Hermaphrodisme

L'hermaphrodisme se définit par la juxtaposition, chez un même individu, de produits sexuels mâles et femelles.  Il s'oppose à la séparation complète entre les sexes ou gonochorisme.

L'hermaphrodisme peut se trouver réalisé naturellement, accidentellement ou expérimentalement.

L'hermaphrodisme naturel offre de multiples exemples.  il existe des classes entières d'animaux normalement hermaphrodites: tel est le cas des Turbellariés, des Trématodes, des Cestodes, des Oligochètes, des Hirudinés, des Crustacés cirripèdes, de certains Mollusques (Gastéropodes opisthobranches et pulmonés), etc.  Dans la plupart de ces cas, l'autofécondation, c'est à dire la fécondation des oeufs par les spermatozoïdes du même animal, n'est pas la règle, et la reproduction dépend de l'accouplement d'individus différents.

Tantôt les éléments mâles et femelles sont mélangés plus ou moins intimement dans une même glande (ovotestis), tantôt les glandes mâles et femelles restent distinctes.

L'hermaphrodisme naturel existe même chez certains Vertébrés, quoique sous une forme moins évidente.  C'est ainsi que chez les Crapauds mâles il existe un ovaire rudimentaire qui coiffe le testicule et qui est connu sous le nom d'organe de Bidder.  Il a été démontré que cet organe peut, en certaines conditions expérimentales, être transformé en ovaire.  De même, chez les Oiseaux, la gonade droite n'est pas un ovaire; c'est un simple rudiment de gonade mâle qui, chez la Poule, après ablation de l'ovaire gauche, est susceptible de se transformer en testicule (J. Benoit).

Il est assez difficile de tracer la limite entre l'herlmaphrodisme naturel et l'hermaphrodisme accidentel, car, dans certains groupes animaux, l'hermaphrodisme, sans être constant, se reproduit avec une fréquence plus ou moins grande: tel est le cas chez certains Crustacés décapodes, chez certains Annélidés polychètes, chez les Huîtres, les Isopodes et parmi les Vertébrés, chez certains Poissons osseux Hareng, Merlans, Maquereaux, etc.).

On ne peut parler d'hermaphrodisme réellement accidentel que lorsqu'il survient à titre d'exception rare chez des espèces normalement gonochoriques.  Ainsi, il arrive que chez les grenouilles rousses, un testicule plus ou moins évolué s'adjoigne à un ovaire ou aux deux, ou bien inversément qu'un ovaire rudimentaire coiffe le testicule.   Chez les Mammifères, l'hermaphrodisme est plus exceptionnel encore. Il se reproduit avec une fréquence relative chez des espèces déterminées, comme le Porc, chez lequel il arrive que l'on trouve d'un côté un testicule et de l'autre un ovaire.  L'Homme n'échappe pas à cette anomalie.

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