut remis aux chevaliers de l’Hôpital à qui l’on doit l’essentiel de la construction.

Nour ed-Din et Saladin tentèrent à plusieurs reprises de conquérir la place, mais sans succès. C’est le 24 mars 1271 que le sultan Baybars y mit le siège à la tête de ses mamelouks. Les survivants du premier assaut réfugiés dans le logis du Maître furent autorisés à quitter la forteresse sains et saufs et à rembarquer. Après la chute de St-Jean d’Acre en 1291, la forteresse devenue inutile tomba rapidement dans l’oubli. 

La restauration se déroula après la première guerre mondiale sous le protectorat français. Elle fut conduite par l’architecte Paul Deschamps.


 
La double enceinte
Extérieur de la salle des Chevaliers

 
La chapelle transformée en mosquée
La salle des Chevaliers

 

 
Galerie gothique
Vue d'ensemble du Krak des Chevaliers


 
 
Inscription latine gravée sur un pilier extérieur de la galerie