Klein-Dexen: Hommage rendu à nos morts

A l'ouest: la mer, bleu de Prusse

A l'est, la Frontière russe

Que c'était: loin. mon Dieu

Nous en avions couvert des lieues.

On l'avait nommé "camp de la mort"

Nous nous y retrouvions par un coup du sort

II avait bien de par le climat, mérité son nom

Ce que le temps passé là-bas Fut long.

Vous reposez depuis quelque quarante ans

(En hiver sous la plaine blanche

Sous la bise cruelle et cinglante

Qui souffle et s'use en gémissant.

Vous aviez combattu pour la liberté

Vous ne l'avez jamais retrouvée

Ce doit être ou Royaume des Ombres

L'un des sujets de vos songes.

Quelle Fut tragique votre destinée

Aucune souffrance ne vous fut épargnée

Malgré bien des années passées

Parfois vont encore vers vous mes pensées.

Au coeur du plus bel âge

Quel Fut votre héritage?

Votre part de bonheur

Ne Fut qu'un leurre.

Votre dernier lot

En cette terre de malheur

Se résume en ces mots

La Faim, le Froid, la peur.

Le monde avait espéré

Que votre sacrifice serait utile

Hélas les hommes n'ont pas abandonné

Leurs querelles vaines et Futiles.

Déjà des nuages à nouveau

apparaissent à l'horizon

Le seul espoir est qu'assez tôt

Les hommes retrouvent la raison.

Lucien CORNEZ -1983

 

A Klein-Dexen, il ne doit pas y avoir beaucoup de Fleurs, de pensées ou de bouquets sur ces tombes anonymes, car l'oubli est bien moins encombrant que tout autre sentiment.

Au Fait, est-ce que le ciel gris et bas de ces horizons mornes et tristes souffrirait que l'on y Fasse pousser la rosé de Ronsard et le chrysanthème du souvenir?

Non, c'est seulement la rosé de Malherbe qui domine ; celle qui cueille les hommes à vingt ans.

Joseph SAUVEUR -1990

Klein-Dexen 9 mai 1945

 

A tous les camarades défunts,

sans distinction,

En ce jour, du cinquantième anniversaire de la libération des camps de prisonniers, nous sommes revenus pour la troisième Fois. nous incliner devant vos sépultures.

Au fur et à mesure que l'on pénètre dons votre lieu de repos, la même émotion grandissante nous étreint toujours.

Vous, qui aviez tant espéré, parfois des années durant, d'un imminent retour dons

vos Foyers, revoir votre Pays, vos amis ; la maladie vous a terrassé à tout jamais, sons une parole apaisante de vos proches.

Les plus Favorisés d'entre vous Furent d'abord inhumés dans des tombes particulières surmontées d'une croix : les autres Furent

enfouis dans une grande tranchée.

Cinquante ans après, nous avons l'immense satisfaction de vous retrouver, par nationalité, à l'ombre de ce prestigieux monument, qui restera pour toujours le témoin de votre sacrifice.

Nous allons, maintenant, nous retirer sur la pointe des pieds, de peur d'éveiller vos âmes ! Chers camarades défunts, reposez tous en paix !

M.M.

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