L'éclatement du Stalag 1A
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Il y a cinquante ans, alors que l'étau des Armées Alliées se resserrait: sur le Reich nazi, les prisonniers de guerre du Stalag lA, répartis dans les Kommandos de Memelgebiel: et: de l'est: de la Prusse-Orientale, Furent:, dès octobre 1944, les premiers entraînés dans la tourmente Finale, sous les bombardements etla mitraille. Les uns ont pu évacuer vers Kônigsberg. Mais les autres furent pris por l'Armée Rouge. Certains ont connu la forteresse de Dunobourg (Dongavpils), en Lettonie, avant d'être transférés par train plus à l'est, en Russie vers Jaroslav puis Vologda et le camp de Sokol (400 km ou nord de Moscou), pour redescendre ensuite vers le sud et aboutir le 2 janvier 1945 ou sinistre camp des baraques taupinières de Tombov. à mi-chemin entre Moscou et Stalingrad, où ils seront encore le 9 mai 45. A partir du 13 janvier 45, l'offensive soviétique aboutît à l'évacuation massive de la Prusse-Orientale toute entière, entraînant les prisonniers de guerre des Kommandos éclatés dons la masse des réfugiés civils et de la Wehrmacht, se repliant vers l'ouest, quand des compa-gnons avaient dû prendre la direc-tion de l'est. Dans les neiges et les bourrasques, alors que les canons tonnaient, dès le 25 janvier 45, après la terrible catastrophe du Fort Stiehle à Pillau. les P.O. du camp central à Stablack de même que ceux de hünigsberg et de la plupart de sa région. Furent Jetés dans semblables cohues sur les routes vers l'ouest, sous la menace constante des bombes, des obus et de la mitraille, sous une tem-pérature inférieure à moins 20 °C. A pied, par le Frisches Haff gelé, connu De la majorité d'entre nous, en Colonnes, encadrés de gardiens Armés, parmi les véhicules de tous ordres, des réfugiés civils et de la soldatesque de la Wehrmacht en repli. il fallut atteindre la Vistule, la passer en bac, et poursuivre cette interminable errance blanche parallèlement à la Baltique, alors que les troupes russes du Maréchal Rotossovski fonçaient à travers le corridor polonais puis la Poméranie. Il fallut passer par les îles du delta de l'Oder et Schüninemünde. Pour |
parvenir épuisés dans la MecHem-bourg et, après avoir parcouru 1.200 km en deux mois de marche, atteindre enfin Lübeck, avant d'être transférés en wagons à bestiaux à Kiel, dans le SchlesLUig-Holstein, avant la libération par les Fiés. C'est dès la mi-mars, que d'autres, toujours aux mains de la Werhmocht, vécurent les deux semaines les plus tragiques de leur captivité à Gdynia (Gottenhafen), où les obus et les bombes pleuvaient et où le feu russe se faisait plus intense sur le port. Dons de véritables charniers de morts, combien des nôtres ont perdu la vie ? embarqués pour Héla. alors que les obus éclataient, les survivants furent transbordés sur un gros vaisseau, qui les conduisit à Schuuinemünde. Avant d'être acheminés en colonnes jusqu'à Rostock, où ils vécurent deux semaines en zone d'occupation russe, avant de pouvoir franchir la ligne de démarcation avec les Britanniques. Antérieurement à ces faits, pour ceux des P.G. qui furent pris par les Russes, de la captivité infligée par les nazis, ils étaient passés par la prise en charge par l'Armée Rouge. Que de calvaires vécus vers Leningrad avant de redescendre vers le sud, par Moscou, Toula, Orel. Koursk Kharkov. pour parvenir enfin, comme ceux de Varsovie, de Lublin et Minsk, par trains, jusqu'à Odessa, sur la Mer Noire, d'où des bateaux libérateurs les ramenèrent par Marseille. Ceux que les nazis avaient rassem- blés et maintenus sous leur emprise. dans les environs de Danzig. Puis dons les bois de Stutthof, sous les tirs et les bombardements, vécurent aussi des jours tragiques. Combien de tués dans leurs rangs avant le 8 mai marquant la capitulation du Reich. Conduits par les Russes, il leur fallut reprendre le chemin de l'est vers Gumbinnen, ce rendez-vous inoubliable, jusqu'au 24 juin, avant la marche vers Insterburg et de là, leur transfert en train, en wagons à bestiaux, jusqu'à Magdebourg où, le 30 juin, ils passèrent sur la rive gauche de l'Eibe et furent enfin libérés por les Anglais. A la fin de janvier 1945. alors qu'ils se trouvaient dans la poche encerclée par l'Armée rouge autour de |
Kônigsberg, des prisonniers de Guerre belges et français furent pris par des soldats russes, mitraillette au poing, pendant que la bataille faisait rage. Fouillés et délestés à plusieurs reprises, ils furent considérés comme étant des Alllemands (sons doute confusion d'uniformes avec ceux de l'organisation Todt). Après plusieurs semaines, endurant Souffrances, froid, faim. fatigue, ils atteignirent Insterburg où une véritable vie d'enfer commença : fouille, enregistrement, interrogatoire, désinfection. Sous-alimentés, ils parviendront ensuite en train à Kaunas le 3 mars 1945. Dans la Région, ils connaîtront un camp où ils verront de nombreux compagnons mourir par accident et par manque de soin. Une longue lutte pour la survie fut leur lot. Après Pâques, ils vécurent dans un autre camp où ils recevront une nourriture quelque peu améliorée mais. après de nombreuses fouilles, un dernier outrage à leur fierté leur sera impose : les prisonniers de guerre belges, pris pour des Légionnaires belges déguisés, ont été endosser l'uniforme exécré de leurs ennemis allemands. Les mois de mai, juin, juillet et août s'écoulèrent en travaillant sous les insultes et horions. Le 10 septembre, enfin reconnus comme Alliés, leur uniforme allemand sera remplacé par un uniforme russe et, armés d'une carabine, ils seront astreints à assurer la surveillance de prisonniers allemands au travail ainsi qu'à monter des gardes nocturnes à l'extérieur du camp contre les maquisards de nationalités diverses. Le 22 novembre, déport de Kaunos vers l'Ouest, après six jours de voyage en train, ils arriveront à Francfort-sur-Oder et ils atteindront ensuite enfin la ligne de démarcation. entre zone russe et zone anglaise. Sous l'uniforme américain. les Belges débarqueront finalement le 5 décembre 1945 à la gare du Nord à Bruxelles, après dix mois de captivité chez les Russes. D'innombrables odyssées analo-gues à celles évoquées ci-dessus. furent le lot de tant d'autres P.G. du |