Principales Classes de Mollusques

1.  Amphineures

Ce sont des mollusques d'aspect vermiforme, sans masse viscérale dorsale proéminente.  Leur face ventrale est souvent imparfaitement différenciée en pied.  Chez beaucoup, tout autour du corps, le manteau forme un repli dans lequel sont régulièrement espacées de nombreuses branchies.  Les deux cavités coelomiques conservent leurs caractères primitifs et communiquent l'une avec l'autre.  Le système nerveux est analogue à celui des Vers, mais dédoublé ventralement.  La coquille, quand elle existe, est formée de plaques calcaires distinctes.

Ex.: les Chitons qui habitent nos côtes rampent sur les rochers. En profondeur, le plus souvent sur des colonies d'Hydraires, vivent de petits Amphineures, les Néoméniens, dépourvus de coquilles.

2.  Gastéropodes

Les gastéropodes ont été soumis à des flexions et à des torsions simultanées qui ont bouleversé leur structure.

Le Gastéropode subit une flexion en rapport avec son raccourcissement; une bosse dorsale se soulève et l'intestin décrit une courbe en forme de U, c'est la flexion endogastrique.  La bosse dorsale s'élève de plus en plus et, tout en s'allongeant, s'enroule en hélice, la pointe de la spire tournée vers l'avant.  L'anus reste en position normale, à l'opposé de la bouche.  A ce moment, le Gastéropode a effectué l'enroulement exogastrique.

La troisième phase comporte une vraie torsion.  La masse viscérale se retourne sur elle-même, effectuant vers la droite une rotation de 180°.  A la suite de ce mouvement, la cavité palléale et ses annexes passent en avant, et la pointe de la coquille est alors tournée vers l'arrière.  La torsion a encore une autre conséquence: elle provoque l'atrophie, plus ou moins accentuée, des viscères morphologiquement situées à droite et pressés par les viscères gauches devenus droits; ainsi, un seul rein subsiste.  La torsion s'opère très rapidement dans la larve.  Lors de cette torsion, le système nerveux accompagne le mouvement et est tordu en huit (8). Un tel système  est dit streptoneure.

La classe des gastéropodes se sous-divise en trois sous-classes: les Prosobranches, les Opisthobranches et les Pulmonés.  Voici quelques définitions qui permettent de s'y retrouver.

2.2. Les Prosobranches

Le système nerveux est streptoneure est les sexes sont séparés.  Leurs cavités coelomiques ne communiquent plus, l'organe génital est indépendant du coelome rénal; mais la néphridie reste toujours en communication avec le coeur.  La plupart sont marins: Patelle, Murex, etc ...Dans les eaux douces, les Prosobranches comptent d'assez nombreux représentants, par exemple  la Paludine Vivipare.  il existe quelques prosobranches terrestres; tel le Cyclostoma; leurs branchies s'atrophiant, ils respirent à la manière des pulmonés.  Toute une série de Prosobranches deviennent nageurs et vivent en haute mer, ce sont les Hétéropodes.  Leur pied volumineux et aplati latéralement prend la forme d'une quille de navire; leur corps allongé a parfois un aspect pisciforme.  Leurs tissus, riches en eau, deviennent transparents.  Citons la Carinaria, le Pterotrachea pris fréquemment dans le plancton côtier.

2.3.  Les Opisthobranches

Ils sont tous marins et appartiennent à une autre lignée évolutive.  Le ventricule cardiaque est tourné vers l'avant ou sur le côté, tandis que la branchie est orientée vers l'arrière ou sur le côté.  Longtemps confondus avec des Prosobranches détordus, il apparait que chez eux, la torsion - étant donné la forme de leur coquille - ne dépasse pas 90°.  L'anus reste très en arrière de la tête sur le côté droit.  Le système nerveux montre tout au plus une torsion incomplète; souvent très concentré, il échappe à toute torsion.  La masse viscérale, nettement moins développée que chez les Prosobranches, tend à se confondre avec le reste du corps et accentue l'aspect symétrique de l'animal.  Les Opisthobranches sont hermaphrodites.  Citons les Doris qui rampent sur les Algues marines, les Aeolis, tous sans coquille, les Aplysies ou Lièvres de mer à coquille en partie interne.  Les ptérodes sont des Opisthobranches planctoniques qui font pendant aux Hétéropodes.

2.4. Les Pulmonés

Ils n'ont que très exceptionnellement une cavité palléale pourvue d'une branchie.  Le plafond de la cavité palléale se soude au corps, ne laissant qu'un orifice étroit ou pneumostome.  Cette cavité palléale, à peu près creuse, devient le poumon; ses parois sont irriguées par des vaisseaux nombreux qui se réunissent en une grosse veine pulmonaire, laquelle se jette dans l'oreillette.  Le poumon devient l'organe respiratoire et remplace une branchie disparue.  Les Pulmonés ont subi une torsion complète tout comme les Prosobranches, mais leur système nerveux, généralement très concentré dans la région céphalique, échappe à la torsion.  La position du coeur est semblable à celle des Prosobranches.  Comme les opisthobranches, dont ils se distinguent foncièrement, ils sont hermaphrodites et leur appareil génital se complique d'organes annexes.  Beaucoup sont dulçaquicoles: Limnées, Bullines, Planorbes; d'autres sont terrestres: Escargots, Limaces.

3. Les Céphalopodes

Bien qu'étant les Mollusques les plus élevés en organisation, ils se laissent aisément ramener au type primitif.  Ils se sont développés en hauteur, sans perdre leur symétrie bilatérale.  Ils subissent une flexion endogastrique qui est suivie d'un enroulement de la masse viscérale, plus ou moins marqué selon les familles, mais ils échappent à toute torsion.  Leur coquille varie considérablement.  Celle du Nautile s'enroule en spire dans un plan; des cloisons transversales la divisent en chambres successives dont le nombre indique l'âge de l'animal qui a habité successivement chacune d'eles et demeure dans celle qui est la plus récente et la plus grande.  Chez la Seiche, la coquille, réduite à une lame, devient interne; chez le calmar, il n'en reste qu'une tigelle (plume).  Les poulpes en sont totalement dépourvus.

4. Les Lamellibranches

Ces Mollusques sont incontestablement les plus éloignés du type primitif.  Ils conservent ordinairement une symétrie bilatérale.  Leur pied s'effile et s'aplatit, ressemblant au fer d'une hache (d'où le nom de Pélécypodes sous lequel on les désigne parfois) ou à une langue; il sert le plus souvent à fouir.  La masse viscérale ne fait plus saillie dorsalement et la région céphalique, extrêmement réduite (Acéphales), n'est plus, de l'extérieur, représentée que par la bouche.  Aucune trace de bulbe buccal ne persiste et la radula a disparu.

Pour exemples, citons les Nucules (Nucula), les Moules (Mytilus) qui se fixent au rochers par le byssus, un bouquet de filaments analogues à de la soie et sécrétés par une glande située à la base du pied; les Huîtres (Ostrea, Gryphea); les Solens ou Couteaux; les Pholades, qui creusent des loges dans les rochers; les Tarets qui minent le bois submergé et s'en nourrissent.  En eau douce, les Unios et les Anodontes, qui s'enfouissent dans la vase et dont le développement comporte une phase parasitaire: leur larve ou glochidium se fixe à l'aide de crochets aux branchies ou à la peau des Poissons et s'y nourrit grâce à un pseudo-pallium (faux-manteau) qui fonctionne comme un appareil absorbant.

Des Schémas sont disponibles de façon à encore un peu faciliter la compréhension de ce texte, visitez la section schémas

Retour